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Mali

Le président malien sur les lieux d'un massacre de 37 villageois peuls

Le président Ibrahim Boubacar Keïta visite le village peul de Koulogon (centre) après une attaque, dans la région de Mopti, Mali, 4 janvier 2019. (Facebook/IBK Mali président)

Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta a effectué vendredi une visite surprise dans le village peul de Koulogon (centre), où au moins 37 habitants ont été tués le 1er janvier dans une attaque attribuée à des chasseurs traditionnels dogons, ont rapporté des responsables locaux.

"Le président s'est rendu tôt ce matin dans le village de Koulogon pour consoler les populations et présenter les condoléances de la nation aux familles des victimes", a déclaré à l'AFP le député de la région de Mopti (centre) Djibril Diarra, qui faisait partie de la délégation dont la visite n'avait pas été annoncée.

"Le président était avec deux députés de (la région de) Bankass, d'autres personnes, ils étaient dans un hélico de l'armée malienne", a ajouté M. Diara.

L'attaque de Koulogon a été attribuée par les autorités à des "hommes armés habillés en tenue de chasseurs traditionnels dozos", qui prétendent protéger les Dogons contre les Peuls. Le bilan officiel est de 37 morts, plusieurs blessés et de nombreuses maisons incendiées.

Le gouvernement a annoncé mercredi l'arrestation de sept "suspects" dans cette affaire, ainsi que celle de 24 hommes qui avaient mené le même jour une attaque dans un village proche, Bobosso, lors d'une opération au cours de laquelle un "assaillant" a été tué.

Des "opérations de grande envergure" sont en préparation afin de "mettre hors d'état de nuire tous les fauteurs de trouble" dans cette région où le conflit entre les communautés dogons et peules s'est exacerbé dans un contexte de lutte contre les jihadistes, selon le ministère de la Sécurité civile.

Ces violences intercommunautaires ont fait plus de 500 morts civils en 2018, selon l'ONU.

La France s'est dite "préoccupée par l'augmentation des meurtres et violences graves à l'encontre des civils" et appelé à une "réaction forte" des autorités.

- Enquête de l'ONU -

Une équipe d'enquêteurs de la mission de l'ONU au Mali (Minusma) est par ailleurs attendue sur place "dans les prochains jours", selon un communiqué.

"Je condamne fermement ces attaques contre les civils dans le village de Koulogon peul et demande à ce que les auteurs puissent en répondre", a déclaré Joanne Adamson, représentante spéciale adjointe du secrétaire général des Nations Unies au Mali. "Il devient de plus en plus important de mettre un terme au cycle de violence dans la région de Mopti et de Segou. Il faut intensifier les efforts pour trouver des solutions judiciaires et politiques", a-t-elle insisté.

Depuis l'apparition il y a quatre ans dans le centre du groupe jihadiste du prédicateur peul Amadou Koufa, les violences se multiplient entre les Peuls, traditionnellement éleveurs, et les ethnies bambara et dogon, pratiquant majoritairement l'agriculture. Les Peuls dénoncent des exactions de la part de groupes de chasseurs, tolérées voire encouragées selon eux au nom de la lutte contre les jihadistes par les autorités ou l'armée, ce que dément le gouvernement.

Amadou Koufa a été tué fin novembre dans une opération militaire française soutenue par l'armée malienne, selon Paris et Bamako.

Le Premier ministre, Soumeylou Boubeye Maïga, a annoncé fin décembre l'extension au centre du pays d'un programme de désarmement des milices d'autodéfense et des combattants jihadistes qui n'a pas donné de résultat jusqu'à présent.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda, à la faveur de la déroute de l'armée face à la rébellion à dominante touareg, d'abord alliée à ces groupes qui l'ont ensuite évincée.

Les jihadistes ont été en grande partie chassés du nord du Mali ou dispersés à la suite du lancement en janvier 2013, à l'initiative de la France, d'une intervention militaire, qui se poursuit actuellement.

Cependant, les violences jihadistes ont non seulement persisté, mais se sont propagées vers le centre et le sud du Mali, puis au Burkina Faso et au Niger voisins, se mêlant souvent à des conflits intercommunautaires.

