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Le Haut représentant du chef de l’Etat pour le centre du Mali prêt à discuter avec des chefs djihadistes

Dioncounda Traoré et son staff au Mali, le 23 janvier 2020. (VOA/Kassim Traoré)

Au Mali, le Haut représentant du chef de l’Etat pour le centre du Mali est prêt à discuter avec des chefs djihadistes.

"Personnellement, j'ai envoyé des émissaires en direction de Kouffa et en direction de Iyad, pour dire que je suis disposé à discuter avec eux...", a déclaré Dioncounda Traoré, Haut représentant pour le centre du Mali.

Le Haut-représentant du chef de l’Etat pour le centre du Mali prêt à discuter avec des chefs jihadistes
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Des émissaires ont été envoyés aux chefs djihadistes Iyad Ag Ghaly et Amadou Koufa. Djoncounda Traoré l’a annoncé ce jeudi 23 janvier 2020 au cours d’une conférence de presse tenue à Bamako.

L’ancien président de la République du Mali, sous la transition, a rappelé les principales missions qui sont confiées à sa structure. Parmi celles-ci, l’instauration et le maintien d’un climat de confiance entre toutes les communautés du centre.

Pour sa première sortie en sa qualité de Haut représentant du chef de l'Etat, le professeur Dionocunda Traoré a choisi la presse. Aubaine pour lui d'expliquer les contours de sa mission, qui est de faciliter les échanges intra-communautaires et mettre en œuvre une stratégie globale axée sur la protection des civils, la réduction des violences inter-communautaires au centre du Mali.

Dioncounda Traoré et son staff au Mali, le 23 janvier 2020. (VOA/Kassim Traoré)
Dioncounda Traoré et son staff au Mali, le 23 janvier 2020. (VOA/Kassim Traoré)



Recommandation du dialogue national inclusif

Le Haut représentant du chef de l'état pour le centre du Mali dira que atteindre ces objectifs, qu’il va dialoguer avec tout le monde, "nous sommes prêts à lancer les passerelles pour dialoguer avec tout le monde. Vous saviez tout conflit se termine par un dialogue.

Il faut à un moment donné, s’asseoir autour d’une table et discuter. Alors, si on peut préserver des vies humaines et éviter des violences gratuites, pourquoi pas ? On essaye le dialogue avec tout le monde sans exclusion. Personnellement, j’ai envoyé des émissaires en direction de Kouffa et Iyad pour leur dire que je suis disposé à discuter avec eux. À mon niveau il n y a aucune exclusive".

Lors du dialogue national inclusif, les participants avaient recommandé de renouer avec les djihadistes maliens Amadoun Kouffa et Iyad Ahgaly, "ce n'est pas la première fois que des gens demander cela, l'imam Dicko l'avait dit plusieurs fois, et le dialogue avec les jihadistes figure par les recommandations du dialogue national.

Ce n'est pas du tout nouveau. Si cela peut amener la paix au Mali, ce n'est pas une mauvaise chose" déclare le journaliste Diango Coulibaly.

Laïcité

Certaines personnes sont inquiètes et se demandent comment dans un pays Laïc, on peut parler de discuter avec des djishadistes ?

"Pour moi, négocier avec Iyad Aghaly ou Amadoun Kouffa n'est pas une mauvaise chose, mais il faudra savoir qu'on est dans un état laïc, parce que Iyad et Kouffa ne demandent que l'application de la charia la loi islamique sur l'ensemble du territoire. Je pense que Dioncounda Traoré doit le savoir aussi ?" s'interroge Pauline Keïta jeune juriste.

Le Haut représentant du chef de l'état pour le centre du Mali a aussi rappelé la nécessité de soutenir le redéploiement des forces de défense et de sécurité dans les régions du centre.

Dioncounda salue l’annonce de l’arrivée de 220 militaires français faite à Pau, il y a une semaine, lors de la rencontre des chefs d'état du G5 sahel et du président français.

Au cours de cette conférence de presse, le Haut représentant du chef de l'état pour le centre du Mali, Dioncounda Traoré, a aussi rappelé que sa structure n'a pas encore débuté ses activités.

Il compte rencontrer le monde diplomatique, les organisations de la société, la classe politique et les leaders religieux. "Je ferai après un déplacement à Mopti l'une des régions du centre, pour un long séjour".

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Assimi Goïta s'est entretenu avec Vladimir Poutine

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Bamako confirme le bilan de 42 soldats tués dans l'attaque jihadiste à Tessit

La présidence a annoncé un deuil national de trois jours à compter de jeudi, "en hommage aux victimes civiles et militaires lors de l'attaque terroriste perpétrée à Tessit".

Les autorités de transition au Mali ont annoncé mercredi un deuil national de trois jours après avoir confirmé la mort dimanche de 42 soldats maliens lors d'une attaque attribuée à des jihadistes dans le nord-est du pays, un assaut au cours duquel l'armée a "neutralisé 37 terroristes".

