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Ansarul Islam placé sur la liste "terroriste" américaine

Un officier de police monte la garde à côté des voitures brûlées près du Splendid Hotel à Ouagadougou, Burkina Faso, 17 janvier 2016

Les Etats-Unis ont placé sur leur liste noire des "terroristes" le groupe jihadiste Ansarul Islam, actif dans le nord du Burkina Faso, a annoncé mardi le département d'Etat.

"Cette désignation a pour objectif de refuser à Ansarul Islam les ressources dont il a besoin pour planifier et mettre en œuvre de nouvelles attaques terroristes" indique, dans un communiqué, la diplomatie américaine. Elle s'accompagne de sanctions financières et interdit aux citoyens américains d'engager des transactions avec ce groupe.

>> Lire aussi : Tongo-Tongo et la mort des soldats américains

"Ansarul Islam est un groupe terroriste basé au Burkina Faso. Le groupe a lancé de nombreuses attaques dans le nord du Burkina Faso, près de la frontière avec le Mali", ajoute le communiqué.

"L'initiative d'aujourd'hui indique au public américain et à la communauté internationale qu'Ansarul Islam a commis ou présente un risque important de commettre des actes de terrorisme", dit encore le communiqué du département d'Etat.

>> Lire aussi : Deux gendarmes tués dans l'attaque d'un convoi dans le nord du Burkina

Le groupe jihadiste Ansarul Islam, avait revendiqué plusieurs attaques contre l'armée burkinabè ces derniers mois, dont une qui avait fait 12 morts dans les rangs des militaires en décembre 2016.

Avec AFP

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Issad Rebrab, 6ème fortune africaine, en détention provisoire

Issad Rebrab, président et propriétaire de Cevital à Abidjan le 8 juin 2012.

L'offensive judiciaire lancée en Algérie contre de puissants patrons depuis la chute du président Abdelaziz Bouteflika a fait une nouvelle victime: Issad Rebrab, PDG du principal groupe privé et première fortune du pays, a été placé en détention provisoire.

Le parquet a délivré un mandat de dépôt contre M. Rebrab, 74 ans, qui avait été arrêté lundi, a indiqué l'agence de presse officielle Algérie Presse Service (APS).

L'homme d'affaires est le fondateur de Cevital, un conglomérat affirmant employer 18.000 salariés sur trois continents, dans l'agroalimentaire, le BTP, la sidérurgie, la distribution, l'électronique et l'électroménager. Le magazine Forbes estime sa fortune à 3,8 milliards de dollars, la 1ere d'Algérie et la 6e d'Afrique.

Il est "soupçonné de fausses déclarations relatives à des mouvement de capitaux de et vers l'étranger, de surfacturation d'équipements importés et d'importation de matériel usagé malgré l'octroi d'avantages bancaires, fiscaux et douaniers" octroyés au matériel neuf, selon APS.

Depuis la démission le 2 avril du président Abdelaziz Bouteflika, sous la pression d'un important mouvement de contestation populaire, la justice a ouvert des enquêtes contre plusieurs hommes d'affaires liés à l'ancien clan présidentiel.

M. Rebrab avait fondé Cevital en 1998, un an avant l'arrivée au pouvoir d'Abdelaziz Bouteflika, sur les bases d'une entreprise sidérurgique, Metal Sider, créée dix ans plus tôt, quand l'économie de l'Algérie était encore profondément étatique.

- Relations tendues -

Si ses activités ont prospéré sous la présidence Bouteflika (1999-2019), il entretenait cependant des relations tendues avec le clan présidentiel. Il était en conflit ouvert depuis 2015 avec les autorités, les accusant de bloquer ses investissements en Algérie.

Le ministre de l'Industrie de l'époque Abdeslam Bouchouareb l'avait accusé d'importer et de surfacturer du matériel d'occasion.

En 2016, l'enquête journalistique des "Panama Papers" avait affirmé que M. Rebrab possédait un compte offshore depuis le début des années 1990 - ce qui était strictement interdit par la loi algérienne. L'intéressé avait démenti.

Lundi, le PDG de Cevital avait, dans un tweet, nié avoir été arrêté, assurant s'être présenté à la gendarmerie dans le cadre d'une enquête sur le blocage, depuis près d'un an au port d'Alger par les autorités douanières, d'équipements industriels de son entreprise.