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CAN 2019: "Pas de stars" au Mali, insiste Hamari Traoré

Le défenseur malien Hamari Traoré face au Mauritanien Mohamed Dellah Yaly lors du match de football CAN 2019 opposant le Mali et la Mauritanie au Stade de Suez à Suez le 24 juin 2019.

"Il n'y a pas de stars, celui qui fait une erreur, on lui dira 'hé gros, t'as pas le droit de faire ça'. C'est ça qui va faire notre force": à 27 ans, l'arrière droit de Rennes, Hamari Traoré, est un ancien du Mali, engagé à la CAN.

"À nous de rester des frères, des potes comme on a toujours été et je pense que ça pourra passer", a-t-il encore lancé avant le début du tournoi, lors d'une rencontre entre la presse et les joueurs de Rennes concernés par la CAN.

"Quand j'étais jeune à l'Académie, je voulais vraiment porter ce maillot et essayer de faire mieux que mes aînés, pourquoi pas remporter une CAN pour le Mali". Les Aigles n'ont pu faire mieux que finalistes il y a une éternité, en 1972, et deux fois troisièmes en 2012 et 2013.

En 2017, pour sa première compétition continentale, l'aventure avait tourné court pour Traoré avec deux nuls et une défaite contre le Ghana au premier tour.

Avec un effectif bien moins riche en stars que les têtes d'affiches égyptienne, sénégalaise ou algérienne, mais très cohérent, le Mali veut cette fois jouer les trouble-fêtes.

"La solidarité, l'humilité et le respect" sont selon lui les principaux atouts du groupe.

"On se connait tous, on a tous grandi ensemble. On a fait l'Académie Jean-Marc Guillou, d'autres étaient dans d'autres clubs, on s'est rencontrés quasiment chaque week-end donc on se connaît très bien", rappelle Traoré, de son débit aussi rapide que ses foulées quand il déborde.

"J'ai grandi, j'ai appris"

"Ce qui te marque rapidement quand tu découvres Hamari, c'est son enthousiasme (...) Et son jeu est pareil: dynamique, positif...", avait dit de lui Alain Giresse, qui lui avait fait faire ses premiers pas sous le maillot malien en 2015, dans So Foot.

Toujours souriant, volontiers blagueur, Traoré est un coéquipier précieux sur le terrain et en dehors.

Un caractère qui l'a aidé au fil d'un parcours tout sauf simple, mais assez typique de celui de nombre de jeunes Africains qui veulent percer en Europe.

Passé par les sélections de l'Académie Jean-Marc Guillou, il est arrivé en France au Paris FC il y a sept ans, avant de partir à Lierse en Belgique l'année suivante. Il y reste 2 ans avant d'être repéré par Reims puis transféré à Rennes en 2017.

Associé le plus souvent au Sénégalais Ismaïla Sarr sur le flanc droit de l'équipe bretonne, avec lequel il est très complice, Traoré fait depuis lors souffrir les défenses de Ligue 1, et même d'Europe comme la saison passée.

Capable de multiplier les efforts le long de la ligne de touche, contre-attaquant très rapide, il a progressé dans le travail purement défensif qui était parfois son péché mignon.

"Cette saison, j'ai grandi, j'ai appris beaucoup de choses, je suis parmi les anciens de l'équipe nationale, je suis parmi les cadres", confie le joueur qui a aussi canalisé un tempérament de gagneur - il râlait trop - et réduit sa récolte de cartons jaunes.

La Minusma renforce sa présence suite aux violences dans le centre

Véhicule de la Minusma à Kidal le 23 juillet 2015.

La Minusma a renforcé lundi sa présence dans le centre du Mali, région qui connaît depuis plusieurs mois une escalade des attaques jihadistes et des violences intercommunautaires, en inaugurant un nouveau "secteur centre", notamment afin de "mieux protéger les civils".

Depuis l'apparition en 2015 dans cette région du groupe jihadiste du prédicateur Amadou Koufa, qui recrute prioritairement parmi les Peuls, traditionnellement éleveurs, les affrontements se multiplient entre cette communauté et les ethnies bambara et dogon, qui pratiquent essentiellement l'agriculture et qui ont créé leurs "groupes d'autodéfense".

