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Le calme de Lavrov contre la rage contenue de Kerry au sujet de la Syrie lors du Conseil de sécurité

John Kerry rencontre son homologue russe Sergei Lavrov à Genève, Suisse, le 26 août 2016.

La réunion du Conseil de sécurité de l'ONU sur la tragédie syrienne s'est déroulée dans une ambiance de plomb, et a donné lieu à une passe d'armes glaciale entre les deux principaux protagonistes du dossier, le Russe Lavrov et l'Américain Kerry.

En Syrie, la guerre fait rage, les bombes pleuvent. A New York, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon ouvre la séance du Conseil en évoquant une tragédie "qui jette la honte sur nous, un échec collectif qui devrait hanter tous les membres de ce Conseil". Le ton est donné.

Autour de la table en fer à cheval ont pris place les représentants des principaux pays impliqués directement ou indirectement dans l'"enfer" syrien, selon la formule de Ban. Un conflit qui a fait plus de 300.000 morts en cinq ans et demi.

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov est le premier des protagonistes à prendre la parole. Calme, froid, il décline les éléments de langage immuables de la Russie, fidèle alliée du régime de Damas: la priorité en Syrie est d'éliminer les terroristes et les jihadistes, la rébellion est responsable des violations du cessez-le-feu, le processus de négociation politique doit s'ouvrir sans "préalable" ou "ultimatums" de la part de l'opposition, qui réclame à cor et à cri le départ du président Bachar al-Assad.

Concentrés, les autres ministres, comme l'Américain John Kerry ou le Français Jean-Marc Ayrault, prennent des notes.

Lavrov en vient à évoquer le bombardement de lundi contre un convoi humanitaire près d'Alep (nord), qui a fait une vingtaine de morts et suscité un tollé dans la communauté internationale. Moscou et le régime de Damas sont accusés d'être les auteurs de ce raid.

Impassible, le ministre russe réclame une enquête "transparente et rigoureuse" sur le bombardement et accuse l'opposition d'être responsable de la reprise des combats.

C'est au tour de Kerry de parler. Il reste silencieux quelques instants, pour accroître l'intensité dramatique, puis réplique, la machoîre serrée, plein de rage contenue.

"J'ai écouté mon collègue de Russie, et j'ai comme le sentiment que nous sommes dans des univers parallèles", jette-t-il.

"Ce n'est pas une blague, c'est une affaire grave", martèle le secrétaire d'Etat américain. Dans un discours d'une vingtaine de minutes, il réplique un par un aux arguments de son collègue russe.

A propos du bombardement: "les faits, rien que les faits. Les témoins, les rapports des organisations internationales" qui ont tous accusé Moscou.

Sur les négociations politiques: "Comment des gens peuvent-ils s'asseoir à la même table qu'un régime qui bombarde des hôpitaux et largue du chlore encore et encore et encore et encore, en toute impunité ?"

"Regardons les choses en face: tout le monde dans cette salle comprend qu'il y a des soutiens (du régime) à cette table - et nous savons qui ils sont- qui ont la possibilité d'influencer les acteurs de ce conflit", lance encore M. Kerry.

La courtoisie du ton, l'ambiance solennelle du Conseil, rend l'échange encore plus glacial.

A la fin du discours du secrétaire d'Etat américain, M. Lavrov se lève et quitte la salle.

Moscou, allié de Damas, engagé militairement dans la guerre, et Washington, soutien de l'opposition, jouent depuis plusieurs mois un ballet ambigu d'adversaires/partenaires sur le conflit syrien.

MM. Kerry et Lavrov, qui se connaissent bien et affichent souvent une forme de complicité, ont discuté des centaines d'heures, et ont conclu par deux fois un accord sur une trêve en Syrie, en février dernier et début septembre.

Les deux trêves ont rapidement volé en éclats, et le ton est singulièrement monté entre les deux pays au cours des derniers jours, chacun s'accusant de porter la responsabilité de l'échec.

"Quand deux éléphants se battent, c'est l'herbe qui souffre", soupire le président sénégalais Macky Sall à la fin de son intervention devant le Conseil.

Avec AFP

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Démission du Premier ministre italien Giuseppe Conte

Le Premier ministre italien Giuseppe Conte lors d'une session au Sénat, la chambre haute du Parlement, sur la propagation du coronavirus, à Rome, Italie, le 26 mars 2020.

Le Premier ministre italien Giuseppe Conte a remis mardi sa démission au chef de l'Etat Sergio Mattarella, espérant avoir la possibilité de former une nouvelle coalition et de reconstituer sa majorité parlementaire.

L'aggravation de la crise politique se déroule sur fond de pandémie qui a tué plus de 85 000 Italiens, soit le deuxième plus grand nombre de décès en Europe après le Royaume-Uni et le sixième plus grand nombre dans le monde.

