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Le médiateur tente de relancer le dialogue au Burundi


Le facilitateur du dialogue inter-burundais, l’ancien président tanzanien Benjamin William Mkapa, accueilli par le ministre Burundais des relations extérieures, à son arrivée à Bujumbura, Burundi, 7 décembre 2016. (VOA/Chrsitophe Nkurunziza)
Le facilitateur du dialogue inter-burundais, l’ancien président tanzanien Benjamin William Mkapa, accueilli par le ministre Burundais des relations extérieures, à son arrivée à Bujumbura, Burundi, 7 décembre 2016. (VOA/Chrsitophe Nkurunziza)

Le facilitateur dans la crise burundaise, Benjamin Mkapa, tentera une nouvelle fois de rassembler pouvoir et opposition autour d'une même table de jeudi à samedi à Arusha (nord de la Tanzanie), une démarche dont les chances de réussite semblent toutefois réduites.

L'ancien président tanzanien souhaite aborder pour la première fois des "questions de fond", telles que le 3e mandat controversé du président Pierre Nkurunziza ou la "mise en place d'un gouvernement d'union nationale", selon un diplomate africain souhaitant conserver l'anonymat.

Il a invité à cette occasion "un groupe de 33 acteurs clés constitué pour partie du gouvernement et de ses alliés, et pour l'autre, d'opposants au pouvoir burundais", a précisé le diplomate.

M. Mkapa a notamment invité des grandes figures du Cnared, plateforme regroupant la quasi-totalité de l'opposition burundaise intérieure et en exil, dont son président Jean Minani, ainsi que d'anciennes grandes figures du parti au pouvoir qui ont fui le Burundi après avoir contesté le 3e mandat de M. Nkurunziza.

Pourtant, toutes les tentatives de faire s'asseoir à la même table le pouvoir burundais et l'opposition en exil ont jusqu'à présent échoué, Bujumbura refusant de négocier avec le Cnared malgré les pressions et les sanctions de la communauté internationale.

"Le Cnared est une organisation non reconnue par la loi burundaise et qui renferme en son sein des individus recherchés par la justice burundaise", a d'ailleurs commenté auprès de l'AFP Willy Nyamitwe, responsable de la communication présidentielle, en amont de la session d'Arusha.

"Il est donc clair que les inviter dans un quelconque processus de dialogue constitue une injure qui ne peut être acceptée par le gouvernement", a-t-il affirmé, ajoutant en substance que Bujumbura refusera de discuter avec le Cnared ou encore le médiateur de l'ONU pour le Burundi Jamal Benomar.

Le Cnared a de son côté annoncé qu'il ne participerait pas à cette session. La plateforme d'opposition avait récusé M. Mkapa en tant que facilitateur, ce dernier ayant déclaré en décembre qu'il était inutile de continuer à contester la "légitimité" de la réélection de M. Nkurunziza.

Le Cnared, qui estime que la constitution burundaise ne permettait pas à M. Nkurunziza de briguer un troisième mandat, va toutefois "envoyer une délégation à Arusha pour voir Mkapa et avoir une ou deux précisions avant de prendre une décision définitive sur son cas", a expliqué un de ses leaders, sous couvert d'anonymat.

Le Burundi est plongé dans une grave crise depuis la candidature en avril 2015 de Pierre Nkurunziza à un troisième mandat controversé et son élection en juillet de la même année. Les violences ont fait plus de 500 morts et poussé plus de 300.000 personnes à quitter le pays.

Avec AFP

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