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Le Maroc construit sa fabrique "locale" pour les champions de demain

Le joueur vedette du Maroc Mehdi Benatia à Genève, le 31 mai 2018.

Malgré des bons résultats à la pelle, le chantier ne fait que commencer: la sélection marocaine, portée par les champions de sa diaspora, entend préparer l'avenir en sortant davantage de talents locaux grâce à des infrastructures dernier cri, et la mise en place d'un plan de formation ambitieux.

A voir les tractopelles à l'oeuvre au milieu des arbres du centre technique national de la Fédération, situé dans la paisible forêt de la Maâmora, à une quarantaine de kilomètres au nord de Rabat, difficile de croire que le foot marocain vit la période la plus faste de son histoire avec toute cette agitation.

En l'espace de trois mois, les "Lions de l'Atlas" ont d'abord mis fin à 20 ans de disette en se qualifiant pour le Mondial en Russie, puis le Wydad Casablanca a remporté la Ligue des champions d'Afrique, avant que la sélection composée uniquement de joueurs locaux ne décroche le CHAN-2018 (championnat d'Afrique des nations) à domicile.

>> Lire aussi : L'équipe du Maroc pour le Mondial 2018

"C'est beau mais l'enjeu est de structurer tout ça", explique à l'AFP Fouzi Lekjaa, président de la Fédération marocaine (FRMF). Et pour cela il n'y a pas de secrets, il faut faire un travail de fond. On veut éviter la logique de résultats accidentels, et aller vers la pérennité."

Pourquoi si vite ? "Parce qu'au Maroc, on a un problème. Souvent quand on atteint ce niveau de performance, on se relâche et on va dormir pendant dix ans", renchérit le DTN Nasser Larguet, l'homme recruté en 2014 pour assurer la transformation du foot local.

Manque de "ressources humaines"

Pour éviter d'attendre encore deux décennies avant de participer de nouveau à une Coupe du monde, le Royaume a d'abord décidé de se doter d'infrastructures à la hauteur de ses ambitions.

Outre la construction d'un hôtel pour la sélection A, d'un centre médico-sportif, ou encore de plusieurs terrains couverts pour "mettre à niveau" son "Clairefontaine", la FRMF vise la mise en place de 99 terrains synthétiques, 12 terrains en gazon et 5 centres fédéraux de formation sur l'ensemble du territoire. Coût total du projet ? 150 millions d'euros.

>> Lire aussi : De Diego Costa à Benatia, les onze binationaux à suivre lors du Mondial 2018

"On a beau avoir des terrains, des bâtiments, si vous n'avez pas les hommes, c'est voué à l'échec", prévient toutefois auprès de l'AFP Nasser Larguet. "Aujourd'hui c'est vraiment le moment où il faut passer un palier, et celui-ci ne peut être passé que par les ressources humaines."

Pour se renforcer dans ce domaine, l'ancien directeur du centre de formation de Rouen, Cannes, Strasbourg et Caen, a lancé un département de "formation de cadres" (entraîneurs de jeunes, préparateurs physique...).

Outre la possibilité de délivrer la licence pro CAF, diplôme d'entraîneur le plus élevé du continent africain, un accord avec le Centre de droit et d'économie du sport de Limoges a été signé pour former des "stadium manager", ou encore "des responsables administratifs et financiers".

"Modèle français"

Le projet s'accompagne surtout d'une mise en place d'un programme de formation ambitieux pour notamment ne plus dépendre totalement des talents issus de la diaspora (France, Pays-Bas, Belgique, Espagne...).

Selon un rapport du Centre international d'étude du sport de Neuchâtel, 61,5% des joueurs ayant participé aux éliminatoires du Mondial-2018 sont nés à l'étranger. Presque le double du Sénégal (39,4%), seconde nation la plus friandes en binationaux !

"Les binationaux sont 100% marocains quand ils viennent jouer en équipe nationale. Ils ont tout à fait leur place avec nous. Par contre il ne faut pas oublier, comme on l'a fait pendant une dizaine d'années, de faire le travail localement", reconnaît Nasser Larguet, qui se refuse toutefois à toute "opposition".

>> Lire aussi : La surprise En-Nesyri dans la liste des 23 du Maroc

"Nous devons faire progresser nos jeunes pour qu'ils aient eux aussi la chance d'aller en équipe nationale. On l'a vu avec le CHAN, nous avons le potentiel pour qu'il y ait des joueurs locaux vers les A", ajoute-t-il.

Inspiré "à 80% du modèle français" mais adapté à "l'état d'esprit marocain", le plan suggère aussi le déploiement de DTN régionaux chargé de mettre en oeuvre à leur échelle la politique nationale, ou encore la création de cinq nouvelles sélections avec les U15 ou encore les U20 et U17 féminines.

"Je pense qu'au niveau du potentiel brut, on a beaucoup de talent. Il suffit juste de le travailler correctement dans des chaînes de formation professionnelle", souligne M. Lekjaa. Il n'y a aucune raisons pour ne pas avoir des grands joueurs ici au Maroc comme on en a eu d'ailleurs historiquement."

