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Cinq morts lors d'affrontements entre population et un groupe d'auto-défense au Burkina

  • VOA Afrique

Une carte du Burkina Faso, avec la ville de Reo, 130km à l'ouest d'Ouagadougou, la capitale burkinabè.

Cinq personnes ont été tuées et dix autres blessées au Burkina Faso dans des affrontements entre la population et un groupe d'auto-défense, entre jeudi et samedi dans le département de Réo.

Jeudi dernier, "des membres du groupe d'auto-défense 'kogl-wéogo' (protéger l'environnement en langue nationale mooré) auraient tenté d'interpeller un jeune du village Tialgo. Au cours de cette interpellation, un jeune a été blessé par balle. La situation adégénéré, les tensions s'étendant à d'autres villages comme Goundi, dans le département de Réo", a indiqué samedi soir le ministère de la Sécurité dans un communiqué​.

"Cet état de fait s'est soldé par (...) cinq pertes en vies humaines, dont trois membres kogl-wéogo et deux du côté des populations", indique le ministère de la Sécurité, selon lequel "dix blessés" ont également été enregistrés "de part et d'autre".

En outre, une dizaine de membres de kogl-wéogo est portée disparu et sept ressortissants de Tialgo ont été enlevés et séquestrés à la base de kogl-wéogo au quartier Palogo de Koudougou (100 km, ouest).

Dans la nuit de vendredi à samedi, un couvre-feu a été décrété par le maire de la commune de Tialgo, Yoma Batiana, et un arrêté portant interdiction des activités du groupe auto-défense kogl-wéogo dans les provinces du Boulkiemdé et du Sanguié a été diffusé par le ministère de la Sécurité.

Depuis plusieurs mois, les "koglwéogo" tentent de s'implanter sur l'ensemble du territoire mais l'opinion burkinabè reste divisée sur ces groupes d'auto-défense crées par des habitants des villages et des villes de plusieurs régions du pays pour lutter contre les voleurs et les coupeurs de route.

Leurs actions sèment la controverse car ils s'adonnent à de nombreuses violations des droits humains, arrêtant, tabassant et dépouillant quotidiennement des personnes présumées avoir commis des vols ou de petits larcins.

Evasif sur la question, le gouvernement appelle à la fois les Koglwéogo à se "soumettre à l'Etat de droit" mais refuse de les dissoudre malgré leurs exactions.

"Des instructions ont été données aux forces de sécurité pour assurer la protection des personnes et des biens", conclut le communiqué.

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