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Le pape a "pleuré" avec les victimes de prêtres pédophiles au Chili


L'affaire des prêtres pédophiles a pris beaucoup d'ampleur au Chili.

Le pape François a publiquement exprimé "douleur et honte" mardi pour le viol et les agressions sexuelles d'enfants par des prêtres au Chili pour ensuite rencontrer des victimes avec lesquelles il a "prié et pleuré".

La rencontre, strictement privée, a eu lieu à la nonciature apostolique (ambassade) du Vatican à Santiago, la capitale chilienne, a précisé le porte-parole du Vatican, Greg Burke.

"Personne d'autre n'était présent. Seul le pape et les victimes", a dit le porte-parole. "Il en a été ainsi pour qu'elles puissent parler de leur souffrance au pape François, qui les a écoutées et a prié et pleuré avec elles."

Si le chef de l'Eglise catholique a déjà rencontré des victimes de violences sexuelles au Vatican, c'est seulement la seconde fois qu'il en rencontre dans ses voyages à l'étranger. La dernière rencontre de ce genre à l'étranger a eu lieu à Philadelphie aux États-Unis en 2015.

L'annonce de cette rencontre est intervenue à la fin d'une journée intense pour le pape, lors de laquelle il a évoqué la question des abus sexuels par deux fois et a demandé pardon aux victimes.

La première mention a eu lieu au palais présidentiel de la Moneda, que l'armée avait mitraillé lors du putsch de septembre 1973, et à l'intérieur duquel le président d'alors, le socialiste Salvador Allende, s'était donné la mort pour échapper aux putschistes.

L'affaire des prêtres pédophiles a pris beaucoup d'ampleur au Chili. Les politiques sont nombreux à critiquer l'Eglise dans ce pays très catholique, où cette crise a entamé sa crédibilité.

"Ici, je me sens tenu d'exprimer ma douleur et ma honte à propos des dommages irréparables causés à des enfants par certains ministres de l'Eglise", a déclaré Jorge Mario Bergoglio à La Moneda de Santiago, en présence de la présidente Michelle Bachelet, de responsables chiliens et de diplomates étrangers.

"Avec mes frères évêques, il est temps de demander pardon et de faire tous les efforts possibles pour soutenir les victimes, même si nous nous sommes engagés à faire en sorte que de telles choses ne se reproduisent plus", a-t-il ajouté sous les applaudissements.

"Complice des pédophiles"

En 2015, le pape a nommé à la tête du petit diocèse d'Osorno, au sud de Santiago, l'évêque Juan Barros, accusé d'avoir couvert son ancien mentor, le père Fernando Karadima, déclaré coupable d'actes de pédophilie sur adolescents au terme d'une enquête du Vatican en 2011.

Le père Karadima nie les accusations portées contre lui et l'évêque a dit qu'il n'était pas au courant d'actes répréhensibles.

Mgr Barros, qui a assisté à la messe donnée par le pape mardi matin devant 400.000 personnes, a dit n'être au courant d'aucun acte répréhensible.

"On a dit beaucoup de mensonges au sujet de ma situation", a-t-il dit à Reuters après la messe.

On ne sait pas si les victimes rencontrées par le pape ont été agressées sexuellement par le père Karadima. Le porte-parole Greg Burke s'est borné à dire qu'elles étaient toutes des victimes de prêtres.

François est revenu sur ce thème mardi soir dans un discours à des prêtres et à des religieuses à la cathédrale de Santiago. Il a évoqué "ce grand mal douloureux" qui fait que les victimes et leurs familles ont "vu la confiance qu'elles avaient placée dans les ministres de l'Eglise trahie".

Le pape a également dit qu'il comprenait la douleur des prêtres et des religieuses qui n'avaient rien à voir avec les agressions sexuelles et sur qui le scandale avait injustement retenti. Il a évoqué "les insultes dans le métro ou dans la rue".

Au moins huit églises catholiques ont été attaquée au Chili depuis une semaine. Lundi, quelques heures après l'arrivée du pape au Chili, deux petites églises en bois ont été incendiées près de Temuco, où François doit se rendre ce mercredi.

Les indiens Mapuche qui vivent dans la région accusent l'Etat chilien et les sociétés privées de leur prendre leurs terres ancestrales. Les Mapuche soulignent que la cérémonie qui doit avoir lieu en présence du pape se tiendra sur des terrains saisis.

A dix pâtés de maison de la messe donnée mardi, des affrontements ont eu lieu entre la police anti-émeute et des personnes qui manifestaient contre les affaires de pédophilie et le coût de la visite du pape, estimé à 17 millions de dollars (14 millions d'euros).

"Complice des pédophiles", pouvait-on lire sur une des banderoles.

Avec Reuters

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