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La sélection russe face à un chantier toujours énorme avant son Mondial 2018


Le logo de la Coupe du monde 2018, qui aura lieu en Russie, à Saint Petersbourg, le 24 juillet 2015.

Nommé après un catastrophique Euro-2016, Stanislav Cherchesov savait que la mission serait difficile. Il reste sept mois au sélectionneur russe pour faire de son équipe un adversaire à la hauteur de "son" Mondial.

Si la Russie sera vendredi dans le chapeau 1 lors du tirage au sort grâce à son statut de pays organisateur, elle est, des 32 participants au Mondial, l'équipe la moins bien classée au classement Fifa où elle ne pointe qu'au 65e rang, derrière la modeste Arabie Saoudite (63e) !

Depuis l'arrivée du technicien moustachu en août 2016, la "Sbornaïa" enchaîne les performances décevantes, entrecoupées de rares matches convaincants. Les deux matches amicaux de novembre l'ont encore montré: une défaite contre l'Argentine (0-1), avec des Russes inexistants, suivie d'un match nul plus valeureux contre l'Espagne (3-3).

"Tomber dans un groupe facile à la Coupe du monde, c'est une illusion", a d'ailleurs reconnu Stanislav Cherchesov dans une interview publiée par la Fédération russe de football. En 17 matches sous sa direction, la Russie en a remporté six et a concédé autant de défaites, dont certaines embarrassantes comme face au Qatar (2-1) en novembre 2016.

L'ancien gardien de but international a pourtant multiplié les paris. Mais qu'il mette à la retraite les glorieux anciens, une décision qui n'a pas fait l'unanimité, ou qu'il appelle de jeunes espoirs n'ayant que quelques matches de première division dans les jambes, rien n'y a fait.

Pas même le recours de plus en plus fréquent à des joueurs +étrangers+. Cela a d'abord été le gardien brésilien Guilherme, au Lokomotiv Moscou depuis 2009. Puis les Allemands d'origine russe Roman Neustädter et Konstantin Raush, enfin le milieu de terrain brésilien du CSKA Moscou, Mario Fernandes, qui devraient tous être de l'aventure en juin 2018.

- Jeunes espoirs -

Pour les observateurs, la Russie est pourtant une équipe en progrès. A l'Euro-2016, la "Sbornaïa" - éliminée dès la phase de groupes - n'avait aucune identité de jeu, comptait six joueurs de plus de 30 ans dans son équipe-type et n'a jamais semblé en mesure de faire autre chose que de la figuration.

En intégrant de jeunes espoirs ignorés de son prédécesseur, Stanislav Cherchesov a redonné de l'allant à une sélection qui semble enfin jouer en équipe. Contre la Belgique (3-3) en mars puis contre l'Espagne (3-3), les Russes ont réussi à revenir au score après avoir été menés de deux buts.

"Je n'ai vu aucune peur dans les yeux des joueurs russes", s'est d'ailleurs satisfait l'ancien sélectionneur et entraîneur du CSKA Moscou Valery Gazzaev, ajoutant que la Russie a tiré "plus d'enseignements en deux matches contre l'Argentine et l'Espagne qu'avec tous les matches amicaux précédents".

Stanislav Cherchesov voit un autre de motif de satisfaction. "Quand on parle de la sélection, désormais on parle de football", a-t-il expliqué, quelques semaines après la réintégration de l'attaquant du Zenit Saint-Pétersbourg Alexander Kokorin.

Le joueur de 26 ans, mis à l'écart en juillet 2016 à cause d'une soirée arrosée dans un club huppé de Monte-Carlo quelques jours après le déplorable Euro-2016, a mûri et réalise sa meilleure saison professionnelle.

- Objectif quart -

Sur le terrain, la "Sbornaïa" arrivera au Mondial-2018 avec quelques certitudes. Avec Viktor Vasin (CSKA Moscou), Fedor Kudryashov (Rubin Kazan) et l'impulsif Georgiy Dzhikiya (Spartak Moscou), Stanislav Cherchesov a reconnu avoir trouvé sa charnière défensive.

Avec l'inamovible Igor Akinfeev (CSKA Moscou) et ses 113 sélections dans les buts, les valeurs sûres seront les expérimentés milieux Denis Glushakov (Spartak Moscou) et Alan Dzagoev (CSKA Moscou).

L'arrivée des frères Miranchuk (Lokomotiv Moscou) a apporté un vent de fraîcheur mais la Russie attend de voir ses deux meilleurs atouts offensifs, Fedor Smolov (Krasnodar) et Alexander Kokorin, être enfin alignés côte à côte.

Jusqu'à présent, Cherchesov a privilégié un système à une pointe et l'attaquant de Krasnodar, plus régulier, part avec une longueur d'avance.

Pour se tester, la Russie jouera encore deux matches amicaux, dont un face au Brésil, en mars. Elle devra aussi se réconcilier avec son public, fidèle mais éprouvé. En juillet 2016, une pétition pour dissoudre la sélection avait réuni plus de 500.000 signatures.

Le vice-Premier ministre chargé des Sports, Vitali Moutko, a donné comme objectif à la Russie d'atteindre les quarts de finale. Ce serait déjà une performance: en trois participations depuis la chute de l'URSS (1994, 2002 et 2014), la Russie n'a jamais dépassé le premier tour.


Avec AFP

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