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Le Canada offre une prime aux retraités, touchés à plus de 80% par la Covid-19

Le premier canadien Justin Trudeau lors d'une conférence de presse ministérielle à la Colline du Parlement à Ottawa, Ontario, le 1er mai 2020.

Le gouvernement de Justin Trudeau a annoncé l'octroi d'une prime allant jusqu'à 500 dollars aux sept millions de retraités canadiens, particulièrement touchés par l'épidémie de coronavirus.

Le Canada a franchi la barre des 5.000 morts de la Covid-19, et plus de 80% de ces décès sont enregistrés dans les maisons de retraite du pays, selon les chiffres officiels.

"Les dernières semaines ont été particulièrement difficiles pour nos aînés et leur famille", a souligné le Premier ministre canadien lors de son point de presse quotidien mardi.

"Ils passent beaucoup de temps seuls, séparés de leur famille", sans possibilité d'utiliser les transports en commun et souvent obligés de se faire livrer leurs courses", a-t-il dit. "C'est dur autant sur le moral que sur les finances".

Tous les retraités toucheront un versement unique de 300 dollars, auxquels s'ajouteront 200 dollars pour les plus démunis.

"D'un bout à l'autre du pays, ce sont les centres de soins de longue durée et les résidences pour personnes âgées qui ont été les plus touchés par la pandémie, exposant les failles d'un système qui doit être renforcé", a reconnu M. Trudeau.

Au Québec, province la plus touchée par la pandémie, comme en Ontario, plusieurs centaines de militaires et docteurs ont été appelés en renfort dans certaines maisons de retraites.

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Dans l'Altiplano andin, sur la route des migrants vénézuéliens

Les migrants utilisent une corde pour traverser le fleuve Tachira, la frontière naturelle entre la Colombie et le Venezuela, car la frontière officielle reste fermée en raison de la pandémie COVID-19 à Cucuta, Colombie, 19 novembre 2020.

Le soleil frappe sans retenue sur l'Altiplano andin. Assise au bord de la route, le souffle court à 3.700 mètres d'altitude, Anyier tente de reprendre des forces : il y a sept heures, elle a franchi à pied la frontière entre la Bolivie et le Chili, la cinquième depuis son départ du Venezuela, à plus de 5.000 km de là.

"Cela aura été la frontière la plus difficile à franchir, horrible", glisse la quadragénaire, ancienne employée de Sidetur, la compagnie publique vénézuélienne de sidérurgie. Elle voyage avec Danyerly, sa fille de 14 ans, et son compagnon Reinaldo, coiffeur de 26 ans.

Ce jeudi 18 février sur la route de cet extrême nord désertique du Chili, à plusieurs kilomètres du poste-frontière de Colchane qu'ils ont franchi à l'aube clandestinement par un froid glacial, on peut les voir marcher comme d'autres migrants épuisés qui avancent par petits groupes, en famille ou en solitaire.

Le visage brûlé par le soleil, les lèvres fendues par la sécheresse de l'air, tous demandent de l'eau. Cela fait des jours, des semaines, parfois des mois qu'ils avancent, à pied, en bus, en taxi ou sur le toit de camions. Derrière eux déjà, la Colombie, l'Equateur, le Pérou ou la Bolivie.

C'est sur cette route, en plein milieu d'un plateau aride, qu'une équipe de l'AFP a rencontré Anyer et sa famille qu'elle suivra plusieurs jours dans cette odyssée, parmi d'autres migrants dont aucun ne voudra donner son nom de famille.

Il y a un mois, Anyer, Danyerly et Reinaldo ont quitté Guatire, une banlieue de Caracas, avec 350 dollars en poche et un simple sac à dos. Comme plus de cinq millions de Vénézuéliens, selon l'ONU, qui ont fui leur pays depuis 2015 en raison de la grave crise politique et économique qui secoue le pays. La plupart ont trouvé refuge en Amérique latine, dont 500.000 environ au Chili.