"Aujourd'hui, j'ai remis le drapeau de l'ONU au nouveau Secteur Centre. Cela symbolise le transfert de pouvoirs au quatrième secteur de la Force de la Minusma, qui couvrira la région de Mopti. C'est une partie importante de l'augmentation de nos efforts dans le centre", a déclaré sur Twitter le commandant de la force de la Minusma, le lieutenant-général Dennis Gyllensporre.

La création de ce secteur de la Minusma, initialement implantée dans le nord du pays, "permettra une meilleure coordination" avec les forces armées maliennes pour "mieux protéger les civils et favoriser le retour de l'autorité de l'Etat et de l'Etat de droit dans la région", a commenté la Minusma, également sur Twitter.

Les violences qui déchirent cette région depuis quatre ans ont culminé avec le massacre le 23 mars, attribué à des chasseurs dogons, de quelque 160 Peuls dans le village d'Ogossagou, près de la frontière avec le Burkina Faso. Depuis lors, les tueries ont continué, avec la mort de 35 Dogons à Sobane Da le 9 juin ou encore de 41 Dogons à Gangafani et Yoro le 17 juin.

Pour cette région, la Minusma a développé un "plan d'urgence" baptisé Oryx, dont la "première priorité" est de "multiplier les patrouilles dans les zones sensibles pour que la présence soit visible, qu'elle rassure, qu'elle dissuade et qu'elle anticipe", a expliqué le chef de la Minusma, Mahamat Saleh Annadif, sur le site internet de l'ONU.

Ce plan vise également à aider les autorités maliennes à "combattre l'impunité", à "aider les populations meurtries dont les villages et les greniers ont été brûlés", en permettant aux agences humanitaires "d'intervenir pour subvenir aux besoins immédiats mais aussi pour donner des semences". Autre objectif: faciliter la médiation pour "rapprocher" et "réconcilier" les populations.

Le chef de la Minusma estime ne pas avoir besoin de davantage de Casques bleus à ce stade. "Pour le moment, nous avons fait un réajustement de nos capacités existantes, tout en maintenant notre dispositif au niveau du nord", a-t-il dit. "Mais si demain on nous donne d'autres tâches, on sera obligé de demander l'augmentation de l'effectif" et "des ressources supplémentaires".

CAN 2019: le Mali prend une belle avance en tête du groupe E

Les Aigles du Mali célèbrent avec leur entraîneur Alain Giresse après la victoire contre les Black Stars du Ghana en match disputé pour la troisième place de la CAN 2012 à Malabo, Guinée équatoriale, 11 février 2012.

Sans pitié. Le Mali a pris la tête du groupe E après sa victoire facile face à la Mauritanie (4-1), lundi lors de son entrée en lice dans la Coupe d'Afrique des nations.

Seule équipe victorieuse de la poule, les Maliens prennent ainsi une confortable avance sur leurs concurrents, avec leur trois points mais aussi à la différence de buts.

A l'inverse, la Tunisie, autre équipe attendue de ce groupe E, a fait une petite entrée dans le tournoi, en étant tenue en échec par l'Angola. Les hommes d'Alain Giresse devront donc rapidement se reprendre s'ils veulent assurer leur avenir dans la compétition. Prochain test vendredi face aux Aigles maliens.

Point du Groupe E de la Coupe d'Afrique des nations de football à l'issue des matches disputés lundi:

Lundi:

Mali - Mauritanie 4 - 1

Tunisie - Angola 1 - 1

Classement: Pts J G N P bp bc dif

1. Mali 3 1 1 0 0 4 1 3

2. Tunisie 1 1 0 1 0 1 1 0

. Angola 1 1 0 1 0 1 1 0

4. Mauritanie 0 1 0 0 1 1 4 -3

Reste à jouer (en heure GMT):

28/06 (14h30): Tunisie - Mali

29/06 (14h30): Mauritanie - Angola

02/07 (19h00): Angola - Mali

02/07 (19h00): Mauritanie - Tunisie

NDLR: Les 2 premières équipes qualifiées pour les quarts de finale

Les équipes à égalité sont départagées aux matches particuliers entre elles (points, puis différence de buts, puis meilleure attaque), puis à la différence de buts générale, puis à la meilleure attaque générale

Manifestation à Bamako pour dire "stop" aux massacres

Manifestations à Bamako, Mali, le 17 août 2016. Kassim Traoré/VOA

Entre 3.000 personnes, selon la police, et 5.000, selon les organisateurs, ont manifesté vendredi à Bamako pour dire "stop" aux massacres dans le centre du Mali, où la situation a atteint une "cote d'alerte" selon le chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU.

