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Le pape François à Assise pour rappeler qu'il "n'existe pas de Dieu de guerre"

Le pape François embrasse un enfant lors d’une audience spéciale avec les personnes handicapées dans la salle Paul VI au Vatican, 11 juin 2016.

Le pape François a dénoncé une nouvelle fois ceux qui font la guerre au nom de Dieu, en se rendant à Assise prier pour la paix au côté de dignitaires d'autres grandes religions et de victimes de conflits.

"Dieu est un Dieu de paix. Il n'existe pas de Dieu de guerre", a lancé le pontife argentin lors de la messe matinale à sa résidence Sainte-Marthe au Vatican, avant de prendre l'hélicoptère pour la cité médiévale, 30 ans après le premier rendez-vous de ce genre institué par Jean Paul II.

Il a insisté sur les horreurs que traversent les pays plongés dans la violence, "sur ces terre où jour et nuit les bombes tombent et tombent". "Que le Seigneur nous donne la paix du coeur, qu'il nous ôte toute envie d'avidité, de cupidité, de lutte. Non ! La paix ! La paix ! (...) Au-delà des divisions entre religions. Parce que nous sommes tous fils de Dieu".

Le pape a aussi appelé à avoir une pensée pour les personnes que les bombes privent d'aide humanitaire, au lendemain d'un raid meurtrier en Syrie contre un convoi d'aide destiné à Alep. "Pendant que nous prions aujourd'hui, il serait bon que chacun de nous ressente la honte. La honte que des humains, nos frères, soient capables de faire cela. Aujourd'hui est une journée de prière, de pénitence, de larmes pour la paix".

A Assise, le pape a été accueilli par des dignitaires et experts qui participent depuis dimanche à des rencontres dans la cité médiévale.

Après un déjeuner avec dix victimes de guerre, il a prévu de s'entretenir avec l'archevêque de Canterbury, Justin Welby, chef spirituel des anglicans, le patriarche orthodoxe de Constantinople Bartholomée Ier, et des représentants musulman et juif.

Dans l'après-midi, tous les participants seront invités à se retirer pour prier pour la paix, en même temps mais dans des lieux séparés, avant de converger pour une cérémonie commune et la proclamation d'un message de paix.

Une victime de la guerre, le patriarche Bartholomée, un patriarche bouddhiste japonais, un ouléma d'Indonésie et un rabbin d'Israël doivent alors s'exprimer avant le discours du pape.

'Image d'unité'

Sur la place devant la basilique Saint-François, Mohanad Zanboua, son épouse Nour et leur fille Maria, qui ont fui la Syrie fin 2014 posent tout sourire devant une bannière de paix signée par François, "honorés" d'être invités à déjeuner avec le pape. "Nous avons perdu nos vies, nos documents, notre maison", explique Nour dans un murmure.

Dans le contexte de conflits armés où des chrétiens sont victimes en Afrique et au Moyen-Orient et d'attaques terroristes perpétrées par des extrémistes se prévalant de l'islam, ce rendez-vous annuel vise aussi à désolidariser les grandes religions des prédicateurs de haine.

"L'islam, utilisé malgré lui, est le premier qui souffre du terrorisme", juge Abdelfattah Mourou, ancien imam aujourd'hui vice-président du Parlement tunisien.

Il y a 30 ans, la première rencontre interreligieuse de ce type, à l'invitation de Jean Paul II, avait représenté un moment historique pour l'Eglise catholique et le rapprochement de religions souvent séparées par des siècles d'hostilités et de massacres.

Le rendez-vous se répète désormais chaque année dans une ville différente, sous l'égide de la communauté catholique de Sant'Egidio.

Depuis dimanche, environ 500 représentants des différentes traditions religieuses, ainsi que des laïcs, ont pris part à une série de tables rondes thématiques - terrorisme, environnement, migrants, Irak... - suivies par 12.000 participants.

Lors d'une table ronde lundi, le grand rabbin de Milan Alfonso Arbib a salué les progrès du dialogue entre chrétiens et juifs, qui "a permis de sortir de stéréotypes millénaires de mépris, mettant fin à l'idée d'un peuple juif déicide". "Mais le défaut du dialogue est qu'il concerne souvent les élites!", a-t-il prévenu.

Pour Marco Impagliazzo, président de Sant'Egidio, "il faut montrer une image d'unité", seule réponse au terrorisme "qui divise et cherche à déstabiliser par la violence". "Assise se veut une réponse contre le pessimisme", insiste-t-il à l'adresse des critiques doutant de l'efficacité de telles discussions entre personnalités déjà modérées.