Depuis fin 2020, pour contourner les frontières militarisées du Pérou fermées en raison de la pandémie de Covid-19, de plus en plus de migrants empruntent à pied cette route particulièrement difficile de la Cordillère des Andes.

"Ce phénomène migratoire et cette crise humanitaire sont sans précédent dans la région", explique à l'AFP Javier Garcia, le maire de Colchane, localité de 1.700 habitants, plantée dans cette zone parmi les plus pauvres du Chili où les rares villages n'ont pas même l'électricité.

Après 25 km de marche, Anyier et sa famille font une pause. Sur la route, surtout fréquentée par des camions, aucun véhicule ne propose de les aider.

"Un taxi s'est arrêté et nous a demandé si nous avions des papiers. Quand on lui a dit que nous étions vénézuéliens, il s'est moqué de nous et a redémarré", lâche Anyier, au bord des larmes. Le matin déjà, près de la frontière, après avoir tenté de monter dans une camionnette, "ils nous ont dit qu'ils ne voulaient pas aider les Vénézuéliens", raconte Reinaldo.

- En dessous de zéro -

Un jeune homme s'est arrêté sur la route. Il a glissé des couvertures par-dessus ses vêtements trop légers et enfilé des chaussettes dans ses tongs. Alexander, 26 ans, dit en balbutiant être originaire de Carupano, une ville de la côte caribéenne, à 500 km à l'est de Caracas.

Il pleure de ne plus sentir ses mains. "Il ne supporte pas le froid", explique un de ses amis avant de l'entourer de ses bras pour lui communiquer un peu de chaleur. "Allez, mon gars, on y va !", l'encourage-t-il.

Pendant la journée le soleil est implacable mais la nuit "le thermomètre descend en dessous de zéro", explique le maire de Colchane. "Nous avons vu des gens arrivant à l'aube par - 8 ou -10 degrés, pleurant de faim, parfois sans argent."

Officiellement, trois migrants, dont un bébé, sont décédés, "morts d'hypothermie", indique sous anonymat un militaire à Colchane.

Ici, la nature est hostile et l'accueil méfiant.

C'est le choc culturel entre ces migrants et les Indiens aymaras, les habitants des plateaux andins au caractère réservé qui voient d'un mauvais oeil les comportements audacieux, parfois bruyants, de certains marcheurs, rapporte le maire. Des vols commis par quelques-uns ont terni l'image du plus grand nombre.

A Quebe, un village d'éleveurs d'alpagas, un panneau donne le ton : "Attention, interdiction d'entrer, trois pitbulls en liberté".

"Des migrants ont menacé de me tuer, de me manger parce que je les ai fait sortir de la maison de mon petit-fils", accuse Maximiliana Amaro, 82 ans, qui vit de l'élevage et de la culture du quinoa. Elle se plaint de ces clandestins qui entrent dans le village et demandent à manger avec arrogance. "A Colchane, on leur donne tout, de la nourriture. A nous, rien", grommelle-t-elle.

Un peu plus loin, dans le village de Chusmiza, l'épicière Ana Moscoso avoue: "Nous avons un peu peur car certains entrent dans les maisons sans demander la permission."

- Expulsion -

La faim, le froid, la méfiance des populations locales, les assauts des profiteurs en tous genres: les tourments des migrants se répètent d'un continent à l'autre, de la vague migratoire de 2015 en Europe à cet exode de Vénézuéliens, pire crise humanitaire en Amérique latine des dernières années.

Pour avancer plus vite, certains migrants se hissent à l'arrière des pick-ups des compagnies minières. D'autres paient jusqu'à 100 dollars par personne pour être déposés à Iquique, la grande ville côtière. Bien souvent, on les fait descendre bien avant, à Huara.

Sans notion des distances, beaucoup pensent n'être pas loin de la capitale chilienne Santiago, pourtant à 2.000 km de là. "Beaucoup ont des téléphones portables. Pourquoi ne regardent-ils pas où ils vont pour ne pas être escroqués par des gens mal intentionnés", se demande l'épicière de Chusmiza.

