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Le chef d'un parti marocain présente "ses excuses" à la Mauritanie


Drapeau du Maroc

Le secrétaire général de l'Istiqlal, parti politique le plus ancien du Maroc, a présenté ses excuses à la Mauritanie pour le "malentendu" provoqué par ses déclarations sur ce pays qui ont suscité l'embarras diplomatique à Rabat et un début de crise avec Nouakchott.

Hamid Chabat a présenté ses excuses "au président, au gouvernement et au peuple mauritanien", dans un édito paru jeudi en une du journal Al Alam, l'un des organes de presse du parti.

L'Istiqlal, ou "Parti de l'indépendance" en français, est une formation politique historique au Maroc, héros de la lutte pour l'indépendance contre le colonisateur français. Ce parti nationaliste, conservateur, a longtemps dominé la vie politique marocaine, avant d'entamer depuis 2011 un lent déclin, pour arriver en troisième position aux législatives d'octobre 2016.

Le 24 décembre, M. Chabat avait déclaré au cours d'un meeting que la Mauritanie "était une terre marocaine", ressuscitant l'idée du "grand Maroc", élaborée par l'Istiqlal et longtemps défendue par ce parti. Selon cette thèse, le Maroc s'étendait avant l'indépendance en 1956 jusqu'au fleuve Sénégal, Tombouctou et une partie de l'ouest algérien.

Les déclarations de M. Chabat s'inscrivaient dans "un contexte historique passé et révolu", a tenté de justifier jeudi le texte. "Ses propos ont été sortis de leur contexte", a expliqué à l'AFP le porte-parole de l'Istiqlal, Adil Benhamza.

Devant la levée de boucliers à Nouakchott, le ministère marocain des Affaires étrangères avait condamné les "déclarations irresponsables et dangereuses" de M. Chabat, tandis que le roi s'est entretenu par téléphone avec le président Mohammed Ould Abdelaziz pour "dissiper tout malentendu".

Cet incident intervient alors que les relations se sont distendues ces dernières années entre les deux pays, en particulier autour de la question du Sahara occidental. Le Maroc tente par ailleurs d'obtenir sa réintégration au sein de l'Union africaine (UA).

L'affaire pourrait avoir également d'importantes conséquences dans la vie politique intérieure marocaine. L'Istiqlal, et M. Chabat en particulier, est un allié clé du PJD, parti islamiste vainqueur des législatives d'octobre. Son chef, le Premier ministre Abdelilah Benkirane, tente depuis trois mois sans succès de former un gouvernement de coalition. La présence de l'Istiqlal, désormais fragilisé, au sein de cette future coalition est l'un des principaux enjeux et motif de blocage des négociations.

Avec AFP

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