L'armée a "réagi vigoureusement à une attaque complexe et coordonnée" à Tessit au cours de laquelle elle a eu "42 morts et 22 blessés" dans ses rangs, faisant aussi état de "37 terroristes neutralisés" et plusieurs de leurs équipements, dont des véhicules, "abandonnés" lors de "plusieurs heures de combat", selon ce nouveau bilan publié par le gouvernement dans un communiqué transmis à l'AFP. Le précédent bilan faisait état de 17 soldats et 4 civils tués.

Zone des trois frontières: l'armée malienne a perdu 42 hommes
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Le gouvernement a évoqué une attaque dimanche "aux environs de 15H00" GMT, menée "vraisemblablement (par) l'Etat islamique dans le Grand Sahara (EIGS)" et "caractérisée par l'usage de drones, d'explosifs, de véhicules piégés ainsi que des tirs d'artillerie", reprenant des informations déjà annoncées lundi par l'armée. "L'enregistrement" par l'armée d'"opérations clandestines de survol d'aéronefs indique sans équivoque que les terroristes ont bénéficié d'appuis majeurs, y compris d'expertises extérieures", ajoute le communiqué du gouvernement.

La présidence a annoncé un deuil national de trois jours à compter de jeudi, "en hommage aux victimes civiles et militaires lors de l'attaque terroriste perpétrée à Tessit", dans un communiqué distinct.

C'est le plus lourd bilan officiel pour l'armée malienne depuis la série d'attaques fin 2019-début 2020 par le groupe Etat islamique de camps militaires dans cette même région des trois frontières.

Cette attaque dimanche intervient alors que le Mali, qui a poussé vers la sortie le vieil allié français et ardemment relancé la coopération avec Moscou, fait depuis quelques semaines face à une résurgence d'assauts de la nébuleuse du Groupe de soutien à l'Islam et aux musulmans (GSIM, JNIM en arabe). Parmi les quatre civils tués, certains d'entre eux étaient des élus locaux, avaient déclaré à l'AFP des proches des victimes sous le couvert de l'anonymat.

"Trois frontières"

La zone de Tessit, située du côté malien de la zone dite des "trois frontières", dans une immense région rurale non contrôlée par l'Etat, est fréquemment le théâtre d'affrontements et d'attaques. Les groupes armés affiliés à Al-Qaïda, rassemblés sous la houlette du GSIM, y combattent depuis 2020 le groupe EIGS, affilié à l'organisation EI. Les jihadistes cherchent à prendre le contrôle de cette zone stratégique et aurifère.

L'armée malienne, installée dans un camp militaire à côté de la localité de Tessit, a également souvent été prise à partie dans cette région. En mars 2021, trente-trois soldats de la relève de Tessit avaient été tués dans une embuscade revendiquée par l'EIGS. Dans cette zone parfois appelée le "Gourma malien" opèrent également des Casques bleus de la mission de l'ONU au Mali.

Vague d'attaques en 2019-2020

La zone des "trois frontières" avait été le théâtre fin 2019-début 2020 de la série d'attaques la plus meurtrière qu'avaient connus les trois pays concernés depuis le déclenchement du conflit en 2012 dans le nord du Mali.

Plus d'une dizaine de camps isolés dans lesquels les soldats sahéliens étaient retranchés avaient été les cibles de l'EIGS selon un mode opératoire éprouvé: l'attaque éclair de combattants à motos. Des centaines de soldats avaient été tués. Ces revers avaient poussé l'armée malienne, ainsi que les soldats nigériens et burkinabè, à se replier et se regrouper sur des places plus fortes.

Un sursaut militaire avait été annoncé en janvier 2020 lors d'un sommet franco-sahélien à Pau (sud-ouest de la France). L'EIGS avait été désigné "ennemi n°1" et de nombreuses opérations, française et sahéliennes, avaient été menées aux trois frontières.

De nombreux chefs du groupe jihadiste ont été tués en 2020 et 2021, au premier chef desquels son fondateur Abou Walid Al-Sahraoui en août 2021. Mais, racontent plusieurs habitants et des experts, le groupe n'a pour autant jamais cessé de recruter et d'opérer.

Fin juillet, au moins 11 attaques coordonnées et portant la marque du GSIM ont frappé le territoire malien. L'une d'entre elle s'était déroulée à Kati, aux portes de Bamako et au coeur de l'appareil militaire malien.

Entretien téléphonique entre Assimi Goïta et Vladimir Poutine

Le Mali a accueilli en grand nombre depuis le début de l'année ce que la junte présente comme des instructeurs russes.

Le chef de la junte au Mali a eu un entretien téléphonique avec Vladimir Poutine au lendemain de la réception de nouveaux équipements militaires de son allié russe, a indiqué mercredi Assimi Goïta sur son compte Twitter, une information confirmée à l'AFP par la présidence malienne.

"Nous avons évoqué l’appui de la Fédération de Russie à la transition politique malienne et j’ai salué la qualité de notre partenariat respectueux de la souveraineté du Mali et des aspirations de sa population", a déclaré le président Goïta sur les réseaux sociaux.

