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Le force du G5 Sahel manque de financements

Des soldats tchadiens lors de l'operation 2014, à Diffa au Niger, le 3 mars 2014

La force conjointe du Mali, Burkina Faso, Niger, Mauritanie et Tchad a besoin de 423 millions d'euros annuels pour fonctionner. A ce jour, un quart des fonds a été réuni pour permettre à ces cinq pays de lutter contre le terrorisme dans le cadre de cette force régionale.

Le G5 Sahel n'en a pas fini avec son chemin de croix !

Sa mise en place s'est faite dans la douleur par le vote de la résolution 2059 des Nations Unies, après d'intenses négociations entre Français et Américains.

Cinq mois plus tard, même si la première opération a eu lieu début novembre sur le terrain, force est de constater que les fonds nécessaires au fonctionnement de ces troupes régionales ne sont toujours pas réunis

Alors que le G5 Sahel doit être complètement opérationnel d'ici le premier semestre 2018, il lui manque encore 75 % de son budget pour permettre au Mali, au Burkina Faso, au Niger, à la Mauritanie et au Tchad de se défendre.

Invité sur VOA Afrique, Alpha Barry, ministre burkinabè des Affaires étrangères, explique : "Les besoins estimés par le commandement sont d’environ 500 millions de dollars annuels, soit 423 millions d’euros exactement. Nous avons réunis à ce jour 108 millions d’euros. L’Union européenne a donné 50 millions d’euros, la France huit millions d’euros et 10 millions d’euros chacun pour le Mali, le Burkina Faso, le Niger, la Mauritanie et le Tchad. Le fossé actuel est important."

Le diplomate burkinabè précise à VOA Afrique que les 60 millions de dollars annoncés par Washington sont une aide bilatérale, qui ne rentre pas dans le budget global.

Alpha Barry et les leaders de la region comptent sur la réunion de Bruxelles du 14 decembre prochain pour convaincre les bailleurs, notamment les pays du Golfe, de s'engager à financer le G5 Sahel.

"C'est une etape majeur pour boucler notre budget. Nous appelons à une forte mobilisation des Etats-Unis notamment. Si le terrorisme n'est pas vaincu dans nos pays, il sera une menace pour le monde entier", avertit Alpha Barry.

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Togo : la coalition de l'opposition s'effrite, minée par des querelles internes

Manifestation du Front citoyen Togo , à Lomé, 5 octobre 2018. (VOA/Kayi Lawson)

"Nous avons marché durant des mois sous un soleil chaud et parfois sous la pluie, espérant venir à bout du régime en place. Mais nous nous sommes trompés, car les leaders de l'opposition ne font que se déchirer", déplore Afiwa Yogué, vendeuse de tissu à Lomé, au Togo.

"Nous sommes fatigués d'eux", ajoute la commerçante de 34 ans, déçue des divisions au sein de l'opposition dans ce pays d'Afrique de l'Ouest.

Ces querelles minent la principale coalition de l'opposition, C-14, qui regroupe 14 partis et avait organisé des manifestations très suivies contre le régime du président Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005.

Entre septembre et octobre 2017, elles avaient drainé une marée humaine dans les rues de Lomé et de plusieurs grandes villes du Nord. Les manifestants exigeaient notamment la démission du chef de l'Etat, au pouvoir depuis la mort de son père qui avait dirigé le Togo d'une main de fer pendant 38 ans.

Mais depuis deux mois, plus de manifestations. La dernière remonte au 26 janvier et n'avait réuni qu'un maigre cortège.

Sept partis ont depuis claqué la porte de la coalition, dont le Parti National Panafricain (PNP) de Tikpi Atchadam, l'homme fort du soulèvement populaire, en exil depuis plus d'un an.

L'Alliance Nationale pour le Changement (ANC) de l'ex-chef de file de l'opposition Jean Pierre Fabre et le Comité d'Action pour le Renouveau (CAR) de Me Yawovi Agboyibo, ancien premier ministre et grande figure de l'opposition, ont eux aussi quitté C-14 pour marquer leur désaccord avec l'orientation du mouvement.

- "Déficit de cohésion" -

"Certains pensent qu'il faut restructurer la coalition et la doter d'une charte. Nous ne sommes pas d'accord, car ce n'est pas ce qui a manqué à la lutte : c'est plutôt la généralisation de la mobilisation", a expliqué le secrétaire général du PNP, Kossi Sama.

