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Le Nigeria reçoit le Venezuela et la Corée du Nord pour célébrer la Démocratie

Des particpants lors des célébrations de la Journée de la démocratie à Abuja, le 12 juin 2019.

Le président Muhammadu Buhari a célébré mercredi à Abuja la Journée de la Démocratie et le début officiel de son second mandat à la tête du Nigeria, première puissance économique d'Afrique, en présence de chefs d'Etat du continent, et de délégations du Venezuela et de la Corée du Nord.

Le 29 mai a toujours marqué la Journée de la Démocratie pour commémorer la date à laquelle l'armée a rendu le pouvoir aux civils en 1999.

En juin 2018, le gouvernement nigérian a rendu hommage au regretté chef Mko Abiola, présumé vainqueur de l'élection présidentielle annulée du 12 juin 1993. Le président Muhammadu Buhari a alors décidé que le 12 juin serait célèbrée comme la Journée de la Démocratie.

Parade militaire et danses regionales ont rythmé cette première Journée de la Démocratie du 12 juin.

Le contingent de police défile lors de la célébration de la Journée de la démocratie au Nigeria à Abuja, le 12 juin 2019.
Le contingent de police défile lors de la célébration de la Journée de la démocratie au Nigeria à Abuja, le 12 juin 2019.


Le militant Idriss Abdul a été arrêté le 12 juin 1993 en compagnie d’autres personnes. C’est une date est inoubliable pour lui.

"C’est une journée très importante. J’ai été une victime moi-même. J’ai été arrêté. Depuis 1993, c'est la première fois que cette journée est reconnue par le Gouvernement fédéral, par un ancien dirigeant militaire et ancien soldat. C’est très important pour nous. Il s’agit de se rappeler, il s’agit d’une évaluation de notre passé".

Selon Bako Abdullahi, avocat et professeur à l’université d’Abuja, "ils sont en train d’essayer de corriger l’injustice qui a été faite durant l’élection de 1993. Une élection qui a été considérée par les Nigérians comme libre et transparente. Mais les dirigeants élus n’ont jamais pu gérer les affaires du pays".

Muhammadu Buhari, 76 ans, a fait un long discours, très attendu, où il s'est engagé à "consolider les succès réalisés pendant les quatre dernières années", et à diversifier l'économie pour ne plus dépendre des ressources pétrolières.

Le chef de l'Etat, en tenue traditionnelle haoussa blanche, était assis, souriant, aux côtés de son épouse et de son vice-président Yemi Osinbajo, dans les tribunes installées sur une des places principales de la capitale fédérale.

"Pour les quatre prochaines années, nous sommes déterminés à mettre en place une équipe forte de Nigérians et alliés pour exécuter notre programme de transformation et de propositions", a-t-il déclaré.

La Journée de la démocratie marque également le lancement officiel du second mandat de Muhammadu Buhari, réélu en février et investi au cours d'une cérémonie "sobre" le 29 mai, lors de laquelle il n'avait pas fait de discours et n'avait pas assisté au dîner de gala organisé en son honneur.

Plusieurs chef d’Etats Africains dont Denis Sassou N’Guessou du Congo Brazaville, Paul Kagamé du Rwanda et Mahamadou Issoufou du Niger ont pris part aux festivités. Le Venezuela a envoyé son vice-président et la Corée du Nord son vice-Premier ministre, reçus tous deux mardi soir par le vice-président nigérian Yemi Osinbajo.

Le Vénézuélien Aristobulo Isturiz a appelé à une "meilleure coopération entre les deux pays, sous les auspices d'un mouvement des non-alignés", peut-on lire dans un communiqué de la vice-présidence nigériane.

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Déception après la sortie du président Buhari

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Le chef de l’État nigérian a reconnu que les manifestations des jeunes sont légitimes

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Buhari consulte les anciens présidents nigérians pour trouver une solution aux manifestations

Le président nigérian Muhammadu Buhari préside une réunion du gouvernement à Abuja, au Nigeria, le 13 mai 2020. (Photo: Nigeria Presidency/Handout via REUTERS)

Le président nigérian Muhammadu Buhari est en consultation avec ses prédécesseurs et les chefs des services de sécurité lors d’une réunion par visioconférence, a-t-on appris vendredi de source officielle.

Même si l’agenda de cette réunion sans précédent n’a pas été communiqué, les analystes s’accordent à dire que le locataire d’Aso Villa, élu en 2015, consulte ses prédécesseurs pour trouver une solution à la crise qui secoue le pays le plus peuplé d’Afrique née de manifestations contre la brutalité policière.

Parmi les anciens dirigeants qui ont répondu présent figurent son ex-adversaire Goodluck Jonathan, mais aussi Olusegun Obasanjo, Abdulsalami Abubakar, Ernest Shonekan et Yakubu Gowon, précise Bashir Ahmad, porte-parole de la présidence nigériane, via Twitter.

