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Le décret migratoire de Trump de nouveau face aux juges

Le président Donald Trump s'exprime lors d'une réunion avec les dirigeants de petites banques communautaires, 9 mars 2017,

Donald Trump affirme que son nouveau décret anti-immigration est inattaquable sur le plan juridique: on devrait bientôt savoir s'il a raison, avec des premières audiences prévues mercredi devant des magistrats saisis par une demi-douzaine d'Etats et des ONG.

"Rendez-vous au tribunal", avait tweeté le président républicain, irrité par la suspension le 3 février de son premier décret migratoire.

Il faut croire qu'il a été entendu, vu la multiplication de plaintes concernant cette mesure radicale et sa version amendée, qui doit entrer en application jeudi.

Le texte interdit l'entrée aux Etats-Unis aux voyageurs de six pays musulmans, contre sept dans sa version précédente.

Deux cours fédérales, à Hawaï et dans le Maryland, ont annoncé des audiences mercredi sur cette mesure qui s'est imposée comme la plus controversée du début de mandat de M. Trump

Ces derniers jours, le président et ses principaux ministres - Rex Tillerson (Affaires étrangères), Jeff Sessions (Justice), John Kelly (Sécurité intérieure) - ont défendu un texte "vital" pour la sécurité nationale, face à des menaces ne cessant selon eux d'évoluer.

Mais les opposants au décret ne sont pas convaincus de cette urgence et affirment que la nouvelle mouture continue de viser de façon discriminatoire les musulmans.

Depuis les attentats du 11 septembre 2001, les attaques les plus graves aux Etats-Unis ont été commises soit par des Américains, soit par des ressortissants ne provenant pas des pays visés par le décret.

Selon ses détracteurs, le nouveau texte, même s'il exempte les détenteurs de visas et de "cartes vertes", aura des conséquences très négatives sur les secteurs de l'éducation et des affaires, notamment pour les sociétés des nouvelles technologies.

La deuxième bataille judiciaire se développe donc sur plusieurs fronts, notamment sur la façade Pacifique du pays, bastion démocrate.

L'Etat de Washington, joint par cinq autres Etats, a saisi lundi un juge de Seattle qui avait bloqué le premier décret migratoire.

Ce magistrat, James Robart, avait été qualifié de "pseudo-juge" par Donald Trump.

Les plaignants espèrent obtenir une suspension similaire pour le deuxième décret.

"Le gouvernement Trump a peut-être modifié son texte discrédité d'interdiction d'entrée aux musulmans, mais il n'en a changé ni l'esprit ni les effets anticonstitutionnels", a assuré Xavier Becerra, le procureur général de la Californie, l'un des cinq autres Etats contestataires avec le Massachusetts, l'Oregon, le Maryland et l'Etat de New York.

- Portée nationale -

Un juge fédéral est en mesure de suspendre complètement ou en partie l'application du décret, avec une portée nationale.

C'est ce qu'avait fait le juge Robart, qui a fait savoir qu'il n'organiserait pas de nouvelle audience avant mercredi au plus tôt.

Il a par ailleurs ordonné au gouvernement de répondre aux arguments avancés dans le mémoire déposé par les six plaignants.

L'Etat de Hawaï a également introduit un recours en justice distinct contre le nouveau décret, avec une audience fixée à mercredi.

Enfin, plusieurs organisations de défense des libertés et des réfugiés, dont l'ACLU, ont saisi un juge de l'Etat du Maryland. Ce dernier a donné rendez-vous aux parties mercredi matin.

Les juristes du ministère de la Justice sont sur le pied de guerre pour défendre les directives présidentielles devant tous ces tribunaux.

Dans un mémoire adressé lundi au juge de Hawaï, le gouvernement soutient que les restrictions d'entrée aux Etats-Unis de certains types d'étrangers relèvent "de l'exercice valide de l'autorité présidentielle conformément à la loi".

Le nouveau décret migratoire a déjà rencontré un premier obstacle vendredi dernier, un juge fédéral du Wisconsin ayant écarté son application pour l'épouse et l'enfant d'un Syrien déjà réfugié aux Etats-Unis.

