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Le Conseil de l'Europe appelle Moscou à revenir sur l'inéligibilité de Navalny

Le principal opposant au Kremlin, Alexeï Navalny à Moscou, Russie, 7 juillet 2017.

Le principal opposant au Kremlin, Alexeï Navalny, devrait être autorisé à se présenter à la présidentielle de mars prochain, ont plaidé les représentants des 47 gouvernements du Conseil de l'Europe dans une résolution publiée vendredi.

Le Comité des ministres de l'organisation paneuropéenne, réuni cette semaine à Strasbourg, a "invité les autorités" russes à revenir sur "l'interdiction pour M. Navalny de se présenter à une élection".

Cette inéligibilité, proclamée en juin dernier par la commission électorale centrale russe, découle d'une condamnation à cinq ans de prison avec sursis infligée à l'opposant de 41 ans - pour avoir prétendument détourné, en 2009, quelque 400.000 euros au détriment d'une société publique d'exploitation forestière alors qu'il était consultant du gouverneur libéral de la région de Kirov.

Or, en février 2016, la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH, le bras judiciaire du Conseil de l'Europe) avait jugé cette décision "arbitraire", estimant qu'on pouvait "fortement craindre" que les poursuites contre M. Navalny et son co-accusé aient été "de nature politique".

La Cour suprême russe a ensuite annulé en novembre 2016 cette condamnation et renvoyé l'affaire devant un nouveau tribunal. Mais M. Navalny a de nouveau été condamné à la même peine, ce qui a entraîné son inéligibilité.

Le Comité des ministres du Conseil de l'Europe, chargé d'examiner la manière dont les autorités russes ont tenu compte de l'arrêt de la CEDH, a noté dans sa résolution que le deuxième procès de M. Navalny n'avait "pas remédié ou apporté une quelconque réparation aux violations constatées" par la Cour européenne.

De ce fait, l'opposant et son co-accusé "continuent à subir les conséquences de leur condamnation arbitraire et inéquitable", a affirmé le Comité des ministres, qui "invite" Moscou à "prendre des mesures urgentes pour annuler ces conséquences, en particulier l'interdiction pour M. Navalny de se présenter à une élection".

M. Navalny, avocat de formation, dénonce un procès monté de toutes pièces par le Kremlin pour l'éloigner de la scène politique.

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J.K. Rowling met gratuitement en ligne un conte pour les enfants confinés

L'auteure britannique J.K. Rowling, créatrice de la série de livres Harry Potter, lors du lancement du site en ligne Pottermore à Londres, le 23 juin 2011. (Reuters/Suzanne Plunkett)

Joanne Rowling, auteur de la saga à succès Harry Potter, met gratuitement en ligne, sous forme de feuilleton, un roman écrit il y a dix ans, afin de distraire les "enfants confinés".

Jusqu'au vendredi 10 juin, un ou plusieurs des 34 chapitres de "The Ickabog", du nom du personnage fantasmatique au coeur de ce conte, sont révélés chaque jour sur un site internet dédié. Il traite des "thèmes intemporels" que sont "la vérité et l'abus de pouvoir", selon J.K. Rowling.

"Ecrit pour être lu à haute voix, The Ickabog est un conte de fée qui se déroule dans un pays imaginaire et qui n'a rien à voir avec le reste du travail" de J.K. Rowling, est-il indiqué dans un communiqué, qui précise qu'il est destiné aux "enfants de 7 à 9 ans mais peut être apprécié de toute la famille". L'auteure à succès l'avait initialement écrit pour le lire à ses enfants le soir.

"L'idée de The Ickabog m'est venue alors que j'étais encore en train d'écrire Harry Potter, je voulais le publier après "la fin de la série, a confié J.K.Rowling sur son site internet. Mais la Britannique avait finalement décidé de s'éloigner de la littérature pour enfants pendant un moment, laissant le brouillon de The Ickabog prendre la poussière "au grenier pendant une décennie".

Plusieurs traductions seront aussi disponibles sous peu. Dès novembre, le conte sera disponible au format livre imprimé, livre audio ou e-book. Les bénéfices de ces ventes seront entièrement reversés à "des projets d'aide aux groupes particulièrement touchés par la pandémie".

En Grèce, des milliers de réfugiés menacés d'expulsion

Des migrants font la queue pour recevoir des désinfectants devant un hôtel utilisé comme refuge pour réfugiés, après que les autorités ont trouvé plusieurs cas du nouveau coronavirus et mis la zone en quarantaine, à Kranidi, en Grèce, le 21 avril 2020.

"Comment le gouvernement grec peut-il nous jeter à la rue?". Plus de 11.200 réfugiés doivent être expulsés à partir de lundi des logements sociaux qui leur étaient attribués à travers la Grèce, selon le ministère des Migrations.

