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La vente aux enchères de cornes de rhinocéros retardée de deux jours en Afrique du Sud


Une corne de rhinocéros.
Une corne de rhinocéros.

Une vente aux enchères controversée de cornes de rhinocéros, dont le commerce international est interdit, censée commencer lundi, a été retardée de deux jours, ont annoncé ses organisateurs.

La justice sud-africaine avait donné dimanche son feu vert pour la tenue cette semaine de cette vente aux enchères en ligne prévue à l'origine de lundi à jeudi, alors que les rhinocéros sont victimes d'un braconnage à grande échelle dans ce pays d'Afrique australe.

Les autorités sud-africaines tentaient à tout prix de bloquer cette vente en ligne. Pretoria refusait de remettre le permis de vente à l'organisateur sud-africain des enchères. Mais ce dernier, John Hume, plus gros éleveur de rhinocéros au monde, avait saisi en urgence vendredi la justice et la Haute Cour de Pretoria lui a donné raison dimanche.

Le permis a été remis lundi matin, mais le site internet - qui est en anglais, en mandarin et en vietnamien - précisait que la vente commencerait mercredi à 12H00 GMT.

La vente "devait commencer aujourd'hui (lundi), mais nous avons seulement reçu le permis ce matin", a justifié un responsable sous couvert d'anonymat, sans apporter de raison précise à ce report à mercredi de la vente.

Dimanche déjà, l'avocat de John Hume, Izak du Toit, s'était montré prudent sur la date de début de la vente. "Nous prendrons une décision" une fois le permis en main, avait-il déclaré.

Le ministère sud-africain de l'Environnement, qui s'était démené pour bloquer cette vente, a affirmé lundi dans un communiqué que M. Hume n'était autorisé à vendre des cornes qu'à des personnes en possession d'un permis d'achat. On ignorait lundi si des acheteurs éventuels avaient reçu ces permis.

Ces enchères sont possibles grâce à un changement récent dans la législation sud-africaine. En avril, après une longue bataille judiciaire, John Hume a obtenu la levée du moratoire sur le commerce intérieur de la corne de rhinocéros, en vigueur depuis 2009. Le commerce international reste lui toujours interdit.

Cinq cents kilos de corne de rhinocéros environ doivent être proposées aux enchères. Ces cornes proviennent des quelque 1.500 animaux que John Hume possède dans sa ferme en Afrique du Sud. Elles ont été découpées sans blesser les pachydermes, qui ont été anesthésiés pour cette procédure d'une quinzaine de minutes.

La corne de rhinocéros, composée de kératine comme les ongles et qui repousse comme eux, est très prisée en Asie, où les médecins traditionnels lui prêtent des vertus thérapeutiques, non prouvées scientifiquement.

En raison de cette forte demande, un millier de rhinocéros sont tués chaque année en Afrique du Sud, qui abrite 80% de la population mondiale de rhinocéros.

John Hume prétend pouvoir répondre en partie à la demande avec de la corne prélevée, de façon indolore, sur ses animaux. Ses détracteurs affirment qu'il va encore exacerber le braconnage et alimenter le marché noir.

Avec AFP

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