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Le Cameroun anglophone en guerre civile selon l'opposition


Vue sur la capitale anglophone, Bamenda, le 16 juin 2017.

Le Social democratic front (SDF), principal parti d'opposition au Cameroun, a estimé samedi que la grave crise socio-économique qui secoue les deux régions anglophones du pays a "dégénéré en guerre civile ouverte".

"L'escalade" de la violence dans les régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest du Cameroun "a dégénéré en guerre civile ouverte", a écrit le parti, qui accuse le "régime de Yaoundé" d'être "responsable" de cette situation.

Le SDF estime que Yaoundé est "resté insensible face aux revendications légitimes des populations anglophones" qui s'estiment marginalisés vis-à-vis du reste de la population, francophone.

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Le parti d'opposition, anglophone et dont le candidat pour l'élection présidentielle prévue fin 2018 est Josuah Osih, demande au président camerounais Paul Biya "de mettre immédiatement fin à la guerre qu'il a déclarée et à la spirale de violence dont les populations locales paient le plus lourd tribut", estimant "qu'aucun gouvernement n'a jamais gagné une guerre contre son propre peuple".

Depuis plusieurs mois, militaires et combattants séparatistes anglophones s'affrontent dans les deux régions anglophones.

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Au moins 30 militaires et policiers ont été tués dans ces zones, selon un décompte de l'AFP fait sur la base des déclarations officielles. D'autres sources évoquent un bilan beaucoup plus lourd.

Le bilan de séparatistes et de civils tués reste lui difficile à établir.

Les séparatistes, en lutte pour l'indépendance du Cameroun anglophone, ont demandé aux représentants de Yaoundé ainsi qu'aux forces de sécurité de quitter leur territoire, les qualifiant de "forces d'occupation".

Des ONG et les séparatistes ont plusieurs fois accusé l'armée d'exécutions sommaires et de destructions de maisons dans plusieurs villages anglophones.

Dans son communiqué, le SDF condamne une "manie de punition collective que le gouvernement continue d'infliger aux populations du Sud-Ouest et du Nord-Ouest", tandis que l'armée camerounaise s'est toujours défendue de toute exaction.

Les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest regroupent les habitants anglophones du Cameroun, soit 20% de la population. Elles sont secouées depuis plus d'un an par une profonde crise socio-politique, qui s'est peu à peu muée en un conflit armé de basse intensité.

A mesure que la crise évolue, de nouveaux groupes séparatistes apparaissent, arborant sur les réseaux sociaux armes et drapeau de l'"Ambazonie", du nom de l'Etat qu'ils veulent créer.

Prises entre deux feux, les populations des deux régions anglophones du Cameroun font face à des besoins humanitaires grandissants dans des zones très difficiles d'accès pour les ONG.

Avec AFP

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