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Les Nigérians pris dans une effroyable spirale d'enlèvements contre rançon

Selon une ONG, il y aurait eu cinq fois plus d'enlèvements l'année dernière au Nigeria qu'au Mexique et en Colombie réunis.

Les enlèvements se multiplient au Nigeria, où les jihadistes de Boko Haram avaient fait la une des journaux du monde entier en 2014 en enlevant 276 lycéennes de la ville de Chibok, dans le nord-est du pays.

Il était minuit passé quand une dizaine d'hommes armés de kalachnikovs ont fait irruption dans la maison de Mohammed, en périphérie d'Abuja, la capitale du Nigeria, pour les enlever lui et sa femme. Le conducteur de camion se rappelle avoir ensuite marché pendant plusieurs heures sous la menace des fusils, en pleine nuit, jusqu'à atteindre une étroite grotte dans une forêt. Les hommes ont dit qu'ils "nous tueraient si on tentait de s'échapper".

Otage pendant trois jours, le couple a ensuite été libéré après le paiement d'une rançon de 600.000 nairas (1.420 euros) par un proche. De l'argent facile et rapide pour les criminels, appelés "bandits" par les Nigérians. Mais pour Mohammed, qui a demandé à ne pas être désigné par son vrai prénom, le traumatisme est toujours présent.

Les enlèvements ne sont pas un phénomène nouveau dans le pays le plus peuplé d'Afrique, où les jihadistes de Boko Haram avaient fait la une des journaux du monde entier en 2014 en enlevant 276 lycéennes de la ville de Chibok, dans le nord-est du pays.

Depuis, les prises d'otages sont devenues une juteuse industrie face à laquelle les autorités semblent impuissantes. Le président Muhammadu Buhari termine son deuxième mandat critiqué de toute part pour son incapacité à l'enrayer, tout comme l'insécurité, devenue un enjeu crucial de l'élection présidentielle de février 2023.

Ainsi, selon les estimations de l'ONG Acled, il y aurait eu cinq fois plus d'enlèvements l'année dernière au Nigeria qu'au Mexique et en Colombie réunis, deux pays pourtant connus pour ce type de criminalité. Des communautés rurales, particulièrement touchées, se retrouvent ruinées par le paiement des rançons et certaines entreprises dépensent aussi des fortunes pour protéger leurs employés.

Comme beaucoup, Mohammed et sa femme n'ont pas signalé leur enlèvement, par peur des représailles et découragés par une justice dépassée. Car, parmi la poignée de kidnappeurs arrêtés, la plupart finissent dans les méandres d'un système judiciaire engorgé où les enquêtes sont rarement menées à terme.

500 kidnappings par mois

Au Nigeria, les kidnappings ont pris de l'ampleur dans les années 1990 dans la région du Delta (sud-est), riche en pétrole. Pendant plus d'une décennie, des militants ont enlevé des centaines d'employés des compagnies pétrolières, dont des étrangers, pour dénoncer l'exploitation injuste des ressources et s'octroyer une forme de redistribution via les demandes de rançon. Puis, deux acteurs distincts se sont ensuite tournés vers les kidnappings.

Dans les années 2010, les groupes jihadistes ont été les premiers à organiser des enlèvements de masse dans le nord-est, leur fief, où ils mènent une insurrection ayant fait au moins 40.000 morts et plus de deux millions de déplacés. Aujourd'hui, ce sont davantage les "bandits" qui multiplient les kidnappings, cette fois dans le nord-ouest et le centre du pays.

Au Nigeria, les données sur le nombre de personnes enlevées sont cependant peu fiables et très largement sous-évaluées. Selon l'ONG Acled, près de 3.000 personnes ont été enlevées en 2021. Un chiffre loin de la réalité selon une source diplomatique occidentale dans la capitale Abuja, qui estime qu'il y aurait eu plus du double d'enlèvements avec une moyenne de 500 kidnappings par mois en 2021. Un porte-parole des services de sécurité nigérians (DSS) a toutefois démenti l'existence d'une "épidémie d'enlèvements".

Ils "se sont étendus parce que l'insurrection s'est répandue", a déclaré à l'AFP Peter Afunanya, pointant la prolifération des armes et le fait que les jihadistes frappent désormais hors de leur enclave du nord-est. Si les analystes font état d'alliances entre les jihadistes et les bandes criminelles, celles-ci agissent a priori sans idéologie, par opportunisme et seul appât du gain.

