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L'aéroport de Tripoli fermé de nouveau, réunion régionale jeudi à Alger


Le tarmac de l'aéroport international de Mitiga à Tripoli, la capitale libyenne. (Photo d'archives- 08 avril 2019)
Le tarmac de l'aéroport international de Mitiga à Tripoli, la capitale libyenne. (Photo d'archives- 08 avril 2019)

Le seul aéroport fonctionnel de Tripoli a fermé de nouveau mercredi soir après des menaces des forces loyales au maréchal Khalifa Haftar, dans une nouvelle illustration de la fragilité de la trêve en Libye, à la veille d'une réunion ministérielle à Alger des pays voisins.

"Tout survol de la capitale par un avion militaire ou civil sera considéré comme une violation du cessez-le-feu" instauré depuis le 12 janvier à l'initiative de la Russie, alliée de M. Haftar, et de la Turquie, soutien du Gouvernement d'union nationale (GNA) reconnu par l'ONU, a déclaré mercredi soir le porte-parole du maréchal Haftar, Ahmad al-Mesmari.

"Tout avion militaire ou civil quelque soit son appartenance survolant la capitale sera détruit", a-t-il mis en garde.

M. Mesmari a accusé le GNA d'utiliser l'aéroport international de Mitiga à des fins militaires et comme base pour les soldats turcs envoyés par Ankara en soutien à cet exécutif.

La direction de l'aéroport a annoncé plus tard une nouvelle suspension du trafic aérien "jusqu'à nouvel ordre" et le transfert des vols vers Misrata, 200 km plus à l'est.

Plus tôt dans la journée, les vols avaient été suspendus durant quelques heures, à la suite de la chute de six roquettes dans le secteur de l'aéroport.

Les forces du GNA ont attribué l'attaque à leurs rivales qui tentent depuis le 4 avril de s'emparer de la capitale libyenne.

Les forces proHaftar n'ont pas réagi à ces accusations. Mais elles ont affirmé avoir abattu un "drone turc" après son décollage de l'aéroport de Mitiga.

La Turquie a déployé des soldats en soutien au GNA, et la Russie malgré ses démentis, a dépêché des mercenaires en Libye. M. Haftar est également soutenu par l'Egypte et les Emirats arabes unis.

La cessation des hostilités aux portes de la capitale libyenne est globalement respectée mais les deux belligérants s'accusent mutuellement de la violer.

Depuis le début le 4 avril d'une offensive contre al capitale des forces du maréchal Khalifa Haftar, l'homme fort de l'est libyen, pour s'emparer de Tripoli, l'aéroport a été fermé à plusieurs à plusieurs, suite à des frappes aériennes ou des tirs de roquettes attribuées aux pro-Haftar.

- Alger veut relancer le dialogue -

La nouvelle escalade a coïncidé avec l'annonce par Alger d'une réunion jeudi des chefs de la diplomatie de Tunisie, d'Egypte, du Soudan, du Tchad, du Niger, ainsi que du Mali, dans une nouvelle tentative de trouver un règlement politique en Libye, pays déchiré par le guerre civile.

Les ministres tenteront d'aider "les frères libyens à régler la crise loin de toute ingérence, quelle qu'en soit la nature", selon les autorités algériennes.

Alger n'a pas dit si des délégations libyennes étaient invitées à la réunion. Mais le chef de la diplomatie du GNA, Mohamad Taher Siala, a indiqué dans un communiqué son "refus" d'y participer pour protester contre la "présence" selon lui de son homologue dans le gouvernement parallèle affilié à M. Haftar.

Invité au sommet international qui a réuni dimanche à Berlin les principaux pays concernés par le conflit en Libye, le président algérien Abdelmadjid Tebboune avait proposé d'héberger un "dialogue" entre les parties libyennes.

Les participants à Berlin ont promis de respecter un embargo sur les armes et de ne plus interférer dans les affaires intérieures libyennes.

Toutefois, les conséquences de cet engagement sur le terrain restent incertaines: les deux rivaux directs, Fayez al-Sarraj, le chef du GNA, et Khalifa Haftar ont refusé de se rencontrer à Berlin.

Le GNA a signé l'accord formel de cessez-le-feu entré, mais pas le maréchal Haftar.

Les deux camps rivaux se sont mis d'accord toutefois sur la formation d'une commission militaire chargée de définir les mécanismes de mise en oeuvre d'une trêve durable.

La commission devrait se réunir "dans quelques jours", selon l'ONU qui veut organiser une réunion interlibyenne fin janvier à Genève.

- Bloquer le pétrole -

Mais dans un exemple d'escalade, les forces du maréchal Khalifa Haftar maintiennent depuis samedi le blocage des plus importantes installations pétrolières du pays.

En conséquence, les exportations ont été suspendues et les opérations pétrolières risquent d'être quasiment totalement paralysées. La Compagnie nationale de pétrole a mis en garde contre la perte de la quasi-totalité de la production. Celle-ci était récemment estimée à 1,3 million de barils par jour.

Après les Etats-Unis, l'Union européenne a appelé à la reprise immédiate des opérations pétrolières en Libye.

L'arrêt des exportations d'or noir, qui représentent quasiment l'unique source de revenus du pays, est décrite par les pro-Haftar comme une mesure de protestation contre l'appui turc au GNA.

La Libye, qui dispose des plus importantes réserves africaines de pétrole, est minée par les violences et les luttes de pouvoir depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi après une révolte populaire.

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