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Le gouvernement français va étoffer l'arsenal répressif contre les "gilets jaunes"

Des manifestants du mouvement des Gilets Jaunes bloquent une voie d'accès rapide à Lyon en France le 5 janvier 2019.

Ne parvenant pas à éteindre la colère des "gilets jaunes" et à enrayer les violences lors de leurs manifestations, le gouvernement français a promis lundi une "mobilisation considérable" des forces de l'ordre et un renforcement de l'arsenal répressif.

"Il faut faire évoluer notre droit", a déclaré le Premier ministre Edouard Philippe au journal télévisé de TF1, venu réagir aux derniers débordements lors du huitième samedi de manifestations, comme les images virales d'un ancien champion de boxe frappant deux gendarmes.

L'exécutif français, empêtré dans cette crise depuis l'automne, va tenter de faire passer une nouvelle loi musclant l'arsenal répressif, notamment en permettant de sanctionner ceux qui participeraient à une manifestation non déclarée, comme certains rassemblements de "gilets jaunes", des Français entrés en révolte contre la politique fiscale du président Emmanuel Macron, auxquels se sont greffés des casseurs et des manifestants violents.

Les images de violences lors ou en marge de manifestations des "gilets jaunes" ont fait le tour du monde depuis le début du mouvement mi-novembre, qu'elles visent des forces de l'ordre prises à partie, des symboles comme l'Arc de Triomphe tagué, des quartiers de Paris vandalisés, ou encore des manifestants blessés partout en France.

Le Premier ministre, qui a affirmé vouloir "préserver la liberté de manifester", a annoncé que le gouvernement pourrait s'inspirer des dispositifs empêchant les hooligans de venir dans les stades pour empêcher certains casseurs de participer à des manifestations, estimant que la loi pourrait être débattue dès février.

Les manifestants violents, que M. Philippe accuse pour certains d'être factieux, "n'auront pas le dernier mot", a affirmé le Premier ministre, en promettant une "mobilisation considérable" des forces de l'ordre samedi prochain, annonçant de "nombreuses interpellations".

Lors de "l'acte VIII" qui a rassemblé quelque 50.000 personnes samedi, 345 personnes ont été interpellées dans toute la France, dont 281 placées en garde à vue. Au total "il y a eu environ 5.600 gardes à vue depuis le début des événements, et plus de mille condamnations", a déclaré M. Philippe.

- Soutien italien aux gilets -

Même si le nombre de manifestants est reparti légèrement à la hausse samedi, le gouvernement martèle qu'il a déjà agi pour apaiser la colère légitime de la majorité des "gilets jaunes" en annonçant des mesures économiques et organisant une grande concertation nationale, et que le mouvement se réduit désormais à une minorité radicalisée.

A quelques mois des élections européennes, et alors que la crise est profonde dans la France d'Emmanuel Macron, partisan de plus d'intégration européenne, les deux chefs politiques du gouvernement populiste italien ont spectaculairement apporté leur soutien aux "gilets jaunes" en France, se réjouissant de cette "nouvelle Europe" en train de naître.

"Gilets jaunes, ne faiblissez pas !", écrit le vice-Premier ministre Luigi Di Maio, chef de file du Mouvement Cinq Etoiles (M5S, anti-système), tandis que l'autre vice-Premier ministre, Matteo Salvini, patron de la Ligue, parti souverainiste d'extrême droite a déclaré: "Je soutiens les citoyens honnêtes qui protestent contre un président gouvernant contre son peuple".

Plus tôt dans la journée de lundi, l'ex-boxeur de 37 ans, Christophe Dettinger, soupçonné d'avoir agressé deux gendarmes sur une passerelle enjambant la Seine, à Paris, s'est présenté de lui-même à la police lundi matin et a été placé en garde à vue.

Il avait auparavant posté un vidéo sur les réseaux sociaux expliquant son geste: "J'ai vu la répression. J'ai vu la police gazer, la police faire mal à des gens avec des flashballs (lanceurs de balles de défense, ndlr). J'ai vu des gens blessés (...) La colère est montée en moi et oui, j'ai mal réagi. Mais je me suis défendu", a-t-il déclaré près de 48 heures après avoir été filmé en train de frapper les gendarmes.

Toujours au chapitre des vidéos virales, deux informations judiciaires ont été ouvertes lundi pour "faire la lumière" sur les éventuelles violences commises samedi à Toulon (Sud) par trois hommes après une manifestation de "gilets jaunes", et aussi sur leur interpellation par un policier filmé en train de les frapper, des images là aussi largement partagées.

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Confrontations violentes entre policiers et manifestants en France

Des voitures brûlent à Paris lors d'une manifestation contre un projet de loi qui, selon les groupes de défense des droits, porterait atteinte à la liberté des journalistes en France, le 28 novembre 2020.

Des centaines de manifestants vêtus de noir ont affronté la police à la fin d'une manifestation contre les violences policières à Paris, samedi.

Des manifestants masqués ont lancé des feux d'artifice sur les lignes de police, érigé des barricades et jeté des pierres.

La majorité des milliers de manifestants ont défilé pacifiquement, mais de petits groupes de manifestants masqués, habillés de noir, ont brisé des vitrines de magasins et mis le feu à deux voitures, une moto et un café. Les incendies ont été rapidement éteints.

La police a tiré des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes pour disperser la foule et, en début de soirée, des canons à eau ont pulvérisé les groupes de manifestants restants sur la place de la Bastille.

Le ministère de l'intérieur a déclaré avoir compté 46 000 manifestants à Paris. La police a déclaré qu'elle avait procédé à neuf arrestations.

Des milliers de personnes ont également défilé à Lille, Rennes, Strasbourg et dans d'autres villes.

Ces manifestations font suite à la publication cette semaine d'une vidéo de surveillance du passage à tabac de Michel Zecler, producteur de musique Noir, par trois policiers à Paris le 21 novembre.

L'incident a également attisé la colère contre un projet de loi qui est considéré comme limitant le droit des journalistes à faire des reportages sur les brutalités policières.

Le projet de loi pénaliserait la circulation d'images d'officiers de police dans certaines circonstances, ce qui, selon les activistes, limiterait la liberté de la presse.

Des manifestants à la place de la République à Paris, le 28 novembre 2020.
Des manifestants à la place de la République à Paris, le 28 novembre 2020.

De nombreux manifestants portaient des pancartes avec des slogans comme "Qui nous protégera de la police", "Stop à la violence policière" et "La démocratie matraquée".

Les images de M. Zecler en train d'être battu ont largement circulé sur les réseaux sociaux et dans la presse française et étrangère. Le président Emmanuel Macron a déclaré vendredi que ces images étaient honteuses pour la France.

Quatre policiers sont détenus pour être interrogés dans le cadre d'une enquête sur ce passage à tabac.

Les organisations de journalistes et les groupes de défense des libertés civiles qui ont organisé les marches ont été rejoints par des militants d'extrême gauche, des militants écologistes et des manifestants portant des gilets jaunes. Les gilets jaunes protestent depuis deux ans contre les politiques du gouvernement.

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