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RDC

La RDC, un géant sous tensions

Un incendie dans l'entrepôt de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), le 13 décembre 2018, à Kinshasa.

La République démocratique du Congo (RDC), qui élit le 30 décembre le successeur du président Joseph Kabila, est un pays instable d'Afrique centrale, parmi les plus pauvres au monde malgré son fort potentiel minier.

État continent

Grand comme 80 fois la Belgique, ancienne puissance coloniale, c'est l'Etat le plus vaste d'Afrique centrale, abritant 81,3 millions d'habitants (Banque mondiale, 2017), majoritairement catholiques.

Il partage ses frontières avec neuf pays: Congo-Brazzaville, Centrafrique, Soudan du Sud, Ouganda, Rwanda, Burundi, Tanzanie, Zambie et Angola. Il possède une petite façade maritime de 35 km sur l'océan Atlantique.

Guerres régionales

Le Congo belge devient indépendant en 1960, dirigé par le président Joseph Kasa-Vubu et le Premier ministre Patrice Lumumba.

En 1961, Lumumba est assassiné. En 1965, Kasa-Vubu est renversé par Mobutu, qui rebaptise le pays Zaïre et règne sans partage jusqu'en 1997, année où il est lui-même renversé par Laurent-Désiré Kabila, qui renomme le pays République démocratique du Congo.

Le pays est ravagé par deux guerres régionales (1996-1997 et 1998-2003). Ces conflits, entamés dans le Kivu (est) par des rébellions qui se sont élargies, ont impliqué jusqu'à sept pays africains sur le sol congolais, dont le Rwanda. Plus d'un million de Rwandais hutu s'y étaient réfugiés en 1994 après le génocide.

Crise politique

En 2001, Joseph Kabila succède à son père assassiné. Il est élu président en 2006 lors des premières élections libres depuis l'indépendance, puis réélu en 2011, lors d'un scrutin marqué par des violences et des fraudes.

En 2015, la perspective d'un maintien de Kabila au pouvoir au-delà de son dernier mandat déclenche de violentes manifestations avec des dizaines de morts.

Huit morts et une centaine d'arrestations en marge des manifestations anti-Kabila en RDC (vidéo)
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Fin 2016, un accord politique lui permet de rester jusqu'à des élections prévues fin 2017. Mais le scrutin sera repoussé fin 2018.

Plusieurs manifestations réclamant son départ sont sévèrement réprimées.

Crise sécuritaire et humanitaire

Malgré la présence de la plus importante mission de l'ONU, la Monusco (17.000 soldats), la RDC est en proie à de nombreux conflits.

Plus d'une centaine de groupes armés sont répertoriés dans le Kivu (Est).

Les rebelles ougandais musulmans de l'ADF sèment la terreur dans la région de Béni, où ils sont accusés d'avoir tué des centaines de civils, ainsi qu'une quinzaine de Casques bleus.

L'armée affronte aussi la milice congolaise Yakutumba dans le Sud-Kivu.

Le Kasaï (centre) a lui basculé dans la violence en septembre 2016 après la mort d'un chef coutumier tué par les forces de sécurité. Ce conflit a fait plus de 3.000 morts dont deux experts de l'ONU et 1,4 million de déplacés.

Des violences intercommunautaires ont lieu également en Ituri (nord-est) et dans le Tanganyika (sud-est).

En mars 2018 l'ONU faisait état de 7,7 millions de personnes en situation d'insécurité alimentaire.

La RDC est également confrontée à des épidémies d'Ebola et de choléra qui ont fait plusieurs centaines de morts.

"Scandale géologique"

Ce pays parmi "les plus pauvres", pourrait, selon la Banque mondiale, devenir un des plus riches du continent s'il surmontait son instabilité politique, grâce à ses richesses minières qualifiées de "scandale géologique".

La RDC est le principal producteur de cobalt, indispensable aux téléphones portables, qui vient d'être classé "minerai stratégique". Parmi ses autres richesses: or, cuivre, diamants, fer, nickel, manganèse, bauxite, uranium, étain, coltan...

En 2017 la croissance s'est établie à 3,7% selon la Banque mondiale.

Le pays est classé 176e sur 188 pour son indice de développement humain (Pnud) et 161e sur 180 pour sa corruption (Transparency international).

Foisonnement artistique

Vivier de créativité artistique, la RDC est un royaume de la rumba et de ses dérivés (la danse ndombolo, les chorus de guitare seben...), avec des chanteurs parmi les plus populaires d'Afrique comme Papa Wemba, décédé en 2016, ou Koffi Olomidé.

Le foisonnement de la culture congolaise, de la photo à la peinture en passant par la sculpture, a été célébré en 2015 par l'exposition "Beauté Congo" à la fondation Cartier à Paris.

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Échange téléphonique entre Félix Tshisekedi et Emmanuel Macron

Le président Félix Tshisekedi et son homologue français France Emmanuel Macron se saluent au Palais de l'Elysée, Paris, 11 novembre 2019. (Facebook/Présidecene RDC)

Le président français Emmanuel Macron s’est déclaré satisfait du développement de la situation en RDC où une décision de son homologue Félix Tshisekedi est attendue après des consultations pour résoudre la crise au sein de la coalition au pouvoir.

