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Côte d'Ivoire

La réforme de la Commission électorale

Les gens comptent les urnes et le matériel électoral reçus dans un centre de distribution de la commune de Port-Bouet à Abidjan, le 24 octobre 2015.

En Côte d’Ivoire, en prélude à l’élection présidentielle de 2020, le gouvernement a entamé des discussions avec les partis politiques en vue de la réforme de la Commission électorale, une exigence de l’opposition.

Entamées le 21 janvier dernier en présence du Premier ministre, les discussions entre le gouvernement ivoirien et les partis politiques de l’opposition devraient bientôt reprendre.

Ces partis politiques avaient jusqu’au 4 février pour remettre leurs propositions, première étape avant les discussions de fond.

Regroupée autour du PDCI, le Parti Démocratique de Côte d’Ivoire, une vingtaine de formations politiques de l’opposition ont déjà fait connaître leur position quant à la réforme de la CEI, la Commission électorale indépendante.

Henri Niava président de l’Union des Sociaux-Démocrates, l’un des partis de l’opposition, estime que "la question de la CEI ne peut pas se limiter seulement à la recomposition de la CEI".

Il poursuit : "Il s’agit de l’ensemble de l’environnement institutionnel des élections, c’est-à-dire tout le cadre juridique et institutionnel, à savoir les organes d’arbitrage, de régulation et de gestion du contentieux c’est-à-dire la cour constitutionnelle et la cour suprême, les organes d’arbitrage, la liste électorale, la cartographie électorale et le code électorale. Tant que ces questions ne sont pas analysées et débattues ensemble, l’opposition n’est pas partie prenante à ces discussions".

Ces partis politiques émettent également des réserves quant à la méthode proposée par le gouvernement.

"Le gouvernement nous a demandé de faire chacun nos propositions et de les lui envoyer. Mais nous avons répondu que ce soit un large débat national avec toutes les forces vives de la nation pour que les discussions soient profondes et répondent aux aspirations de toute la nation", souligne Henri Niava.

Parties prenantes de ces discussions, les organisations de la société civile ont multiplié ces derniers jours les rencontres afin de dégager une position commune sur la réforme de la CEI. ​

"Au-delà la CEI, c’est tout le processus électoral qui doit être reformé, c’est-à-dire la liste électorale, le code électorale, le découpage électoral, la composition de la CEI et surtout l’articulation administrative, politique et juridique des CEI locales", confie Christophe Kouamé, président de CIVIS-CI.

La réforme de la Commission électorale indépendante est, depuis quelques années, au centre du débat politique ivoirien. L’opposition en fait un préalable à sa participation à la présidentielle de 2020.

Pour elle, l’actuelle Commission est déséquilibrée en faveur du pouvoir. Un constat partagé par la Cour africaine des droits de l’Homme qui avait été saisie par une organisation de la société civile.

La Cour avait alors, en 2016, ordonné aux autorités ivoiriennes de procéder à une réforme de la Commission électorale.

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Nord ivoirien: la ville de Ferké croit encore à l'étoile présidentielle de Guillaume Soro

Guillaume Soro, ancien chef rebelle et candidat potentiel à la présidentielle ivoirienne pose lors d'une séance photo à Paris le 29 janvier 2020. (Photo de Lionel BONAVENTURE / AFP)

"Je ne fais pas de politique, mais on n'abandonne pas son enfant", assure Kiali Ouattara, chef traditionnel de Ferkessédougou. La grande ville du Nord est le fief de l'ex-rebelle Guillaume Soro, qui reste candidat à la présidentielle d'octobre malgré un exil en France et des ennuis judiciaires.

Longtemps allié du président Alassane Ouattara, qu'il a aidé, en tant que leader de l'ex-rébellion du Nord, à accéder au pouvoir pendant la crise post-électorale de 2010-2011, il est devenu Premier ministre, puis président de l'Assemblée nationale, avant de rompre début 2019 avec le chef de l'Etat et son parti, le RHDP (Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix). Depuis, son avenir s'est assombri.

Condamné fin avril par la justice ivoirienne à 20 ans de prison et à la déchéance de ses droits civiques notamment pour "recel de détournement de deniers publics", M. Soro, qui fait aussi face à des accusations de "tentative d'insurrection", avait renoncé à rentrer au pays en décembre dernier pour éviter une incarcération. Nombre de ses partisans sont en prison.

Il est également visé par une plainte déposée à Paris pour "torture", "assassinat" et "crimes de guerre" en 2004 et 2011.

- "Jugements farfelus" -

Pas de quoi décourager ses supporters à "Ferké", dont il est toujours député. Ici, on croit encore au destin présidentiel de l'enfant du pays, né dans le village voisin de Diawala.

"Le RHDP met ses partisans en prison, le condamne avec des jugements farfelus", comme les ex-présidents Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo l'ont fait à Alassane Ouattara dans le passé, assure Ouattara Laragton, 55 ans, coiffeur au quartier Lanviara. "Je sais que si le petit se présente, il va gagner". "Le petit", c'est évidemment Guillaume Soro, 48 ans.

Carrefour commercial sur les routes menant au Mali et au Burkina, Ferké (160.000 habitants) a supplanté la ville historique voisine de Kong (capitale de l'empire Kong à l'époque de Samory Touré) au XXe siècle grâce au passage du chemin de fer. Kong étant le fief de la famille Ouattara, certains veulent y voir le symbole que Guillaume Soro, le "moderne" supplantera Alassane Ouattara, "l'ancien". Détail amusant: la capitale du Nord située à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest, est la ville du Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, le candidat du RHDP choisi par le chef de l'Etat pour lui succéder.

