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Le Conseil de sécurité salue le déploiement d'une force anti-jihadiste au Sahel


Le Conseil de sécurité des Nations unies

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté mercredi à l'unanimité une résolution saluant le déploiement d'une force africaine pour combattre les jihadistes dans la région du Sahel.

Le projet de résolution élaboré par la France a été accepté par la totalité des quinze membres du Conseil, après que Paris et Washington sont parvenus à trouver un accord sur son contenu.

Le texte salue le déploiement du G5 Sahel (Mali, Mauritanie, Niger, Tchad et Burkina Faso), mais sans toutefois délivrer un mandat de l'ONU à cette force chargée d'une mission spéciale de contre-terrorisme dans la région.

Il demande aussi au secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres de rendre compte dans les deux mois au Conseil des "problèmes rencontrés et d'autres mesures qui pourraient éventuellement être envisagées" à l'avenir, y compris un éventuel financement.

Sur ce dernier point, l'Union européenne a annoncé le 5 juin une aide de 50 millions d'euros, disant vouloir montrer l'exemple "aux autres partenaires du G5 Sahel".

Mais, selon des diplomates, les Etats-Unis et le Royaume-Uni rechignent à affecter des fonds onusiens à l'opération. Principal contributeur aux opérations de maintien de la paix des Nations Unies, Washington souhaite serrer drastiquement les cordons de la bourse depuis l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche.

La résolution précise qu'une conférence des donateurs sera organisée "rapidement" tout en relevant néanmoins qu'il "incombe (aux pays du G5) de donner à (leur force) les ressources dont elle a besoin".

L'ambassadeur de France auprès des Nations Unies François Delattre a insisté sur le caractère unanime du vote au Conseil, estimant que cela démontrait "un soutien politique maximum" à la force du G5 Sahel.

- 'Sécurité à tous' -

"Au moment où le terrorisme frappe partout dans le monde, nous ne pouvons pas laisser le Sahel devenir un nouveau refuge pour les organisations terroristes du monde entier", a-t-il commenté. "Au Sahel, c'est notre sécurité à tous qui est en jeu, pas seulement les pays du G5".

De son côté, l'ambassadeur du Mali Issa Konfourou a plaidé devant le Conseil pour un "soutien plus conséquent" afin d'assurer un fonctionnement efficace de la force.

Les chefs d'état-major de cette force ont approuvé en mars un plan prévoyant des effectifs de 5.000 militaires, policiers et civils, mais ils ont récemment exprimé leur ambition de les porter à 10.000, sans autre précision.

Elle sera basée à Bamako, comme la mission de l'ONU, la Minusma, mais sous un commandement séparé, dirigé par le général Didier Dacko, précédemment chef d'état-major de l'armée malienne. Elle devra aussi se coordonner avec l'opération française Barkhane, dans la bande sahélo-saharienne, une zone aussi vaste que l'Europe.

Le président français Emmanuel Macron doit assister au prochain sommet du G5 Sahel le 2 juillet à Bamako.

Un premier projet de résolution, présenté il y a deux semaines par Paris, proposait que le Conseil de sécurité autorise une telle force, sous mandat de l'ONU, à "utiliser tous les moyens nécessaires" afin de "combattre le terrorisme, le trafic de drogue et le trafic de personnes".

Les Etats-Unis s'y étaient opposés, estimant que le projet de résolution manquait de précision et qu'une simple déclaration du Conseil suffirait. Selon Paris, une résolution était nécessaire, conformément à une demande de l'Union africaine.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda. Ils ont été en grande partie chassés de cette région par une intervention militaire internationale, lancée en janvier 2013 à l'initiative de la France, et qui se poursuit actuellement.

Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes, françaises et de l'ONU, régulièrement visées par des attaques meurtrières, malgré la signature en mai-juin 2015 d'un accord de paix censé isoler définitivement les jihadistes.

Cinq personnes, trois civils et deux militaires, ont péri dans l'attaque jihadiste visant des étrangers près de Bamako dimanche, revendiquée par la principale alliance jihadiste du Sahel, liée à Al-Qaïda.

Depuis 2015, ces attaques se sont étendues au centre et au sud du pays, et le phénomène gagne les pays voisins, en particulier le Burkina Faso et le Niger.

Avec AFP

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