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Lancement de la campagne électorale au Nigeria

Les deux candidats, Atiku Abubakar et Mohammadu Buhari, à Lagos au Nigeria le 11 décembre 2014.

Le président du Nigeria, Muhammadu Buhari, et son principal rival, le richissime homme d'affaires Atiku Abubakar, ont dévoilé leur programme donnant lundi le coup d'envoi de la campagne présidentielle, à trois mois du scrutin.

Au Nigeria - première puissance pétrolière du continent africain peuplée de plus de 180 millions d'habitants -, les électeurs sont appelés aux urnes le 16 février.

Reportage de Gilbert Tamba sur la campagne électorale au Nigeria
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Ils devront choisir leur président parmi 78 candidats mais le véritable duel opposera le président sortant, candidat du Congrès des Progressistes (APC) et le chef de file de l'opposition (Parti populaire Démocratique, PDP).

Il y a quelques mois encore, l'ancien général Buhari, 75 ans, était quasiment assuré d'une victoire face à une opposition divisée mais son parti a subi de nombreux revers et des défections en série.

L'ancien vice-président Atiku Abubakar lors de la convention nationale du parti démocratique du peuple (PDP), à Port Harcourt, dans l'État de Rivers, le 6 octobre 2018.
L'ancien vice-président Atiku Abubakar lors de la convention nationale du parti démocratique du peuple (PDP), à Port Harcourt, dans l'État de Rivers, le 6 octobre 2018.

Atiku Abubakar, ancien vice-président (1999-2007), âgé de 71 ans est un homme politique bien connu des Nigérians, et sa réputation d'homme à l'immense richesse a été ternie par des accusations de corruption ou des scandales liés à des conflits d'intérêts, mais aucun de ses détracteurs n'a réussi à le faire comparaître en justice.

En quelques semaines, il a toutefois réussi à rassembler des déçus de la présidence de M. Buhari, dont l'image a souffert du ralentissement de l'économie tout comme de graves problèmes sécuritaires dans le pays.

Les deux candidats s'affrontent sur des axes volontairement différents.

M. Abubakar entend miser sur son succès en tant qu'homme d'affaires et investisseur, pour "remettre le Nigeria au travail", alors que M. Buhari a placé la lutte contre la corruption au coeur de son discours électoral.

Les Nigerians doutent de la candidature de Buhari

Beaucoup de nigérians doutent de la capacité du président sortant de tenir ses nouvelles promesses.

"Nous avons un président actuel qui nous a ramené dans la récession ces trois dernières années", pense Olwoddr Hachim​. "Il a mis notre capitale dans la pauvreté, donc la question maintenant est de savoir si cette personnalité a la capacité de nous faire avancer."

Sur sa page Facebook, le candidat du principal parti d’opposition Atiku Abubakar a lancé sa campagne et promet la création de 3 millions d’emplois chaque année et de sortir quelque 50 millions de Nigérians de la pauvreté.

Mais il y a une question fondamentale qui vient souvent soulevées par les électeurs. "Comment vous allez le faire?", demande Olwoddr Hachim.

"Le gouvernement actuel avait fait les mêmes promesses", rappelle-t-il. "Ils avaient promis de donner 5.000 Naira aux millions de Nigérians, ils avaient aussi promis la création de millions d’emplois, mais pourquoi cela n’a pas marché ?" se demande-t-il.

Plus de 80 millions d’électeurs Nigérians sont appelés aux urnes en février pour élire le président de ce géant de l’Afrique avec 200 millions d’habitants.

Les Nigérians devront choisir un homme qui pourra permettre au Nigeria de garder son rang de première puissance en Afrique mais aussi d’améliorer sa situation sécuritaire, comme le reconnaît Emmanuel Onwobigo, un activiste de droits humains.

La sécurité est aussi un grand problème", souligne-t-il. "Beaucoup de Nigérians sont en train de quitter le pays pour éviter d’être tués ou de se faire enlever".

TV nationale versus Facebook

A la télévision nationale, M. Buhari a affirmé avoir tenu ses promesses en termes de sécurité, d'économie et de lutte contre la corruption depuis son élection en 2015.

"Le Nigeria, plus que jamais, a besoin d'un gouvernement stable, tourné vers le peuple", a-t-il asséné.

