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Le grand imam d'Al-Azhar annule une rencontre avec le vice-président américain

Le grand imam de l'influente institution sunnite Al-Azhar, Ahmad Al-Tayeb, au Vatican, 26 avril 2017.

Le grand imam d'Al-Azhar a annulé une rencontre avec le vice-président des Etats-Unis Mike Pence pour protester contre la décision américaine de déclarer de manière unilatérale Jérusalem capitale d'Israël, a annoncé vendredi cette influente institution de l'islam sunnite basée au Caire.

Dans un communiqué, Ahmed al-Tayeb a indiqué qu'il était revenu sur sa décision de rencontrer M. Pence, qui doit effectuer une visite en Israël et en Egypte dans la seconde moitié de décembre. La rencontre avec M. Pence était prévue le 20 décembre, selon le communiqué d'Al-Azhar.

Le grand imam a annoncé "son rejet catégorique d'une requête formelle du vice-président américain Mike Pence pour le rencontrer le 20 décembre", ajoute le texte.

L'ambassade des Etats-Unis avait soumis une requête officielle il y a une semaine, "et le grand imam avait donné une réponse positive, mais après la décision américaine injuste du Jérusalem, le grand imam d'Al-Azhar annonce son refus ferme et décisif de cette rencontre".

"Al-Azhar ne peut pas s'assoir avec ceux qui falsifient l'histoire et volent les droits des gens", écrit l'institution dans son communiqué. "Comment pourrais-je m'assoir avec ceux qui ont donné ce qui ne leur appartient pas à ceux qui ne le méritent pas", s'élève le grand imam d'Al-Azhar.

"Le président américain doit révoquer cette décision immédiatement", a-t-il appelé.

La décision annoncée mercredi par Donald Trump de déclarer Jérusalem capitale d'Israël a suscité la réprobation à travers le monde et des manifestations dans de nombreux pays.

Dans les Territoires palestiniens, des heurts ont opposé des milliers de Palestiniens aux forces israéliennes, faisant des dizaines de blessés et un mort.

Depuis la création d'Israël en 1948, la communauté internationale s'est gardée de reconnaître Jérusalem comme capitale. Elle considère que le "statut final" de la ville doit être négociée dans le cadre d'un processus de paix pour régler le conflit israélo-palestinien.

A l'issu de la grande prière hebdomadaire de ce vendredi, le grand imam d'Al-Azhar a adressé "un appel urgent (aux Palestiniens) à Jérusalem: +Que votre troisième Intifada soit à la hauteur de votre foi dans votre cause et de l'amour de votre nation. Nous sommes avec vous et ne vous laisserons pas tomber+", selon le même communiqué.

Ahmed al-Tayeb tient le président Trump et son administration pour "totalement responsables d'avoir allumé la flamme de la haine dans les coeurs des musulmans (...) et des conséquences de la propagation de la haine", ajoute le texte.

Jeudi, un cadre du parti du président palestinien Mahmoud Abbas avait affirmé à l'AFP que "le vice-président américain n'était pas le bienvenu en Palestine".

"Le président Abbas ne l'accueillera pas à cause de l'annonce (du président Trump)", avait affirmé Jibril Rajoub.

Avec AFP

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Annexion du Golan: Trump rompt de nouveau avec le consensus international

Le président Donald Trump lors d'un point de presse au jardin Rose de la Maison Blanche, Washington, 25 janvier 2019.

En se disant favorable à la reconnaissance de la souveraineté d'Israël sur le plateau du Golan, Donald Trump rompt de nouveau avec le consensus international, au risque de justifier l'expansionnisme d'autres pays, selon les experts.

Israël a conquis une grande partie du Golan lors de la guerre des Six Jours en 1967 et l'a annexée en 1981, mais la communauté internationale n'a jamais reconnu cette annexion. Jeudi, le président américain a tweeté que "52 ans après", il était "temps" pour les Etats-Unis de la reconnaître.

