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Le président du Malawi réintègre le chef de l'armée limogé par son prédécesseur

Des manifestants malawiens défilent dans les rues pour protester contre la mauvaise gouvernance présumée du gouvernement du président Peter Mutharika à Lilongwe le 27 avril 2018. / AFP PHOTO / Amos Gumulira

Le nouveau président du Malawi, Lazarus Chakwera, a rétabli mardi dans ses fonctions le chef de l'armée, limogé par son prédécesseur Peter Mutharika après avoir fait intervenir l'armée pour protéger des manifestants lui étant hostiles.

En 2019, des manifestations dénonçant des fraudes et contestant la réélection en mai du chef de l'Etat sortant, Peter Mutharika, avaient été le théâtre de violences entre la police et les partisans de l'opposition.

En juillet, le général Nundwe avait fait descendre ses troupes dans les rues de plusieurs villes du pays pour mettre fin aux violences. Il avait été limogé par M. Mutharika en mars 2020, un mois après l'annulation par la Cour constitutionnelle de sa réélection pour cause de fraudes.

Lazarus Chakwera a été élu en juin lors d'un nouveau scrutin durant lequel il a battu M. Mutharika.

Affirmant que son prédécesseur avait fait un usage "abusif" de ses pouvoirs "sans motif", le président Chakwera a rétabli mardi le général Nundwe à la tête de l'état-major de l'armée.

"J'ai réintégré le général Nundwe au poste de commandant des Forces de défense du Malawi, avec effet immédiat", a déclaré le chef de l'Etat, lors d'un discours à la nation.

"Mon but est de guérir les blessures et l'injustice d'une décision inique infligée à l'ensemble de notre armée", a-t-il ajouté.

Après son élection en 2014, Peter Mutharika a remplacé le chef de l'armée à quatre reprises. Il avait nommé le général Vincent Nundwe en juin 2019.

La décision de ce dernier de faire invervenir l'armée lors des manifestations antigouvernementales avait été largement saluée dans le pays, notamment par les chefs de l'opposition.

M. Nundwe avait déclaré que sa priorité était que le Malawi reste "souverain et pacifique".

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Des femmes birmanes témoignent des violences de la junte en détention

Un soldat se tient devant la Banque centrale du Myanmar lors d'une manifestation contre le coup d'État militaire, à Yangon, au Myanmar, le 15 février 2021.

Battues, insultées, menacées, des Birmanes témoignent à l'AFP des violences infligées par la junte dans les prisons, où des centaines de femmes sont détenues au secret depuis le coup d'Etat.

"Ils m'ont giflé, m'ont donné des coups de pied au visage (...) Ils ont dit qu'ils pouvaient nous faire disparaître sans que personne ne le sache".

Ngwe Thanzin, dont le nom a été changé pour des raisons de sécurité, se remémore l'angoisse vécue pendant ses jours de détention.

Le 27 mars, "Jour des forces armées", les militaires mettent en scène leur toute-puissance, tuent plus d'une centaine de civils à travers le pays et arrêtent des dizaines d'opposants.

Ngwe Thanzin, une activiste qui participe à une manifestation dans un quartier de Rangoun en ébullition depuis le putsch du 1er février, est interpellée et conduite dans un centre de détention pour être interrogée.

Une trentaine de femmes sont entassées avec elle dans la cellule et couchent à même le sol, sans couverture.

Les nuits sont sans sommeil, rythmées par "des cris en provenance du bâtiment où les hommes sont détenus".

- "Couverte de bleus" -

Certaines femmes subissent aussi de violents interrogatoires.

"Une jeune fille de 19 ans, couverte de bleus, ne pouvait même plus se tenir debout (...) Elle n'a reçu aucun traitement médical et gémissait dans un coin de la cellule", se souvient Ngwe Thanzin, libérée au bout de quatre jours et qui se cache depuis.

D'autres ont eu moins de chance et ont été transférées dans la tristement célèbre prison d'Insein de Rangoun où de nombreux prisonniers politiques ont été détenus sous les précédents régimes militaires.

