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Le chef de la police de Kinshasa, première cible des sanctions américaines contre le régime de Kabila

Le président Joseph Kabila Kabange de la République démocratique du Congo, 19 Février 2015. AFP PHOTO / CARL DE SOUZA

Le Commissaire général de la police congolaise, le général Célestin Kanyama est la première personnalité à être visée par les sanctions ciblées des Etats-Unis contre les responsables congolais.

Le général Kanyama est désormais placé sur la liste des personnes particulièrement visées, indique le Bureau de contrôle des avoirs étrangers du Département du Trésor des Etats-Unis sur son site internet.

Le groupe activiste Enough Projet qui demande que ces sanctions soient étendues à d’autres personnalités congolaises, signale que le général Kanyama est lié à au moins trois opérations policières au cours desquelles la police a recouru à un usage excessif de la force.

La police a, au cours d’une de ces opérations anti-criminalité baptisées “Likofi“ (coup de poing, en Lingala) menée de novembre 2013 à janvier 2014, sommairement exécuté au moins 51 jeunes. Au moins 33 cas de disparitions forcées ont été enregistrés.

Le haut officier congolais est aussi tenu pour responsable des attaques meurtrières contre les manifestants pacifiques d'octobre 2015.

Le général Célestin Kanyama est accusé "d'être responsable ou complice d'actes de violences et d'enlèvements (...) ciblant des civils, des femmes et des enfants".

Aux termes de ces sanctions, ses avoirs sont gelés aux Etats-Unis et il est interdit à toute entité américaine de faire des transactions avec lui.

"Alors que la limite constitutionnelle du mandat du président Kabila touche à sa fin en décembre, le régime s'est engagé dans une vague de répression, comprenant l'arrestation des membres de l'opposition et la suppression violente de manifestations politiques, afin d'éviter la tenue d'élections nationales programmées", a affirmé John Smith, directeur du Bureau de contrôle des actifs étrangers (OFAC).

"L'initiative du Trésor envoie le message clair de la condamnation par les Etats-Unis des actions violentes et répressives du régime, en particulier celles de Célestin Kanyama, qui menacent l'avenir de la démocratie pour le peuple de la RDC", a-t-il ajouté.

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Deux élus congolais condamnés à 20 et 10 ans de prison pour meurtres

Un combattant de la Force de résistance patriotique pour la milice d'Ituri (FRPI), le 28 juillet 2006, près de Tchei, dans le sud de l'Ituri.

Un député provincial et un député national ont été condamnés à respectivement 20 et 10 ans de prison dans deux affaires de meurtres cette semaine dans l'est de la République démocratique du Congo, par ailleurs toujours victime de la violence des groupes armés.

Le député provincial de l'Ituri, Didier Boyoko, a été condamné le 16 juillet à 20 ans de prison par un tribunal militaire à Bunia, ont rapporté les médias congolais. Il était poursuivi avec 13 complices pour le meurtre de deux personnes dont un ressortissant chinois.

Le député provincial "figurait parmi les 14 personnes - dont des militaires - poursuivies dans l'attaque contre un convoi d'exploitants d'or chinois, le 17 juin", a rapporté la radio Top Congo.

Son procès avait commencé en public, en plein air, en plein centre de Bunia le 19 juin, avait rapporté l'AFP.

De son côté, le député national Luc Mulimbalimba a été condamné le 18 juillet à dix ans de prison pour le meurtre d'un civil mi-juin par la Haute cour militaire à Bukavu, a rapporté un correspondant de l'AFP présent à l'audience.

L'auteur matériel du crime, un militaire commis à sa garde, a été condamné à perpétuité.

L'impunité des élus et des élites a souvent été dénoncée dans l'est de la République démocratique du Congo, où des dizaines de groupes armés perturbent la vie des civils.

Près de Beni dans la province du Nord-Kivu, trois civils ont été tués jeudi alors qu'ils travaillaient aux champs, ont rapporté vendredi plusieurs sources.

"Ces trois personnes tuées à la machette allaient chercher à manger pour leur famille", a indiqué l'administrateur de territoire de Beni (responsable local), Donat kibwana, à un correspondant de l'AFP.

Les autorités attribuent comme d'habitude ces trois meurtres aux miliciens des Forces démocratiques alliées (ADF).

Historiquement des rebelles musulmans ougandais, les ADF sont les responsables présumés du massacre de centaines de civils dans la région de Beni depuis octobre 2014.

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