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Le coronavirus semble frapper démesurément les Noirs aux Etats-Unis

Un agent de santé du Elmhurst Hospital Center prépare un test de dépistage du coronavirus dans le Queens, New York City, États-Unis, le 23 mars 2020.

Dans plusieurs régions des Etats-Unis, le Covid-19 tue de façon disproportionnée les Noirs, selon de multiples responsables qui réclament la publication de statistiques nationales afin de comprendre l'ampleur du phénomène.

Pour l'instant, les statistiques sont publiées de manière disparate, selon les Etats et les villes, et ne permettent pas de comprendre si une inégalité spécifique au Covid-19 est à l'oeuvre, ou si la disproportion ne fait que refléter les inégalités socio-économiques et d'accès aux soins qui affectent les Noirs historiquement dans ce pays.

L'Etat de New York, plus gros foyer américain de l'épidémie, ne publie pas de statistiques par ce que les Américains appellent "race" et ethnicité (Noir, Blanc, Asiatique, Hispanique...), une composante qui fait habituellement partie du paysage statistique aux Etats-Unis pour tous les domaines, de l'économie à l'éducation et la santé, et apparaît sur les formulaires de recensement.

Mais d'autres juridictions ont choisi de publier des chiffres qui sont alarmants: dans l'Illinois, les Noirs représentent 14% de la population mais 42% des décès de l'épidémie. A Chicago, c'est 72% des morts, alors qu'ils représentent moins d'un tiers des habitants: des disparités qui "coupent le souffle", a dit la maire de la ville, Lori Lightfoot.

A Washington, 13 des 22 morts étaient Noirs. "J'ai très peur de l'impact disproportionné que ce virus aura sur les Afro-Américains", a dit mardi la maire de la capitale américaine, Muriel Bowser, sur MSNBC.

En Caroline du Nord, 31% des morts étaient Noirs, contre 22% de la population. En Louisiane, où se trouve La Nouvelle-Orléans, la disproportion est plus grande encore: 33% des habitants sont Noirs mais 70% des morts l'étaient.

- Pourquoi ?

"Nous savons que les Noirs sont plus susceptibles d'avoir du diabète, des maladies du coeur et des poumons", a dit mardi le médecin en chef des Etats-Unis, Jerome Adams, sur CBS. Or ces maladies augmentent le risque de complications du Covid-19; les expériences chinoise et européenne l'ont montré.

Lui-même Noir, Jerome Adams a parlé de ses propres problèmes de santé pour illustrer le problème qui affecte sa communauté.

"Je l'ai déjà dit, je fais moi-même de l'hypertension. J'ai une maladie du coeur et j'ai déjà passé une semaine en réanimation à cause d'un problème cardiaque. Je fais de l'asthme et je suis pré-diabétique. J'illustre ce que c'est de grandir pauvre et noir en Amérique".

- Moins de dépistages? -

En pleine épidémie, il manque encore des études rigoureuses et de dimension nationale.

Mais il est avéré que les quartiers pauvres et noirs ont moins de médecins et des hôpitaux de moindre qualité. Que les couvertures médicales des emplois de service sont inférieures à d'autres emplois mieux rémunérés. Un phénomène a aussi été documenté, dans lequel les patients noirs se voient prescrire moins d'examens et de consultations avec des spécialistes que les blancs.

Georges Benjamin, président de l'Association américaine de santé publique (APHA), explique aussi à l'AFP que les Noirs, aux Etats-Unis, sont plus exposés au coronavirus que des populations plus aisées, dans leur vie quotidienne ou leur travail.

"Cette population fait plus face au grand public", dit-il. "Ils sont plus souvent chauffeurs de bus, ils prennent plus les transports en commun, ils travaillent plus dans les maisons de retraite, les magasins et les supermarchés."

La distanciation sociale est plus compliquée lorsqu'on habite des quartiers plus denses, des logements plus petits. Quant au télétravail, il est souvent impossible, en raison des types d'emplois. Et se faire livrer des courses à domicile est souvent un luxe.

"Beaucoup d'Américains noirs et d'autres communautés de couleur n'ont pas le privilège de pouvoir se confiner à la maison", ont écrit des centaines de médecins et l'organisation de défense des minorités Lawyers' Committee for Civil Rights Under Law, dans une lettre au secrétaire américain à la Santé.

La situation des minorités ethniques concerne tout le monde, insiste Ebony Hilton, anesthésiste au centre médical de l'université de Virginie, contrairement aux autres problèmes de santé. "Ces travailleurs infectés vont aller au supermarché, et quand les classes les plus aisées d'Amérique iront faire leurs courses, ils seront infectés", dit-elle à l'AFP.

Ici et là, les témoignages se multiplient sur la moindre accessibilité de sites de dépistage dans les quartiers pauvres que les quartiers riches.

Le groupe ci-dessus a sommé les autorités sanitaires fédérales de "publier immédiatement des données ethniques et raciales" sur le dépistage et la prévalence du Covid-19, afin de déterminer où des moyens supplémentaires doivent être envoyés.

Les Centres de prévention et de contrôle des maladies (CDC) collectent déjà ces informations, écrit le groupe, mais n'a fait que publier des statistiques par âge.