La veille, le président Buhari avait appelé les manifestants du mouvement "END SARS" à mettre fin à leurs manifestations et à s’engager dans un dialogue avec le gouvernement.

Dans une allocution télévisée, M. Buhari a déclaré que les manifestants avaient le droit, en vertu de la Constitution, de s’exprimer pacifiquement. Cependant, a-t-il ajouté, leurs intentions ont été détournées par des voyous déterminés à semer la pagaille dans tout le pays.

Le président nigérian Muhammadu Buhari se prépare à prononcer un discours télévisé à Abuja, au Nigeria, le 22 octobre 2020.
Le président nigérian Muhammadu Buhari se prépare à prononcer un discours télévisé à Abuja, au Nigeria, le 22 octobre 2020.

Le président Buhari a aussi rappelé à ses concitoyens que le gouvernement fédéral avait déjà accepté les revendications en cinq points des manifestants et qu'il s'était engagé à réformer davantage la police.

Le sommet virtuel de vendredi a lieu après que la violente répression des manifestants ait suscité de vives critiques à travers le monde.

L'ancien président Obasanjo était sorti de sa réserve habituelle pour appeler le gouvernement et les manifestants à "éviter la violence et à embrasser le dialogue" dans une déclaration lue en personne et diffusée sur la chaîne Channels Television.

Mobilisées via les réseaux sociaux, les manifestations menées par les jeunes dans plusieurs régions du pays ont initialement ciblé la Brigade spéciale fédérale de lutte contre les vols (SARS), une unité de police notoire longtemps accusée de harcèlement, d'extorsion et d'exécutions extrajudiciaires. Ces manifestations ont progressivement pris la tournure de revendications plus larges.

Les forces de sécurité reprennent le contrôle de Lagos après trois jours de violences

Des policiers arrêtent un manifestant au péage de Lekki à Lagos, au Nigéria, le 21 octobre 2020.

Les forces de sécurité reprenaient vendredi peu à peu le contrôle de la mégapole tentaculaire de Lagos, où l'on pouvait entendre encore des coups de feu sporadiques, après trois jours de violences et de contestation populaire dans le sud du Nigeria.

"Des officiers de police patrouillent dans les quartiers de la ville pour assurer la sécurité de ses habitants. Vous êtes priés de rester chez vous", tweetait dans la nuit la police, quelques heures après le discours du président Muhammadu Buhari, prévenant qu'il n'autoriserait personne à "mettre en péril la paix et la sécurité de l'Etat".

Muhammadu Buhari condamne les violences qui ont éclaté lors des manifestations
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Des nombreux camions de police, avec des agents portant des fusils d'assaut Kalachnikov, contrôlaient les quelques voitures dans les rues et dispersaient les badauds, qui tentaient toujours de rentrer chez eux à pieds, après deux jours de couvre-feu total, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Dans les quartiers populaires, la tension est également redescendue, après la répression menée mardi contre des milliers de manifestants pacifiques à Lagos par des militaires et la police, qui a fait au moins 12 morts selon l'ONG Amnesty International, suivie de deux jours de pillages et de violences, même si des groupes de jeunes continuaient à bloquer des voitures en échange de quelques billets, selon des témoins.

De leur côté, les quelques organisations ou célébrités qui ont porté le mouvement semblaient également appeler au calme.

"PREPAREZ VOS CARTES D'ELECTEURS. Ce n'est pas fini", inscrivait la star de la musique afropop Davido, sous-entendant que le combat devrait désormais se dérouler dans les urnes et non dans la rue.

La "coalition féministe", autre mouvement leader de cette contestation populaire contre le pouvoir en place, a invité la jeunesse à rester chez soi, soulignant "qu'aucune vie ne méritait d'être perdue".

"Ces deux dernières semaines ont été éprouvantes pour la plupart des Nigérians, et particulièrement ces deux derniers jours", pouvait-on lire dans un communiqué publié vendredi matin. "Nous devons rester en vie pour accomplir nos rêves d'un futur meilleur".

Le gouverneur de Lagos a publié la liste d'officiers de police "poursuivis en justice pour violation des droits de l'Homme", en signe d'engagement pour "reconstruire Lagos et mettre fin à l'impunité policière".

Amnesty International, qui a recensé 56 morts dans l'ensemble du pays en deux semaines de manifestations, a demandé vendredi "l'ouverture immédiate d'une enquête indépendante", notamment sur la tuerie du péage de Lekki, qui a fait au moins 10 morts selon l'ONG mardi soir et ému le pays et le monde entier.

Muhammadu Buhari, ancien général putschiste dans les années 1980, puis élu démocratiquement en 2015 puis 2019, n'a fait aucune mention de cette répression sanglante dans son allocution télévisée jeudi soir, et a invité la communauté internationale, qui a condamné en masse les violences "à attendre d'avoir tous les éléments entre les mains avant de juger".

Muhammadu Buhari condamne les violences qui ont éclaté lors des manifestations

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