La nouvelle législation grecque sur l'asile a réduit de six mois à un mois la période pendant laquelle les réfugiés ayant obtenu l'asile peuvent rester dans ces appartements financés par l'UE dans le cadre du programme d’hébergement ESTIA géré par le Haut-Commissariat aux Réfugiés (HCR).

Les premières dizaines de réfugiés avaient quitté leurs logements lundi, selon les autorités, au premier jour d'un processus d'un mois initialement prévu en avril.

Un report avait été accordé "jusqu’à fin mai en raison de l’épidémie de Covid-19", a déclaré le ministre des Migrations, Notis Mitarachi.

"Depuis dix ans, nous nous battons pour survivre. (...) Maintenant alors que notre situation s'est stabilisée, on nous demande de nouveau de tout recommencer à zéro…", dit à l'AFP Abdelkader Rahmoun.

Ce Syrien de 44 ans, sa femme et ses deux enfants doivent quitter fin juin le logement qui leur a été attribué par l'ONG grecque Nostos au Pirée, le port d'Athènes.

"Notre aide financière de 400 euros par mois nous sera aussi coupée. Si nous sommes expulsés, nous risquons de nous retrouver à la rue", dit-il.

L'ancien chauffeur de taxi se rappelle comment à Idlib, en Syrie, sa famille a déjà "changé plusieurs fois de logements pour se mettre à l’abri des bombardements" avant de rejoindre la Grèce via la Turquie.

Dans ce quartier populaire du Pirée, l'immeuble rose où vit la famille d'Abdelkader, héberge dix familles de nationalités différentes dont six doivent être évacuées courant juin.

Ses voisins, une famille irakienne de Bagdad, se trouvent dans une grande vulnérabilité avec un père en fauteuil roulant et une fillette de 5 ans handicapée ne pouvant s’alimenter ni boire seule.

"Malgré notre situation difficile, l’ONG nous a avertis que nous devrions quitter notre logement fin juin", soupire la mère de famille Asil Nadawi, qui s’occupe des quatre enfants.

"Avec mon père et ma sœur handicapés, comment le gouvernement grec peut nous jeter à la rue ? C’est cruel!", s’insurge le fils aîné, Mustafa.

- "Il faut laisser la place" -

Le gouvernement grec juge cependant cette politique nécessaire pour que les hébergements bénéficient aux plus de 32.500 demandeurs d’asile qui vivent dans des conditions sordides dans les camps des îles surpeuplés du nord de la mer Egée.

"Il est normal que ceux qui sont en Grèce depuis plus longtemps puissent laisser leur place. Il faut mettre une limite et que les réfugiés s'intègrent et trouvent un travail", a déclaré à l'AFP Manos Logothetis, secrétaire du service d'asile grec.

"Nous ferons le nécessaire pour assurer une transition douce pour ceux qui quittent leurs logements", a déclaré lundi le porte-parole du gouvernement Stelios Petsas, pendant qu'une centaine de manifestants scandaient à Athènes "Non aux expulsions".

Pour le porte-parole du HCR en Grèce, Boris Cheshirkov, la décision gouvernementale est préoccupante. "Les réfugiés vont devoir quitter cette forme d’assistance sans accès efficace aux services sociaux grecs. En théorie, ils ont droit à des aides mais en réalité pour ceux qui ne parlent pas la langue, naviguer dans la bureaucratie grecque peut être extrêmement difficile".

Le gouvernement grec soutient que les réfugiés peuvent postuler au programme Helios, mis en place par l'OIM (Organisation internationale pour les migrations) qui leur permet de suivre des cours de grec et de bénéficier d'une allocation pour leur logement.

Mais ce programme est peu adapté, note Eva Giannakaki, de l’ONG Solidarity Now. "Les réfugiés sont censés trouver eux-mêmes un logement, or ils font face à des attitudes xénophobes des propriétaires, à des démarches administratives peu compréhensibles et au manque d'offre d'appartements bon marché".

Désespéré, Abdelkader a participé fin mai à plusieurs manifestations de réfugiés: "Il n’y a pas d’intégration en Grèce, même le gouvernement considère que nous ne sommes que de passage (...) la meilleure solution serait sans doute que d’autres pays européens nous ouvrent leurs portes".

Une manifestation en soutien à George Floyd dégénère à Montréal

Une vue de Montréal, 15 juin 2017 (Reuters)

Des milliers de personnes ont défilé dimanche à Montréal pour dénoncer le racisme et les violences policières lors d'une manifestation qui a dégénéré en affrontements et en pillages au centre-ville dans la soirée.