La hausse soudaine du nombre de personnes enlevées au Nigeria est aussi liée à une série d'enlèvements de masse. Par exemple, fin 2020, plus de 300 garçons ont été enlevés en une seule fois par des bandits dans leur école de l'Etat de Katsina. Ils avaient été relâchés une semaine plus tard mais cette affaire avait choqué le pays, marquant un tournant pour de nombreux Nigérians dont certains s'étaient résignés à ne plus envoyer leurs enfants à l'école.

Rançon VIP

Les ravisseurs visent aussi ceux qui jouissent d'un statut particulier, comme les prêtres, les religieuses ou les hommes et femmes politiques, pour récupérer une rançon bien plus élevée, explique l'analyste en sécurité Kabir Adamu de Beacon Consulting.

Fin mars, des hommes armés ont par exemple enlevé des dizaines de passagers du carré VIP d'un train en partance de la capitale Abuja vers le nord-ouest. "Fin juillet, 37 otages ont été libérés pour des sommes démarrant à 100 millions (de nairas, 230.000 euros) par personne", affirme un rapport du cabinet de conseil nigérian SBM Intelligence.

Ceux qui ont les moyens ont tout simplement arrêté de prendre le train ou la route et n'utilisent plus que l'avion pour se déplacer, créant ainsi un cercle vicieux dans lequel certaines régions du pays sont abandonnées aux bandits qui s'en prennent aux communautés rurales les plus pauvres.

Pour payer, beaucoup sont obligés de vendre leurs maisons, leurs biens et leurs terres. Car pour un agriculteur, la rançon se situe "entre 200.000 et deux millions de nairas (470 et 4.700 euros)", indique l'analyste M. Adamu. Les ravisseurs demandent même parfois de la nourriture, des téléphones, des motos ou des lunettes de soleil.

Une situation qui aggrave également l'insécurité alimentaire dans les régions reculées. "Les gens ne vont plus aux champs parce qu'ils ont peur des kidnappings. L'économie rurale est complètement paralysée", souligne Murtala Rufa'i, professeur à l'université Ousmane Dan Fodio (nord), spécialiste du banditisme.

Dans la première économie d'Afrique, les entreprises souffrent aussi. La menace des enlèvements est "un cauchemar", se lamente un cadre d'une entreprise de construction présent au Nigeria depuis deux décennies.

"Les conséquences sur le business sont énormes (...) à cause du coût de la sécurisation de nos actifs", insiste-t-il sous couvert de l'anonymat. "J'ai des chantiers gardés par 30 soldats la nuit". En partie justement parce que l'insécurité fait fuir les investisseurs, les forces de sécurité nigérianes se disent "pressées" d'enrayer les kidnappings.

Or, celles-ci sont sous-équipées, sous-payées -quand elles le sont- et peinent à faire baisser les violences. Dans leur lutte contre les bandes armées du nord-ouest et du centre, elles ne parviennent que difficilement à accéder aux forêts, repaires des bandits.

"Plan Marshall"

Ahmad Gumi, éminent cheikh basé dans l'Etat de Kaduna, soutient que d'autres solutions existent pour mettre fin aux violences, notamment un "plan Marshall" pour les bandits. Selon lui, les criminels sont avant tout animés par un sentiment d'injustice, beaucoup ayant perdu à l'origine des biens et des proches dans des conflits inter-communautaires. Et quand "les bandits se rendent et déposent les armes, il n'y a pas de réhabilitation, pas d'école, rien du tout, donc ils y retournent", insiste-t-il.

Musa, ancien bandit qui ne veut pas être cité par son vrai prénom, explique qu'il a rejoint un gang après s'être fait voler ses vaches par des bandes criminelles du nord-ouest. "Personne ne m'a forcé (à les rejoindre) mais quand tu n'as rien, tu te retrouves désespéré", raconte le quadragénaire de l'Etat de Zamfara. Pendant quatre ans, il a aidé à organiser des attaques mais très vite, "c'est devenu: 'soit tu es avec nous, soit contre nous'. C'est à ce moment-là que j'ai décidé de partir", dit-il.

Les Nigérians devraient arrêter de percevoir "les kidnappings comme un mode de vie ou un moyen de survivre", lance Peter Afunanya, porte-parole des services de sécurité de l'État (DSS). Mais, quand sept Nigérians sur dix ont moins de 30 ans et que le taux de chômage des jeunes atteint les 42%, certains sont prêts à tout pour gagner de l'argent.

Le professeur Rufa'i abonde: "Le niveau de pauvreté et de chômage est à la hausse, et la possibilité que davantage de personnes rejoignent les kidnappeurs est très claire."