Selon Fulbert Sassou Attisso, président du parti Le Togo Autrement, "le bilan de la lutte menée par la coalition depuis 18 mois n'est pas positif".

"La responsabilité de ce nouveau revers est collective. Mais elle est due à une culture politique que l'opposition togolaise traîne depuis le début de la lutte en 1990", a déclaré à l'AFP M. Attisso, qui a lui aussi claqué la porte de la coalition.

Les autres membres de C-14 ont admis à mi-mot l'échec de la coalition, affirmant dans un bilan publié le 12 mars qu'elle "n'a atteint aucun des objectifs qu'elle s'est fixés". "Le parcours de la coalition a été marqué par un déficit de cohésion et de confiance", ont-ils déploré.

L'opposition réclame notamment des réformes constitutionnelles pour limiter à deux le nombre de mandats présidentiels et instaurer un scrutin à deux tours pour la présidentielle.

Elle exige aussi la libération de toutes les personnes arrêtées lors des manifestations. Une soixantaine sont toujours détenues.

Outre ses dissensions internes, la coalition est secouée par une affaire de corruption portant sur 30 millions de francs CFA (45.734,85 euros), don d'un chef d'Etat de la région.

L'un des responsables de C-14 a affirmé la semaine dernière sur une radio locale que la coalition avait bien reçu ce don mais souligné qu'il avait servi à organiser les manifestations.

"Nos leaders de l'opposition ont intérêt à se ressaisir. Le peuple s'est encore mobilisé derrière eux, mais ils nous ont encore déçus", a déploré Attah Hinnou, 44 ans, gérant d'une station-service à Lomé.

Depuis 1990, l'opposition a souvent manqué d'une stratégie cohérente.

Les tentatives de candidatures uniques ont toujours échoué la veille des élections présidentielles, laissant un boulevard au régime en place.

L'opposition a également boycotté des élections législatives, notamment en 2002, ce qui a permis au pouvoir de modifier à sa guise la Constitution.

Elle a aussi boycotté celles du 20 décembre dernier. Cette décision "agit fortement sur la coalition. Les responsables de ce regroupement sont bien conscients qu'ils ont commis une grave erreur, après plusieurs mois de lutte", estime Edouard Baglo, un politologue.

Les dirigeants de C-14 ont dénoncé des "irrégularités" dans l'organisation du scrutin.

Les observateurs de l'Union africaine et de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest ont salué la bonne tenue de ces législatives. Les dirigeants ouest-africains ont jugé ces élections "libres et transparentes", conformes à leur feuille de route pour une sortie de crise au Togo.

Avec AFP

Tuerie au Mali: une milice de chasseurs dissoute, l'état-major limogé

Le présiden malien, Ibrahim Boubacar Keita, dans le nord du Mali, le 19 mai 2017.

Le gouvernement malien a prononcé dimanche la dissolution d'une milice de chasseurs dogons et limogé les chefs de l'armée, au lendemain du massacre de plus de 130 Peuls dans le centre du pays, l'attaque la plus meurtrière qu'ait connue le Mali depuis au moins six ans.

Cette tuerie est la plus sanglante depuis la fin des principaux combats de l'opération lancée en 2013, à l'initiative de la France, pour chasser les groupes jihadistes qui avaient pris le contrôle du nord du pays. Elle s'est produite en pleine visite du Conseil de sécurité de l'ONU au Mali et au Burkina Faso voisin.

Depuis l'apparition il y a quatre ans dans le centre du Mali du groupe jihadiste du prédicateur Amadou Koufa, recrutant prioritairement parmi les Peuls, traditionnellement éleveurs, les affrontements se multiplient entre cette communauté et les ethnies bambara et dogon, pratiquant essentiellement l'agriculture. Les Dogons ont créé leurs propres "groupes d'autodéfense", dont l'association "Dan Nan Ambassagou".

Ces violences avaient coûté la vie à plus de 500 civils en 2018, selon l'ONU.

Dans la soirée, la télévision publique ORTM a annoncé un "bilan provisoire" de 136 tués pour cette attaque, dans le village d'Ogossagou-Peul, dans la zone de Bankass, près de la frontière avec le Burkina Faso. La télévision a montré des images de cases incendiées, de bétail brûlé et de douilles de fusil dans le village.