"Nous sommes déterminés à approfondir le travail que nous avons entamé" pour "que les ressources du pays continuent à bénéficier à la société", a déclaré M. Buhari, dénonçant la corruption comme une "menace existentielle".

Dès son arrivée au pouvoir en 2015, il s'était engagé à récupérer les "sommes astronomiques" d'argent public volé sous les administrations précédentes.

La semaine dernière, le directeur de l'agence anti-corruption (EFCC), Ibrahim Magu, s'est félicité d'avoir saisi l'équivalent de 2,3 milliards de dollars, ainsi que des "villas, stations essences, bijoux, voitures, terrains..."

Toutefois, ces saisies se déroulent souvent hors de toute procédure judiciaire, les opposants de M. Buhari l'accusant de ne cibler que des opposants politiques.

Dans son programme dévoilé dimanche, le président Buhari souhaite, comme il y a quatre ans, mettre l'accent sur la création d'emplois et la diversification de l’économie pour être moins dépendant du pétrole et renforcer le système d'éducation.

Sur ces points, il y a urgence : environ 60% de la population a moins de 30 ans et le pays devrait devenir le troisième pays le plus peuplé du monde d'ici 2050, derrière l'Inde et la Chine.

De son côté, le candidat du PDP a lancé officiellement son programme dans une video en direct diffusée sur Facebook et Twitter, un "choix stratégique" selon son équipe de communication, pour s'adresser directement aux jeunes électeurs.

Le président Buhari avait fait polémique il y a quelques mois, déclarant que la jeunesse nigériane était "paresseuse". Dans une réponse à peine déguisée, Abubakar estime qu'elle est "la richesse la plus précieuse du pays".

Dans un programme de 63 pages largement diffusé sur les réseaux sociaux, il promet notamment mettre en place des programmes de formation professionnelle, de porter le secteur industriel à 30% du PIB d'ici 2015 (contre 9% actuellement), et assure pouvoir sortir "50 millions de personnes de l'extrême pauvreté d'ici deux ans".

En donnant le coup d'envoi de la campagne, Buhari a exhorté tous les candidats et leurs partisans à "ne pas enflammer le pays à cause de la politique", alors que les élections au Nigeria ont souvent provoqué de nombreuses violences.

Ce week-end, vingt-quatre pays -dont les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, l'Allemagne- se sont dits "gravement préoccupés" par l'achat de voix, l'intimidation à l'encontre des électeurs dans les récentes élections locales, appelant à la tenue "d'élections libres, équitables, transparentes et pacifiques".

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Twitter de retour au Nigeria après 7 mois de suspension

Twitter de retour au Nigeria après 7 mois de suspension
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Twitter de retour au Nigeria après sept mois de suspension

Un homme utilise son téléphone portable pour lire les gros titres de Twitter dans un bureau à Lagos, au Nigeria, le 7 juin 2021.

Twitter est de nouveau opérationnel au Nigeria après une suspension de sept mois dans le pays le plus peuplé d'Afrique, où le réseau social américain était devenu un important outil de contestation sociale.

"Le président Muhammadu Buhari a approuvé la levée de la suspension de Twitter au Nigeria à partir de minuit aujourd'hui", a annoncé mercredi soir le directeur de l'Agence nationale pour le développement des technologies de l'information, Kashifu Inuwa Abdullahi, cité dans un communiqué.

Le ministre nigérian de l’information et de la culture, Lai Mohamed, s'est dit satisfait des conditions imposées et acceptées par Twitter.

"Nos conditions sont claires. Premièrement, pour faire des affaires ici ils doivent être accrédités comme une entreprise nigériane. Deuxième, condition ils doivent se faire enregistrer officiellement. Troisièmement, ils doivent cesser d’autoriser l’utilisation de leur plate-forme pour des activités qui peuvent affecter le bien être du Nigeria", a-t-il déclaré.​

L’un entrepreneur dans le numérique Adamu Garba a confié à VOA Afrique que "le fait qu’ils vont ouvrir leur bureau au Nigeria, recruter un staff local et payer des taxes, cela signifie qu’a chaque fois qu’il y aura un problème concernant de fausses informations twiter ne va pas utiliser sa plate-forme pour publier de telles informations sachant bien qu’ils seront une victime. Donc je pense que c’est une bonne nouvelle".

Les autorités nigérianes affirment qu'après plusieurs mois de négociations, Twitter a finalement accédé à "toutes les conditions fixées par le gouvernement fédéral", notamment en matière de taxation et de gestion des contenus ne respectant pas les lois du Nigeria.

