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Sénégal

La vie reprend à Dakar après les manifestations

Les embouteillages témoignent de la reprise des activités à Dakar, le 10 mars 2021. (VOA/Seydina Aba Gueye)

Après plusieurs jours d’émeutes, la vie a repris son cours normal à Dakar mais certains quartiers portent toujours les stigmates de ces 5 jours de soulèvement populaire. Cependant les citoyens reprennent le travail et les commerçants leurs activités.

Secouée par des vagues de manifestations violentes pendant plusieurs jours, Dakar retrouve le calme et l'activité économique progressivement.

Des commerces comme celui de Samba viennent de rouvrir après une semaine de fermeture. Ce commerçant estime que les émeutes ont causé un énorme manque à gagner.

"Nous sommes restés une semaine sans travailler. Je ne voulais pas m'exposer de même que mes biens. Vous avez vu que beaucoup de magasins ont été pillés", explique-t-il. Malgré la réouverture de sa boutique, les clients ont attendu le lendemain pour venir acheter. "C'est un énorme manque à gagner pour moi. Cependant il m'est très difficile d'évaluer la perte financière", affirme-t-il.

Il n’est pas le seul commerçant touché par les émeutes. Saliou est vendeur d'accessoires de téléphone portable. Pour préserver sa sécurité et celle de son commerce, il avait suspendu toutes ses activités. Il a repris service aujourd'hui. Il souhaite que la paix soit durable.

"J'ai marqué une pause. La situation socio-politique était loin d'être rassurante et stable. J'ai repris les activités aujourd'hui. Pour rien au monde j'allais prendre le risque de travailler ou bien d’aller dans la rue. J'allais être le seul perdant. Les politiciens n'en valent pas la peine", peste-t-il. Pour lui, tous les actes que ces derniers posent sont "uniquement pour leurs intérêts. Ils ne respectent pas leurs engagements vis-à-vis de la population".

Les récentes manifestations ont causé une dizaine de morts et 590 blessés selon un bilan de la croix rouge. Une situation plus que traumatisante pour Ibou Gueye. Il milite pour le retour de la paix dans tout le pays.

Affaire Ousmane Sonko: le président Macky Sall rompt le silence
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Pour lui, cela passera par la libération des manifestants qui sont en ce moment en prison. "La situation socio-politique est loin d'être stable. Pour qu'elle le soit il faut libérer tous les prisonniers. D'autant plus que j'estime qu'il s'agit d'arrestations arbitraires. Car c'est dans l'intérêt de tout le monde que la paix revienne", pense-t-il.

Pour lui, les victimes doivent être indemnisées le plus "rapidement possible par l'État car nous souhaitons vivement le retour définitif de la paix au Sénégal".

Les manifestations ont cessé depuis près de 48 heures dans la capitale et le reste du pays. Cependant l’opposition et la société civile réclament une enquête indépendante et la libération des détenus politiques pour une description totale du climat social.

Vendredi, une manifestation pacifique sera organisée à la Place de la nation, à Dakar, en la mémoire des défunts.

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L'ONU souhaite une approche combinant humanitaire, développement et sécurité du Sahel

Un groupe de filles du Niger attend l'arrivée d'un convoi des Nations Unies dans le village de Sabon Machi, dans la région de Maradi, au Niger, le 16 août 2018.

La région du Sahel, où l'opération française Barkhane va céder la place à une coalition internationale, requiert une approche coordonnée combinant humanitaire, développement et sécurité, a indiqué le chef de l'Agence de l'ONU pour les réfugiés.

Le président français Emmanuel Macron a annoncé le 10 juin une réduction de la présence militaire française au Sahel, marquée par la fermeture de bases et une réarticulation de la lutte antijihadiste autour d'une "alliance internationale" associant des Européens.

Selon le dernier rapport du Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) sur les déplacements dans le monde publié vendredi, environ 750.000 personnes ont été nouvellement déplacées au Sahel, "dans ce qui est peut-être la crise régionale la plus complexe au monde".

"La dynamique de la crise est donc négative", a déclaré le Haut Commissaire Filippo Grandi, dans un entretien à l'AFP.

"Regardez ce qui se passe au Nigeria par exemple; le Tchad traverse une transition politique difficile; le Mali continue d'être instable; le Burkina Faso et le Niger sont fragiles", a-t-il égrené.

Soulignant l'importance stratégique de cette région africaine pour l'Europe, M. Grandi a dit espérer qu'une "approche stratégique qui combine tout - l'humanitaire, le développement, l'investissement dans l'éducation et dans la prospérité économique, et le volet sécurité - pourra se faire de manière plus coordonnée."

"Ce qu'il faut au Sahel, c'est une combinaison de plusieurs interventions", a-t-il insisté.

