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L'Autriche se retire du pacte de l'ONU sur les migrations

Les migrants après avoir franchi le pont frontalier germano-autrichien, le 27 octobre 2015.

Le gouvernement autrichien a annoncé son retrait du pacte de l'ONU sur les migrations, qui sera formellement entériné en décembre et auquel le pays dit s'opposer, comme la Hongrie et les Etats-Unis, pour "défendre sa souveraineté" en matière d'immigration.

"Le gouvernement a convenu (...) de ne pas signer le pacte des Nations Unies sur la migration et ainsi de ne pas lier l'Autriche", a indiqué dans un communiqué la coalition dirigée par le chancelier conservateur Sebastian Kurz avec le parti d'extrême droite FPÖ.

La formation d'extrême droite faisait campagne depuis plusieurs semaine pour que Vienne boycotte ce texte considéré comme le premier document international sur la gestion des migrations.

Les pays de l'ONU, à l'exception des Etats-Unis, ont approuvé le document en juillet. Quelques jours plus tard, la Hongrie avait annoncé son retrait de cet accord, qui doit être entériné lors d'un sommet à Marrakech les 10 et 11 décembre. L'Autriche n'enverra aucun représentant à cette réunion, a indiqué le gouvernement.

Alors que le pacte n'a pas de caractère contraignant, Vienne justifie sa décision par "l'importance de défendre la souveraineté nationale de l'Autriche", selon le chancelier Kurz cité par le communiqué.

"L'Autriche refuse la possibilité que le pacte sur les migrations établisse un nouveau droit international contraignant ou puisse être interprété comme tel", a déclaré le vice-chancelier et patron du FPÖ, Heinz-Christan Strache, lors d'une conférence de presse.

L'opposition a vigoureusement dénoncé cette annonce, accusant le gouvernement de porter atteinte à la réputation internationale du pays. L'eurodéputé vert Michel Reimon a estimé que la décision montrait que l'Autriche "ne fait pas seulement partie d'un bloc de l'Est réactionnaire, mais qu'elle le dirige".

La Commission européenne a jugé "regrettable" la décision de l'Autriche, pays qui occupe la présidence tournante de l'UE jusqu'à la fin de l'année.

Berlin a également défendu cet accord négocié durant de longs mois, qui cherche à "trouver des solutions globales au phénomène des migrations".

Vienne juge certains aspects du texte "en contradiction" avec le programme de la coalition qui a fait de la lutte contre l'immigration illégale une priorité. Le vice-chancelier dit craindre que le document ne consacre "un droit à la migration".

Au pouvoir depuis près d'un an, le gouvernement Kurz a durci les conditions d'accueil des immigrés, et les élus d'extrême droite tiennent régulièrement des propos stigmatisant les étrangers, notamment de religion musulmane.

Le gouvernement hongrois de Viktor Orban avait de son côté dénoncé un pacte jugé "dangereux", affirmant qu'il "incitera des millions de personnes à prendre la route". La Pologne est également réticente.

Washington s'était retiré fin 2017 de l'élaboration du document en affirmant qu'il comprenait des dispositions contraires à la politique d'immigration de Donald Trump.

Le pacte de l'ONU préconise notamment de renforcer la coopération internationale pour gérer l'immigration. Il recense une série de principes - défense des droits de l'homme, des droits des enfants, reconnaissance de la souveraineté nationale, etc - et comprend un catalogue de mesures pour aider les pays à faire face aux migrations: améliorer l'information, mesures pour mieux intégrer les migrants, échange d'expertises...

Avec AFP

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Afghanistan: l'émissaire américain témoignera jeudi à huis clos au Congrès

L'émissaire des Etats-Unis pour l'Afghanistan Zalmay Khalilzad, le vendredi 8 février 2019 à l'Institut américain de la paix, à Washington. (AP Photo / Jacquelyn Martin)

L'émissaire des Etats-Unis pour l'Afghanistan Zalmay Khalilzad, qui était en charge des négociations avec les talibans, témoignera à huis clos devant le Congrès jeudi, dix jours après la rupture des discussions par le président américain Donald Trump.

Le président de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants, Eliot Engel, avait convoqué M. Khalilzad la semaine dernière afin qu'il vienne détailler son "plan de paix" aujourd'hui "enterré" et "pour comprendre comment ce processus" avait "déraillé", avait-il fait savoir dans un communiqué.