Avec AFP

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Le bois précieux à l'origine d'un scandale va être vendu aux enchères

Les gens visitent la Société Nationale des Bois du Gabon (SNBG) à Owendo, port de Libreville le 11 octobre 2012.

Cent-vingt-cinq conteneurs de kevazingo, un bois précieux très prisé en Asie, dont la saisie fin février au Gabon avait créé un scandale politique, vont être vendus aux enchères, a annoncé le ministre de l'Environnement.

Les autorités gabonaises ont transféré dimanche vers un parc à bois 125 des 353 conteneurs de kevazingo qui avait été saisis au port d'Owendo à Libreville, selon un communiqué du gouvernement publié dimanche soir.

Sous l'autorité du ministre de la forêt et de l'environnement, Lee White, ces 1.500 m3 de bois vont être "revalorisé puis vendus au bénéfice de l'Etat", ce qui pourrait rapporter 45 milliards de francs CFA (environ 40,6 millions d'euros) à l'Etat gabonais, selon le ministère.

En transférant le kevazingo du port au parc à bois, les autorités ont "pour objectif de convertir ce bois illégal en bois légal autorisé à la vente", a expliqué le ministre dans un communiqué.

La coupe de kevazingo est en effet interdite. La découverte de ces conteneurs de bois illégaux fin février, puis leur disparition quelques semaines plus tard, avaient mis à jour la complicité de plusieurs hauts responsables politiques et mené aux limogeages du vice-président du pays et du ministre des Eaux et forêts.

Après ce scandale, le président Ali Bongo Ondimba avait procédé à un remaniement ministériel, nommant notamment M. White, un Britannique naturalisé gabonais réputé pour être un écologiste intransigeant, à la tête du ministère des Forêts.

Le kévazingo est un bois rare d'Afrique centrale, considéré comme sacré par certaines communautés locales et très apprécié en Asie, notamment pour la réalisation de parquets, escaliers, meubles de luxe.

Représentant 60% du PIB (hors hydrocarbures), le secteur forestier est l'un des piliers historiques de l'économie du Gabon, un pays recouvert à près de 80% par la forêt.

L'OMS appelle à la solidarité régionale dans la lutte contre Ebola

Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'OMS, lors de la 72ème Assemblée mondiale de la santé à Genève, en Suisse, le 20 mai 2019.

L'appel concerne les neuf pays voisins de la République démocratique du Congo et a été lancé lundi à Brazzaville par le Dr Tedros Adhanom Ghebreyessus, directeur général de l'OMS, lors de la 69e Session du comité régional de l'organisation onusienne pour l'Afrique.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a appelé lundi à Brazzaville les partenaires des Nations unies, principalement les neuf pays frontaliers de la République démocratique du Congo (RDC) à faire "preuve de solidarité" dans la lutte contre l'épidémie d'Ebola qui a déjà tué plus de 1.930 personnes dans ce pays.

"Le moment est venu pour que tous les partenaires, notamment les neuf pays voisins de la RDC, fassent preuve de solidarité pour barrer la route à la propagation d'Ebola", a déclaré le Dr Tedros Adhanom Ghebreyessus, directeur général de l'OMS.

"La stratégie régionale de surveillance et de riposte de la maladie est si importante. Elle (...) peut combler toutes les lacunes constatées", a-t-il estimé.

"Ebola est une urgence de santé qui est complexe", en RDC où les agents de santé font parfois face à l'insécurité dans les zones touchées puis au manque de confiance de certaines communautés, a-t-il souligné.

Le Dr Ghebreyessus prenait part lundi à Brazzaville à la 69e Session du comité régional de l'OMS pour l'Afrique, qui sera marquée par l'élection du nouveau directeur de l'OMS/Afrique, qui a son siège dans la capitale congolaise.

Au moins 400 participants, dont 47 ministres de la Santé du continent, prennent part à cette session, dont les assises ont été inaugurées par le président congolais Denis Sassou Nguesso.

"Ebola est une maladie évitable et traitable. Nous avons un vaccin qui est à plus de 97% efficace et des médicaments qui le sont à plus de 90%", a affirmé le directeur général de l'OMS.

Par ailleurs, une équipe japonaise spécialisée dans la réponse aux urgences concernant les maladies infectieuses sera déployée à partir de vendredi.

Elle doit permettre le renforcement de la quarantaine et la participations à d'autres activités pertinentes en vue de prévenir la propagation de l'épidémie, a annoncé l'ambassade du Japon en RDC.

En juillet, le comité d'urgence de l'OMS avait élevé la dixième épidémie d'Ebola en RDC au rang d'une urgence de santé publique de portée internationale.

Cette épidémie a déjà tué plus de 1.934 personnes en RDC où elle sévit dans la partie orientale, frontalière de l'Ouganda, du Rwanda ou encore du Burundi.

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