Cevital n'a pas réagi dans l'immédiat à l'incarcération de son patron.

Le site internet du quotidien algérien Liberté, propriété de Cevital, reste muet mardi sur le placement en détention de M. rebrab, mais a qualifié son défèrement de "scénario écrit d'avance" dont "l'objectif reste jusqu'ici ambigu et inexpliqué".

Cevital a notamment racheté en France le groupe électroménager Brandt (marques Brandt, De Dietrich, Sauter et Vedette) et le fabricant de portes et fenêtres Oxxo. Il y a également un projet de création d'usine de traitement de l'eau dans les Ardennes (nord-est).

En Italie, il a racheté en 2015 les aciéries de Piombino (ex-Lucchini) avant d'être contraint par le gouvernement italien, qui l'accusait de n'avoir pas honoré ses engagements, de les céder en 2018 à l'Indien JSW Steel.

- Accélérer les enquêtes -

L'Algérie est depuis le 22 février le théâtre d'une contestation inédite qui a contraint Abdelaziz Bouteflika à quitter le pouvoir. Mais les protestataires réclament toujours le départ de l'ensemble de la "mafia" au pouvoir, dénonçant un "système" basé sur la corruption ayant profité à des hommes d'affaires proches du clan présidentiel.

Mardi, une nouvelle manifestation d'étudiants a eu lieu au centre d'Alger, certains portant des casques de chantier et une banderole avec le slogan "Bâtissons une Algérie nouvelle".

Quatre frères de la puissante famille Kouninef, propriétaire de l'important groupe KouGC spécialisé notamment dans le génie civil, l'hydraulique et le BTP, ont également été arrêtés dimanche, selon les médias d'Etat.

La famille est réputée proche de Saïd Bouteflika, frère et puissant conseiller de l'ex-président.

Selon APS, les frères Kouninef sont soupçonnés de "non respect des engagements contractuels dans la réalisation de projets publics, trafic d'influence avec des fonctionnaires publics pour l'obtention de privilèges et détournement de fonciers et de concessions".

Une source judiciaire a indiqué à l'AFP qu'ils n'avaient pas encore été déférés mardi devant le parquet.

Début avril, l'ex-patron des patrons algériens, Ali Haddad, propriétaire notamment du 1er groupe de BTP d'Algérie et proche de M. Bouteflika, a été écroué après son arrestation nocturne à un poste frontière avec la Tunisie en possession de devises non déclarées.

Le 16 avril, le chef d'état-major de l'armée, le général Gaïd Salah, de facto l'homme fort de l'Algérie depuis qu'il a contribué à pousser M. Bouteflika à la démission, a appelé la justice à accélérer "la cadence de traitement" des enquêtes visant des personnalités "ayant bénéficié indûment de crédits (...) causant un préjudice au Trésor public et dilapidant l'argent du peuple".

Sommet de l’Union africaine sur la crise au Soudan

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Après un Grammy Award, l'Ivoirienne Dobet Gnahoré veut séduire son pays

La musicienne Dobet Gnahore, à Abidjan, le 9 mai 2010.

Lauréate d'un Grammy Award en 2010, prestigieuse récompense musicale américaine, la chanteuse, danseuse et percussionniste ivoirienne Dobet Gnahoré reste peu connue en Côte d'Ivoire.

"Je rêvais de venir jouer en Côte d'Ivoire!", a confié Dobet Gnahoré, qui vit en France depuis 20 ans et ne cache pas sa joie d'un retour au pays natal pour se faire connaître à travers des projets culturels.

L'artiste est revenue au pays en février pour une tournée promotionnelle de son dernier album "Afro électro Moziki!", et pour un concert à l'Institut français d'Abidjan, qui a remporté un grand succès.

Véritable bête de scène, elle déploie son agilité par la danse en même temps que son endurance sur les planches. Elle va jusqu'à moduler sa douce voix pour imiter le son des pygmées d'Afrique centrale, comme dans le titre "Youkouli", sur son dernier album.

"Dobet Gnaoré a du talent (...) mais il n'est pas perçu comme tel dans son propre pays. Il est temps que la Côte d'Ivoire sache ce qu'elle vaut vraiment", explique Salif Traoré, dit A'Salfo, leader du groupe ivoirien Magic System dont la structure de production (Gaou Productions) a organisé la venue de la percussionniste à Abidjan.

