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L'opposant Nana Akufo-Addo remporte l'élection présidentielle au Ghana


Nana Akufo-Addo, opposant ghanéen historique a remporté l'élection présidentielle au Ghana (Photo datée 7 décembre du 2016).

Nana Akufo-Addo, opposant ghanéen historique qui se présentait pour la 3e fois à la fonction suprême, a remporté vendredi soir l'élection présidentielle avec plus de 53% des voix.

"Je ne vous décevrai pas. Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour répondre à vos espoirs et à vos attentes", a-t-il déclaré dans la nuit de vendredi à samedi à des milliers de supporters extatiques, rassemblés devant sa résidence d'Accra.

"Je ferai de mon mieux pour servir vos intérêts et remettre le pays sur le chemin du progrès et de la prospérité", a ajouté cet avocat de 72 ans qui a promis de donner un second souffle à ce pays d'Afrique de l'Ouest, dont l'économie est en berne.

Quelque 10,7 millions d'électeurs se sont rendus aux urnes et Nana Akufo-Addo, chef de file du Nouveau Parti Patriotique (NPP), a réuni 53,8% des voix contre 44,4% au président sortant John Dramani Mahama, qui était en lice pour un second mandat et qui a appelé son adversaire pour le féliciter de sa victoire au terme d'une campagne particulièrement serrée.

La Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) "a pris note de l'annonce du résultat final" et a salué le président sortant "pour avoir accepté la volonté du peuple ghanéen" et "démontré les qualités d'un homme d'Etat", dans un communiqué reçu samedi par l'AFP.

La Cédéao a également félicité M. Akufo-Addo "pour sa victoire bien méritée", l'encourageant à travailler pour "résoudre les problèmes cruciaux, en particulier le chômage de jeunes et la croissance économique".

Quelques heures avant l'annonce officielle des résultats, des centaines de partisans, habillés de blanc des pieds à la tête, se sont rassemblés devant la modeste résidence de M. Akufo-Addo, pour célébrer leur victoire, 48 heures après la fermeture des bureaux de vote.

Libéral, le candidat de l'opposition a promis de relancer la croissance et de créer de l'emploi à travers sa politique de développement industriel.

"Le président du Ghana est le président de tous les Ghanéens", a-t-il lancé à la foule alors que des feux d'artifices étaient tirés dans les airs.

- Fiers -

"Nous avons gagné!", s'enthousiasmait Hajia Mustafa, commerçante de 44 ans. "C'est mon président, c'est mon choix".

La campagne électorale a été tendue dans ce pays d'Afrique de l'Ouest réputé pour être un exemple de démocratie et de stabilité dans la région. Malgré quelques violences sporadiques, le climat est resté plutôt pacifique le jour du scrutin, mercredi, et pendant les 48 heures du décompte des voix.

"Je pense que les Ghanéens peuvent être extraordinairement fiers", a déclaré un des observateurs du scrutin, Johnnie Carson, de l'Institut national démocratique. "Le Ghana s'est distingué pendant ses 25 dernières années comme étant un pays d'intégrité et de transparence", a-t-il ajouté.

Le premier mandat de M. Mahama, figure charismatique et réputé proche du peuple, a été entaché par un ralentissement de la croissance et par des scandales de corruption au sein de l'administration.

"Une fois encore, les Ghanéens ont pensé que leur bulletin de vote était une manière efficace de se faire entendre et de montrer leur mécontentement", a affirmé à l'AFP Manji Cheto, vice-présidente de Teneo Intelligence, une société d'analyse des risques basée à Londres et spécialisée sur la région.

"Il y a de claires indications que la démocratie commence à devenir en Afrique de l'Ouest un système mature, dans lequel les électeurs voient leur vote comme un droit qu'ils veulent exercer", a-t-elle dit à l'AFP.

Avec AFP

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