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La société civile met la pression sur la justice au Burkina

  • Zoumana Wonogo

Elie Tarpaga, porte parole des OSC, et d'autres membres à Ouagadougou, au Burkina, le 20 mai 2017. (VOA/Zoumana Wonogo)

Samedi dernier, la justice burkinabè a été mise sur le banc des accusés par un groupe d'Organisations de la société civile (OSC) avec le MBDH, mouvement burkinabè des droits de l'homme, estimant que la justice est trop lente. Elles ont organisé un meeting "de dénonciation de l'impunité dans les crimes économiques et de sang au burkina".

Pour le porte-parole des OSC, organisatrices du meeting de dénonciation de l'impunité dans les crimes économiques et de sang, la justice burkinabè fonctionne à deux vitesses.

Elie Tarpaga, le porte-parole s'explique : "la justice doit être à l'image du peuple, elle ne peut pas choisir d'aller à pas de caméléon pour tel dossier et à pas de girafe pour tel autre".

Elie Tarpaga, porte parole des OSC à Ouagadougou, au Burkina, le 20 mai 2017. (VOA/Zoumana Wonogo)
Elie Tarpaga, porte parole des OSC à Ouagadougou, au Burkina, le 20 mai 2017. (VOA/Zoumana Wonogo)

"Nous avons vu des gens qui ont brûlé des feux tricolores et en quelques semaines, ils ont été jugés. Pour des gens qui ont tué, volé des milliards, rien ne leur est arrivé. Ils sont amis avec ceux qui sont au pouvoir", proteste-t-il.

Il poursuit : "pour les crimes de sang, on peut glaner la centaine, pour les crimes économiques, c'est pratiquement chaque jour qu'il y a des détournements et des gens qui ne payent pas les impôts. Ils sont intouchables parce qu'ils connaissent des gens haut placés."

Zougmoré Chrysogone, le président du MBDHP à Ouagadougou, au Burkina, le 20 mai 2017. (VOA/Zoumana Wonogo)
Zougmoré Chrysogone, le président du MBDHP à Ouagadougou, au Burkina, le 20 mai 2017. (VOA/Zoumana Wonogo)

Pour Chrysogone Zougmoré, président du MBDHP, "avant, lorsqu'on posait la question sur le dossier Norbert Zongo, il y avait une expression 'le dossier suit son cours', mais avec l'accentuation de la pression aujourd'hui, on dit 'le dossier avance'. Nous attendons la 3e étape, que la justice puisse dire le dossier a abouti. Nous interpellons l'autorité judiciaire et politique sur la nécessité de faire en sorte que la justice fonctionne bien".

Le gouvernement dit comprendre l'impatience de la population.

René Bagoro, ministre burkinabè de la justice, à Ouagadougou, au Burkina, le 20 mai 2017. (VOA/Zoumana Wonogo)
René Bagoro, ministre burkinabè de la justice, à Ouagadougou, au Burkina, le 20 mai 2017. (VOA/Zoumana Wonogo)

"Les mouvements d'OSC qui réclament à la justice d'accélérer, nous les comprenons. Les dossiers avancent. Je peux comprendre l'impatience des gens lorsqu'on a attendu des dizaines d'années. Il est normal qu'avec le renouveau démocratique, on soit pressé. Mais je demande aux populations de faire confiance en la justice, parce que nous avons à coeur de faire en sorte que la justice participe à la réconciliation des burkinabè", a déclaré Réné Bagaoro, ministre de la Justice.

Zouman Wonogo, correspondant à Ouagadougou

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