Le droit international "interdit d'accroître son territoire par la guerre", a rappelé vendredi l'ancien diplomate Richard Haas, président du centre de réflexion Council on foreign relations (CFR).

"C'est un des principes les plus fondamentaux de l'ordre international et c'est ce qui a servi de base à l'opposition américaine à la conquête du Koweït par Saddam Hussein et de la Crimée par Poutine", a-t-il ajouté.

Il faisait référence à la guerre du Golfe qui a permis de bouter l'ex-dictateur irakien hors du Koweït en 1991 et le rattachement de la région ukrainienne de la Crimée par le président russe Vladimir Poutine en 2014.

Les Etats-Unis, qui ont imposé des sanctions à la Russie après son annexion de la Crimée, mènent-ils une politique internationale à deux vitesses? "Pas du tout", a répondu le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo dans un entretien à Sky News.

"Ce que le président Trump a fait avec le plateau du Golan est de reconnaître la réalité du terrain et la situation sécuritaire nécessaire à la protection de l'Etat israélien. C'est aussi que simple que cela", a-t-il expliqué.

- "Loi de la jungle" -

Ce n'est pas la première fois que M. Trump balaie de la main les conventions internationales pour apporter son soutien au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, aujourd'hui confronté à une réélection incertaine: en décembre 2017, il avait reconnu unilatéralement Jérusalem comme la capitale d'Israël.

Mais cette fois-ci, Washington va plus loin, a estimé l'ancien chef de la diplomatie suédoise Carl Bildt. "C'est de nouveau la loi de la jungle", a-t-il tweeté. "Le Kremlin va applaudir et appliquer le même principe à la Crimée, Pékin va applaudir et appliquer le même principe à la mer de Chine méridionale".

Les Européens et les pays arabes se sont de fait inquiétés de l'intention affichée par M. Trump, qui n'a pas encore été formalisée.

La France a immédiatement estimé que la reconnaissance de cette annexion serait "contraire au droit international", rappelant que "cette situation a été reconnue comme nulle et non avenue par plusieurs résolutions du Conseil de sécurité" des Nations unies.

La Syrie l'a rejetée vendredi comme "une violation flagrante du droit international", jurant que "le Golan est et restera arabe et syrien".

A New York, l'ambassadeur de Syrie à l'ONU, Bashar Ja'afari, a affirmé que le régime de Damas n'hésiterait pas à faire usage de la force pour récupérer le plateau du Golan. "C'est notre territoire, et nous le récupèrerons tôt ou tard", a-t-il dit.

Le président turc a jugé que la région était au bord d'une "nouvelle crise". "Nous n'autoriserons jamais la légitimation de l'occupation du plateau du Golan", a ajouté Recep Tayyip Erdogan qui, bien qu'hostile au président syrien Bachar al-Assad, ne cesse de dire son attachement à l'intégrité territoriale de la Syrie, craignant l'émergence d'une entité kurde dans les zones frontalières de la Turquie.

Pour Ilan Goldenberg, du Center for a new american security, la décision de M. Trump sur le Golan "aura un goût amer: elle affaiblit la sécurité d'Israël et affecte les intérêts des Etats-Unis au Moyen-Orient et au-delà, tout en donnant un coup de pied dans une fourmilière qui n'en avait vraiment pas besoin".

"Si Washington cesse de respecter les principes internationaux, il faut s'attendre à ce que d'autres Etats annexent des territoires de leurs voisins", a ajouté cet expert, évoquant la possibilité que l'Arabie saoudite envahisse le Qatar.

Pour Steven Cook, un expert du Proche-Orient au CFR, Donald Trump aurait mieux fait de s'abstenir: le statu quo satisfaisait tout le monde, y compris la Syrie, alors que reconnaître officiellement l'annexion du Golan "va créer de l'opposition, là où il y avait jusque là de l'acceptation".

"Israël est sur le Golan pour ses propres raisons, et rien de ce que l'administration Trump décidera n'y changera quoi que ce soit", conclut-il.

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