Avec AFP

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Bientôt un million de morts liés à la maladie COVID-19 dans le monde

Une femme tient un parapluie lors des funérailles d'un membre de sa famille dans la zone d'inhumation pour les victimes de la COVID-19 au complexe du cimetière de Pondok Ranggon à Jakarta, en Indonésie, le 24 septembre 2020. (Photo: REUTERS/Willy Kurniawa

Le monde approche rapidement le chiffre d'un million de décès dus à la maladie COVID-19, a indiqué lundi l’université Johns Hopkins, qui situe le nombre total de personnes infectées à plus de 33 millions dans le monde.

Les États-Unis comptent plus de sept millions d'infections au coronavirus, suivis par l'Inde avec plus de six millions et le Brésil avec près de cinq millions, selon les données de Hopkins.

En Afrique, l’Afrique du Sud reste le pays le plus touché, avec plus de 670 700 cas confirmés et plus de 16 000 morts. Le Maroc vient en deuxième position, avec plus de 117 680 cas d’infection et plus de 2000 morts. L’Égypte, avec 102 840 cas confirmés et 5883 morts, est le troisième pays le plus touché du continent africain. La semaine dernière, l’Organisation mondiale de la santé avait observé une diminution globale des infections en Afrique.

L'Europe connaît une nouvelle vague d'infections, ce qui a conduit certains pays à imposer à nouveau des restrictions.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson avertit que son pays pourrait connaître une "deuxième vague" de coronavirus. Il a déclaré dimanche que "des mesures rapides et décisives" doivent être prises.

En France, Patrick Bouet, le chef du Conseil national de l'Ordre des médecins, a déclaré au Journal du Dimanche que "si rien ne change, la France sera confrontée à une épidémie généralisée sur l'ensemble de son territoire, pendant plusieurs longs mois d'automne et d'hiver" et le système de santé risque de s'effondrer.

En Espagne, les autorités locales de Madrid et le gouvernement national ne parviennent pas à s’affronter sur l'étendue des mesures nécessaires pour contrôler l'apparition de nouvelles infections dans la région de la capitale.

Rubrique Santé avec Houmfa: rebond de cas de coronavirus partout sauf en Afrique
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Washington fait appel d'une décision de l'OMC sur le bois canadien

Le président Donald Trump rencontre le premier ministre canadien Justin Trudeau dans le bureau ovale de la Maison Blanche, le jeudi 20 juin 2019, à Washington. (Photo AP / Evan Vucci)

Les Etats-Unis ont annoncé lundi qu'ils faisaient appel d'un verdict de l'OMC favorable aux Canadiens portant sur le bois de construction, au coeur d'un contentieux de longue date entre Washington et le Canada.

Mais la cour d'appel de l'Organe de règlement des différends de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), dont la nomination des juges est bloquée par Washington, n'est plus opérationnelle depuis le 11 décembre, faute de magistrats suffisants.

"Comme indiqué dans notre notification à l'ORD concernant la décision américaine de faire appel, nous sommes ouverts à des discussions avec le Canada sur la marche à suivre dans ce différend", a fait savoir lundi la représentation américaine auprès de l'OMC.

Il y a deux ans, le Canada avait déposé plainte auprès de l'OMC pour contester des droits compensateurs imposés par les Etats-Unis sur son bois d'oeuvre résineux. Il s'agissait du 9e litige engagé par Ottawa auprès de cette instance.

Depuis près de 40 ans, les Etats-Unis estiment que les prix du bois de construction canadien sont "injustement sous-évalués" et que ces marchandises sont "subventionnées".

Outre devant l'OMC, de nombreux recours judiciaires ont été effectués au cours du temps devant des juridictions des pays.

En décembre 2017, la commission américaine du commerce international (ITC) avait ainsi conclu que les industriels canadiens exportaient leur bois de construction à des prix de dumping, justifiant les pénalités imposées à la frontière.

Elle notait alors un "préjudice notable" pour les Américains.

Le Canada avait dénoncé une décision sans fondement puis avait demandé en mars 2018 à l'OMC de constituer un panel, dont les conclusions, favorables aux Canadiens, ont été publiées fin août.

Le gouvernement fédéral canadien, comme celui du Québec, s'était "réjoui" de la décision de l'OMC et a appelé les Etats-Unis à en tirer les conséquences. Mais le représentant américain au commerce, Robert Lighthizer, avait alors immédiatement critiqué les conclusions du rapport, estimant qu'il "protégerait les subventions massives du Canada au bois de construction".

L'Azerbaïdjan et l'Arménie au bord de la guerre

Les forces arméniennes détruisent un véhicule militaire azerbaïdjanais sur la ligne de contact de la République autoproclamée du Haut-Karabakh, en Azerbaïdjan. (Photo Armenian Defense Ministry via AP)

L’Arménie et l'Azerbaïdjan étaient au bord de la guerre dimanche, des combats meurtriers ayant éclaté entre les forces azerbaïdjanaises et la région séparatiste du Nagorny Karabakh soutenue par Erevan.