La mère de Ma Chaw est parmi elles.

"Je suis très inquiète pour sa sécurité", soupire l'adolescente de 17 ans, brutalement interpellée mi-avril avec sa mère alors qu'elles se rendaient chez une amie.

La lycéenne a passé six jours derrière les barreaux aux côtés de femmes qui lui ont raconté avoir été "maltraitées et torturées" lors d'interrogatoires à huis clos.

"L'une d'elle pouvait à peine marcher et manger", se souvient-elle.

L'adolescente a été libérée après avoir été contrainte de signer un document certifiant n'avoir subi aucun mauvais traitement, tandis que sa mère était transférée à Insein.

L'AFP n'a pas été en mesure de vérifier de manière indépendante les témoignages de Ma Chaw et Ngwe Thanzin et la junte n'a pas souhaité faire de commentaires.

Mais, dès la mi-mars, l’agence des Nations Unies ONU Femmes a tiré la sonnette d'alarme.

Depuis le coup d'Etat contre Aung San Suu Kyi, des détenues seraient "victimes de harcèlement et de violences sexuelles", avait-elle alerté dans un communiqué, exhortant "l'armée et la police à respecter les droits fondamentaux des femmes arrêtées".

Près de 900, sans accès pour beaucoup à leurs proches ou à un avocat, sont en détention depuis le putsch, d'après l'Association d'assistance aux prisonniers politiques (AAPP).

Le gouvernement d'unité nationale (GUN), un groupe de députés déchus entrés en clandestinité, a annoncé enquêter sur les "allégations de violences sexuelles et sexistes" en prison.

"Ces cas sont révélateurs d'une tendance plus large d'exactions commises depuis des années en toute impunité par l'armée en particulier à l'encontre des femmes et des jeunes filles issues des minorités ethniques dans les zones de conflit armé", a-t-il ajouté.

Pour échapper aux exactions de la junte, de nombreuses Birmanes ont fui dans les régions frontalières du nord et de l'est, dans des territoires contrôlés par des groupes rebelles. Certaines ont pris les armes contre la junte.

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Deux transgenres condamnées par un tribunal camerounais

Les mains de Blanche, 26 ans, une femme transgenre, à Douala, au Cameroun, le 24 avril 2021.

Un tribunal camerounais a condamné mardi deux transgenres à cinq ans de prison pour "tentative d'homosexualité" et autres infractions, a-t-on appris de leurs avocats.

Selon les avocats, les deux personnes condamnées avaient été arrêtées le 8 février dans un restaurant à cause des vêtements qu'elles portaient.

Les militants des droits de l'homme affirment que leur détention s'inscrit dans le cadre de la criminalisation croissante des minorités sexuelles et des personnes transgenres au Cameroun.

Le tribunal a imposé une peine maximale de cinq ans de prison, assortie d'une amende de 200 000 francs CFA.

Outre la "tentative d'homosexualité", ils ont été reconnus coupables d'outrage public à la pudeur et de défaut d'identification.

"C'est une décision politique", a déclaré l'une des avocates, Alice Nkom, qui a promis de faire appel du verdict. "C'est Yaoundé (le gouvernement central) qui a dit que ces personnes ne devaient pas apporter l'homosexualité au Cameroun".

Contacté, un porte-parole du gouvernement n'a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire.

Un tabou

Le Cameroun fait partie d'un contingent de plus de 30 pays africains où les relations entre personnes de même sexe sont illégales. Ses tribunaux ont déjà condamné des personnes à des peines de prison de plusieurs années pour leur prétendue homosexualité.

Human Rights Watch a déclaré le mois dernier que les arrestations de ces deux personnes semblaient s'inscrire dans le cadre d'une "recrudescence générale" des actions policières contre les minorités sexuelles.

Depuis mai 2020, 53 personnes ont été arrêtées lors de descentes dans des organisations de lutte contre le VIH et le sida au Cameroun. Des certaines d'individus ont déclaré avoir été battus et soumis à des "examens anaux" forcés pour confirmer les accusations d'homosexualité, a indiqué Human Rights Watch.

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