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Le flux continu de migrants africains en Sicile

Des migrants érythréens débarquent dans le port de Catane après avoir été sauvés en Méditerranée, Sicile, 6 octobre 2015 (Nicolas Pinault/VOA).

L’île italienne est la principale porte d’entrée vers l’Europe pour tous les désespérés qui rêvent d’une vie meilleure, loin de l’Afrique. Reportage de l’envoyé spécial de VOA Afrique, Nicolas Pinault, sur place.

Chaque jour ou presque, le rituel est le même dans un port sicilien. De Pozzallo à Messine, en passant par Augusta ou Catane, un navire accoste avec à son bord des passagers un peu particulier. Le regard perdu, emmitouflés dans des couvertures de survie, ils s’apprêtent à poser le pied sur cette terre européenne dont ils ont tant rêvé. Erythréens, Soudanais, Maliens ou Libyens, ils débarquent par centaines en Italie. Le bateau norvégien Siem Pilot a secouru 239 migrants cette semaine. Le navire britannique Enterprise a, lui, sauvé plus de 650 personnes des eaux de la Méditerranée.​

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“Nous recevons des appels de détresse, parfois passés depuis la terre ferme” par les passeurs, explique à VOA Afrique le commandant norvégien Tore Barstad. Malgré les patrouilles, et les nombreux bateaux européens présents dans la zone, “la traversée reste dangereuse. On ne peut pas être partout à la fois et sauver tout le monde. C'est un lotterie malgré nos systemes de surveillance sophistiqués et nos radars”, précise le militaire.

Les opérations Triton ou Mare Nostrum, ont permis de faire diminuer le nombre de morts dans la zone (NDLR : plus de 3000 décès ont toutefois été répertoriés au 9 octobre 2015). Effet pervers de ces missions de sauvetage : les passeurs expliquent désormais aux migrants que le voyage est désormais bien plus “sûr” en raison de la présence de ces navires européens. Un bien mauvais argument de vente. Les trafiquants profitent aussi de l’occasion pour limiter encore plus le peu d’essence qu’ils mettent dans les embarcations de fortune.

Les autorités européennes cherchent à tout prix à identifier, arrêter et traduire en justice les passeurs qui opèrent des deux côtés de la Méditerranée.

Lisez le prochain récit de Nicolas Pinault depuis la Sicile.

VOA Afrique avec les migrants secourus à Messine en Sicile
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Le sortant Azali grandissime favori de la présidentielle aux Comores

Le président des Comores, Azali Assoumani, arrive à un bureau de vote lors du référendum constitutionnel, à Mitsoudje, près de Moroni, Comores, le 30 juillet 2018

Le président du petit archipel des Comores Azali Assoumani sollicite dimanche son maintien à la tête du pays dans un scrutin lourd de tensions avec l'opposition, qui l'accuse de dérive autoritaire et redoute un "hold-up électoral".

Au pouvoir depuis 2016, M. Azali, 60 ans, fait figure de grandissime favori au terme d'une campagne qu'il a écrasée de tous les moyens de l'Etat.

Sûr de sa force, le chef de l'Etat sortant a rassemblé vendredi plusieurs milliers de personnes dans la capitale Moroni autour du slogan "un seul jour, un seul tour, un seul homme". "Nous gagnerons cette élection dès le 24 mars", a-t-il assuré à ses partisans.

"Il a une vision pour le pays, lui seul est capable d'offrir un avenir meilleur à tous", s'est enthousiasmée une de ses fidèles, Fatoumia Alibazi, chapeau bleu à larges bords aux couleurs de son champion sur la tête.

La machine Azali s'est mise en marche avec la réforme constitutionnelle approuvée par référendum l'an dernier.

Très controversée, elle a étendu d'un à deux mandats de cinq ans la durée de la présidence attribuée successivement à chacune des trois îles de l'archipel (Grande-Comore, Mohéli, Anjouan).

Ce système a donné un coup de canif au fragile équilibre institutionnel instauré en 2001 pour mettre fin aux crises séparatistes et aux coups d'Etat à répétition qui agitaient l'archipel depuis son indépendance en 1975.

- 'Mascarade' -

L'opposition a hurlé au loup mais rien n'y a fait. Au contraire. M. Azali a riposté à la contestation en embastillant nombre de ses détracteurs, à commencer par son ennemi de toujours, l'ancien président Ahmed Abdallah Sambi, accusé de corruption.

Sur sa lancée, l'ex-putschiste, élu en 2016, a remis son quinquennat en jeu dès cette année. En cas de succès, il pourrait garder les rênes du pays jusqu'en 2029.

L'opposition espère bien l'en empêcher. Mais, prise de cours par l'accélération du calendrier politique, elle s'est lancée dans la bataille en ordre dispersé. Et la Cour suprême l'a encore fragilisée en écartant quelques-uns de ses champions de la route du président.

Patron de l'Union de l'opposition, l'ancien vice-président Mohamed Ali Soilihi a été interdit de scrutin. Assigné à résidence, il ne décolère pas.

"Cette élection est une grosse mascarade", se lamente-t-il. "Le scénario est écrit d'avance: le 24 mars au soir, il y aura une déclaration de victoire (d'Azali Assoumani) au premier tour, c'est un passage en force."

C'est l'antienne reprise par tous les adversaires du président. "Tout le monde est contre lui, si le scrutin est transparent, il ne peut pas gagner", assure lui aussi le candidat du parti Juwa, l'avocat Mahamoudou Ahamada, 48 ans. "Azali n'a d'autre choix que de voler les élections".

Plus que la crainte de fraudes, les partisans de l'opposition reprochent au pouvoir sortant la pauvreté persistante de la population et le train de vie des dirigeants du pays.

- 'Plus que Macron' -

"Tu ne peux pas m'expliquer que je vais avoir une vie sans électricité, sans eau. C'est pas possible", se lamente Mahmoud Mze, chômeur de 48 ans. "Et lui (M. Azali), il gagne 34.000 euros par mois, plus que (le président français Emmanuel) Macron. Ca ne va pas !"

Privée par la réforme de présidence tournante en 2021, l'île d'Anjouan, la plus pauvre de l'archipel, bouillonne.

En octobre, des civils armés hostiles au président ont fait le coup de feu avec l'armée pendant six jours à Mutsamudu, la capitale de l'île, avant de s'évaporer mystérieusement dans la nature.

En campagne à Anjouan, le colonel Soilihi Mohamed, dit "Campagnard" pour ses origines rurales, a mis en garde contre les risques d'un passage en force du président.

"Le peuple va s'exprimer par une révolution dans les urnes", prédit l'ancien officier, aussi raide que le sortant est bonhomme. Mais "si jamais le président tente de faire autrement, on risque une révolution populaire".

La menace fait sourire le ministre de l'Intérieur Mohamed Daoudou, qui promet "la transparence totale".

"Il y a trop de mensonges de l'opposition, notre pays n'est pas une dictature", déclare le secrétaire général de la Mouvance présidentielle, Ali Mliva Youssouf.

Plus de 800 observateurs de la société civile comorienne, financés par l'Union européenne (UE), sont annoncés dans les 731 bureaux de vote du pays pour garantir la régularité du scrutin. Les premiers résultats sont attendus lundi.

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