M. Soro a longtemps espéré que M. Ouattara le désignerait comme son successeur, avant de claquer la porte.

Pour Sougari Soro, 45 ans, mécanicien à Ferkessédougou, les "gens du RHDP" sont "des ingrats": "Ils l'ont trahi devant nos yeux alors qu'il a vendu sa vie pour les mettre au pouvoir", quand il était chef des ex-rebelles. "Nous sommes beaucoup en Côte d'Ivoire à le soutenir dans le silence".

Le RHDP est toutefois loin d'avoir perdu la main ici. Dès son arrivée au pouvoir en 2011, Alassane Ouattara a fait investir dans le nord du pays, longtemps délaissé. Ferké, comme Korhogo, ont largement bénéficié de cette volonté de rattraper le retard du Nord (écoles, électrification, axes routiers).

"Il est trop pressé de prendre le pouvoir. Il doit continuer à se faire former, à apprendre à côté de son père Alassane Ouattara", tranche Ismael Ouattara, vendeur d'appareils électro-ménagers.

- Maison et chambres -

Tilkouete Sansan Dah, député de Bouna, à l'est de Ferké, à la frontière avec le Ghana et le Burkina, estime même que Guillaume Soro ne "peut affirmer que c'est son fief": "M. Soro ne pourrait pas être élu député à Ferké aujourd'hui".

La machine électorale du RHDP s'est d'ailleurs mise en marche, attirant de nombreux militants de l'ex-Premier ministre.

"Le RHDP était comme une maison avec des chambres. Il y avait la chambre pro-Soro, les pro-Gon Coulibaly, les pro-Hamed Bakayoko (ministre de la Défense)", parmi d'autres, explique M. Sansan Dah. "Les militants n'ont pas changé de maison. C'est Soro qui a quitté la maison".

"Certains de nos frères sont tentés. On leur offre du travail, des positions. On exerce des pressions... Mais, dans les urnes on est les plus forts", réplique un proche de Guillaume Soro.

Le maire de Ferké, Kiweli Ouattara, est un des irréductibles pro-Soro. "S'il n'en reste qu'un ce sera moi mais, je vous assure", promet-il, un brin exalté, "Guillaume Soro reviendra, il fera campagne et il sera élu président de la Côte d'Ivoire le 31 octobre au soir".

Le Premier ministre ivoirien de retour après deux mois de congé médical à l'étranger

Le Premier ministre ivoirien Amadou Gon Coulibaly accueilli par le Président Alassane Ouattara à l'aéroport Félix Houphouët-Boigny d'Abdijan le 2 juillet 2020. (Photo by SIA KAMBOU / AFP)

Le Premier ministre ivoirien Amadou Gon Coulibaly, candidat du parti au pouvoir à la présidentielle d'octobre, est rentré jeudi en fin d'après-midi à Abidjan après deux mois en France pour des problèmes cardiaques.

"Je suis de retour pour prendre ma place aux côtés du président, pour continuer l'oeuvre de développement et de construction de notre pays la Côte d'Ivoire", a affirmé le Premier ministre lors d'un discours à son arrivée à l'aéroport international Félix Houphouët Boigny d’Abidjan.

Il a souligné qu'il avait été tenu au courant de tous les dossiers par le président Alassane Ouattara qui l'appelait "matin et soir" mais il n'a pas dit un mot sur la présidentielle du 31 octobre ni sur sa candidature.

Malgré la fermeture des frontières en raison de la pandémie de coronavirus, le Premier ministre, qui a subi une greffe du coeur en 2012, s'était rendu en France le 2 mai officiellement pour "un contrôle médical", comme il l'a répété jeudi.

"Le contrôle a été approfondi (...) avec repos. Me voici de retour en forme", a-t-il dit.

Le 10 mai, le porte-parole du gouvernement Sidi Tiémoko Touré avait annoncé qu'un stent lui avait été posé après un examen de coronarographie.

Agé de 61 ans, M. Gon Coulibaly a été désigné candidat du parti du président Alassane Ouattara qui a annoncé en sa décision de ne pas briguer un troisième mandat.

Pendant l'absence d'Amadou Gon Coulibaly, l'ancien président Henri Konan Bédié, 86 ans, a été investi candidat du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), principale formation de l'opposition, pour l'élection présidentielle.

L'autre grande formation d'opposition, le Front populaire ivoirien (FPI), n'a pas encore fait connaître sa position. Son fondateur, l'ex-président Laurent Gbagbo, 75 ans (au pouvoir de 2000 à 2010) est en liberté conditionnelle depuis son acquittement par la Cour pénale internationale (CPI), et son retour en Côte d'Ivoire est incertain.

Un autre candidat s'est déjà déclaré, l'ancien chef rebelle Guillaume Soro, 47 ans, ex-allié du président Ouattara devenu opposant. Mais il fait face à plusieurs procédures judiciaires, dont une condamnation à 20 ans de prison avec déchéance des droits civiques et vit en exil en France.

Le chef du gouvernement a été accueilli par le président Ouattara, son épouse, des membres du gouvernement et d’autres personnalités, selon le site Abidjan.net.

La peur grandit dans une ville ivoirienne attaquée par les djihadistes

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