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Nigeria: "accord de paix" entre quatre principaux candidats à la présidentielle

Nigeria: "accord de paix" entre quatre principaux candidats à la présidentielle
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Déploiement de policiers dans l'État nigérian d'Anambra après une attaque

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Présidentielle au Nigeria : quatre candidats s'engagent pour la "paix" civile

Le président de la Commission électorale nationale indépendante (INEC) du Nigéria, Mahmood Yakubu, affiche les résultats du vote le 25 février 2019 à Abuja.

Quatre des principaux candidats à l'élection présidentielle de février 2023 au Nigeria se sont engagés jeudi à ne promouvoir aucune violence au cours des cinq mois de campagne à venir, a constaté un journaliste de l'AFP.

Pays le plus peuplé d'Afrique, le Nigeria a une longue histoire de troubles et de malversations liés aux élections. En 2011, plus de 800 personnes avaient été tuées dans des violences post-électorales dans le pays.

Les quatre candidats ont adhéré à un pacte "de paix", lancé par le Comité national de la paix, une initiative privée rassemblant des responsables religieux, traditionnels et de l'opinion, appelle les candidats à promouvoir une campagne pacifique.

Le président de la commission électorale nationale (Ceni) Mahmood Yakubu, a déclaré dans un communiqué que "l'engagement en faveur d'une campagne électorale pacifique et axée sur les problèmes devrait résonner au-delà des candidats à la présidence".

"Il ne suffit pas de signer l'accord de paix. Ce qui est plus important, c'est de respecter sa lettre et son esprit", a-t-il ajouté.

Le candidat du principal parti d'opposition, le Parti démocratique populaire (PDP), Atiku Abubakar, le candidat du parti travailliste, Peter Obi, et le candidat du New Nigerian Peoples Party, Rabiu Kwankwaso, ont tous les trois signé le document lors d'une cérémonie à Abuja.

Le candidat du parti au pouvoir, le Congrès des progressistes (APC), Bola Ahmed Tinubu, ancien gouverneur de Lagos, n'était pas présent à la cérémonie, mais son colistier candidat à la vice-présidence a signé le pacte en son nom.

Au total, 18 candidats à la présidence sont en lice, dont une femme. Le scrutin doit avoir lieu le 25 février.

La campagne qui s'est ouverte officiellement mercredi durera cinq mois, ce qui, selon des analystes, pourrait accentuer les batailles internes au sein des partis et aggraver les divisions dans ce pays déjà extrêmement polarisé entre un nord musulman et un sud chrétien.

Le prochain président, qui remplacera Muhammadu Buhari après ses deux mandats, prendra les rênes d'un face à d'immenses défis.

Le Nigeria traverse une grave crise économique depuis la pandémie de coronavirus, puis l'offensive russe en Ukraine, qui ont fait exploser les prix des produits alimentaires et du carburant, alors que la production pétrolière du pays ne cesse de décliner

Outre ce marasme économique, l'insécurité y est quasi généralisée. Chaque jour, le pays est meurtri par des violences perpétrées par des groupes criminels et/ou jihadistes, et les autorités, accusées d'être parmi les plus corrompues au monde, sont incapables de les endiguer.

Bama, ex-ville martyre de Boko Haram, au carrefour de l'espoir et de l'horreur

L'un des bâtiments détruits par Boko Haram, le 8 décembre 2016 à Bama, au nord-est du Nigeria.

Vue du ciel, Bama bourdonne de vie et se déploie sur des kilomètres: elle paraît vouloir s'étendre au-delà des profondes tranchées qui l'entourent et la protègent.

La ville, jadis symbole des ravages du groupe jihadiste Boko Haram, est à l'image du reste du nord-est du Nigeria : au carrefour de la reconstruction et de l'horreur, après treize ans de conflit.

D'un côté, les maisons aux toits flambant neuf qui accueillent les habitants qui, en 2014, avaient fui la cité assiégée par les jihadistes et qui y sont revenus ces dernières années, depuis que les autorités assurent qu'une paix durable y a été rétablie.

De l'autre, les rangées infinies de cabanes en tôle, refuge de l'incessant flux de nouveaux arrivants. Des dizaines de milliers de déplacés qui sortent juste du "bush", les campagnes où les jihadistes ont toujours la main et où les combats avec l'armée perdurent.

Dans l'enclave sécurisée par l'armée, des dizaines de maisons aux toits éventrés et murs calcinés rappellent encore la douloureuse histoire de Bama.