Les belligérants ont fait état de victimes militaires et civiles. Selon la partie arménienne, une femme et un enfant ont été tués.

Un conflit majeur impliquant l'Azerbaïdjan et l'Arménie pourrait entraîner l'intervention des puissances en concurrence dans la région du Caucase, la Russie et la Turquie. Le conflit autour du Nagorny Karabakh, qui a fait sécession de l'Azerbaïdjan avec le soutien arménien, nourrit les tensions régionales depuis 30 ans.

Après l'annonce des premiers combats dimanche matin, le Premier ministre arménien, Nikol Pachinian, a décrété "la mobilisation générale" et l'instauration de "la loi martiale", tout comme les autorités du Karabakh.

"Soutenons fermement notre Etat, notre armée (...) et nous allons vaincre. Longue vie à la glorieuse armée arménienne!", a-t-il écrit sur Facebook.

Le président azerbaïdjanais, Ilham Aliev, a lui aussi promis la victoire.

"L'armée azerbaïdjanaise combat aujourd'hui sur son territoire, défend son intégrité territoriale, porte des coups dévastateurs à l'ennemi. Notre cause est juste et nous allons vaincre", a-t-il dit, dans un discours à la télévision.

Moscou a appelé dès dimanche matin "à un cessez-le-feu immédiat" et à des pourparlers, alors que les deux camps se rejettent la responsabilité des hostilités.

La France, médiatrice du conflit avec la Russie et les Etats-Unis dans le cadre du Groupe de Minsk, a aussi appelé à "cesser immédiatement les hostilités".

Un porte-parole du président turc Recep Tayyip Erdogan, allié traditionnel de Bakou, a lui dénoncé sur Twitter une "attaque de l'Arménie".

Le ministère azerbaïdjanais de la Défense a indiqué pour sa part avoir lancé une "contre-offensive sur toute la ligne de front" du Karabakh, afin de "mettre fin à des activités militaires des forces armées de l'Arménie".

Victimes civiles et militaires

"Des morts et des blessés ont été rapportés parmi les civils et les militaires", a ajouté la présidence azerbaïdjanaise, tandis que le médiateur public du Karabakh a déclaré qu'il y avait "des victimes civiles".

Aucun bilan chiffré n'a été avancé, tandis que le ministère de la Défense du Karabakh a dit avoir infligé "de lourdes pertes" à l'adversaire.

L'Azerbaïdjan avait auparavant indiqué qu'un de ses hélicoptères avait été abattu mais que son équipage était sain et sauf. Il affirme avoir détruit 12 batteries anti-aériennes.

"Tôt ce matin, la partie azerbaïdjanaise a lancé des bombardements (...) nous appelons la population à se mettre à l'abri", a pour sa part indiqué le porte-parole de la présidence séparatiste sur sa page Facebook.

Le Nagorny Karabakh est une région sécessionniste d'Azerbaïdjan, peuplée majoritairement d'Arméniens et soutenue par l'Arménie.

30 ans de conflit

Elle a été le théâtre d'une guerre au début des années 1990 qui a fait 30.000 morts, et depuis lors, les autorités azerbaïdjanaises veulent en reprendre le contrôle, par la force si nécessaire. Des pourparlers de paix sont dans l'impasse depuis de longues années.

Des combats opposent régulièrement séparatistes et Azerbaïdjanais, mais aussi Erevan et Bakou.

En 2016, de graves heurts avaient déjà failli dégénérer en guerre au Karabakh, et des combats meurtriers ont aussi opposé en juillet 2020 Arméniens et Azerbaïdjanais à leur frontière nord.

Les deux camps ont l'habitude de se rejeter la responsabilité de ces flambées de violence.

Le président Aliev avait menacé vendredi l'Arménie de représailles, en raison de son "comportement agressif", et accusé Erevan de "faire échouer à dessein les négociations" de paix sur le Karabakh.

Il avait estimé que l'Arménie préparait des "dizaines de milliers d'hommes" pour attaquer l'Azerbaïdjan.

Bakou a profité de ses réserves immenses de pétrole pour dépenser sans compter en matière d'armement. L'Azerbaïdjan peut aussi compter sur le soutien du président turc, qui considère l'Arménie comme une menace pour la stabilité du Caucase.

L'Arménie, bien plus pauvre, est par contre plus proche de la Russie, qui y dispose d'une base militaire. Erevan appartient aussi à une alliance politico-militaire dirigée par Moscou, l'Organisation du traité de sécurité collective.

Le Kremlin, qui se positionne en arbitre régional, livre des armes aux deux pays.

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