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Tunisie : le frère d'un berger décapité par des jihadistes retrouvé mort à son tour


Un policier tunisien passe un point de contrôle à Kairouan, Tunisie, le 18 mai 2013.

Le frère d'un berger dont la décapitation par des jihadistes avait suscité l'émoi en Tunisie a, à son tour, été retrouvé mort après son enlèvement la veille dans la région du Mont Mghilla (centre-ouest), ont rapporté samedi une source ministérielle et des médias.

Le cadavre de Khalifa Soltani a été retrouvé lors d'opérations de ratissage lancées vendredi à la suite de l'annonce de son enlèvement par un "groupe terroriste", a indiqué à l'AFP le porte-parole du ministère de la Défense Belhassen Oueslati.

Si M. Oueslati n'a pas souhaité fournir d'autres détails, l'ensemble des médias locaux ont rapporté que cet homme est le frère de Mabrouk Soltani, un jeune berger dont l'assassinat en novembre 2015 avait ému l'opinion publique tunisienne.

Alors qu'il faisait paître ses moutons sur le mont Mghilla, Mabrouk Soltani avait été égorgé et décapité sous les yeux de son cousin de 14 ans. Ce drame avait illustré le sentiment d'abandon d'une frange de la population face à la menace terroriste, en particulier dans les monts de l'intérieur (Chaâmbi, Mghilla et Salloum), principaux repaires jihadistes.

Le meurtre avait ensuite été revendiqué dans une vidéo par le groupe Jund al-Khilafa ("soldats du califat" en arabe), se revendiquant de l'organisation extrémiste Etat islamique (EI).

Les circonstances de l'enlèvement et du décès du frère du jeune berger ne sont pas encore connues. Mais sa mort intervient moins d'une semaine après une opération sécuritaire au Mont Salloum dans laquelle un "dirigeant" jihadiste a été abattu et six autres interpellés.

Selon les autorités, le jihadiste tué appartenait à la Phalange Okba Ibn Nafaa, affiliée à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Les six autres personnes ont en revanche été arrêtées, d'après les mêmes sources, pour leur appartenance présumée à des "cellules dormantes" de Jund al-Khilafa.

Après sa révolution de 2011, la Tunisie a été confrontée à un essor de la mouvance jihadiste, responsable de la mort de plusieurs dizaines de soldats et de policiers, mais aussi de civils et de touristes étrangers.

Elle est sous état d'urgence depuis un attentat suicide en plein Tunis contre la sécurité présidentielle (12 agents tués), survenu quelques jours après le meurtre du jeune berger.

Depuis une année, les autorités tunisiennes font toutefois état de progrès significatifs dans la "lutte contre le terrorisme". La dernière attaque de grande ampleur remonte à mars 2016, lorsque des jihadistes avaient lancé des opérations coordonnées contre des installations sécuritaires de Ben Guerdane, près de la frontière avec la Libye.

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