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Le Pacte sur les Migrations adopté lundi à Marrakech, malgré les tensions

Louise Arbour (Archives)

Des représentants de plus de 150 pays se réunissent lundi à Marrakech, au Maroc, pour approuver le Pacte mondial sur les Migrations piloté par l'ONU, un texte qui polarise les critiques des nationalistes et des anti-migrations.

C'est par un simple coup de marteau que le texte destiné à renforcer la coopération internationale pour une "migration sûre, ordonnée et régulière" sera adopté lundi matin après proclamation orale, selon les informations diffusées par l'ONU à Marrakech.

Sans vote ni signature, la conférence intergouvernementale de Marrakech devait être une simple étape formelle du processus, avant un ultime vote de ratification le 19 décembre à l'Assemblée générale de l'ONU. Mais le sujet déchaînant les passions, une quinzaine de pays ont fait part de leur retrait ou du gel de leur décision.

"Il est étonnant qu'il y ait eu autant de désinformation à propos de ce que le Pacte est et de ce qu'il dit (...), il ne crée aucun droit de migrer, il ne place aucune obligation sur les Etats", a martelé Louise Arbour, la représentante spéciale de l'ONU pour les migrations, dimanche soir au cours d'une conférence de presse à Marrakech.

- Non contraignant -

Un total de 159 des 193 pays membres de l'ONU ont confirmé leur présence à Marrakech. Une centaine seront représentés au niveau des chefs d'Etat, chefs de gouvernement ou ministres, ce qui selon Louise Arbour, "correspond tout à fait à la moyenne".

Non contraignant, le Pacte recense des principes - défense des droits de l'homme, des enfants, reconnaissance de la souveraineté nationale - et liste des propositions pour aider les pays à faire face aux migrations - échanges d'information et d'expertises, intégration des migrants. Il interdit les détentions arbitraires, n'autorisant les arrestations qu'en dernier recours.

Les défenseurs des droits de l'Homme le trouvent insuffisant, notamment sur l'accès des migrants à l'aide humanitaire et aux services de base ou sur les droits des travailleurs migrants. Ses détracteurs le voient comme un encouragement à un flux migratoire incontrôlé.

Les Etats-Unis, qui s'étaient retirés de l'élaboration du texte en décembre 2017 en le jugeant contraire à la politique d'immigration du président Donald Trump, ont lancé vendredi une nouvelle salve contre le Pacte et contre toute forme de "gouvernance mondiale".

"Les décisions sur la sécurité des frontières, sur qui est admis à résider légalement ou à obtenir la citoyenneté, figurent parmi les plus importantes décisions souveraines qu'un pays peut prendre", a fustigé la mission diplomatique américaine à l'ONU dans un communiqué.

Les Etats-Unis ont été particulièrement actifs au cours des derniers mois pour partager leur conception du Pacte avec plusieurs pays signataires, notamment en Europe, selon des diplomates de l'ONU.

A ce stade, neuf pays se sont retirés du processus après avoir approuvé le texte le 13 juillet dernier à New York - Autriche, Australie, Chili, République tchèque, République dominicaine, Hongrie, Lettonie, Pologne et Slovaquie - et sept ont souhaité plus de consultations internes - Belgique, Bulgarie, Estonie, Israël, Italie, Slovénie et Suisse -, selon Louise Arbour.

A Ottawa, des échauffourées ont opposé samedi des groupes pro-immigration et des militants de droite opposés à l'adhésion au Pacte. Le Premier ministre canadien Justin Trudeau, lui, entend bien le signer: "Accueillir les gens venus du monde entier grâce à un système d'immigration rigoureux est ce qui a fait du Canada un pays fort, et c'est quelque chose dont le monde a toujours davantage besoin", selon lui.

- Absence de Macron -

Egalement favorable au texte, la chancelière allemande Angela Merkel est arrivée au Maroc dimanche. Les chefs des gouvernements espagnol, grec, danois, portugais et belge ont confirmé leur venue.

Mais la décision du Premier ministre belge Charles Michel de se rendre à Marrakech a fait exploser sa coalition gouvernementale avec les nationalistes flamands du N-VA, après plusieurs jours de bras de fer.

Ce parti anti-immigration a tenu samedi un meeting à Bruxelles avec Marine Le Pen, patronne de l'extrême droite française, et Steve Bannon, ex-conseiller de Donald Trump, pour dénoncer le Pacte, brandi comme un épouvantail par les populistes à travers l'UE à l'approche des élections européennes en mai prochain.

Le président français Emmanuel Macron a décidé de déléguer à Marrakech le secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères Jean-Baptiste Lemoyne, alors que le sujet suscite l'opposition de la droite, de l'extrême droite mais aussi de certains "gilets jaunes", ces Français qui manifestent depuis trois semaines dans les rues contre la politique fiscale et sociale.

Il y a environ 258 millions de personnes en mobilité et migrants dans le monde, soit 3,4% de la population mondiale.

Avec AFP

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Face aux violences, des Marocaines rompent leur silence

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Le Maroc surpris par la Gambie en préparation de la CAN

Le joueur vedette du Maroc Mehdi Benatia à Genève, le 31 mai 2018.

