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Le chef de la diplomatie française à Banjul pour soutenir la démocratie gambienne

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian à Yamoussoukro, le 18 octobre 2018.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a effectué une visite éclair lundi à Banjul pour "marquer le soutien de la France à la consolidation de la démocratie" en Gambie, près de deux ans après le départ en exil de son ancien homme fort, Yahya Jammeh.

Lors de sa visite de quelques heures, le chef de la diplomatie française s'est entretenu avec le président Adama Barrow, qui a succédé en janvier 2017 à M. Jammeh, resté 22 ans au pouvoir.


Le soutien de Paris à ce petit pays anglophone d'Afrique de l'Ouest enclavé dans le Sénégal, à l'exception d'une étroite façade côtière prisée des touristes, se traduit par un "engagement sans précédent de 50 millions d'euros sur quatre ans, qui fera de la France le premier bailleur bilatéral" dans le cadre de son plan national de développement, selon un communiqué du Quai d'Orsay.

La France s'est notamment engagée dans le financement de projets dans l'agriculture et l'accès à l'eau potable.

Signe de la volonté de Paris de renforcer sa présence en Gambie, où s'est par ailleurs rendu la semaine dernière le prince Charles, héritier du trône britannique, M. Le Drian a inauguré une nouvelle antenne diplomatique française à Banjul.

"Pour que la Gambie prenne en charge sa propre sécurité, elle doit suivre la voie de la réconciliation nationale, ce qu'elle est en train de faire", a déclaré M. Le Drian.

Le ministre français devait ensuite se rendre au Sénégal pour participer mardi au 5e Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique et s'entretenir avec le président Macky Sall.

Au Sénégal, M. Le Drian devrait notamment évoquer des grands projets, comme le train express régional (TER), dont l'inauguration du premier tronçon est prévue début 2019, ainsi que les questions d'éducation, de cyber-sécurité et de changement climatique.

Avec AFP

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Pour de nombreux jeunes sénégalais, c'est "Barcelone ou la mort"

Des bateaux de pêche se tiennent dans les eaux de Ndiebene-Gandiol près de la ville de Saint-Louis au nord du Sénégal, le 8 août 2018.

Au Sénégal, la marine nationale a interpellé une pirogue avec une centaine de personnes en partance pour l’Espagne pendant que les gardes côtes espagnoles venaient au secours d’une deuxième pirogue qui a pris feu en pleine mer, faisant officiellement plus d’une dizaine de morts.

Difficile d’en finir avec l’émigration clandestine avec des jeunes plus que jamais déterminés à braver la mer malgré les multiples opérations des forces de sécurité.

Le phénomène "Barça wala Barsakh" (Barcelone ou la mort) est à nouveau très prisé par des jeunes en manque d’opportunités d’emploi et qui subissent de plein fouet la pression sociale.

"L'État du Sénégal a une très grande responsabilité mais les familles aussi", selon Youssou Mbengue, président des Sénégalais de retour de la Libye.

Ancien émigré lui-même rentré de la Libye, Youssou Mbengue explique que bon nombre des candidats sont poussés par leurs familles. Malgré tout, estime-t-il, il revient aux jeunes eux-mêmes de prendre conscience des périls de cette aventure en mer.

Pour le sociologue Mory Fall, les jeunes sont victimes du manque d’emplois en plus de cette pression sociale qui est à la base de l’émigration clandestine. Les jeunes préfèrent braver la mort pour éviter d’être la risée de la société.

"Ça c’est une forme de cri du désespoir de la jeunesse africaine", analyse le sociologue.

De son point de vue, c’est une forme de pression qui ne dit pas son nom car même si "toute la famille est polie de sorte qu’on te dit absolument rien, il y a une forme de pression morale qui fait que tu as envie de sortir, d’aller chercher quelque chose pour revenir avec à la maison".

Cheikh Ahmadou Bamba Fall consulte les dernières données sur les migrations irrégulières, au Sénégal, le 28 octobre 2020.
Cheikh Ahmadou Bamba Fall consulte les dernières données sur les migrations irrégulières, au Sénégal, le 28 octobre 2020.

Pour offrir des alternatives aux jeunes, plusieurs associations sont sur le terrain pour essayer de contrecarrer ce phénomène. Le Village du migrant est une de ces entités. Son travail ne se limite pas à la sensibilisation, comme l’indique son président, Cheikh Ahmadou Bamba Fall.

"Notre spécialité est de former d’abord les jeunes parce qu’on peut pas dire travail ou emploi sans formation. Former les jeunes gratuitement, leur donner des diplômes et de trouver des partenariats avec des entreprises ou d’autres structures pour insérer les jeunes", détaille le volontaire.

Il précise que l’association forme actuellement une cinquantaine de jeunes à Keur Massar, dans la grande banlieue de Dakar. Au départ, explique-t-il, ils suivent une formation gratuite en informatique, en bureautique et en maintenance. "Après ce lot qu’on forme actuellement on va démarrer une autre formation sur l’aspect mécanique, soudure et tôlerie", souligne-t-il.

Sur le terrain, le phénomène de l’émigration clandestine a repris de plus belle avec des départs fréquents de centaines de migrants depuis les côtes sénégalaises.

Le Sénégal s'inquiète de la "recrudescence" des tentatives d'émigration clandestine
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