Twitter n'a pas fait de commentaire jeudi sur les conditions ayant permis de lever sa suspension.

Suspension en juin 2021

Abuja avait annoncé début juin 2021 la suspension de Twitter pour "une durée indéterminée" après avoir notamment accusé le réseau social d'avoir une "mission suspecte" contre le gouvernement nigérian, et de tolérer sur sa plateforme les messages du chef d'un groupe séparatiste incitant à la violence dans le sud-est du Nigeria.

La suspension de Twitter était intervenue deux jours après la suppression par le réseau social d'un message du président Muhammadu Buhari. Le chef de l'Etat avait menacé de "traiter avec un langage qu'ils comprennent" les responsables des violences dans le sud-est du Nigeria - attribuées par les autorités à des séparatistes igbos -, ravivant les terribles souvenirs de la guerre du Biafra qui a fait plus d'un million de morts dans les années 1960.

​Cette interdiction avait suscité les réactions de nombreux utilisateurs de Twitter. Le président du groupe des nigérians concernés Deji Adenyenju salue le retour du media social mais condamne la décision du gouvernement fédéral.

"L’interdiction de twitter tout d’abord était un acte anti démocratique. C’était inconstitutionnel et n’avait aucune base parce que la constitution prévoit aux nigérians le droit de s’exprimer librement. Ils ont aussi le droit d’opinion et de recevoir des informations", a-t-il déclaré.

Jeunesse ultraconnectée

L'Union européenne, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et le Canada avaient alors déploré la suspension de Twitter.

Dans le pays le plus peuplé d'Afrique, 75% des 210 millions d'habitants ont moins de 24 ans, selon les Nations unies: une jeunesse très nombreuse, mais aussi ultraconnectée. Environ 20% de la population - soit 40 millions de personnes - dit avoir un compte Twitter.

Ces dernières années, la plateforme avait joué un rôle important dans le débat public, avec des hashtags qui ont eu un grand écho, comme #BringBackOurGirls ("Ramenez nos filles"), devenu viral lors de l'enlèvement de 276 écolières par le groupe jihadiste Boko Haram en 2014, ou #EndSARS, qui a donné en 2020 son nom au vaste mouvement contre les brutalités policières et contre le pouvoir.

Après la suspension de Twitter, les usagers internet nigérians avaient téléchargé en très grand nombre des VPN (réseau privé virtuel), permettant l'accès à Twitter partout dans le monde, et la recherche "VPN App" était devenue la deuxième plus grande recherche dans le pays, malgré les menaces du pouvoir contre tout contrevenant.

Trois morts dans l'effondrement d'une église au Nigeria

Les gens adorent à l'église anglicane de la rédemption, diocèse de Lagos West, Ibafo dans l'État d'Ogun, sud-ouest du Nigeria, le 1er janvier 2021.

Au moins trois personnes sont mortes, dont deux enfants, mardi soir dans l'effondrement d'une église dans la banlieue d'Asaba, ville du sud-est du Nigeria, tandis que 18 autres ont été sorties vivantes des décombres, a indiqué mercredi la police locale.

L'effondrement de bâtiments est une tragédie fréquente au Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique, où des millions de personnes vivent dans des immeubles délabrés et où la législation concernant la construction est régulièrement bafouée.

Cet incident intervient deux mois après l'effondrement d'un immeuble en construction à Lagos qui avait fait au moins 45 morts, et provoqué une indignation nationale.

L'église s'est effondrée mardi soir à Okpanam, dans la banlieue d'Asaba, dans l'État du Delta, a déclaré le porte-parole de la police locale, Bright Edafe.

"Trois personnes sont mortes - deux fillettes et une femme", a-t-il précisé. "Onze des personnes secourues sont toujours soignées à l'hôpital", a-t-il ajouté.

Selon les médias locaux, l'édifice s'est effondré durant l'office du soir.

Depuis 2005, au moins 152 immeubles se sont effondrés à Lagos, selon les données collectées par le chercheur nigérian Olasunkanmi Habeeb Okunola, de l'université sud-africaine de Witwatersrand.

En 2014, l'effondrement d'une église dans la mégalopole, qui avait coûté la vie à plus d'une centaine de personnes, avait particulièrement ému au Nigeria.

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