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La promesse des soins gratuits pour le paludisme simple pas toujours tenue en Côte d’Ivoire


Le président ivoirien Alassane Ouattara lors d’une visite à un hôpital à Abidjan, Côte d’Ivoire, 29 mai 2017. (VOA/Ibrahim Tounkara).

Le gouvernement ivoirien a réaffirmé récemment la gratuité des soins pour le paludisme simple. Une mesure en vigueur depuis 2012 mais pas toujours appliquée dans plusieurs centres de santé. A Abidjan les explications de Georges Ibrahim Tounkara.

Le paludisme reste l’une des principales causes de mortalité en Côte d’Ivoire.

En 2014, 4.077 personnes en sont mortes et 3075 en 2016.

L'accès aux soins de santé reste une préoccupation majeure pour de nombreux ivoiriens, Côte d’Ivoire, 29 mai 2017. (VOA/Ibrahim Tounkara).
L'accès aux soins de santé reste une préoccupation majeure pour de nombreux ivoiriens, Côte d’Ivoire, 29 mai 2017. (VOA/Ibrahim Tounkara).

La tendance est à la baisse selon le Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP).

Pour le directeur coordonnateur du PNLP, il faut maintenir le cap. D’où, la mesure portant gratuité des soins contre cette maladie.

"Pour permettre à toute la population, à tous ceux qui n’ont pas les moyens d’avoir accès facilement au traitement du paludisme, l’Etat a rendu gratuit la prise en charge contre cette maladie. Le paludisme est la première cause de consultation en Côte d’ivoire", indique Docteur Antoine Tanoh Mea.

Faute d'argent de nombreux ivoiriens ont recours aux médicaments de rue comme ici à Adjame, Côte d’Ivoire, 29 mai 2017. (VOA/Ibrahim Tounkara).
Faute d'argent de nombreux ivoiriens ont recours aux médicaments de rue comme ici à Adjame, Côte d’Ivoire, 29 mai 2017. (VOA/Ibrahim Tounkara).

Si officiellement le traitement du paludisme simple est gratuit, la réalité est cependant toute autre dans de nombreux centres de santé. Plusieurs malades comme ici dans la commune d’Abobo affirment avoir payé les soins liés à cette maladie.

"C’est mon bébé d’un mois qui est malade. On nous a donné une ordonnance pour acheter les médicaments. J’attends que mon mari vienne pour qu’on achète ces médicaments", explique une nourrice Kadiatou Traoré.

"Il m’a dit que je souffre du paludisme et il m’a prescrit deux ordonnances. Aucun médicament. Je vais de ces pas à la maison pour voir mon mari et prendre avec lui un peu d’argent pour acheter les médicaments", affirme avec dépit Kouadio Yvette au sortir d’une consultation avec son médecin.

Une autre dame rencontrée cette fois à Yopougon, autre quartier d’Abidjan, dit ignorer l’existence de la mesure sur la gratuité des soins du paludisme.

"Je suis allé à plusieurs reprises avec mes enfants dans les centres de santé et j’ai toujours payé les médicaments. Je ne sais pas pourquoi on parle de gratuité", soutient-elle.

Les médecins que nous avons approchés n’ont pas voulu réagir à ce débat préférant nous renvoyer à leur hiérarchie.

"On reçoit des sons divergents. Il y’a certaines personnes qui disent qu’elles ont payé pour les soins et d’autres qui disent n’avoir rien payé. Il y’a une confusion. Le traitement du paludisme simple est gratuit. Ce que nous demandons au personnel soignant, c’est de faire deux ordonnances. Une pour le paludisme et l’autre pour les affections liées à cette maladie", se défend Docteur Antoine Tanoh Mea directeur, coordonnateur du Programme national de lutte contre le paludisme.

La gratuité du traitement du paludisme simple, proclamée dans le discours officiel, est loin d’être une réalité dans de nombreux centres de santé.

En dépit de cela la mortalité liée au paludisme en Côte d’Ivoire a connu une réduction de 20 à 40 % de 2010 à 2015, selon le rapport 2016 de l’OMS, l’organisation mondiale de la santé.

Reportage de Georges Ibrahim Tounkara pour VOA Afrique à Abidjan

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