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A Washington, des manifestations émouvantes pour réclamer justice et équité

Des manifestants couchés à même le sol devant la police, au Capitole, le 3 juin 2020, en signe de solidarité. (Photo: Nanythe Talani)

Des centaines de personnes ont manifesté mercredi à Washington pour crier leur ras-le-bol contre les brutalités policières à l’égard des minorités et exiger aussi la fin d’un système qui maintient ces dernières dans la précarité sur les plans social, économique, sanitaire et éducatif.

Il fait 26 degrés celsius en cette matinée du 3 juin 2020 à Washington, D.C., la capitale des États-Unis. La journée s’annonce chaude. Il y a exactement neuf jours depuis que l’Afro-Américain George Floyd est mort asphyxié par un policier blanc à Minneapolis dans le Minnesota, à plus de 1.782 km de Washington.

Pourtant rien n’entame la détermination des habitants de cette ville et ses environs à continuer à battre les pavés pour poursuivre leurs protestations contre les préjugés raciaux. Certains parents ont emmené leurs jeunes enfants.

“Je suis venue pour montrer ma solidarité. C’est important, même si je suis en train de protester contre quelque chose que je ne vais peut-être pas expérimenter. Participer à une revendication politique comme celle-ci est un grand privilège”, explique Sophie, de race blanche, qui étudie le théâtre et la psychologie dans une université dans le Michigan et qui aimerait aussi devenir activiste pour défendre des causes socio-politiques.

Protestation et pancartes

Les marcheurs brandissent des pancartes qui en disent long sur leur présence en ces lieux, malgré la chaleur qui fait déjà suer quelques uns. Certaines pancartes affichent les noms de nombreuses personnes mortes entre les mains de la police. D’autres ont écrit des slogans comme le légendaire “Black lives matter” (La vie des Noirs compte), “Desarm hate” (Désarmez la haine); “Silence is violence” (Le silence est une forme de violence) ou encore les derniers mots de George Flyod: “I can’t breathe” (Je ne peux pas respirer).

Les manifestants blancs affichent des messages qui expriment leur soutien à une cause qui touche prioritairement les Noirs.

Sophie, la jeune étudiante, pense que “les Blancs qui jouissent des privilèges doivent se positionner physiquement entre les policiers et ceux qu’ils brutalisent, parce que nous ne serons pas brutalisés au même degré”, explique-t-elle.

Les Hispaniques, qui font aussi partie des minorités subissant quasiment le même sort que les Afro-Américains, ne sont pas en marge du combat. On peut lire sur leurs pancartes: “Eres mi otro yo” (Tu es mon autre moi) ou “Tu pelea es mi pelea” (Ton combat, c’est mon combat).

Au-delà des violences de la police

Partie de Freedom Plaza, sur Pennsylvania Avenue à un jet de pierre de la Maison Blanche, la foule constituée d’environ un millier de personnes, selon les organisateurs, prend la direction de Capitol Hill, siège du Congrès. Des policiers encadrent la marche afin d’éviter des débordements qui ont déjà conduit à des casses de vitrines dans la ville et à des scènes de pillage et de violence dans plusieurs villes américaines lors des différentes marches.

Cependant, cette foule dans la rue, qui rassemble des Noirs, des Blancs, des Hispaniques et des Asiatiques, a des préoccupations plus nobles et des ambitions d’un changement positif de leur société. Elle ne revendique plus seulement l’arrêt des brutalités policières visant les Noirs. Elle réclame désormais le changement profond d’un système qui accorde des privilèges aux Blancs et précarise la vie des minorités ethniques.

Je ne suis pas venu seulement pour George Floyd, car ce n’est pas le premier Noir tué par la police. Je suis venu pour exprimer mon ras-le-bol contre le système”, affirme Josh, un natif de Washington, la trentaine. Il s’apprête à rejoindre les forces armées américaines en octobre.

Comme on pouvait s’y attendre, une horde de policiers est déployée autour du Capitole. C'est là même que siègent ceux et celles qui détiennent la clé du changement voulu par ces hommes, ces femmes et ces quelques enfants venus de partout, unis pour défendre une cause devenue une préoccupation nationale et une question qui transcende les limites raciales.

Des policiers solidaires

Entre les chants et les cris de revendications, les protestataires se couchent à même le sol, ou s’agenouillent pendant plusieurs minutes, pour honorer la mémoire des Afro-Américains et d'autres minorités ayant succombé sous la main de la police.

Pour montrer leur solidarité avec les manifestants en quête de justice sociale et pour se désolidariser de leurs collègues qui brutalisent les minorités, quelques policiers, Blancs et Noirs, mettent leurs genoux à terre, pendant quelques minutes.

Ces protestations changeront-elles quelque chose à la situation des minorités?

Alicia Forda, venue de Columbus dans l’Ohio, veut bien y croire: “Je suis ici pour que mon frère, mon père, mon fils, mon oncle, mon ami ne marchent plus dans la rue avec la peur d’être tués par la police”, explique-t-elle. Et d'ajouter: “Je veux que les miens se sentent en sécurité dans ce pays que nos ancêtres ont bâti. Je suis aussi ici pour que nous, les Noirs, soyons libérés de ces oppressions”.

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