Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Guinée

Le gouvernement guinéen se défend de réprimer sous couvert de Covid-19

Les forces de l'armée guinéenne patrouillent dans la rue à Conakry, le 22 mars 2020, lors d'un référendum constitutionnel dans le pays.

Le nombre de cas de contaminations officiellement déclarés a passé les 2.000, s'établissant à 2.009 pour 11 décès, selon un nouveau bilan communiqué vendredi. L'augmentation rapide des chiffres suscite l'inquiétude dans un pays pauvre d'environ 12 millions d'habitants durement éprouvé par Ebola entre fin 2013 et 2016.

Human Rights Watch a accusé les forces de sécurité d'avoir poursuivi les actes de harcèlement et d'intimidation et les arrestations arbitraires de membres de l'opposition après l'apparition du Covid-19 en mars. Disant s'être entretenue avec une trentaine d'interlocuteurs, elle a exprimé dans un communiqué publié le 29 avril l'inquiétude que "le gouvernement instrumentalise la crise (sanitaire) comme excuse pour réprimer la dissidence et bafouer les droits humains".

Cette période a vu les autorités maintenir des législatives et un référendum constitutionnel controversés qui ont été émaillés de violences le 22 mars.

Dans une première réaction publiée vendredi, le ministère de la Sécurité récuse les mots de répression "violente" contre l'opposition et parle "d'opérations de maintien de l'ordre". Il réfute aussi "catégoriquement" que les arrestations de membres de l'opposition aient été arbitraires.

Certes il y a eu des morts le 22 mars, mais toutes les violences de ce jour-là "résultent des actions du FNDC pour empêcher des citoyens guinéens d'aller voter", dit le ministère.

Le Front national pour la défense de la Constitution est le collectif qui mène depuis des mois la contestation contre une réforme de la Constitution et contre le projet prêté au président Alpha Condé de briguer à 82 ans un troisième mandat fin 2020. Des dizaines de civils ont été tués dans la protestation.

Le ministère n'exclut pas "d'éventuels dérapages" de membres des forces de sécurité. Mais il accuse HRW de passer sous silence les exactions qu'il impute à l'opposition ainsi que les efforts des autorités pour améliorer le comportement des policiers et des gendarmes. Il taxe les ONG des droits humains de "tendance à systématiquement dénoncer le seul gouvernement".

L'impunité des forces de sécurité guinéennes est un grief constant des différentes ONG de défense des droits humains.

Toutes les actualités

Nouvelle mission de la Cédéao à Conakry

Nouvelle mission de la Cédéao à Conakry
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:22 0:00

En Guinée, au moins deux protestataires ont été tués par balle, lors d'une journée de contestation qui a donné lieu à des affrontements et des manifestations sporadiques contre la junte au pouvoir. Dans le même temps, la Cédéao a fait part de la venue de son médiateur dimanche à Conakry.

Deux manifestants tués par balle à Conakry

Deux manifestants tués par balle à Conakry
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:02 0:00

Heurts après un appel à manifester contre la junte guinéenne

Un partisan brandit un drapeau national guinéen alors que des militants en exil arrivent à Conakry, le 18 septembre 2021.

Des affrontements ont mis aux prises des dizaines de jeunes Guinéens et les forces de sécurité mercredi dans la banlieue de Conakry, partiellement paralysée à la suite d'un appel à manifester contre la junte au pouvoir depuis un an, a constaté un correspondant de l'AFP.

Les groupes de jeunes ont affronté à coups de pierres les policiers et les gendarmes sur la Route Le Prince, axe traversant la banlieue de la capitale et théâtre fréquent de telles confrontations. Les forces de sécurité ont riposté avec des gaz lacrymogènes.

Le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), coalition de partis, syndicats et organisations de la société civile, avait appelé à se mobiliser pacifiquement malgré l'interdiction de toute manifestation édictée le 13 mai par la junte et la décision de cette dernière de dissoudre le collectif la semaine passée.

Le FNDC a orchestré de 2019 à 2021 des mois de la mobilisation contre un troisième mandat présidentiel d'Alpha Condé (2010-2020), finalement renversé le 5 septembre 2021 par le colonel Mamady Doumbouya. Le FNDC porte à présent la voix de la protestation contre la junte, l'opposition étant considérablement affaiblie.

Le FNDC réclame le retour à l'ordre constitutionnel et dénonce une confiscation du pouvoir par les militaires. Le FNDC avait été à l'initiative de deux jours de manifestations les 28 et 29 juillet, interdites par les autorités et dans lesquelles cinq personnes avaient été tuées.

Les autorités ont déployé gendarmes et policiers en nombre. Différents quartiers de la banlieue donnait l'apparence d'une ville morte dans la matinée. De nombreux commerces et les grands marchés sont restés fermés dans la crainte de violences.

Les policiers ont dispersé une tentative de rassemblement de jeunes arborant le logo et les couleurs du FNDC à Dixinn, dans la proche banlieue, a constaté le correspondant de l'AFP.

Deux des leaders du FNDC, Oumar Sylla alias Foniké Mangué et Ibrahima Diallo, sont détenus depuis les manifestations de fin juillet.

Ces nouvelles crispations surviennent alors que l'organisation des Etats ouest-africains Cédéao a annoncé la visite dimanche à Conakry de son médiateur dans la crise guinéenne, l'ex-président béninois Thomas Boni Yayi.

Le colonel Mamady Doumbouya, désormais intronisé président, s'est engagé à remettre le pouvoir à des civils élus dans un délai de trois ans. Mais l'opposition et la Cédéao veulent une transition plus courte. Les partis politiques et la société civile font de plus en plus entendre leur voix contre la répression des libertés et l'instrumentalisation de la justice par les autorités.

Bras de fer FNDC-gouvernement guinéen: "la dissolution n'est pas la solution"

Bras de fer FNDC-gouvernement guinéen: "la dissolution n'est pas la solution"
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:16 0:00

Dissolution du FNDC: opinions divergentes à Conakry

Dissolution du FNDC: opinions divergentes à Conakry
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:16 0:00

Voir plus

XS
SM
MD
LG