"Nous avons trouvé un arrangement (...) pour entendre l'émissaire Khalilzad lors d'un briefing confidentiel", a déclaré le démocrate Eliot Engel mercredi, ajoutant que l'assignation à comparaître lors d'une audition publique avait de ce fait été levée.

"Même si j'aurais préféré entendre M. Khalilzad lors d'une audition publique, je suis heureux que nos membres aient l'opportunité, depuis longtemps due, de réclamer des réponses sur le plan de paix", a-t-il ajouté.

Le président Trump avait annoncé le 9 septembre avoir mis fin aux négociations avec les insurgés en raison d'un nouvel attentat meurtrier qui a tué notamment un soldat américain à Kaboul. Le milliardaire républicain avait par la même occasion annulé un sommet secret avec les talibans prévu selon lui le lendemain à Camp David, la prestigieuse résidence secondaire des présidents américains.

Pendant tout le processus de négociations, Zalmay Khalilzad n'avait dévoilé que peu de détails de "l'accord de principe" qu'il affirmait avoir conclu avec les talibans.

Celui-ci devait permettre un retrait progressif des soldats américains en Afghanistan, en échange de garanties de sécurité, d'une "réduction de la violence" et de l'ouverture de négociations directes entre les talibans et le gouvernement de Kaboul.

Avec AFP

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Impasse politique en Israël

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"Nous sommes en train de perdre la course" du climat, dit le chef de l'ONU

Le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, à Nassau, aux Bahamas, le 13 septembre 2019.

Antonio Guterres, le secrétaire général de l'ONU, a estimé mardi que l'accord de Paris sur le climat n'avait pas encore échoué, mais que le temps était compté pour éviter la catastrophe climatique.

"Je voudrais voir toute la société accroître la pression sur les gouvernements pour qu'ils comprennent qu'ils doivent aller plus vite, car nous sommes en train de perdre la course", a-t-il déclaré dans une interview à une collaboration de dizaines de médias internationaux, Covering Climate Now.

Samedi, Antonio Guterres accueillera un sommet de la jeunesse sur le climat à New York à l'ONU, puis lundi un sommet spécial climat avec des chefs de gouvernements et d'Etats, appelés à revoir leurs engagements à la hausse, pour limiter le réchauffement du globe à 1,5°C ou 2°C, par rapport à la période préindustrielle, au 19e siècle.

"La recherche scientifique nous dit que ces objectifs restent atteignables", a dit Antonio Guterres, en admettant que l'inaction des pays membres de l'ONU pouvait, au moins partiellement, être compensée par d'autres acteurs non-étatiques - en particulier aux Etats-Unis, où les Etats fédéraux comme la Californie prennent le relais.

"L'un des aspects les meilleurs de la société américaine est que c'est un pays fédéral, et que les décisions sont décentralisées", a-t-il dit. "Je serai donc toujours favorable à ce que les décisions relatives au changement climatique soient toujours aussi décentralisées que possible".

Il a noté que de grandes villes, des régions et des entreprises prenaient le relais, et que des banques et des fonds d'investissement se retiraient des secteurs du charbon et des énergies fossiles.

Il a aussi pris l'exemple de l'Union européenne, où seuls trois pays s'opposent encore à l'objectif de neutralité carbone d'ici 2050, disant percevoir un "nouveau souffle", notamment avec la croissance des énergies solaires en Inde et en Chine.

"Nous avons besoin de changer profondément la façon dont nous produisons notre nourriture, d'où vient l'énergie de nos économies, comment nos villes sont organisées, comment nous produisons notre énergie", a-t-il poursuivi.

"J'ai l'impression que de plus en plus de gens, d'entreprises, de villes et d'Etats comprennent qu'il faut le faire", a conclu Antonio Guterres.

Avec AFP

Aux confins d'Israël, les Bédouins votent sans trop d'espoir

Un drapeau israélien fait signe à l’ambassade à Moscou le 18 septembre 2018.

"Chaque voix peut faire la différence", explique ce père de 15 enfants, membre de la minorité des Arabes israéliens.

Lui dit avoir exercé son droit de citoyen en participant aux législatives de mardi, les deuxièmes en moins de six mois, le premier scrutin n'ayant accouché d'aucune coalition gouvernementale.

