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Le parlement irakien demande un nouveau décompte des voix


Le chef chiite irakien Moqtada al-Sadr et le Premier ministre irakien Haider al-Abadi s'expriment lors d'une conference à Bagdad, Irak, le 20 mai 2018

Le Parlement irakien a ordonné mercredi un nouveau décompte des voix, manuel cette fois-ci et limogé la commission ayant supervisé les législatives, près d'un mois après ce scrutin remporté à la surprise générale par le turbulent chef chiite Moqtada Sadr.

Après plusieurs tentatives, qui avaient échoué faute de quorum, 173 députés sur les 328 que compte le Parlement sortant se sont réunis mercredi pour une session extraordinaire, a constaté un correspondant de l'AFP.

Ils ont voté en faveur d'un nouveau décompte manuel de l'ensemble des urnes du pays, c'est-à-dire près de 11 millions de bulletins de vote.

Depuis la tenue du scrutin le 12 mai et l'annonce deux jours plus tard des premiers résultats, la confusion règne en Irak.

Les accusations de fraudes électorales sont de plus en plus nombreuses, mais n'ont toutefois jamais freiné les tractations gouvernementales déjà bien entamées et qui se poursuivent toujours au même rythme.

Dès la fermeture des bureaux de vote, des candidats --pour beaucoup malheureux-- ont affirmé que l'utilisation de machines de vote électroniques --une première dans le pays-- avait permis des fraudes.

Mercredi, le Parlement a précisé qu'aucune machine ne serait utilisée pour le nouveau dépouillement, uniquement manuel.

Dans la foulée, le Parlement a gelé les activités de la Haute commission électorale indépendante, et limogé ses neuf membres qui seront remplacés par des juges.

Le 12 mai, la liste du populiste Moqtada Sadr, allié aux communistes, s'imposait devant celle d'anciens combattants anti-EI, proches de l'Iran chiite.

Depuis la victoire de ces listes anti-système, des personnalités occupant la scène politique depuis des années mais victimes du "dégagisme" ambiant réclament un décompte des voix, voire une annulation du scrutin.

A leur tête, le président du Parlement Salim al-Joubouri qui n'a pas été reconduit. Il a multiplié les appels à revoir les résultats des premières élections depuis la victoire sur le groupe jihadiste Etat islamique (EI).

Mais c'est dans la province multi-ethnique et pétrolière de Kirkouk que la contestation des résultats est la plus forte -et la plus explosive.

Là, Kurdes --majoritaires--, Arabes et Turkmènes se sont menacés du pire, forçant les autorités à imposer un couvre-feu nocturne le soir de l'annonce des résultats.

Avec AFP

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