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Le désaccord continue entre les transporteurs ghanéens et burkinabè


Conférence de Presse de l'OTRAF, au Burkina, le 14 février 2017. (VOA/Issa Napon)

Le transport du fret burkinabé par la route a du plomb dans l’aile sur le corridor ghanéen. Depuis plusieurs jours, un groupe de transporteurs indépendants accusent l’Organisation des transporteurs routiers du Burkina Faso d'entraver leurs activités avec la complicité du conseil burkinabè des chargeurs.

La bataille fait rage entre l’Organisation des transporteurs routiers du Faso (Otraf), organisation des transporteurs d’un côté, et de l’autre, un groupe de contestataires constitué d’un syndicat et d’une société de transit installés au Ghana.

Pour ces derniers, l’Otraf a une mainmise insupportable sur les activités de transport du fret, notamment depuis le corridor ghanéen.

Le transitaire de la société ‘’J & E shipping’’ Romuald Sawadogo, responsable de J&E Shipping, explique la situation.

"Depuis 2014, le CBC a essayé d’instituer un document : 'bon de chargement'. Dès que nous sommes prêts à faire le chargement au port, il faut passé par le CBC sauf que vous ne pouvez pas aller dans le port de Tema faire vos chargements librement tant que c’est n'est pas le CBC qui prend votre fret et le donne à l’Otraf, qui décide de ce qu’il veut faire", décrit-il.

"C’est seulement depuis 2014 que ce bon de chargement a été institué avec toutes les difficultés que nous connaissons", conclut-il.

Issoufou Maiga, président de l'OTRAF, au Burkina, le 14 février 2017. (VOA/Issa Napon)
Issoufou Maiga, président de l'OTRAF, au Burkina, le 14 février 2017. (VOA/Issa Napon)

Au bureau de l’Otraf, Issoufou Maiga, président de l'Otraf, explique que " l’ASCE nous a saisi, nous avons dit que nous ne percevons pas d’argent pour des 'bons de chargements', je ne force pas quelqu’un à cotiser'.

Il continue : "nos cotisations partent de 300 francs CFA à 35 000 francs CFA, donc l’assistance aussi nous dépensons 1,5 million francs CFA par mois pour assister, les cas d’accidents les cas de vol, les cas d’incompréhension surtout les soins; si l’équipe estime qu’ils sont allé trop loin jusqu’à aller dire que nous avons corrompu toute la chaîne logistique jusqu’au sommet de l’Etat, je pense que l’Etat aussi peut s’autosaisir".

Romuald Sawadogo, responsable de la société J&E shipping, s’insurge contre des textes qui donnent du pouvoir à l’Otraf sur tous les chargeurs de fret.

Pour le président de 'Otraf, les textes sont légaux, issus par l’autorité, laissant entendre que les accusateurs travaillent dans l’anarchie et en dehors du quota fixé par le Burkina et le Ghana : à savoir 2/3 de fret transporté par des burkinabés et 1/3 par des transporteurs ghanéens.

Position d’ailleurs défendue par Tasséré Ouédraogo, un représentant de l’Union des chauffeurs routiers du Burkina, UCRB, qui applaudit l’action de l’Otraf.

" Depuis 2014 et 2015, quand vous arrivez à Ouagadagou, c’est plein de camions ghanéens, pendant que nos frères sont au Ghana et dorment sous leurs camions. Ils vont passer leur temps à aller à l’Otraf prendre quelque 10 000 francs CFA pour soigner leurs apprentis ou eux-même, et ils n’ont même pas à manger. C’est là qu'ils se sont dit qu’on ne peut pas accepter que quelques individus Burkinabès aillent au Ghana et reste là-bas, détruire leurs propres frères chauffeurs à leur profit", blâme-t-il.

Plus de 80% du fret à destination du Burkina transite par la route, ce qui en fait un domaine qui suscitent des appétits. Une bataille pour le contrôle du fret qui promet d’autres développements.

Issa Napon, correspondant à Ouagadougou

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