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Le ministre français des Affaires étrangères convoqué par la justice malienne

Jean-Yves Le Drian après une conférence de presse à Paris, à l'époque où il était ministre français de la Défense, le samedi 12 janvier 2013.

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian est convoqué par la justice malienne dans le cadre d'une enquête portant sur une "atteinte aux biens publics et autres infractions", a appris mercredi l'AFP auprès d'un tribunal de Bamako.

"Le juge d'instruction du deuxième cabinet au tribunal de grande instance de la commune III du district de Bamako (pôle économique et financier) invite Monsieur Jean-Yves Le Drian à se présenter à son cabinet le lundi 20 juin 2022 pour affaire le concernant", précise la convocation, qui a été authentifiée à l'AFP par la justice malienne.

Une source judiciaire malienne a précisé à l'AFP que cette enquête faisait suite à une plainte d'une plateforme de plusieurs associations de la société civile malienne, dénommée "Maliko" ("La cause du Mali"). "C'est une histoire d'attribution d'un marché de fabrication de passeports maliens à une société française (à laquelle) le fils de Le Drian serait lié", a ajouté cette source judiciaire.

Selon un document officiel consulté par l'AFP, l'affaire date de 2015, lorsque Ibrahim Boubacar Keita était président du Mali.

A cette époque, une société française - Oberthur Technologie - a obtenu pour une dizaine d'années le marché de fabrication des passeports biométriques maliens.

"Le Drian était à l'époque ministre de la Défense. A-t-il appuyé le dossier pour défendre une entreprise française ou ses intérêts ? Voilà en gros ce que la justice malienne cherche à comprendre. Là, nous sommes au stade des enquêtes", a déclaré à l'AFP une autre source judiciaire malienne.

De son côté, l'association Maliko (proche de la junte actuellement au pouvoir au Mali), qui a porté plainte et s'est constituée partie civile, a mis un document à la disposition de l'AFP. "Les procédures et règles instituées par la législation malienne, en particulier le décret n°2015 – 06040 du 25 septembre portant code des marchés publics ont été allègrement violées à l'occasion de l'attribution du marché susmentionné", affirme le document qui accompagne la plainte.

Interrogée par l'AFP, une source diplomatique à Bamako a affirmé mercredi "qu'à ce jour, aucune plainte n'est parvenue à l'ambassade de France à Bamako".

Commentant le dossier, une magistrate malienne a de son côté indiqué à l'AFP que "cette convocation" du ministre français en l'état n'a "aucun fondement juridique".

Le Mali est le théâtre depuis 2012 d'opérations de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda et à l'organisation Etat islamique, ainsi qu'à des violences de toutes sortes perpétrées par des milices autoproclamées d'autodéfense et des bandits.

Ces violences, parties du nord en 2012, se sont propagées au centre, puis au Burkina Faso et au Niger voisins. Elles ont fait des milliers de morts civils et militaires ainsi que des centaines de milliers de déplacés, malgré le déploiement de forces onusiennes, françaises et africaine.

Les rapports entre Bamako et Paris ne cessent de se dégrader ces derniers mois, en particulier depuis l'arrivée au Mali de paramilitaires du groupe russe Wagner.

Les autorités maliennes - dominées par les militaires arrivés au pouvoir par la force en août 2020 - ont annoncé début mai mettre fin au traité de coopération de 2014 avec la France, ainsi qu'aux accords de 2013 et 2020 fixant le cadre juridique de la présence de Barkhane et du regroupement de forces spéciales européennes Takuba, initié par la France.

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La mystérieuse tentative de putsch au Mali sème le trouble

Le colonel Abdoulaye Maïga, porte-parole du gouvernement, n'a fourni aucun détail sur le déroulé des évènements ni sur les protagonistes.

La nouvelle que le Mali aurait déjoué un coup d'Etat soutenu par un pays occidental a fait des vagues dans un pays déjà troublé, d'autant qu'un proche de la junte dirigeante a été cité parmi les comploteurs présumés.

Même dans un pays qui vit au rythme d'annonces retentissantes, les militaires ont pris de court les Maliens en affirmant lundi soir que les autorités avaient mis en échec dans la nuit du 11 au 12 mai un complot ourdi par des officiers et des sous-officiers.

S'il a eu lieu, ce ténébreux coup de main est passé totalement inaperçu jusqu'au journal de 20H00 (locales et GMT), ce rendez-vous des communications fracassantes qui faisaient dire au spécialiste du Sahel Yvan Guichaoua sur Twitter que "la mise en récit du régime malien est une vraie telenovela", série télé à rebondissements.