Et notamment ce terrible mois de septembre 2014, lorsque les jihadistes avaient réussi à s'emparer de cette cité commerçante de 300.000 habitants, avant d'en être chassés sept mois plus tard par une lourde offensive de l'armée. Bama, détruite à 85%, s'était alors muée en cité fantôme.

Des millions d'euros ont été nécessaires pour la remettre sur pied. Et depuis quatre ans, la vie a doucement repris ses droits. Quelque 120.000 habitants s’y sont progressivement réinstallés.

Comme Halima Tarmi Abba, revenue en 2018. "Les autorités nous ont donné une nouvelle maison, car la nôtre avait été totalement détruite", raconte cette femme de 36 ans, mère de trois enfants.

En tout, le gouvernement a construit et réhabilité plus de 10.000 maisons, une cinquantaine de pompes à eau et 154 classes d’école, selon l’ONU.

Des graffitis sur le mur d'une rue de Bama, dans l'État de Borno au Nigeria décrivent Boko Haram comme d'un "diable", le 31 août 2016.
Des graffitis sur le mur d'une rue de Bama, dans l'État de Borno au Nigeria décrivent Boko Haram comme d'un "diable", le 31 août 2016.

Fermeture des camps

Mais depuis un an, Bama ne parvient plus à absorber le flot des retours. "La ville est surpeuplée, car les autorités ont fermé les camps à Maiduguri et un grand nombre reviennent à Bama", témoigne Halima. "Il y a trop d'enfants dans les classes et de patients dans les hôpitaux".

Depuis mai 2021, les autorités ont fermé plus de neuf camps, qui accueillaient quelque 140.000 personnes, afin de pousser les déplacés à se réinstaller en dehors de la capitale régionale Maiduguri, dans les zones qu'elles assurent avoir sécurisées, comme Bama.

Pourtant, à une centaine de mètres du chantier d'une mosquée, le stade décati de Bama rappelle que l’insurrection est loin d’appartenir au passé.

Ses tribunes sont vides de supporteurs, le terrain servant d’héliport aux travailleurs humanitaires qui ne prennent toujours pas la route à cause de possibles embuscades jihadistes.

Les tranchées qui encerclent la ville sont aussi la preuve que si les militaires tiennent désormais les grandes agglomérations du nord-est, devenues des villes-garnisons, les campagnes restent à la merci des insurgés.

La mort en mai 2021 du chef de Boko Haram Abubakar Shekau, tué par les combattants de l'État islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap), n'a pas sonné la fin du conflit qui a fait plus de 40.000 morts et deux millions de déplacés depuis 2009. Elle a juste consacré ce groupe rival comme la force jihadiste dominante dans la région.

"Je suis heureuse de revivre à Bama, mais on ne peut pas dire que le conflit soit derrière nous", confie Halima.

"Parfois, on entend des coups de feu dans la nuit, ou même des explosions, les jihadistes ne sont pas loin", témoigne la mère de famille.

Et chaque jour, "des centaines de personnes continuent d'arriver des villages toujours contrôlés par les groupes armés, épuisées de fatigue et de faim", témoigne Ousmane Umar, un travailleur humanitaire.

Ceux-là trouvent refuge dans le camp de déplacés de Bama, lui aussi derrière les tranchées qui protègent la ville. Construit initialement pour 25.000 personnes, il en accueille désormais 88.000 selon l'ONU.

Depuis juin 2021, 60.000 personnes y sont arrivées: des villageois qui vivaient sous le joug du groupe Boko Haram et/ou des familles des milliers de jihadistes qui se sont récemment rendus aux autorités.

Destins brisés

À l’entrée du camp, des femmes et des hommes à la mine grave traînent leurs silhouettes vers les milliers de cabanes de tôle, au milieu de centaines d'enfants.

"Ici, tout le monde a une histoire terrible à raconter. Des proches tués par Boko Haram, dans les bombardements de l'armée, ou juste par la faim" témoigne Immaculate Patrick, une jeune travailleuse humanitaire dans le camp.

Des destins brisés par les insurgés, comme Aïsha Abubakar, 20 ans, les traits tirés.

Arrivée il y a 8 mois, elle a retrouvé ses parents après 7 ans d'une épouvantable séparation : kidnappée à l'âge de 13 ans par Boko Haram, elle a été mariée de force à l'un de leurs officiers.

"Il avait cinquante ans", dit-elle le regard fixe à l'horizon.

"J'ai vu tant de personnes se faire tuer, des filles utilisées pour se faire sauter dans les marchés", poursuit Aïsha.

