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Le gouvernement soudanais annule une loi restreignant les droits des femmes


Des soudanaises manifestent à Khartoum au Soudan le 14 septembre 2012.

Pendant les 30 ans du régime du président déchu Omar el-Béchir, des milliers de femmes ont été fouettées, condamnées à des amendes et emprisonnées en vertu de la loi sur l'ordre public pour "actes indécents et immoraux".

"Le Conseil des ministres a convenu lors d'une réunion extraordinaire mardi d'annuler la loi sur l'ordre public dans toutes les provinces", rapporte l'agence officielle Suna, précisant que la décision du cabinet doit encore être ratifiée par le Conseil souverain au pouvoir.

Sous Omar el-Béchir, arrivé au pouvoir en 1989 par un coup d'Etat soutenu par les islamistes, le Soudan a appliqué une version très rigoriste de la charia, la loi islamique. Des milliers de Soudanaises ont été condamnées à de lourdes amendes et flagellées, pour "tenue indécente" ou consommation d'alcool, selon la société civile.

M. Béchir a été destitué par l'armée le 11 avril après des mois de contestation de son régime. Les femmes étaient à l'avant-garde de ces manifestations qui ont ensuite ciblé les militaires lui ayant succédé. Les militants affirment que la loi sur l'ordre public a été utilisée comme une arme, les forces de sécurité arrêtant régulièrement des femmes, même pour avoir assisté à des fêtes privées ou porté des pantalons.

Le nouveau gouvernement soudanais dirigé par le Premier ministre Abdallah Hamdok a promis qu'il défendrait les droits des femmes. "Le gouvernement a tenu ses promesses. C'est une vraie victoire pour nous, pour le mouvement féministe au Soudan et pour les droits des femmes", a estimé Tahani Abbas, militante des droits des femmes, en réaction à l'annulation de cette loi controversée.

"Beaucoup de femmes ont été fouettées et humiliées à cause de cette loi honteuse. Avec cette décision, le Soudan s'oriente maintenant vers une nouvelle vie dans laquelle les femmes peuvent jouir de la dignité", a-t-elle ajouté.

En revanche, un haut responsable du Parti du Congrès national de l'ex-président déchu a affirmé que le problème résidait dans l'application de la loi par des individus plutôt que dans la loi elle-même. "Certains policiers se servaient de cette loi pour harceler les femmes", a déclaré Mohamed Al-Amin, qui est également l'un des avocats de la défense de M. Béchir, jugé pour corruption.

Lundi, des centaines de Soudanaises ont manifesté à Khartoum à l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la violence contre les femmes, premier rassemblement de ce genre au Soudan depuis des décennies.

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