Le président Ibrahim Boubacar Keïta a réuni dimanche un Conseil des ministres extraordinaire qui a prononcé "la dissolution de l'association +Dan Nan Ambassagou+ pour dire clairement aux uns et aux autres que la protection des populations restera le monopole de l'Etat", a expliqué le Premier ministre Soumeylou Boubeye Maïga.

"Depuis un certain temps", a affirmé le gouvernement dans un communiqué, l'association "s'est écartée de ses objectifs initiaux, en dépit des mises en garde répétées des autorités administratives locales".

Le gouvernement a également annoncé le remplacement des chefs d'état-major des armées, de l'armée de Terre et de l'armée de l'Air.

Ces limogeages au sommet de la hiérarchie militaire interviennent également après l'attaque jihadiste le 17 mars contre un camp de l'armée à Dioura (centre), au cours de laquelle 26 soldats ont péri.

La principale alliance jihadiste du Sahel liée à Al-Qaïda, à laquelle appartient le groupe d'Amadou Koufa, avait d'ailleurs justifié vendredi l'opération de Dioura par de précédents "crimes odieux commis par les forces du gouvernement de Bamako et les milices qui le soutiennent contre nos frères peuls".

- Inédit, "pas imprévisible" -

Une délégation gouvernementale conduite par le ministre de la Justice, Tiéna Coulibaly, s'est rendue dimanche sur les lieux de la tuerie. Cette délégation a été envoyée par le président Keïta pour "dire aux populations d'Ogossagou que ce qui s'est passé ici est inacceptable, que ce qui s'est passé ici ne restera pas impuni", a assuré le ministre.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, s'était déclaré samedi soir "choqué et outré", appelant "les autorités maliennes à enquêter rapidement sur cette tragédie et à traduire ses auteurs en justice".

L'Union européenne a appelé dimanche à des "mesures immédiates", dont "le désarmement et le démantèlement de l'ensemble des milices qui sévissent" dans le centre du Mali. La France également "salue l'engagement du gouvernement malien à dissoudre les milices qui alimentent la terreur dans cette région et qui doivent être désarmées".

Parmi les tués d'Ogossagou-Peul figuraient "des éléments peuls du DDR cantonnés dans le village", avait indiqué samedi le préfet de Bankass, Boubacar Kané. Il faisait référence à l'extension au centre du pays depuis le début de l'année du processus de "désarmement, démobilisation et réinsertion" (DDR) prévu par l'accord de paix de 2015 pour les combattants de groupes armés du Nord, censé justement mettre fin à la prolifération de milices.

Pour Baba Dakono, chercheur à Bamako pour l'Institut d'études de sécurité sur l'Afrique (ISS), "le drame d'Ogossagou-Peul est certes inédit mais il n'était pas imprévisible".

"L'ampleur dépasse l'entendement, mais les conditions pour qu'il arrive existaient et étaient connues", a-t-il souligné, évoquant les carences de l'Etat, "l'accès facile aux armes" et "l'instrumentalisation du facteur +terroriste+" par l'ensemble des protagonistes.

Dans un rapport publié le 5 mars, le secrétaire général de l'ONU saluait de récentes avancées dans l'application de l'accord de paix de 2015, mais regrettait que "la menace, qui continue de se propager du nord vers le centre du Mali, détourne l'attention de l'Accord et en complique la mise en oeuvre".

Il citait ainsi "l'expansion des groupes extrémistes, qui exacerbe les violences intercommunautaires, la multiplication des explosions touchant les forces de sécurité et les civils et l'accroissement du nombre de personnes déplacées".

Avec AFP

En Afrique australe, les rescapés du cyclone Idai menacés par les maladies

Une route inondée dans le district de Buzi, à 200 km de Beira, au Mozambique, le samedi 23 mars 2019 (Photo AP / Themba Hadebe)

Les centaines de milliers de personnes affectées par le cyclone Idai en Afrique australe sont désormais menacées par une épidémie "inévitable" de maladies transmises par l'eau, notamment le choléra, ont averti les autorités qui ont encore revu le bilan à la hausse, dimanche, à plus de 700 morts.

Au Mozambique, pays le plus meurtri par Idai, qui s'est abattu le 14 mars sur l'Afrique australe, "le nombre de morts a malheureusement augmenté", a annoncé le ministre de l'Environnement Celso Correia.