Devenu un visage et un uniforme familiers des téléspectateurs, le colonel Abdoulaye Maïga, porte-parole du gouvernement, n'a fourni aucun détail sur le déroulé des évènements ni sur les protagonistes, se contentant d'annoncer des interpellations.

Il n'a pas spécifié quel était "l'Etat occidental" qui aurait concouru à ce "dessein malsain", et dans lequel une majorité de Maliens voyait la France. Mardi, les autorités n'avaient produit aucun élément donnant corps aux informations de la veille. Les organisations soutenant la junte ont néanmoins condamné les agissements rapportés et appelé au ralliement derrière les autorités.

Mais les spéculations allaient bon train sur la réalité de ce putsch avorté, dernier en date des coups de force ou tentatives depuis moins de deux ans et sur l'analyse qu'il fallait en faire pour ce pays au coeur de la crise sahélienne. D'autant que la mystérieuse tentative de putsch intervient en pleine confrontation d'intérêts entre Français et Occidentaux d'une part, Russes de l'autre.

Affaire sensible

"Le colonel (Amadou) Keïta est parmi les putschistes arrêtés", a déclaré mardi un responsable du ministère de la Défense sous le couvert de l'anonymat en raison de la sensibilité de cette affaire. Le colonel Keïta, bien que présumé avoir fait partie des putschistes de la première heure en 2020, n'est pas un visage connu parmi les officiers qui ont pris le pouvoir il y a bientôt deux ans.

Il fait partie des quelque 120 membres du Conseil national de la transition (CNT), qui fait office de parlement. Il est réputé proche du président du CNT, le colonel Malick Diaw, qui passe pour le numéro 2 ou 3 de la junte. Son nom apparaît avec six autres sur une liste qui a commencé à tourner comme étant celles des personnes arrêtées en lien avec l'affaire. Mais l'une d'elles a en fait été interpellée une semaine avant le 11 mai, a dit son mouvement.

Pour ajouter à la confusion, malgré l'absence de lien apparent avec le 11 mai, le général Moussa Bemba Keita, dernier ministre de la Sécurité du président renversé en 2020 par les militaires, a été écroué avec d'autres officiers soupçonnés de malversations financières, a révélé mardi un magistrat sous couvert d'anonymat. Ce sont les dernières personnes en date envoyées derrière les barreaux au nom du combat proclamé contre la corruption.

Une grande discrétion caractérise par ailleurs l'exercice des responsabilités par une junte qui tient toutes les commandes du pouvoir sans quasiment aucune opposition. La justice avait révélé a posteriori en novembre 2021 l'existence de ce qu'elle avait présenté comme une tentative de coup d'Etat menée par six hommes les semaines précédentes. Parmi les conspirateurs présumés figurait le colonel-major Kassoum Goïta, qui faisait partie des officiers putschistes d'août 2020, encore au pouvoir aujourd'hui.

Le colonel Goïta, investi président quelques semaines avant, était quant à lui sorti indemne en juillet 2021 d'une attaque au couteau. Son agresseur était décédé quelques jours après dans des conditions obscures.

Le Mali, plongé dans des crises sécuritaire et politique profondes depuis le déclenchement d'insurrections indépendantiste et jihadiste en 2012 dans le nord, a été le théâtre de deux coups d'Etat menés par le même groupe de colonels en août 2020 et mai 2021.

La junte qui le dirige désormais s'est détournée avec fracas de la France et de ses partenaires, se rapprochant de la Russie pour tenter d'endiguer la propagation jihadiste qui a gagné le centre et le Burkina Faso et le Niger voisins.

Un colonel malien réputé proche de la junte parmi de présumés putschistes

Des policiers maliens défilent devant les chefs du gouvernement de transition lors d'une cérémonie célébrant la fête nationale de l'armée, à Kati, le 20 janvier 2022.

Un colonel réputé proche de la junte au pouvoir au Mali a été arrêté la semaine passée en lien avec ce que les autorités ont présenté comme une tentative déjouée de coup d'Etat, ont indiqué mardi un responsable militaire et un proche.

"Le colonel Keïta est parmi les putschistes arrêtés", a dit un responsable du ministère de la Défense sous le couvert de l'anonymat en raison de la sensibilité de cette affaire.

Le colonel Amadou Keïta, bien que présumé avoir fait partie des putschistes de la première heure en 2020, n'est pas un visage connu parmi les officiers qui ont pris le pouvoir il y a bientôt deux ans.

Il fait partie des quelque 120 membres du Conseil national de la transition (CNT), qui fait office de parlement pendant la période censée précéder un retour des civils à la tête du pays. L'homme fort du Mali, le colonel Assimi Goïta, a eu la haute main sur la nomination des membres du CNT.