A Huara, bourgade de 3.000 habitants, des migrants dorment dans les rues. La population et les autorités, surpris par le phénomène, ne savent pas vraiment comment réagir.

A 75 km de là, dans le port de Iquique (200.000 habitants), plusieurs milliers sont arrivés depuis fin 2020. Parmi eux, environ 8.000 sont entrés par la frontière de Colchane, selon les autorités. Certains ont réussi a prendre des bus pour le sud du Chili mais d'autres se retrouvent bloqués là.

"Nous n'avons nulle part où aller et pas d'argent. (...) Certains ont des petits boulots, vendent des sucreries ou mendient", raconte à l'AFP Anabella, une mère de famille de 26 ans, installée sur la Plaza Brasil, dans le centre de la ville.

Là, une centaine de familles campent depuis des semaines, qui malgré les conditions dansent, cuisinent en plein air et écoutent du reggaeton et de la salsa à plein volume, loin des habitudes locales.

Dans un geste inédit et très médiatisé, perçu comme un avertissement, le gouvernement chilien a expulsé début février par avion militaire depuis Iquique quelque 80 Vénézuéliens et Colombiens entrés illégalement ainsi que plusieurs dizaines de Péruviens et Boliviens rapatriés en bus.

- "A bout" -

Anyier et sa famille sont finalement arrivés à Iquique à 235 km de la frontière. L'AFP les retrouve cinq jours plus tard au terminal de bus de la ville, où des dizaines de migrants végètent faute de ressources pour aller plus loin ou de papiers pour s'installer.

"Je suis à bout", confie, harassée, la Vénézuélienne.

Ceux qui réussissent à quitter le port le font souvent grâce à de l'argent envoyé par des amis ou des parents déjà installés au Chili, avec lequel ils peuvent acheter un billet de bus et se payer un test PCR, indispensable pour voyager à travers le pays en ces temps de pandémie.

Mardi 23 février, Anyier arrive finalement à Santiago, où sa soeur installée au Chili depuis trois ans l'attend. "Grâce à Dieu ! J'espère que ça va aller maintenant", dit Anyer en lui tombant dans les bras.

Vaccins pour tous en vue aux Etats-Unis, décès records au Brésil

Des flacons vides de vaccin Sinopharm de Chine sont placés dans un gobelet lors d'une campagne de vaccination prioritaire COVID-19 des travailleurs de la santé dans un hôpital public de Lima, au Pérou, le mercredi 10 février 2021.

Les Etats-Unis auront suffisamment de vaccins anti-Covid-19 pour tous les adultes du pays dès "fin mai", a promis le président Joe Biden, tandis que le Brésil a enregistré un nombre record de décès et voit ses contaminations flamber, notamment suite aux célébrations du Carnaval.

"Nous sommes partis pour avoir suffisamment de vaccins disponibles pour tous les adultes en Amérique d'ici la fin du mois de mai", a déclaré M. Biden, qui avait évoqué il y a trois semaines une échéance à fin juillet.

Il a salué un "progrès important", mais cela ne signifie pas que tous les adultes américains seront vaccinés à cette date.

"Nous avons besoin de gens qui fassent les injections dans les bras des gens, dans des millions de bras américains", a-t-il ajouté.

Cette bonne nouvelle a coïncidé avec l'annonce, par le gouverneur républicain du Texas Greg Abbott, de la fin du port du masque obligatoire et de la réouverture des commerces à partir du 10 mars. "Il est maintenant temps d'ouvrir le Texas à 100%", a-t-il lancé lors d'une visite dans un restaurant.

Les Etats-Unis, pays le plus endeuillé par la pandémie avec plus de 516.000 morts, ont déjà administré 78 millions de doses à 15% de leur population.

M. Biden a fait son annonce lors d'une brève allocution durant laquelle il a confirmé un accord entre les géants pharmaceutiques Merck et Johnson & Johnson pour augmenter la production du vaccin de ce dernier.

