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Le nouveau président ghanéen se réjouit de la bonne santé démocratique du pays


Le président élu du Ghana Nana Akufo-Addo sourit lors d’un rassemblement après sa victoire à l’élection présidentielle, 9 décembre 2016.

Opposant historique et vainqueur de l'élection présidentielle ghanéenne, Nana Akufo-Addo a salué la bonne santé de la démocratie au Ghana et a promis de redresser la croissance économique.

Il a accordé une interview samedi à l'AFP, au lendemain de sa victoire.

Recevant dans sa maison modeste d'Accra, près de 24 heures après l'annonce des résultats officiels, M. Akufo-Addo, 72 ans, porte une chemise blanche et ses éternelles lunettes rondes, son signe distinctif.

Au milieu du salon est posée une sculpture d'éléphant blanc, le symbole de son parti, le Nouveau Parti Patriotique (NPP). Aux murs, l'ancien avocat des droits de l'Homme a installé des bibliothèques où l'on trouve à la fois la biographie de Tony Blair ou des livres sur le pentecôtisme.

Vainqueur de l'élection contre le président sortant John Dramani Mahama avec 53,8% des voix, M. Akufo-Addo s'est réjoui de la bonne santé démocratique du pays et a mis en garde les dirigeants africains qui refusent de quitter le pouvoir, affirmant qu'ils sont "à contre-courant de l'Histoire".

La campagne électorale aura été particulièrement serrée et tendue entre les deux candidats qui s'affrontaient pour la seconde fois, mais malgré quelques violences sporadiques, le Ghana peut conserver sa réputation d'exemple de stabilité en Afrique de l'Ouest.

"Je pense que ceux qui refusent l'idée de compétition politique, d'élections libres, ne veulent pas s'engager dans la marche de l'Histoire ouest-africaine, et africaine dans son ensemble où la démocratie se consolide", citant notamment la Côte d'Ivoire et le Burkina Faso.

"Ce qui est en train de se passer en Gambie est vraiment regrettable", confie le nouveau président ghanéen, faisant référence au revirement surprise ce week-end de Yahya Jammeh, qui a finalement déclaré qu'il n'acceptait pas sa défaite après plus de vingt années au pouvoir.

- 'au travail' -

Dans son discours vendredi soir, juste après l'annonce de sa victoire, M. Akufo-Addo, qui sera officiellement au pouvoir le 7 janvier prochain, s'est dit "humble", et a promis aux Ghanéens de les "remettre sur le chemin du progrès et de la prospérité".

Pendant la campagne électorale, le président sortant, M. Mahama, a parcouru le pays, inaugurant de grands projets d'infrastructures, ce qui lui a valu le surnom de "passeur de commandes en chef".

Mais le pays a dû emprunter énormément d'argent aux bailleurs de fonds internationaux (près d'un milliard de dollars en 2015 au Fonds monétaire International). La monnaie nationale a perdu de sa valeur, ralentissant l'économie, en même temps que la déception gagnait les électeurs.

Cette année, le Ghana devrait atteindre les 3,3% de croissance, le plus faible taux de ces vingt dernières années pour ce pays d'Afrique de l'ouest.

M. Akufo-Addo souhaite renverser la tendance et stopper ces "prêts à tout-va" qui "mettent le pays en hypothèque".

Souhaitant axer son mandat sur la reprise économique, il a d'ores et déjà annoncé qu'il dirigerait le pays aux côtés de Mahamudu Bawumia, ancien gouverneur de la Banque National du Ghana.

"Nous sommes dans une situation difficile", admet-il. "Cette dette est considérable".

Dans son programme plutôt libéral, il a prévu de mettre en place des politiques pour encourager les investissements, notamment en réduisant les impôts de toutes les entreprises, du BTP aux compagnies aériennes.

"Ces mesures peuvent stimuler la production agricole, l'activité industrielle. C'est ma priorité", a-t-il expliqué à l'AFP, promettant de remettre les Ghanéens "au travail".

Dans les rues d'Accra, ses supporters célébraient encore la victoire, 24 heures après l'annonce officielle.

"Je suis heureux car notre démocratie est en marche", s'exclame Daniel Ofori, 28 ans, avec une casquette du NPP sur la tête. "On a vécu les plus libres et transparentes élections de notre histoire."

Pour Palema Elenga Bouss, une étudiante congolaise à Accra, le Ghana a connu quatre années de difficultés économiques avec, notamment, les coupures d’électricité et la baisse des cours du cédi, la monnaie nationale. « Chaque trois mois, on avait une augmentation des frais de transport, il y avait trop de changements négatifs », a-t-elle expliqué, ajoutant que le président élu ghanéen a les atouts nécessaires pour s’attaquer à ces problèmes.

Avec AFP

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