Fin de l'opération Barkhane et exemple d'Afghanistan

Après huit ans de présence ininterrompue au Sahel, où sont aujourd'hui déployés 5.100 de ses militaires, la France veut désormais passer d'un statut de force en première ligne contre les jihadistes à celui de force d'accompagnement et d'appui (renseignement, drones, avions de chasse...).

La décroissance des effectifs militaires français s'opérera progressivement, avec un jalon à environ 3.500 hommes d'ici un an puis 2.500 personnes d'ici 2023, selon une source familière du dossier. Les commandos d'élite de la task force française "Sabre" devraient être maintenus pour poursuivre la traque des chefs jihadistes qui sévissent dans la région.

"Il est certain que les opérations militaires internationales visant à faire face à ces types de crises, comme l'opération française Barkhane ou les troupes américaines en Afghanistan, ne peuvent pas être maintenues éternellement. Je comprends cela", a affirmé Filippo Grandi.

"Le problème est que si, pendant que ces troupes sont présentes, les investissements appropriés ne sont pas faits pour répondre à tous les aspects de la crise, alors lorsque l'on retire les troupes, les causes de la crise sont toujours présentes et la crise peut repartir", a-t-il développé.

Et de conclure: "Ce qui signifie qu'après quelque années, d'autres troupes doivent être envoyées. C'est certainement ce qui nous préoccupe en Afghanistan", d'où les forces américaines vont se retirer.

Le président des Etats-Unis Joe Biden a décidé de retirer tous les soldats américains au plus tard le 11 septembre 2001, pour le vingtième anniversaire des attentats à New York et Washington, qui avaient provoqué l'intervention en Afghanistan.

Pour M. Grandi, le retrait américain risque de provoquer une augmentation de la violence dans le pays: "Nous nous y préparons".

Selon le HCR, 2,6 millions d'Afghans ayant fui leur pays vivaient fin 2020 à l'étranger.

L'armée sénégalaise dit avoir pris des camps de la rébellion casamançaise

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Sénégal: appel à des mesures urgentes après huit noyades en quelques heures

Les immigrés clandestins africains sont assis sur un bateau dans la ville portuaire d'Aden, au sud du Yémen, le 26 septembre 2016.

Le président sénégalais Macky Sall a réclamé lundi des mesures "urgentes" après la mort par noyade d'au moins huit jeunes au cours de la même journée sur quelques kilomètres de plage de la banlieue de Dakar.

Les noyades sont fréquentes en cette période de premières fortes chaleurs où les Sénégalais, à commencer par les jeunes, vont chercher un peu de fraîcheur dans l'Atlantique. Mais la mort d'au moins huit d'entre eux en l'espace de quelques heures dans le même secteur est exceptionnelle.

Cinq corps ont été repêchés sur la plage de Malika dimanche et deux autres sur la plage contiguë de Gadaye, a indiqué un responsable des pompiers. Une huitième dépouille a été récupérée lundi tout près de là, a-t-il dit. Les victimes avaient une vingtaine d'années.

Les drames sont survenus dans des zones où "la baignade est interdite en raison de la configuration de la mer. Le sable y est mouvant mais les gens persistent à y aller", a-t-il dit.

Le baigneur peut en quelques instants perdre pied et se retrouver ballotté par les flots jusqu'à l'épuisement parce que le sable s'est dérobé sous lui sous l'effet d'une mer forte.

Des maîtres nageurs ou des pompiers sont déployés sur les plages autorisées. Mais les Dakarois se plaignent d'une bétonisation et d'une privatisation galopantes du littoral, qui les poussent à trouver l'accès à la mer là où ils peuvent dans une métropole en pleine expansion. Les interdictions de baignade sont peu appliquées.

Le président a jugé ces morts "intolérables". Il a demandé au gouvernement et aux collectivités des mesures "urgentes pour une meilleure sécurisation des plages".

Déplorant des dérives, les autorités sénégalaises veulent réguler les réseaux sociaux

L'application Facebook sur le téléphone, le 11 août 2019.

Après la sortie du président sénégalais Macky Sall sur les dérives émanant des réseaux sociaux, le ministre de l'économie numérique a annoncé des mesures pour éradiquer ce que les autorités considèrent comme un fléau.

La régulation des réseaux sociaux est devenue un enjeu majeur pour les autorités sénégalaises qui comptent faire des efforts considérables pour y arriver. Cependant le ministre de l'Économie numérique, Yankhoba Diattara, estime qu’il faut une approche inclusive et participative.

"La régulation du secteur des réseaux sociaux est une problématique mondiale", reconnaît d’emblée l’autorité. Pour lui, le gouvernement du Sénégal est "conscient des enjeux mais également, mais étant soucieux de la protection des citoyens, de leur dignité et de leur liberté a entamé une réflexion pour réfléchir ensemble sur un cadre d'harmonisation et de régulation du secteur", explique-t-il.

Les acteurs du secteur sont aussi conscients des dérives sur le net. Et pour eux, l’approche inclusive et participative annoncée par le ministre est primordiale pour réussir le pari de la régulation.