"C'est le genre de collaboration entre entreprises que nous avons vu durant la Seconde Guerre mondiale", a-t-il souligné, précisant que les centres de production des vaccins de Johnson & Johson opéreraient désormais "24 heures sur 24 et sept jours sur sept".

Le vaccin de Johnson & Johnson a obtenu une autorisation d'utilisation en urgence dans le pays en fin de semaine dernière, pour les adultes à partir de 18 ans. Il présente deux avantages conséquents en matière logistique: il ne s'administre qu'en une seule dose et peut être stocké à des températures de réfrigérateur.

Rebond au Brésil

Un tel vent d'optimisme n'est pas de mise au Brésil, où l'épidémie a fait un nombre record de 1.641 morts au cours des dernières 24 heures, et où les contaminations connaissent une nouvelle phase d'accélération.

Au cours des sept derniers jours, la moyenne des décès quotidiens s'est élevée à 1.262. Jusqu'à février, cette moyenne n'avait jamais dépassé la barre de 1.100 morts quotidiens.

Selon les experts, le rebond actuel de l'épidémie est lié aux festivités de la fin de l'année 2020 et aux célébrations du Carnaval, même si de nombreux Etats avaient interdit les rassemblements.

Parallèlement, la campagne de vaccination lancée mi-janvier a due être interrompue dans plusieurs régions par manque de doses.

"Si nous ne collaborons pas avec les autorités et que les autorités ne collaborent pas avec nous, nous ne parviendrons pas à contrôler la maladie", a estimé la pneumologue et scientifique Margareth Dalcolmo, de la Fondation Fiocruz, liée au ministère de la Santé.

Toujours au Brésil, la légende du football brésilien et mondial Pelé, âgée de 80 ans, a été vaccinée. "Aujourd'hui a été un jour inoubliable. J'ai été vacciné !", a-t-il écrit sur Instagram.

"Un grand jour"

Le continent africain poursuit également ses efforts de vaccination, financés par le dispositif Covax créé par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) au bénéfice des pays les plus démunis.

Nigeria, Kenya, Angola et République démocratique du Congo (RDC) ont à leur tour reçu mardi en Afrique leurs premières doses de vaccins contre le Covid-19

Le Ghana avait été, le 24 février, le premier pays à recevoir des vaccins financés par le dispositif Covax, suivi par la Côte d'Ivoire deux jours plus tard. Environ 30.000 doses gratuites de vaccins financés par Covax étaient aussi attendues mardi soir en Gambie.

"C'est un grand jour pour le Nigeria", a estimé mardi le directeur de l'agence nationale en charge des programmes d'immunisation, le Dr Faisal Shuaib. "Il restera un travail énorme pour protéger la population du Covid-19", a-t-il ajouté.

Le Pakistan, le Nigeria, l'Indonésie et le Bangladesh recevront chacun plus de 10 millions de doses de vaccins contre le Covid gratuits d'ici à juin, selon les derniers chiffres mis à jour du système Covax, publiés mardi.

Erreurs et tragédies

L'Agence européenne des médicaments a par ailleurs annoncé qu'elle se réunirait le 11 mars pour déterminer si elle autorise le déploiement du vaccin Johnson & Johnson au sein de l'Union européenne.

Au Portugal, le confinement sanitaire imposé depuis la mi-janvier doit rester de rigueur sous peine de rechute, a prévenu mardi le Premier ministre Antonio Costa.

"L'idée selon laquelle les tragédies ne se répètent pas est fausse. Les tragédies se répètent quand les êtres humains reproduisent les erreurs qui ont provoqué ces tragédies", a-t-il déclaré.

La France a de son côté élargi l'éligibilité à la vaccination à 2,5 millions de personnes supplémentaires mais a dû reconnaître que le vaccin AstraZeneca ne fait pas recette: seules 25% des doses reçues ont été utilisées, selon le ministère de la Santé.

En Australie, le gouvernement a annoncé l'extension d'au moins trois mois de la fermeture de ses frontières internationales, déjà en vigueur depuis un an.

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