"Hier (samedi), on avait 417 morts et aujourd'hui on est à 446 morts" car "on a reçu des informations de zones qui étaient jusqu'à présent isolées", a-t-il ajouté depuis la ville de Beira (centre), partiellement dévastée par le cyclone.

Au Zimbabwe voisin, des inondations catastrophiques et des éboulements ont fait au moins 259 morts, selon l'ONU, et près de 200 disparus, dont 30 écoliers.

"Le bilan devrait encore monter puisque des zones jusqu'à présent isolées deviennent désormais accessibles", a prévenu dimanche le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha).

Dans ce déluge de mauvaises nouvelles, la télévision nationale zimbabwéenne ZBC a annoncé qu'une jeune femme avait donné naissance à son bébé alors qu'elle avait trouvé refuge dans un arbre pour échapper aux inondations.

Grâce à la décrue qui se poursuivait, les secours ont continué leurs opérations de distribution de nourriture et de reconstruction des routes.

Mais le gouvernement mozambicain et les humanitaires anticipaient également l'apparition de maladies transmises par l'eau, compte tenu des eaux stagnantes et de la promiscuité dans les centres d'hébergement.

"Il est inévitable que des cas de choléra et de paludisme apparaissent", a estimé le ministre Correia, précisant qu'"un centre de traitement du choléra" était mis en place.

La Croix-Rouge avait annoncé vendredi des premiers des cas de choléra au Mozambique, mais les Nations unies et Maputo ont affirmé ne pas en avoir, pour l'heure, enregistré.

"Il y aura des maladies transmises par l'eau", a cependant prévenu Sebastian Rhodes-Stampa de l'Ocha. "Mais si (...) on a des centres déjà en place, on sera capable de gérer la situation", a-t-il ajouté.

- Logistique cauchemardesque -

Près de deux millions de personnes sont affectées par le cyclone et ses inondations en Afrique australe.

Au Mozambique, plus de 100.000 personnes on trouvé refuge dans des centres d'hébergement d'urgence, notamment des écoles.

A Beira, les rescapés se bousculent pour obtenir nourriture et vêtements, tandis que la Croix-Rouge tente de réunir des membres de familles dispersées.

"Je ne sais pas où est mon mari", témoigne à Beira Céleste Dambo, secourue par un bateau de pêche à Buzi, l'un des districts les plus touchés.

Elle dort à même le sol, avec ses trois enfants, dans le gymnase de l'école Samora Machel à Beira.

Dix jours après le passage du cyclone, la "logistique" pour accéder aux disparus et acheminer l'aide "reste un défi", constate l'Ocha.

Au moins 80% des infrastructures électriques de Dondo, à une trentaine de kilomètres au nord-ouest de Beira, sont endommagées, selon le gouvernement. Beira, où vivent un demi-million de personnes, reste partiellement privée d'électricité.

Mais les travaux de réparation de la seule route qui permet d'accéder à la ville et avait été partiellement emportée par les eaux viennent d'être terminés.

A Beira samedi soir, quelques lampadaires étaient allumés. Les rues étaient de nouveau encombrées, signe que la vie reprenait ses droits. Le peu de restaurants ouverts affichaient complets.

- Messe dans la nuit -

Dans la cathédrale Ponta Gea, qui a miraculeusement survécu aux intempéries, une messe a été célébrée en hommage aux victimes, avec une seule torche et quelques bougies.

"Les gens ne savent pas quoi faire car ils ont perdu leurs maisons, ils ne savent pas où dormir (..). Mais les Mozambicains ne vont pas se laisser abattre", a lancé le père Pedro.

Dans l'assemblée, une fidèle regardait son missel à la lumière de son portable.

"On ne peut pas être endeuillés. Nous devons continuer. On essaie de reconstruire notre ville", a déclaré un autre croyant, Wilfried Deliviai, 19 ans.

Des rescapés profitaient de la décrue, dimanche pour reconstruire leurs maisons avec les moyens du bord.

A Buzi, où des centaines d'habitants dorment dehors, dans la rue ou sur des toits, une femme tentait, de l'eau jusqu'aux genoux, de récupérer une tôle pour son abri. D'autres balayaient des maisons où l'eau avait atteint jusqu'à deux mètres.

Avec AFP

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