Depuis l'apparition en 2015 dans cette région du groupe jihadiste du prédicateur Amadou Koufa, recrutant prioritairement parmi les Peuls, traditionnellement éleveurs, les affrontements se multiplient entre cette communauté et les ethnies bambara et dogon, pratiquant essentiellement l'agriculture, et qui ont créé leurs "groupes d'autodéfense".

Koulogon - 39 Peuls tués le 1er janvier - ; Ogossagou - 160 Peuls tués le 23 mars - ; Sobane Da - 35 Dogons tués le 9 juin - ; Gangafani et Yoro - 41 Dogons tués le 17 juin -: la liste des villages martyrs ne cesse de grandir, malgré les renforts envoyés par l'armée.

Le chef de l'Etat, Ibrahim Boubacar Keïta, qui a récusé toute notion de "conflit interethnique", a nommé jeudi "haut représentant du président de la République pour le centre" un de ses proches, l'ancien président du Mali par intérim (2012-2013) Dioncounda Traoré.

"Plus de 2.800 personnes fuyant les violences dans leurs villages ont trouvé refuge dans la ville de Bandiagara", où elles ont reçu des "marmites, jerricans, couvertures, nattes, moustiquaires..." avec l'aide de la Croix-Rouge locale, a indiqué vendredi le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Vendredi, un élu local, Moussa Dembelé, a été enlevé par des hommes armés sur le marché de Ouenkoro, localité frontalière du Burkina Faso, a déclaré à l'AFP le maire de la localité, Harouna Sankaré. "Mon 3e adjoint a été enlevé. Ils sont arrivés sur deux motos, au nombre de cinq. Ils l'ont pris et ont attaché ses bras et (bandé) ses yeux et sont partis vers une commune de l'autre côté de la frontière, Barani", a expliqué M. Sankaré, en ajoutant, la voix cassée, "c'est vraiment difficile".

- 'Trop de sang' -

Après la prière du vendredi, des milliers de manifestants se sont rassemblés dans le centre de Bamako à l'appel du Collectif des associations de jeunes de la région de Mopti (centre) pour réclamer la fin de ce cycle de violences que les renforts envoyés par l'armée ne sont jusqu'ici pas parvenus à endiguer.

"Désarmez les milices", "Halte à l'amalgame", "La France complice", "Disons non à la haine", "Sécurisez les civils", "Une vie est une vie", "Mopti a assez souffert", "Peuls et Dogons sont victimes"... Les nombreuses pancartes brandies s'adressaient aussi bien au gouvernement, à la communauté internationale (France, ONU, pays voisins) qui le soutient, aux jihadistes et autres groupes armés qu'à ceux qui incitent les communautés à se dresser les unes contre les autres.

"Trop de sang a coulé. Il faut que ça s'arrête sinon il n'y aura plus de vie au centre du Mali", a expliqué une des manifestantes, Habitatou Diallo.

Le chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU, Jean-Pierre Lacroix, achevait vendredi une visite au Mali en compagnie du numéro 2 de la diplomatie de l'Union européenne, Pedro Serrano. Les deux diplomates se sont notamment rendus à Mopti et on rencontré les autorités du pays, ainsi que des groupes de la société civile.

"La situation a atteint ce qu'on pourrait appeler une cote d'alerte avec ces horribles massacres des dernières semaines, des derniers jours", a déclaré à Mopti M. Lacroix, cité dans un communiqué.

"Nous sommes prêts à augmenter nos efforts pour soutenir les efforts maliens", a-t-il ajouté, tout en "rappelant avec insistance que la solution doit être malienne".

Le Conseil de sécurité de l'ONU doit examiner le 27 juin le renouvellement du mandat de la mission de l'ONU au Mali (Minusma).

Nouvelle grande opération de ratissage contre les terroristes dans le centre du pays

Nouvelle grande opération de ratissage contre les terroristes dans le centre du pays
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