Le Maroc, l'un des favoris de la CAN-2019 organisée du 21 juin au 19 juillet en Egypte, a été battu en match de préparation par la Gambie 1 à 0, mercredi à Marrakech.

Le sélectionneur du Maroc, le Français Hervé Renard, a décidé d'effectuer une large revue d'effectif lors des derniers matches de préparation avant la CAN, contre la Gambie donc, mais également face à la Zambie le 17 juin.

Musa Barrow a marqué le seul but de la partie à la 27e minute pour donner un deuxième succès de prestige à la Gambie, six jours après celui obtenu contre la Guinée (1-0).

A la CAN-2019, le Maroc évoluera dans le groupe D avec la Côte d'Ivoire, l'Afrique du Sud et la Namibie.

Découverte de trois migrants cachés dans des voitures à la frontière Maroc-Espagne

Plus de 100 migrants se sont introduits de force sur le territoire espagnol de Ceuta, Maroc, le 22 août 2018.

Trois migrants africains, dont une adolescente de 15 ans, ont été découverts cachés sous les tableaux de bord et derrière les sièges de trois voitures à la frontière entre le Maroc et l'Espagne, a annoncé lundi la police espagnole.

La découverte de la jeune fille et de deux hommes de 20 et 21 ans a eu lieu vendredi matin lors d'une fouille des véhicules au point de passage entre le Maroc et l'enclave espagnole de Melilla, a expliqué un porte-parole de la Garde civile.

Deux migrants s'étaient recroquevillés dans des espaces minuscules aménagés sous les tableaux de bord et le troisième dans un compartiment derrière le siège arrière de l'un des véhicules, selon un communiqué.

Deux d'entre eux ont dû être pris en charge médicalement car ils présentaient "des symptômes d'asphyxie, de désorientation et de douleur généralisée dans les articulations en raison des conditions horribles dans lesquelles ils voyageaient", précise le communiqué.

La police a arrêté les trois conducteurs, tous des Marocains, âgés de 19 à 31 ans, soupçonnés de trafic d'êtres humains.

La police des frontières a également découvert vendredi, au même point de passage, un migrant de 20 ans suspendu au châssis d'un camion.

Les enclaves espagnoles de Melilla et Ceuta sont les seules frontières terrestres de l'Union européenne en Afrique.

Elles sont souvent utilisées comme point d'entrée en Europe par les migrants africains, qui essaient généralement d'escalader les gigantesques clôtures installées le long de la frontière, ou bien de longer la côte à la nage.

Report du procès du viol collectif d'une adolescente au Maroc

Le tribunal de première instance de Rabat, au Maroc, le 11 août 2006.

Le procès de douze hommes accusés de la séquestration et du viol collectif d'une adolescente s'est ouvert mardi devant un tribunal de Beni Mellal, avant d'être immédiatement reporté.

Les avocats de la défense et celui de la victime, qui s'est portée partie civile, ont demandé davantage de temps pour se préparer, et le juge a reporté le procès au 25 juin, a déclaré le conseil de la jeune fille, Me Ibrahim Hachane.

Dans une vidéo diffusée en août et devenue virale, Khadija, une adolescente issue d'une famille défavorisée âgée de 17 ans au moment des faits, avait raconté avoir été kidnappée, séquestrée, violée et martyrisée pendant deux mois par des jeunes hommes de son village d'Oulad Ayad, près de Beni Mellal.

Son témoignage filmé dans lequel elle montre des traces de brûlures de cigarettes et des tatouages que ses agresseurs ont, selon elle, gravé de force sur son corps pendant sa séquestration, avait soulevé un tollé dans le royaume et suscité une forte mobilisation contre "la culture du viol et de l'impunité".

Les 12 accusés, âgés de 19 à 29 ans, comparaissent devant la chambre criminelle de la cour d'appel de Beni Mellal, instance qui les jugera en première instance pour des chefs de "traite d'être humain", "viol", "constitution d'une bande organisée" ou "enlèvement et séquestration". La "traite d'être humain" est passible d'une peine maximale de 30 ans.

Un autre prévenu sera jugé séparément à huis clos le 11 juin, son dossier ayant été disjoint des autres puisqu'il était "mineur au moment des faits", a indiqué Me Ibrahim Hachane. "Les accusés ont avoué les faits qui leur sont reprochés pendant l'interrogatoire de police, mais ont pour la plupart nié devant le juge d'instruction", selon Me Hachane.

"Je suis encore traumatisée, ce qui m'est arrivé n'est pas facile à supporter", avait confié la jeune fille au lendemain des faits. "J'attends avec impatience le début des traitements pour me faire détatouer. Je ne peux même pas regarder mes mains, car je me souviens chaque jour de ce qui m'est arrivé", avait-elle dit.

Elle ne s'est toujours pas fait détatouer, le juge pouvant demander à voir ses tatouages pendant le procès, selon son avocat. "Son état psychologique est encore fragile", a dit son père Mohamed.

Le choix de sa fille de briser le silence en s'exposant publiquement est une démarche très rare dans une société conservatrice qui pousse les victimes de viol à se taire, par peur pour leur image et pour la réputation de leur famille.

Plus de 90% des Marocains ayant subi une forme de violence n'ont pas porté plainte contre leurs agresseurs, selon une récente enquête officielle.

Le jardin rouge de Marrakech

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