Le colonel Keïta est réputé proche du président du CNT, le colonel Malick Diaw, qui passe pour l'un des hommes les plus puissants de la junte.

"Depuis le 12, nous n'avons plus de nouvelles du colonel Amadou Keïta. Deux de ses camarades nous ont dit qu'il a été arrêté", a dit à l'AFP un proche parent, également sous le couvert de l'anonymat.

Ce proche ne s'est pas prononcé sur les raisons de sa disparition. Mais selon la junte, le Mali a été le théâtre d'une ténébreuse tentative de coup de force dans la nuit du 11 au 12 mai.

Le gouvernement mis en place par les militaires a affirmé lundi soir avoir déjoué cette nuit-là une tentative de putsch mené par des officiers et des sous-officiers et soutenu par un Etat occidental, non-précisé.

Le communiqué lu à la télévision d'Etat n'a donné quasiment aucune précision sur ce qui se serait produit, et n'a produit aucun élément attestant la réalité de cette information. Il a fait état d'interpellations sans plus de détail.

Un responsable militaire s'exprimant sous le couvert de l'anonymat a parlé d'une douzaine d'interpellations à ce jour.

Le Mali, plongé dans des crises sécuritaire et politique profondes depuis le déclenchement d'insurrections indépendantiste et jihadiste en 2012 dans le nord, a été le théâtre de deux coups d'Etat menés par le même groupe de colonels en août 2020 et mai 2021.

Le pays est désormais dirigé par une junte qui s'est détournée de la France et de ses partenaires, et s'est tournée vers la Russie pour tenter d'endiguer la propagation jihadiste qui a gagné le centre et le Burkina Faso et le Niger voisins.

Un G5 Sahel sans le Mali, quelles conséquences ?

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Tentative de putsch avortée au Mali, selon la junte

Les militaires sous la conduite du colonel Assimi Goïta ont renoncé à leur engagement initial de rendre le pouvoir à des civils après des élections programmées en février 2022.

La junte au pouvoir au Mali a affirmé lundi soir avoir mis en échec la semaine passée une tentative de coup d'Etat mené par des officiers et soutenu par un pays occidental, non-précisé.

Le communiqué lu à la télévision d'Etat ne donne quasiment aucune précision sur ce qui se serait produit. Il fait état d'interpellations sans plus de détails. Il indique que les contrôles ont été renforcés aux sorties de la capitale Bamako et aux frontières. Aucune information n'avait filtrée jusqu'à lundi soir sur une tentative de coup de force qui serait survenue la semaine dernière.

Le Mali, plongé dans des crises sécuritaire et politique profondes depuis le déclenchement d'insurrections indépendantiste et jihadiste en 2012 dans le nord, a été le théâtre de deux coups d'Etat menés par le même groupe de colonels en août 2020 et mai 2021. Le pays est désormais dirigé par une junte qui s'est détournée de la France et de ses partenaires, et s'est tournée vers la Russie pour tenter d'endiguer la propagation jihadiste qui a gagné le centre et le Burkina Faso et le Niger voisins.

Les militaires sous la conduite du colonel Assimi Goïta ont renoncé à leur engagement initial de rendre le pouvoir à des civils après des élections programmées en février 2022.

"Dans le dessein malsain de briser la dynamique de refondation du Mali, un groupuscule d'officiers et de sous-officiers anti-progressistes maliens a tenté un coup d'Etat dans la nuit du 11 au 12 mai 2022", dit le communiqué du gouvernement dit de transition installé par les militaires. "Ces militaires étaient soutenus par un Etat occidental", ajoute-t-il sans plus de précision.

Le Monde Aujourd’hui : Le Mali quitte le G5 Sahel
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"La tentative a été déjouée grâce à la vigilance et au professionnalisme des forces de défense et de sécurité", poursuit-il. Les personnes interpellées seront remises à la justice, dit-il. Le document est silencieux sur leur identité et le lieu de leur détention.

Un responsable militaire s'exprimant sous le couvert de l'anonymat compte tenu de la sensibilité du sujet a parlé d'une dizaine d'interpellations effectuées, et indique que d'autres étaient en cours. "Tous les moyens nécessaires" sont mobilisés pour l'enquête et la recherche de complices, dit le communiqué gouvernemental. Le gouvernement y assure "que la situation est sous contrôle et invite les populations au calme".

Le colonel Goïta, investi président de transition en juin 2021, avait été visé au mois de juillet suivant par l'attaque d'un homme qui avait tenté de le poignarder. Il s'en était tiré indemne. Son agresseur était décédé quelques jours après. Les autorités avaient invoqué une dégradation de son état de santé au cours des investigations, sans plus de précision. Aucune information n'a été rendue publique depuis lors sur l'évolution de l'enquête.