"Les réseaux sociaux sont des espaces de liberté d'expression et ce sont des moyens qui permettent aux usagers et aux populations de donner leur avis sur comment le pays est géré et comment les choses se passent", estime Mouhammad Ciss, spécialiste des réseaux sociaux​. ​"N'oublions pas que c'est un droit", ajoute-t-il.

Il reconnaît toutefois que les "dérives que l'on voit sur internet sont un fléau. Mais pour résoudre tout cela il faut impliquer les acteurs, donner également la possibilité aux usagers de donner leur avis sur comment tout cela devra se faire".

"Les plateformes digitales ont déjà prévu un cadre légal pour encadrer tout cela avec la possibilité de signalement mais il faut bien sûr encadrer en impliquant tout le monde", soutient-il.

Les réseaux sociaux connaissent un engouement auprès d'un public très varié. Raison pour laquelle des mesures doivent être prises pour le bien de tous nous, explique-t-il.

Il pense que les acteurs médiatiques ont aussi un grand rôle à jouer.

La politique, les affaires de mœurs, les rivalités entre fans de célébrités, les médisances, les Fake news, sont autant de choses qui polluent la toile.

Selon le ministre Diattara, éradiquer toutes ces dérives passera d’abord par une phase de réflexion incluant les acteurs et tous ceux qui gravitent autour du digital.

Les enjeux sont énormes. Le Nigeria vient de suspendre Twitter après ce qu'Abuja considère un crime de lèse-majesté: la plateforme a osé supprimer un message du président Muhamadu Buhari. Facebook de son côté a suspendu pour deux ans l’ancien président américain Donald Trump.

Le Sénégal va-t-il réussir le pari de l’exception numérique? Il suffira d’attendre pour voir l’issue de ce débat réel sur le monde virtuel.

L'armée sénégalaise revendique la prise de camps rebelles en Casamance

Un membre des Forces armées sénégalaises observe une base rebelle du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) récemment capturée à Blaze Forest, le 9 février 2021.

L'armée sénégalaise a indiqué lundi avoir pris une série de postes et camps de la rébellion en Casamance lors d'une opération lancée il y a deux semaines pour renforcer le contrôle de la frontière avec la Guinée-Bissau au sud.

L'opération a fait deux blessés dans les rangs de l'armée, un officier qui a sauté sur une mine antipersonnel et un soldat atteint par balles, a dit un commandant local, le lieutenant-colonel Mathieu Diogaye Sene, à des journalistes à Ahinga, à quelques kilomètres de la frontière.

Il n'a rien dit sur les pertes éventuelles chez l'adversaire.

Cette offensive est la dernière en date destinée à sécuriser la Casamance et permettre le retour des populations sur les terres dont elles ont été chassées par le conflit.

La Casamance, séparée du nord du Sénégal par la Gambie, est le théâtre d'un des plus vieux conflits d'Afrique depuis que des indépendantistes ont pris le maquis après la répression d'une marche en décembre 1982.

Après avoir fait des milliers de victimes et ravagé l'économie, le conflit a persisté à basse intensité, avec des accès de tension comme le massacre de 14 hommes près de Ziguinchor en 2018.

Ces dernières années, le Sénégal a entrepris de réinstaller les déplacés.

"Depuis le 31 mai 2021, la zone militaire numéro cinq a déclenché une opération de sécurisation d'envergure pour mieux contrôler la frontière en créant des postes militaires au plus près" de la Guinée-Bissau, a dit le commandant de cette zone, le colonel Souleymane Kandé, à Ziguinchor, principale ville de Casamance.

L'armée a pris aux rebelles du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) plusieurs "bases" autour de Badème et le long de la frontière entre les localités de Bagame et Bouniak, a-t-il dit, sans entrer dans le détail des moyens engagés ou d'éventuelles confrontations avec les rebelles.

L'accès à d'autres sources que militaires est difficile dans ce contexte de conflit et dans une zone par ailleurs reculée.

Les autorités sénégalaises disent que ces opérations ont pour objet de réinstaller les populations, mais aussi de faire cesser les exactions commises contre elles par les rebelles, ainsi que les trafics auxquels ils se livrent selon elles, drogue ou bois.

La "neutralisation des bandes armées" doit aller de pair avec des opérations de déminage, a dit le colonel Kandé.

Le Sénégal passe pour avoir aujourd'hui le soutien de la Guinée-Bissau dans son entreprise. L'ancien pouvoir bissau-guinéen avait un rapport historique avec la rébellion. Mais en 2020 a accédé à la présidence à Bissau un allié du président sénégalais Macky Sall, Umaro Sissoco Embalo.

Les tractations de paix, rendues ardues par les divisions internes du MFDC, ont été relancées après l'arrivée au pouvoir en 2012 du président Sall. Mais elles n'ont pas abouti à un accord définitif.

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