D'autres ont vu leur vie détruite par l'armée. Comme Ibrahim, 33 ans, qui a retrouvé dans ce camp sa femme et ses enfants il y a neuf mois, après avoir passé des années en prison pour avoir, dit-il, été "injustement" soupçonné d'être un combattant jihadiste.

Visiblement traumatisé, il raconte comment il a partagé durant 8 mois une cellule avec des centaines d'hommes, sans pouvoir même s'allonger au sol. "Certains sont morts de faim ou de fièvre", lâche-t-il, tapant frénétiquement sa main contre sa cuisse.

Aujourd'hui, Ibrahim partage avec dix membres de sa famille une hutte de fortune dans le camp de Bama. "Ce n'est pas vivable, mais où voulez-vous qu'on aille ?", demande-il.

Les 50.000 enfants du camp se partagent une seule école primaire. Les installations sanitaires y sont trop rares.

"Les déplacés vivent littéralement les uns sur les autres. C'est une situation dramatique (...) avec un risque que des épidémies se déclarent", alerte le chef du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha) au Nigeria, Trond Jensen.

L'ONU et les autorités disent travailler à étendre au plus vite le camp de Bama, pour éviter que ces hommes et ces femmes ne soient contraints de passer de l'autre côté des tranchées. Là où les jihadistes du groupe État islamique continuent de lancer leurs attaques, et l'armée ses bombardements.

Le Nigeria s’associe à Ethiopian Airlines pour relancer sa compagnie aérienne

La nouvelle compagnie va dans un premier temps relier les deux principales villes du Nigeria, Abuja et Lagos grâce une flotte de trois Boeing 737-800.

Le transporteur éthiopien devient le principal actionnaire de Nigeria Air, la nouvelle compagnie aérienne nationale nigériane attendue prochainement. Abuja souhaite à cette dernière un meilleur sort que la précédente, plombée notamment par la mauvaise gestion.

Ethiopian Airlines a remporté l’appel d’offres international lancé par les autorités nigérianes dans le cadre de la création de Nigeria Air, la nouvelle compagnie aérienne nationale du pays. Selon le ministre nigérian de l’Aviation, Sikira Hadi, le transporteur éthiopien a été préféré à plus d’une centaine d’autres soumissionnaires au terme d’un "processus minutieux", débuté en mars 2022.

Ethiopian Airlines devrait ainsi participer à 49% au capital de la future compagnie aérienne nationale nigériane. Les autres actionnaires comprennent un groupe d’investisseurs privés en collaboration avec le Fonds souverain nigérian à hauteur de 46%. L’État quant à lui acquiert 5% des parts.

Sur les ruines de la défunte

Cette structure actionnariale répond au vœu maintes fois répété par le gouvernement de rester en retrait de la gestion de Nigeria Air. Le président Muhammadu Buhari et son équipe espèrent ainsi épargner à la nouvelle compagnie aérienne nationale le sort de Nigeria Airways. Propriété de l’État à 100%, cette dernière a vu sa gestion péricliter avant de cesser ses activités en 2003.

C’est l’une des raisons pour lesquelles l’idée de création de Nigeria Air lancée pour la première fois par Buhari en 2015 suscite encore bien des craintes au sein de la population. Mais le gouvernement parie sur la réussite du projet, fort de l’accompagnement d’Ethiopian Airlines.

Cette dernière est, en effet, considérée comme la meilleure compagnie aérienne en Afrique depuis 2017, selon les classements annuels successifs de l’organisme londonien spécialisé Skytrax. Une telle réussite détonne dans le secteur aérien africain marqué par des compagnies nationales très souvent en difficulté et sous perfusion financière étatique.

Rapprocher le Nigeria du monde

Selon Sikira Hadi, les débuts de Nigeria Air sont attendus après l’approbation du contrat de création par le Conseil exécutif fédéral. Un processus qui devrait s’achever d’ici 6 à 8 semaines, à en croire le ministre cité par la presse locale suite à sa sortie du 23 septembre 2022 sur le sujet.

La nouvelle compagnie va dans un premier temps relier les deux principales villes du Nigeria, Abuja et Lagos grâce une flotte de trois Boeing 737-800. Elle compte acquérir à terme une trentaine d’appareils dans le cadre de son ambition de "rapprocher le Nigeria du monde", comme l’indique son slogan.

C’est un défi de taille au regard des nombreuses compagnies à la fois africaines et internationales desservant la principale économie de l’Afrique de l’Ouest. Mais cette situation concurrentielle ne semble pas émousser l’ardeur des autorités nigérianes.

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