Pendant environ trois heures, quelque 10.000 personnes avaient sillonné le centre-ville dans le calme en fin d'après-midi. Ils défilaient en "solidarité" avec les manifestations aux Etats-Unis à la suite de la mort de George Floyd, un Afro-américain de 46 ans qui a succombé lors d'une interpellation aux mains d'un policier.

Peu après l'ordre de dispersion en début de soirée, des violences ont éclaté en centre-ville lorsqu'un groupe de manifestants a lancé des projectiles contre les forces de l'ordre. La police a répliqué par des tirs de gaz lacrymogènes.

Plusieurs vitrines de commerces ont été saccagées par des casseurs, dont l'un a été filmé par les télévisions en train de s'enfuir avec une guitare électrique volée dans un magasin de musique.

Les commerces ayant pignon sur rue n'ont été autorisés à rouvrir qu'en début de semaine dernière à Montréal, alors que la métropole québécoise est l'épicentre de l'épidémie de coronavirus au Canada.

La plupart des manifestants montréalais portaient un masque mais lors du défilé dans les rues de la ville ou le rassemblement sur la grande Place du Canada, peu respectaient la distance physique de deux mètres préconisée par les autorités.

De très nombreuses pancartes, souvent en anglais, proclamaient "Black lives matter" ("les vies noires comptent"), "No justice no peace" ("pas de justice, pas de paix") ou "I can't breathe" ("je ne peux pas respirer"), référence aux derniers mots prononcés par George Floyd alors qu'il était plaqué au sol par un policier.

"Je suis venue en solidarité avec les manifestants aux Etats-Unis", a témoigné Danielle, une étudiante de 28 ans originaire des Etats-Unis. "Il faut que justice soit faite. Quand un homme dit I can't breathe, il faut l'écouter".

La police de Montréal a, dans un tweet, dénoncé les circonstances de la mort de George Floyd, qui "vont à l'encontre des valeurs de notre organisation". "Nous respectons les droits et le besoin de chacun de dénoncer haut et fort cette violence et serons à vos côtés pour assurer votre sécurité", a indiqué la police

Une autre manifestation contre le racisme a également rassemblé plusieurs milliers de personnes dimanche à Vancouver, et la veille, plusieurs milliers de personnes avaient manifesté dans le calme contre le racisme et les violences policières à Toronto.

Le policier impliqué dans la mort de George Floyd inculpé, couvre-feu à Minneapolis

Des agents de police se tiennent à l'extérieur du domicile en Floride de l'ancien officier de police de Minneapolis, Derek Chauvin, accusé du meurtre de George Floyd  en Floride. (REUTERS / Scott Audette)

Le policier mis en cause dans la mort de George Floyd, un Afro-Américain de 46 ans, lors d'une interpellation létale en début de semaine à Minneapolis a été arrêté et inculpé d'homicide involontaire ont annoncé vendredi les autorités locales. Un couvre-feu a été décrété vendredi à Minneapolis.

"L'ancien officier de police de Minneapolis Derek Chauvin a été inculpé par le bureau du procureur du comté de Hennepin de meurtre (au 3ème degré) et d'homicide involontaire", a annoncé vendredi le procureur Mike Freeman du comté de Hennepin, où se trouve la ville de Minneapolis.

La famille de cet homme de 46 ans, à qui le président Donald Trump a annoncé avoir parlé, a salué l'arrestation du policier comme un premier pas sur "la voie de la justice", mais l'a jugée "tardive" et insuffisante.

"Nous voulons une inculpation pour homicide volontaire avec préméditation. Et nous voulons voir les autres agents (impliqués) arrêtés", a-t-elle affirmé dans un communiqué.

Quelques instants plus tôt, les autorités locales avaient annoncé l'arrestation de M. Chauvin, qui avait été démis de ses fonctions.

Pour l'instant, seul le policier Derek Chauvin "a été placé en détention", a déclaré le commissaire John Harrington, du département de la Sécurité civile du Minnesota.

Une vidéo devenue virale montre ce policier blanc plaquer au sol George Floyd et maintenir son genou sur son cou pendant de longues minutes, alors que M. Floyd disait ne plus pouvoir respirer.

Depuis la diffusion de cette vidéo des manifestations tournant à l'émeute ont éclaté à Minneapolis, notamment aux abords du commissariat où travaillaient les quatre policiers impliqués dans cette affaire, et dans d'autres villes de la région.

Des enquêtes fédérales et locales ont été ouvertes pour établir leurs responsabilités.

Ce drame rappelle la mort d'Eric Garner, un homme noir décédé en 2014 à New York après avoir été asphyxié lors de son arrestation par des policiers blancs.

Lui aussi avait dit "Je ne peux pas respirer", une phrase devenue un cri de ralliement du mouvement Black Lives Matter ("La vie des Noirs compte").

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