"Le Président Emmanuel Macron a manifesté toute sa satisfaction concernant le développement de la situation politique en RDC et a exprimé son soutien en faveur d’un Congo démocratique et prospère", indique un tweet de la présidence de la RDC posté après la conversation de deux présidents mercredi.

Le président Tshisekedi devrait s'adresser à la nation, après des consultations auxquelles ont refusé de prendre part le camp de l’ancien président Joseph Kabila, avec lequel il s'était mis en alliance de gouvernement au sortir des élections de 2018.

Martin Fayulu, candidat à cette élection dont il dit être le véritable vainqueur, dénonce le deal entre MM. Tshisekedi et Kabila. Il a aussi refusé de prendre part à ces consultations.

Le camp de M. Kabila et celui de M. Fayulu soutiennent que le dialogue doit se faire dans un cadre différent et selon la Constitution. Pour M. Kabila et son camp, le FCC (front commun pour le Congo), au sein des institutions et pour M. Fayulu, en dehors des institutions et sous la conduite des chefs religieux et de la communauté internationale.

M. Tshisekedi, proclamé vainqueur à la présidentielle, avait accepté de composer dans une coalition avec M. Kabila et son camp, majoritaire au parlement et aux collectivités régionales.

Mais le Chef de l’État congolais a, début novembre, exprimé sa lassitude envers cette coalition qui au bout de deux ans n’a pas permis au pays d’avancer.

Le Premier ministre et la plupart des ministres, tout comme la majorité des membres de deux chambres du parlement, tous membres du FCC, ne se sont pas présentés à la prestation de serment de juges constitutionnels que M. Tshisekedi a nommé.

Pour M. Kabila et son camp, M. Tshisekedi s’est illustré dans une série de violations de la Constitution.

Certains ont même évoqué la possibilité d’initier une procédure de mise en accusation du président congolais qui pourrait conduire à sa destitution.

C’est sur ces entrefaites que M. Tshisekedi a dénoncé le deal et appelé à "une union sacrée de la nation" pour "le salut du peuple".

"Aucun arrangement particulier quelle soit que sa nature, ne peut être au-dessus de la Constitution et de mes prérogatives constitutionnelles", avait déclaré M. Tshisekedi dans son discours convoquant lesdites consultations.

Sur le terrain, la tension est montée d'un cran.

Samedi, un communiquant du FCC a été arrêté, jugé et condamné en flagrance pour avoir réagi dans une émission télévisée en invoquant "une balle" en parlant du président Tshisekedi.

Les commandements de l’armée et de la police ont réitéré mardi leur loyauté à M. Tshisekedi au cours d’un entretien où il leur a demandé de ne pas se laisser manipuler par les politiques.

La veille, le commandant de la garde présidentielle avait aussi mis en garde ses soldats dont la plupart ont servi sous M. Kabila, de se garder de comploter contre le chef de l’Etat.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres a, dans un rapport au Conseil sécurité, exhorté toutes la parties congolaises au dialogue.

Le Conseil d'État annule la réélection d'Albert Yuma à la tête du patronat

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La RDC s'est préparée pour minimiser l'impact du coronavirus sur les séropositifs, selon le Dr Bossiky

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La lutte contre le Sida demeure une préoccupation

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Insécurité à l'Est : l'ONG MSF se retire du territoire congolais de Fizi

Un enfant est vacciné contre la rougeole lors d'une campagne d'urgence menée par Médecins sans frontières (MSF) à Likasa, province de Mongala, dans le nord de la République démocratique du Congo.

"MSF a pris la difficile décision de mettre fin à l’essentiel de son soutien à la fourniture de soins de santé à Kimbi et Baraka, dans le territoire de Fizi", indique l'ONG dans un communiqué.

Cette décision intervient "à la suite de plusieurs incidents violents contre l'organisation en 2020", ajoute-t-on. Une expatriée avait été enlevée plusieurs jours fin juin-début juillet.

"L'activité sans cesse croissante des groupes criminels et armés dans tout l'est de la RDC conduit à des violences et des attaques continues contre les populations civiles à une échelle choquante, y compris des assassinats ciblés et des actes odieux, notamment de violences sexuelles", déplore MSF.

MSF va transférer ses activités au ministère de la Santé dans ces zones de Kimbi et Baraka, où l'ONG affirme intervenir respectivement depuis 9 et 17 ans.

MSF affirme être présente dans 21 des 26 provinces de la RDC, son plus grand pays d'intervention au monde avec le Soudan du Sud.

Dans la province voisine du Maniema, MSF avait dénoncé le 19 novembre "un nombre choquant de cas de violences sexuelles perpétrés par des groupes armés à Salamabila".

Dans cette zone minière, MSF affirme avoir soigné "1.000 survivants de violences sexuelles depuis début 2020". A Salamabila, des groupes armés se battent pour le contrôle des mines d'or.

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