La junte, confrontée à des sanctions imposées par l'organisation des Etats ouest-africains Cédéao, martèle un discours patriotique et souverainiste. Les opposants peinent à se faire entendre.

Le Mali sort du G5 Sahel,"instrumentalisé par l'extérieur"

Un militaire de l'armée malienne du G5 Sahel monte la garde à Sévaré au mali le 30 mai 2018.

La junte au pouvoir au Mali a annoncé dimanche quitter le G5 Sahel et sa force antijihadiste, une organisation qu'elle accuse d'être "instrumentalisée" par l'"extérieur" et dont elle est empêchée d'assurer la présidence pour, selon Bamako, mieux l'isoler.

Après le départ annoncé du Mali, l'organisation régionale sahélienne est réduite à quatre pays: la Mauritanie, le Tchad, le Burkina et le Niger.

Ce départ isole encore plus le Mali de ses voisins alors que Bamako est depuis le 9 janvier la cible de mesures économiques et diplomatiques des Etats ouest-africains pour sanctionner l'intention de la junte de se maintenir au pouvoir encore plusieurs années, après deux putschs en août 2020 puis en mai 2021.

Il survient aussi après l'annonce début mai par la junte de la fin du traité de coopération de 2014 avec la France, ainsi que des accords de 2013 et 2020 fixant le cadre juridique de la présence de la force antijihadiste Barkhane et du regroupement de forces spéciales européennes Takuba, initié par la France.

Les relations avec les Etats occidentaux se détériorent à mesure que le Mali se tourne vers la Russie. La France et ses alliés accusent la junte de s'être assurée les services de la société de sécurité privée russe Wagner, aux agissements controversés, ce que conteste Bamako.

"Le gouvernement du Mali décide de se retirer de tous les organes et instances du G5 Sahel, y compris la Force conjointe" antijihadiste, indique un communiqué du gouvernement de transition, publié dimanche soir.

Les relations bilatérales avec les pays du G5 Sahel "restent maintenues", a précisé dimanche soir le ministre malien de l'Administration territoriale, le colonel Abdoulaye Maiga, sur la télévision publique malienne.

A l'origine du courroux de Bamako contre le G5, la conférence des chefs d'Etats de l'organisation prévue en février 2022 à Bamako et devant "consacrer le début de la présidence malienne du G5".

Mais "près d'un trimestre après le terme indiqué", cette conférence "ne s'est toujours pas tenue", dit le communiqué du gouvernement malien.

Bamako "rejette fermement l'argument d'un Etat membre du G5 Sahel qui avance la situation politique interne nationale pour s'opposer à l'exercice par le Mali de la présidence du G5 Sahel", sans citer cet Etat.

"Perte d'autonomie"

Selon le gouvernement malien, "l'opposition de certains Etats du G5 Sahel à la présidence du Mali est liée aux manoeuvres d'un Etat extra-régional visant désespérément à isoler le Mali", sans également préciser ce dernier Etat.

Bamako accuse le G5 Sahel de "perte d'autonomie" et d'être victime d'une "instrumentalisation" et d'un "dysfonctionnement grave" de ses organes.

Outre le Mali et le Burkina, le G5 Sahel, composé d'environ 5.000 militaires, est formé de la Mauritanie, du Tchad et du Niger.

Les coups d'Etat militaires au Mali et au Burkina Faso, deux des cinq membres de la Force multilatérale anti-jihadiste G5 Sahel, mettent à mal sa capacité opérationnelle, a récemment estimé le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, dans un rapport remis le 11 mai au Conseil de sécurité.

"Je suis profondément préoccupé par la détérioration rapide de la situation sécuritaire au Sahel, ainsi que par l'effet potentiellement néfaste que la situation politique incertaine au Mali, au Burkina Faso et au-delà aura sur les efforts visant à rendre plus opérationnelle la Force conjointe G5 Sahel", avait-il dit dans ce document obtenu par l'AFP.

Les cinq pays du G5 Sahel avaient créé en 2014 cette organisation puis lancé en 2017 sa force militaire alors que l'étau des jihadistes se resserrait autour de ces Etats, aux armées sous-équipées.

Le Mali est le théâtre depuis 2012 d'opérations de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda et à l'organisation Etat islamique, ainsi qu'à des violences de toutes sortes perpétrées par des milices autoproclamées d'autodéfense et des bandits.

Ces violences, parties du nord en 2012, se sont propagées au centre, puis au Burkina Faso et au Niger voisins. Elles ont fait des milliers de morts civils et militaires ainsi que des centaines de milliers de déplacés, malgré le déploiement de forces onusiennes, françaises et africaine.

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