A l'instar des quelque 250.000 Bédouins du désert du Néguev (sud), il appartient à la minorité des Arabes israéliens, descendants des Palestiniens restés sur leurs terres à la création d'Israël en 1948. Ceux-ci, qui représentent environ 20% des neuf millions d'habitants du pays, dénoncent des discriminations par rapport à la majorité juive.

Assis droit sur sa chaise en plastique, au milieu d'un terrain vague où survivent de maigres arbres récemment plantés, le cheikh est le chef d'un village "illégal" dans le Néguev, zone désertique du sud d'Israël où vit la grande majorité des Bédouins du pays, descendants de langue arabe des nomades du désert.

Comme 34 autres villages de la région, le hameau d'Al-Araqib, n'est pas reconnu par l'Etat israélien. Pas d'accès à l'eau, pas d'école, de transport...

D'Al-Araqib, il ne reste que des abris de fortune adossés aux voitures et camionnettes des habitants, dans le cimetière. Le village a été détruit "161 fois", raconte le notable, retroussant sa longue tunique.

Vingt-deux familles résistent dont celle du cheikh, né sur place.

"Avec les morts"

Les Bédouins du Néguev vivent en marge de la société israélienne, souvent dans une grande pauvreté. Ils se plaignent des démolitions répétées de leurs villages par les autorités, de transferts forcés et de spoliation de leurs terres qu'ils refusent de quitter.

Les autorités israéliennes dénoncent pour leur part des constructions anarchiques, l'absence de titres de propriété et le souci d'améliorer les conditions de vie des Bédouins.

"Le gouvernement actuel est extrémiste et criminel", juge le cheikh Sayiah Al-Turi, 70 ans, qui dénonce un "Etat d'occupation" et a voté mardi contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

"Je n'attends rien de bien de ce pays, il est raciste. Je ne crois qu'en Dieu pour changer les choses", affirme le cheikh qui a pourtant voté.

Sa cousine Hakma a elle aussi voté. "J'ai l'espoir qu'il y ait un changement, pas uniquement pour moi, mais pour tous les bédouins du Néguev", dit-elle, montrant un réchaud de gaz à même le sol et des casseroles rangées dans un "placard" improvisé avec un frigo débranché.

"Regardez où je cuisine! Un jour je dors dans la maison, un jour dans le camion, un autre dans le cimetière", poursuit la petite femme vêtue de noir. "On partage l'électricité avec les morts", déplore la mère de neuf enfants.

"Démocratie bidon"

Dans la ville d'à côté, à Shaqef as-Salam, une foule s'agglutine sous les parasols de fortune, pour s'enregistrer pour le vote. A l'écart des regards, des hommes distribuent discrètement des bulletins de vote pour la "Liste unie" des partis arabes.

Saba, dissimulée sous un niqab noir comme la plupart des femmes autour d'elle, vote à chaque élection. "C'est mon droit, je suis citoyenne comme les autres", martèle-t-elle.

Mardi, elle est venue par ses propres moyens, depuis l'un des rares villages bédouins reconnus par Israël, Bir Haddaj. Une heure et demie de route pour glisser son bulletin dans l'urne, précise-t-elle.

Les associations dénoncent une volonté de limiter la participation des Bédouins. Dimanche, le Comité central pour les élections a interdit à l'organisation israélienne Zazim ("on bouge"), d'affréter des bus pour acheminer les habitants arabes les plus éloignés jusqu'aux urnes.

Assis sur le trottoir devant l'école transformée en bureau de vote, Bassel Zaanoun vote "pour qu'ils arrêtent de démolir nos maisons".

Sa maison a été démolie deux fois. "Pour l'instant, on habite dans une bicoque de fortune", lance celui qui a encore une tête de gamin, perdu au milieu du brouhaha.

Selon l'ONG Neguev Coexistence Forum for Civil Equality, 2.326 ordres de démolition ont été exécutés l'an dernier, dont plus de 600 pour des logements. Et, dans 88% des cas, ce sont les propriétaires qui sont contraints d'y procéder.

A Al-Araqib, "Docteur Awad" secoue la tête quand le cheikh parle des élections. "Je ne vote pas. Jamais", proteste le professeur d'université, lunettes de soleil dissimulant son regard. "Où sont les députés arabes?", dit-il, pointant l'emplacement du village désormais vide.

"Ils n'ont pas pu empêcher ne serait-ce qu'une démolition". "C'est une démocratie bidon", lâche-t-il avec mépris. "Je ne vais pas donner ma voix pour les légitimer".

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