Au pouvoir depuis 2018, M. Conte, 56 ans, a perdu sa majorité absolue au Sénat la semaine dernière lorsqu'un parti allié, Italia Viva dirigé par l'ancien Premier ministre Matteo Renzi, a claqué la porte à cause d’un conflit sur la gestion de la riposte au coronavirus et sur le ralentissement économique.

Le président Mattarella entamera dès mercredi des consultations avec les chefs de partis, a indiqué son bureau dans une déclaration.

Si M. Mattarella pense que M. Conte peut obtenir le soutien nécessaire pour mettre en place une nouvelle administration, le président lui donnera probablement quelques jours pour essayer de finaliser un accord et d’établir une nouvelle équipe ministérielle.

Jusqu'à présent, les principaux partis de la coalition, le Mouvement 5 étoiles et le Parti démocratique (PD) de centre-gauche, ont soutenu les efforts de M. Conte pour rester au pouvoir.

Des élections anticipées ?

Cependant, si M. Conte ne peut pas trouver de nouveaux alliés, le président Mattarella devra trouver un autre candidat capable de former une coalition viable.

Si cette option échoue, le président devra convoquer des élections deux ans avant la date prévue. Les analystes politiques pensent que c'est le scénario le moins probable.

La crise du coronavirus en Italie a déclenché la pire récession depuis la Seconde Guerre mondiale et le gouvernement s'efforce de mettre au point un plan sur la meilleure façon de dépenser quelque 200 milliards d'euros (240 milliards de dollars) de fonds de l'Union européenne pour aider l'économie à se redresser.

M. Renzi a accusé M. Conte de manquer de vision stratégique, affirmant qu'il risquait de gaspiller la manne sans précédent de l'UE.

Visite d'une délégation israélienne au Soudan

Une combinaison de photos montre un drapeau israélien, à gauche, lors d'un rassemblement à Tel-Aviv, le 19 septembre 2020, et un drapeau soudanais lors d'un rassemblement à l'est de la capitale Khartoum, le 3 juin 2020.

Une importante délégation israélienne s'est rendue lundi à Khartoum pour discuter du processus de normalisation des relations en cours entre l'Etat hébreu et le Soudan, ont annoncé mardi les autorités israéliennes.

Depuis l'annonce en octobre d'un accord entre les deux pays, des responsables israéliens et américains se sont rendus ensemble à Khartoum mais la visite de lundi était la "première" dirigée par un ministre israélien, celui du Renseignement, Eli Cohen, ont fait valoir ses services à Jérusalem.

Les responsables se sont notamment entretenus avec le chef du Conseil souverain de transition soudanais, le général Abdel Fattah al-Burhane, ainsi que le ministre soudanais de la Défense, le général Yassine Ibrahim, selon le gouvernement israélien.

"Cette visite a jeté les bases de nombreuses collaborations importantes, qui aideront à la fois Israël et le Soudan, la stabilité et la sécurité dans la région (...) et déboucheront sur de nouveaux accords avec les pays de la région", a déclaré M. Cohen, qui a invité M. Al-Burhane en Israël.

Les deux pays ont discuté de l'"approfondissement de leur coopération en matière de renseignement" et de la possibilité pour Israël de se joindre au Conseil de la Mer Rouge, entité régionale dont l'Egypte --qui entretient des relations officielles avec Israël-- et l'Arabie saoudite, un candidat potentiel à la normalisation, sont aussi membres, ont précisé les autorités israéliennes.

Après les Emirats arabes unis et Bahreïn, le Soudan est devenu en octobre le troisième pays arabe à annoncer en 2020 un accord de normalisation avec l'Etat hébreu et, ce, en dépit de protestations dans le pays contre ce rapprochement avec un ancien ennemi.

L'accord de normalisation a été signé début janvier. Khartoum a obtenu simultanément une aide financière des Etats-Unis après avoir été retiré de la liste américaine des Etats accusés de financer le terrorisme pour avoir notamment accueilli l'ancien chef d'Al-Qaïda Oussama Ben Laden dans les années 1990.

L'accord doit toutefois être ratifié par le pouvoir législatif avant d'entrer en application. Or le Soudan ne dispose toujours pas d'un Parlement de transition, après la chute en avril 2019 du régime islamiste d'Omar el-Béchir, qui a régné sur le pays pendant trois décennies.

Un Kenyan extradé vers les États-Unis pour trafic présumé de cornes de rhinocéros

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Le président Marcelo Rebelo de Sousa réélu au Portugal

Le président du Portugal, Marcelo Rebelo de Sousa, au Palais de l'Elysée, en France, le 14 juillet 2019.