La musicienne n'a pas caché sa joie. "C'est vraiment un plaisir de jouer à Abidjan, chez moi ! De montrer aux Ivoiriens, à ma famille, comment je me bats (...) pour parler de notre culture, qu'elle soit ivoirienne ou africaine". "Je veux jouer plus en Côte d'Ivoire", dit-elle.

"La compassion, l'amour, la paix, l'éducation" sont les thèmes abordés dans son dernier album, qu'elle qualifie de "plus personnel".

- Le panafricain et l'électro -

Son séjour en France a déteint sur son genre musical, avec un fond d'acoustique. "J'ai des influences qui viennent de l'Europe, du côté électro, avec mon dernier album", mais dans "mes quatre premiers albums, c'est le panafricain devant".

"Complètement ouverte à tous les styles de musique", elle veut "nager dans le style afro-pop-électro", peut se lever un matin en imaginant un air aux accents reggae et le lendemain matin "une chanson qui n'a rien à voir", résume celle qui chante en bété, en dioula ou dans un mélange de français et de langue ivoirienne.

"J'ai grandi dans un village panafricain... où j'ai appris la percussion, la danse, le théâtre, la musique et le chant en différentes langues africaines". "J'aime être libre, je n'aime pas qu'on me colle une étiquette", raconte cette artiste, mère de deux enfants.

Bon sang ne saurait mentir, dit le proverbe: Dobet est la fille aînée de Boni Gnahoré, maître percussionniste de la compagnie de théâtre Ki Yi M'Bock d'Abidjan -dirigée par l'écrivaine, dramaturge et chorégraphe Werewere Liking- et a grandi avec la musique depuis son plus jeune âge.

"Werewere Liking est une femme spéciale qui m'a toujours inspirée. Je suis une enfant de Werewere, tout ce que je fais, c'est elle qui m'en a donné la base", affirme l'artiste qui été admise dans la compagnie à l'âge de 9 ans.

Ses deux mentors ne tarissent pas d'éloges sur son parcours. "Je suis fière d'elle. Gamine, je l'avais encouragée quand elle voulait embrasser cette carrière, alors que ses parents s'y opposaient", raconte Werewere Liking, diva majestueuse avec sa canne à la main.

- "Ma boussole et ma thérapie" -

Boni Gnahoré témoigne de la vocation musicale de sa fille: "Quand elle nous voyait prester (jouer) au village, elle pleurait. Elle a abandonné l'école pour entrer dans cette école de la vie".

Dobet Gnahoré estime qu'avant de découvrir la musique, elle n'était "rien". "La musique est ma boussole et ma bouée de sauvetage. Elle me permet de vivre, déjà. D'évacuer aussi, c'est une thérapie. Elle me permet de chanter, de pleurer, de rigoler et de partager avec le public..."

"Dobet est une artiste pétrie de talents qui a su faire le maillage entre la musique traditionnelle et la musique moderne, notamment la techno. C'est un modèle pour les jeunes qui veulent se lancer dans la musique", estime Xavier Effoué, spécialiste de la musique ivoirienne soulignant la réussite de sa synthèse musicale.

Dobet Gnahoré envisage une série de projets en Côte d'Ivoire pour inciter les jeunes artistes à explorer d'autres styles de musiques. Elle souhaite créer un centre à vocation socio-culturelle qui accuieillerait notamment des orphelins afin de les former avec d'autres artistes.

Guinée équatoriale : l'arrestation d'un opposant au Tchad est un "enlèvement"

Affiche électorale du Parti démocratique du Guinée équatoriale (PDGE), dans une rue déserte de Malabo, le 25 avril 2016.

L'arrestation le 11 avril au Tchad du secrétaire général d'un parti d'opposition équato-guinéen qui se rendait à un congrès politique constitue en fait "un enlèvement par les autorités tchadiennes", affirme lundi son parti dans un communiqué.

Convergence pour la démocratie sociale (CPDS) estime que l'arrestation d'Andres Esono Ondo relève d'un "enlèvement sans motif par les autorités tchadiennes", une "pratique terroriste impropre d'un état normal", selon le texte reçu par l'AFP.