En plus de fermer temporairement les frontières américaines aux réfugiés du monde entier, le nouveau texte suspend l'octroi de visas durant 90 jours pour les ressortissants d'Iran, de Libye, de Syrie, de Somalie, du Soudan et du Yémen.

Avec AFP

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Trump-Biden: un débat chaotique et contentieux

Le président américain Donald Trump et le candidat démocratique Joe Biden à Cleveland, le 29 septembre 2020.

Le président américain Donald Trump et son challenger, l'ancien vice-président Joe Biden, se sont affrontés mardi soir dans un débat chaotique et controversé.

Candidats respectivement des partis républicain et démocrate, Donald Trump et Joe Biden ont tenté pendant 90 minutes de convaincre les électeurs américains que l'autre n'était pas en mesure de diriger les États-Unis pour les quatre prochaines années.

Les deux hommes ont croisé le fer sur plusieurs thèmes, dont: le nombre de morts liés au coronavirus, l'intégrité du vote du 3 novembre prochain, la nomination par Trump de la juriste conservatrice Amy Coney Barrett à la Cour suprême, les tensions raciales, entre autres sujets.

Le président sortant, Donald Trump, a nié les révélations d'une enquête du New York Times qui affirme qu'il n'a payé que 750 dollars d'impôt fédéral sur le revenu en 2016 et en 2017. M. Trump, candidat à un second et dernier mandat, a déclaré qu'il avait payé "des millions de dollars".

Son adversaire, Joe Biden, l'a accusé de payer "moins d'impôts que l'instituteur moyen".

Présidentielle américaine: premier débat entre Joe Biden et Donald Trump
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Insultes et attaques personnelles

La plupart du temps, ils se sont insultés en se lançant des piques, des insultes et des attaques personnelles.

"Il est le pire président que l'Amérique ait jamais eu", a soutenu Joe Biden lors du débat organisé dans une université de la ville du Midwest de Cleveland, dans l'Etat de l'Ohio. Il a également qualifié son adversaire de "clown".

Pour sa part Donald Trump a lancé: "J'ai accompli plus de réalisations en 47 mois [en tant que président] que vous n'en avez fait en 47 ans".

Donald Trump a fait valoir que si Joe Biden remporte la présidence, "vous vivrez une dépression comme personne n'a jamais vu" en raison du plan du démocrate d'augmenter les impôts sur les bénéfices des entreprises de 21% à 28% et sur les individus qui gagnent plus de 400.000 dollars par an.

Lors du débat à Cleveland, le 29 septembre 2020.
Lors du débat à Cleveland, le 29 septembre 2020.

Les deux candidats, tous deux âgés de plus de 70 ans, se sont aussi affrontés sur la manière de contrôler la pandémie aux États-Unis.

"Le président n'a pas de plan", a affirmé son adversaire. "Il savait que c'était mortel et ne vous en a pas parlé."

Joe Biden, faisant allusion aux fréquentes sorties de golf de Donald Trump, a déclaré que le président "devrait arrêter de faire l'autruche" et stopper l'avancée de la pandémie.

Il a aussi fait référence à la récente remarque de Trump selon laquelle le nombre de morts aux États-Unis "ce qu'il en est", ajoutant que c'était parce que "vous êtes ce que vous êtes".

Donald Trump a répondu: "Nous avons fait un excellent travail. Nous sommes à quelques semaines d’un vaccin".

Le président Trump a accusé Joe Biden de l'avoir qualifié de xénophobe pour avoir imposé des restrictions initiales sur les voyages en provenance de Chine, pays d'origine du virus. Il a déclaré que s'il n'avait pas agi, plus de 2 millions de personnes seraient mortes aux États-Unis.

C'était la première fois où les deux candidats se rencontreraient face à face pour débattre. Deux autres débats sont encore prévus. Le vice-président Mike Pence et la candidate démocrate à la vice-présidence, Kamala Harris, auront leur débat le 7 octobre.

Lors de la rencontre de mardi, Donald Trump et Joe Biden se sont fréquemment interrompus.

Traduit et adapté de l'anglais par VOA Afrique. Lire l'article original: Trump, Biden Clash in Chaotic, Contentious Debate

Correspondants VOA du 30 septembre 2020: le rôle pivotal des débats présidentiels

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