Sans surprise, les Portugais ont reconduit dimanche leur président, le conservateur modéré Marcelo Rebelo de Sousa, à l'issue d'un scrutin réalisé en pleine tourmente sanitaire et marqué par une importante percée de l'extrême droite.

L'actuel chef de l'Etat, un ancien professeur de droit de 72 ans, devenu célèbre en tant que commentateur politique à la télévision, a obtenu 60,7% des voix, selon des résultats partiels portant sur la quasi-totalité des circonscriptions.

Dans son discours de victoire, il a promis de faire de la lutte contre la pandémie sa "première priorité", en remerciant les électeurs pour leur "confiance renouvelée dans des conditions tellement plus difficiles" que celles d'il y a cinq ans, lors de sa première élection.

Avec 13% des suffrages, l'ex-eurodéputée socialiste Ana Gomes est arrivée en deuxième position, devançant in extremis le candidat d'extrême droite André Ventura, qui a engrangé 11,9% des voix.

Grâce à ce résultat, le fondateur du parti antisystème "Chega" ("ça suffit") confirme l'assise de la droite populiste dans un pays qui a connu une longue dictature fasciste, mais semblait jusqu'ici passer à côté d'une mouvance qui a fait des émules ailleurs dans le monde.

Ce juriste de 38 ans avait d'abord créé la surprise en entrant au Parlement lors des élections législatives de fin 2019, avec un score de 1,3%, soit près de 70.000 voix.

"Progression de l'ultra-droite"

"Pour la première fois, un parti ouvertement antisytème a rompu le champ de la droite traditionnelle, avec près d'un demi-million de voix", s'est félicité dimanche cet allié de la Française Marine Le Pen et de l'Italien Matteo Salvini.

Il n'a toutefois pas atteint l'objectif qu'il s'était fixé de battre la socialiste Ana Gomes, qui a fait campagne sans le soutien de son parti, ni du Premier ministre Antonio Costa qui le dirige, en promettant de faire barrage à M. Ventura.

"Si je n'avais pas été candidate, nous aurions encore plus à regretter la progression de l'ultra-droite", a affirmé cette ancienne diplomate et militante anticorruption âgée de 66 ans.

Le taux d'abstention s'est élevé à 60,6%, un record historique pour une élection présidentielle depuis l'avènement de la démocratie, en 1974.

Le président du Portugal Marcelo Rebelo de Sousa (à dr.) et son homologue angolais Joao Lourenco se serrent la main à l'issue d'une conférence de presse commune au palais présidentiel de Belém à Lisbonne, jeudi 22 novembre 2018.
Le président du Portugal Marcelo Rebelo de Sousa (à dr.) et son homologue angolais Joao Lourenco se serrent la main à l'issue d'une conférence de presse commune au palais présidentiel de Belém à Lisbonne, jeudi 22 novembre 2018.

Mais candidats et analystes redoutaient une participation encore plus faible en raison de l'explosion des cas de coronavirus que connaît actuellement le Portugal, dont les dix millions d'habitants sont soumis depuis une dizaine de jours à un deuxième confinement général.

Selon les données collectées par l'AFP, c'est le pays au monde ayant signalé au cours des deux dernières semaines le plus grand nombre de contagions et de décès par Covid-19 en rapport avec sa population, dépassé seulement par l'enclave britannique de Gibraltar.

Files d'attentes

Après les commerces et les restaurants, le gouvernement s'est résolu à fermer les écoles vendredi, tandis qu'un nouveau record de décès quotidiens a encore été battu dimanche, portant le bilan total depuis le début de la pandémie à près de 10.500 morts.

Toute la journée, de nombreux électeurs ont dû faire de longues files d'attente devant les bureaux de vote, en se tenant à distance avant de pouvoir y entrer un par un.

"Même si c'est important de venir voter alors qu'on est en confinement, cela n'a aucun sens de sortir de la maison et de se regrouper avec des milliers de personnes", a regretté Luis Araujo, un électeur qui a voté dans un école de Lisbonne.

En fin de campagne, le président sortant avait demandé aux électeurs de se mobiliser pour éviter un second tour et "épargner aux Portugais le prolongement de l'élection pendant trois semaines cruciales" pour freiner l'épidémie.

Au cours de son premier mandat, Marcelo Rebelo de Sousa a cohabité sans accroc majeur avec le gouvernement socialiste minoritaire d'Antonio Costa.

Au Portugal, le chef de l'Etat n'a aucun pouvoir exécutif mais joue un rôle d'arbitre en cas de crise politique, et il peut dissoudre le Parlement pour convoquer des élections législatives anticipées.

"Les agents de la santé qui refusent de se faire vacciner posent un risque"

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