Le 11 avril, M. Esono Ondo avait été arrêté au Tchad alors qu'il se rendait au congrès du principal parti d'opposition tchadien, l'Union nationale pour la démocratie et le renouveau (UNDR), dans la province de Guera (centre du pays).

Peu après, Malabo l'a accusé d'avoir eu pour "unique objectif l'acquisition d'armes et de munitions ainsi que le recrutement de terroristes pour commettre un coup d'Etat en Guinée équatoriale avec un financement étranger".

Mi-avril, le ministre de la Sécurité extérieure a détaillé l’accusation : selon lui, la province dans laquelle M. Esono Ondo devait se rendre pour assister au congrès de l'UNDR est "connue pour (être un territoire de) terroristes et rebelles, mais aussi pour la facilité avec laquelle on peut y acheter des armes".

Sur Twitter jeudi, le ministère des Affaires étrangères tchadien a réagi : "Guera n'est pas une province connue comme +un territoire+ pour les rebelles et les terroristes".

M. Esono Ondo a été transféré du Guera, où devait se tenir le congrès finalement annulé, aux locaux de l'Agence nationale de Sécurité (ANS, renseignements tchadiens) à N'Djamena.

Selon une source policière, il s'y trouvait toujours lundi.

En 2015, Andres Esono Ondo avait été accusé d'avoir recruté une personne malade d'Ebola en vue d'introduire le virus en Guinée équatoriale au moment de la Coupe d'Afrique des nations de football (CAF).

Il avait finalement été relaxé, après que ces accusations se soient révélées montées de toute pièce par des proches du régime.

La Guinée équatoriale a connu une histoire agitée de coups et tentatives de coups d'Etat depuis son indépendance de l'Espagne en 1968.

Le régime de M. Obiang, 76 ans dont 39 au pouvoir, est régulièrement accusé d'atteintes aux droits de l'homme par ses opposants et des organisations internationales.

L'émissaire de l'ONU pour la Libye en déplacement lundi à Tunis

Ghassan Salame, Représentant spécial de l'ONU et Chef de la Mission d'appui des Nations Unies en Libye (MANUL), lors du sommet des ministres des Affaires étrangères des pays méditerranéens Forum MED 2017, à Rome, le 2 décembre 2017.

L'émissaire de l'ONU pour la Libye, Ghassan Salamé, est lundi à Tunis où il a rencontré le ministre tunisien des Affaires étrangères Khemaïes Jhinaoui, a annoncé le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric, sans pouvoir dire si un retour à Tripoli était prévu et quand.

"Le représentant spécial Ghassan Salamé poursuit ses efforts pour obtenir une désescalade en Libye", a expliqué le porte-parole lors de son point-presse quotidien.

A l'occasion de l'entretien avec le chef de la diplomatie tunisienne, les deux responsables n’ont estimé que le “processus politique de facilitation de l’ONU était le seul moyen de résoudre la crise en Libye”, A-t-il ajouté.

Ghassan Salamé "est extrêmement engagé et occupé à travailler sur le processus politique mais aussi en étant présent à Tripoli", a précisé son adjointe, Maria do Valle Ribeiro, lors d'une liaison vidéo avec des journalistes à New York, en refusant de parler du détail de ses déplacements.

Interrogé pour savoir si Ghassan Salamé assisterait au sommet africain convoqué en urgence au Caire mardi pour discuter notamment de la crise en Libye et quand il pourrait revenir à Tripoli, Stéphane Dujarric a indiqué ne pas pouvoir répondre à ce stade.

Vendredi, la Maison Blanche a révélé que le président américain Donald Trump avait parlé le 15 avril avec le maréchal Khalifa Haftar, qui mène depuis le 4 avril une offensive militaire sur Tripoli pour s'emparer du pouvoir détenu par le Premier ministre Fayez al-Sarraj. Le gouvernement d'union nationale (GNA) de ce dernier est la seule autorité légitime reconnue par l'ONU en Libye.

Le soutien américain au maréchal met à mal la situation de l'ONU en Libye et de son émissaire, qui a eu la semaine dernière des mots très durs à l'égard de l'homme fort de l'est libyen, jugeant que son offensive militaire s'apparentait à un "coup d'Etat".

"Le gouvernement à Tripoli continue d'être reconnu par les Nations unies", a fait valoir Stéphane Dujarric, en réponse à une question sur le soutien affiché par les Etats-Unis au maréchal Haftar.

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