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Le Kenya attend le verdict de la Cour suprême pour la présidentielle


Des policiers se mettent à couvert durant des affrontements contre les forces de l’ordre à Mathare, Nairobi, Kenya, 12 août 2017.

Le Kenya attendait vendredi que la Cour suprême rende son jugement sur la validité ou non de l'élection présidentielle du 8 août, remportée par le sortant Uhuru Kenyatta mais que l'opposition estime entachée de multiples irrégularités.

M. Kenyatta, 55 ans, élu pour la première fois en 2013, avait été proclamé vainqueur par la Commission électorale (IEBC) le 11 août, avec 54,27% des voix contre 44,74% au vieil opposant Raila Odinga, 72 ans, déjà battu en 1997, 2007 et 2013.

Dès le lendemain du scrutin, la coalition d'opposition Nasa avait dénoncé des fraudes et s'était résolue le 18 août à saisir la Cour suprême. Le jugement rendu par l'instance, composée de sept juges, sera définitif.

L'heure de l'énoncé de la décision, très attendue, n'est pas connue. Le président de la Cour, David Maraga, a simplement indiqué qu'elle serait communiquée vendredi, date limite prévue par la Constitution.

Soit la Cour valide les résultats de l'élection et M. Kenyatta sera investi le 12 septembre pour un second mandat de cinq ans, soit elle annule le scrutin et l'IEBC disposera de 60 jours pour en organiser un nouveau.

La Cour suprême joue là une partie de sa crédibilité. En 2013, déjà saisie par M. Odinga, elle avait été critiquée pour la manière dont elle l'avait débouté, en usant d'une jurisprudence discutable et en multipliant les arguties procédurales.

Il y a quatre ans, M. Odinga avait fini par admettre sa défaite après le jugement de la Cour. Mais convaincu que la victoire lui a été volée pour la troisième fois de rang, il pourrait être moins enclin à le faire cette fois-ci.

Ce précédent l'avait d'ailleurs incité à rejeter l'idée d'un recours en justice dans un premier temps. Avant que les pressions de certains poids lourds de sa coalition et de la communauté internationale le poussent à s'y ranger.

Des violences sporadiques sont à craindre si la Cour donne tort à M. Odinga. Au moins 21 personnes, dont un bébé et une fillette de neuf ans, ont déjà été tuées dans les manifestations et émeutes violemment réprimées par la police qui ont suivi l'annonce de la victoire de M. Kenyatta.

Mais dans un pays toujours traumatisé par le souvenir des violences post-électorales de 2007-2008 (plus de 1.100 morts), ces incidents sont restés circonscrits aux bastions de l'opposition, dans les bidonvilles de Nairobi et dans l'Ouest.

Par ses tergiversations, l'opposition a de plus semblé perdre toute dynamique, le pays ayant très vite repris une vie normale. Elle avait ainsi promis d'appeler à des manifestations pacifiques pendant que la Cour examinerait son recours, mais elle ne l'a pas fait.

Avec AFP.

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