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Niger

L'ex-putschiste Salou Djibo candidat à la présidentielle nigérienne

Salou Djibo a son congrès d’investiture, à Niamey, le 26 juin 2020. (VOA/Abdoul-Razak Idrissa)

Neuf ans après avoir dirigé le pays, le chef de la junte militaire de 2010 revient sur la scène politique. Salou Djibo a été investi par les militants de la formation politique qu’il a créé samedi 26 juin.

Le général Salou Djibo promet de "faire la politique autrement". Dans un long discours après son investiture dimanche par son parti, le PJP Génération Dubara, chef de la junte militaire qui avait renversé l'ex-président Mamadou Tandja le 18 février 2010, a décliné les grands axes du projet politique qu’il compte proposer lors de la campagne électorale prochaine.

Le général Salou DJIBO candidat à la présidentielle nigérienne de décembre
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Son objectif ? "Redonner espoir à tous les Nigériens" à travers une réforme constitutionnelle pour restaurer l’autorité de l’Etat, la promotion du mérite des jeunes et femmes notamment, l’utilisation rationnelle des ressources publiques, de meilleures offres de services dans les secteurs sociaux de base (éducation, santé, eau). Il affirme aussi vouloir la relancer l’économie à travers la réorientation des financements dans les ressources humaines et la production agricole. Pour y aboutir, il s’est engagé à ’’s’entourer des meilleurs, peu importe leurs origines ou leurs orientations politiques’’.

Pas d’annonce forte cependant pour ce qui est du secteur de la défense et de la sécurité, où les Nigériens l’attendent plus que tout autre candidat à l’élection présidentielle de 2020-2021.

"Le moment venu, je saurais évaluer la situation et prendre les décisions qui s’imposent et dans l’intérêt supérieur de notre pays", a simplement déclaré le général à la retraite après avoir servi plus de 30 ans au sein de l’armée nigérienne. "Je connais notre armée, son courage dans l’engagement et son professionnalisme", a-t-il ajouté.

Salou Djibo, 55 ans, devient ainsi le 5e candidat déclaré pour l’élection dont le premier tour est prévu le 27 décembre prochain.

Après avoir organisé les élections de 2011 qui ont consacré l’arrivée au pouvoir de Issoufou Mahamadou, il a occupé des fonctions au niveau de la Commission de Cédéao avant de créer sa propre formation politique et démissionner de l’armée.

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La journaliste et blogueuse nigérienne Samira Sabou enfin libre

La Cour de justice à Niamey, Niger, le 13 mars 2017. (VOA/Abdoul-Razak Idrissa)

En détention préventive depuis le début du mois de juin, Samira Sabou a été blanchie par un juge qui a décidé d'un non-lieu dans l'affaire qui oppose la journaliste au fils du président Issoufou Mahamadou.

C'est aux environs de 18h TU que la jeune journaliste a regagné son domicile mardi 28 juillet 2020. "C’est la victoire de tous ceux qui sont épris de justice", lance-t-elle.

La jeune journaliste et blogueuse nigérienne Samira Sabou a été libérée
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Plus tôt dans la matinée, une magistrate l’a libérée – pour infraction non constituée – après près de deux mois de détention prévention. Samira Sabou était poursuivie pour "diffamation par voie électronique" sur plainte de Mamane Sani Issoufou Mahamadou, directeur de cabinet adjoint et fils du président de la république.

En réaction à cette décision qu'il salue et qui montre l'indépendance de la justice au Niger, l'avocat de la blogueuse affirme que sa cliente "ne devait même pas être gardée une seconde en prison" car ses écrits sur Facebook relevaient de l'exercice de sa profession. "Elle n’a cité le nom de personne", ajoute maître Bouddal Effred Mouloul.

Dans une publication sur facebook en mai 2020, la journaliste-blogueuse soulignait que certains marchés du ministère de la défense jugés irréguliers après un audit profitaient "au fils du patron".

Le directeur de cabinet adjoint et fils du président de la république a alors déduit qu’il s’agissait de lui et décida de porter plainte pour diffamation. Samira Sabou sera alors interpelée et placée sous mandat dépôt à la prison civile de Niamey sous le coup de la loi polémique portant lutte contre la cybercriminalité, récemment adoptée.

Lors du son procès, le parquet a requis une peine de cinq semaines de prison ferme ainsi qu'une amende d'un million de franc CFA contre la jeune journaliste. L’avocat du plaignant avait lui réclamé 5 millions en réparation du préjudice subi par son client.

La juge en charge du dossier n’a donc suivi aucun d’eux. Et sa décision est venu réconforter beaucoup de défenseurs - nationaux et internationaux - des droits humains et libertés.

La jeune journaliste et blogueuse nigérienne Samira Sabou a été libérée

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L'OIF va auditer le fichier électoral en cours de finalisation

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Surpeuplées, les prisons nigériennes sont des incubateurs pour les djihadistes

Des soldats devant l'entrée de la prison de Niamey, le 1er juin 2013. AFP PHOTO

Les prisons du Niger sont surpeuplées et mélangent des délinquants violents avec des personnes condamnées pour des délits mineurs.

Dans plusieurs établissements pénitentiaires du Niger, des détenus djihadistes jouent des rôles d'éducateurs religieux, indique un rapport du Collectif de défense des droits de l’homme du pays.

Les enquêteurs du collectif ont relevé un risque élevé de radicalisation djihadiste dans les prisons qu'ils ont visitées. "Ils (les détenus djihadistes) côtoient sans restriction les autres", a déclaré le coordonnateur du Collectif des organisations de défense des droits de l'homme et de la démocratie Kaani Abdoulaye, lors de la présentation du rapport à la presse à l'occasion du Mandela Day (18 juillet).

Risque de radicalisation dans les prisons nigériennes
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A la prison civile de Niamey, tout comme dans celle de haute sécurité de Koutoukalé et au camp pénal de Kollo "des détenus djihadistes remplissent le rôle de chef spirituel", indique le rapport.

"Au lieu de jouer son rôle, la prison risque de devenir un incubateur de radicalisation", s’inquiète Kaani Abdoulaye.

Des détenus ordinaires ont affirmé aux enquêteurs du CODDHD avoir de bonnes relations avec leurs codétenus djihadistes, d’autres disent même qu’ils (détenus djihadistes) sont de "très bons amis musulmans".

Le document met en lumière aussi l’ineffectivité des droits humains dans les établissements pénitentiaires. Il s'agit du droit à l’intégrité physique et morale, le droit à l'alimentation, le droit à la santé, le droit à un environnement sain ou encore les droits aux loisirs et l’éducation.

La lenteur des procédures judiciaires pour les personnes en détention provisoire a également été relevé comme une violation des droits humains par le CODDHD qui estime que cela peut également "nourrir un sentiment d’injustice qui peut alimenter la radicalisation".

Depuis 2014, le collectif des organisations de défense des droits de l'homme et de la démocratie, effectue des visites dans les prisons du pays.

Deux problèmes majeurs sont récurrents : la surpopulation carcérale et la non séparation des détenus selon la gravité de leurs infractions.

Le CODDHD a fait des recommandations aux pouvoirs publics: "prendre des mesures pour séparer les détenus selon la nature de leurs infractions et former le personnel pénitentiaire en matière de détection des risques de radicalisation au sein des maisons d’arrêts".

Risque de radicalisation dans les prisons nigériennes

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