Les colonels, qui ont pris le pouvoir par la force en août 2020 dans ce pays en pleine tourmente sécuritaire, ont décidé de se séparer du vieil allié français engagé militairement contre les jihadistes depuis 2013 et de relancer ardemment la coopération avec la Russie.

Mardi, l'armée malienne a réceptionné de nouveaux équipements militaires, dont cinq avions et un hélicoptère de combat au cours d'une cérémonie officielle en présence du chef de la junte et de diplomates russes, durant laquelle le "partenariat gagnant-gagnant avec la fédération de Russie" a été vanté.

Le Mali a accueilli en grand nombre depuis le début de l'année ce que la junte présente comme des instructeurs russes.

Les partenaires occidentaux dénoncent pour leur part le recours de la junte aux services de la société privée russe de sécurité Wagner, aux agissements décriés. La junte dément et parle de partenariat ancien avec l'armée russe.

La Russie avait admis en mai une présence de Wagner au Mali "sur une base commerciale".

Le colonel Assimi Goïta a par ailleurs reçu mercredi Amina J. Mohammed, vice-secrétaire générale de l'ONU et Mahamat Saleh Annadif, chef du bureau des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel dans un contexte de tensions avec l'organisation.

Ils ont évoqué des "préoccupations communes", selon la présidence malienne.

Mme Mohammed avait été reçue auparavant à Abidjan, a indiqué une source diplomatique à l'AFP.

Depuis un mois, 49 soldats ivoiriens sont détenus à Bamako, accusé par les militaires au pouvoir au Mali d’être des "mercenaires", ce que nie Abidjan qui assure qu'ils étaient en mission pour l'ONU.

Le Mali est plongé dans la tourmente depuis 2012. La propagation jihadiste, d'abord confinée dans le nord du pays, s'est étendue au centre et au sud du Mali, ainsi qu'aux Burkina Faso et Niger voisins.

Quarante-deux soldats maliens ont été tués dimanche dans le nord-est du Mali, près des frontières du Burkina Faso et du Niger, dans l'attaque la plus meurtrière attribuée à des jihadistes contre les forces maliennes depuis 2019, selon un nouveau bilan donné mercredi.

Zone des trois frontières: l'armée malienne a perdu 42 hommes

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Human Rights Watch critique les autorités maliennes

MALI-FRANCE-UNREST

Les autorités maliennes doivent inverser la tendance quant aux violations des droits humains pour "garantir" leur "crédibilité", affirme l'ONG Human Rights Watch qui dénonce mardi des détentions illégales, des restrictions de la liberté d'expression et des disparitions forcées.

"Les autorités maliennes doivent inverser cette tendance afin de garantir la crédibilité de la transition politique", a déclaré mardi Jehanne Henry, chercheuse à HRW, dans un communiqué recensant les récentes violations des droits humains au Mali.

HRW dénonce les "détention et harcèlement de critiques présumés" des autorités de transition dominées par les militaires après deux coups d'Etat complémentaires (2020, 2021).

Parmi ces critiques, souligne HRW, figurent Etienne Fakaba Sissoko - un économiste arrêté en janvier après des "propos prétendument subversifs" - et Oumar Mariko - homme politique "détenu près d'un mois" après avoir critiqué le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga et qui "vit dans la clandestinité depuis avril".

Fily Bouare Sissoko et Mahamadou Camara, respectivement ancienne ministre et ancien directeur de cabinet du président, inculpés dans une affaire de corruption qui remonte à 2015, sont détenus depuis août et septembre 2021 sans procès, continue l'ONG.

HRW a également recensé les différentes entraves à la liberté d'expression depuis que les militaires sont au pouvoir: expulsion d'un journaliste français du média panafricain Jeune Afrique pour défaut d'accréditation, suspension de délivrance des accréditations pour les correspondants étrangers, "harcèlement" par des "commentateurs en ligne" de critiques du pouvoir...

"Refonder" l'Etat malien

"Il est devenu plus difficile d'inviter des personnes s'exprimant librement à des débats publics", constate l'ONG. Cette "répression des médias et les détentions de critiques ont eu un effet glaçant sur la vie politique et l'espace civique", complète Jehanne Henry dans le texte.

HRW s'inquiète également du sort de sept militaires arrêtés mi-mai, accusés d'avoir "fomenté un coup d'Etat". Bamako n'a fourni "aucun information sur l'état de santé des hommes ni sur le lieu où ils se trouvent", ajoute l'ONG évoquant des "disparitions forcées".

Le 6 août, poursuit HRW, Bamako a répondu par écrit à l'ONG en "réaffirmant leur engagement pour les droits humains (...) mais en ne faisant aucune mention des conclusions" du communiqué.

Les militaires au pouvoir au Mali arguent d'une souveraineté retrouvée et d'une volonté de "refonder" l'Etat malien. Mais "parvenir à une société démocratique", rappelle HRW, "implique de garantir le respect des droits humains et des libertés fondamentales".

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