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Le Kenya extrade vers les Etats-Unis quatre trafiquants d'héroïne présumés


Le département judiciaire anti-drogue (DEA) ont publié une photo d'une arrestation, en Floride, le 10 janvier 2012.

Quatre hommes soupçonnés d'avoir tenté d'introduire des centaines de kilos d'héroïne aux Etats-Unis ont été extradés vers ce pays par le Kenya, plus de deux ans après leur arrestation dans la ville portuaire de Mombasa, a-t-on appris mardi auprès d'une source policière haut placée.

Les frères kényans Baktash et Ibrahim Akasha, l'Indien Vijaygiri Goswami et le Pakistanais Gulam Hussein avaient été arrêtés en novembre 2014 au terme d'une enquête sous couverture de la DEA américaine (Drug Enforcement Administration), qui a duré huit mois.

"Ils ont été expulsés la nuit passée sur un vol charter privé et nous nous attendons à ce qu'ils comparaissent aux Etats-Unis pour trafic de drogue", a déclaré à l'AFP un haut responsable de la police kényane.

Contacté par l'AFP, l'avocat des quatre hommes, Cliff Ombeta, a déclaré ne pas avoir été informé de cette extradition, également rapportée par la presse locale, et dit ne pas savoir où se trouvent ses clients, qui bénéficiaient d'une liberté sous caution.

Il a rappelé que l'extradition des quatre hommes fait l'objet d'une longue bataille juridique, et affirmé qu'une décision de justice interdisait toute extradition : "Si c'est vrai, il doit y avoir des conséquences (...) la police devra venir s'expliquer".

Les côtes est-africaines, peu surveillées, occupent une place de plus en plus importante dans le trafic international d'héroïne. Les autorités américaines pensent que l'organisation des frères Akasha est un maillon fondamental de la chaîne d'approvisionnement reliant les champs de pavot afghans aux rues européennes et américaines.

L'acte d'accusation américain décrit Baktash Akasha comme le "leader d'une famille du crime organisé au Kenya", son petit frère Ibrahim comme son "adjoint", M. Hussein comme "le chef d'un réseau de transport distribuant des quantités énormes de narcotiques à travers le Moyen-Orient et l'Afrique", tandis que M. Goswami "gère les activités liées à la drogue de l'organisation Akasha".

S'exprimant à Mombasa, sans expliquer s'il faisait référence à l'affaire Akasha, le président kényan Uhuru Kenyatta a déclaré mardi que le Kenya allait intensifier la lutte contre le trafic de drogue : "Nous n'allons plus nous attaquer aux petits poissons, nous allons viser les vrais trafiquants". "C'est la seule façon de protéger notre pays et notre jeunesse contre la drogue".

Les quatre hommes extradés sont accusés d'avoir conspiré en vue d'importer aux Etats-Unis de l'héroïne blanche pure au prix plancher de 10.000 dollars le kg (9.100 euros).

L'acte d'accusation américain révèle également qu'Ibrahim Akasha aurait personnellement livré 99 kilos d'héroïne et 2 kilos d'amphétamines à des agents infiltrés. Les rencontres et conversations ont été enregistrées.

Les autorités américaines pensent que les deux frères ont repris les activités de leur défunt père, un ancien baron de la drogue kényan tué en mai 2000 à Amsterdam. Un cycliste avait tiré sur lui à quatre reprises alors qu'il se promenait avec sa femme sur Bloedstraat - littéralement la rue du Sang - dans le Quartier Rouge.

Avec AFP

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