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La Pologne veut "sauver de la censure" une statue de Jean Paul II en France


La statue de Jean Paul II surplombée d’une croix en Bretagne, dans l'ouest de la France, 5 janvier 2016.

La Première ministre conservatrice polonaise a déclaré samedi que la Pologne tentera de "sauver de la censure" une statue de Jean Paul II installée en Bretagne, dans l'ouest de la France, après que le Conseil d'Etat français a enjoint à la commune de Ploërmel de retirer une croix la surplombant.

"Le gouvernement polonais tentera de sauver de la censure le monument de notre compatriote, et nous proposerons de le transférer en Pologne, en cas d'accord des autorités françaises et de la communauté locale", a déclaré Mme Szydlo à l'agence PAP.

Le Conseil d'Etat français a enjoint mercredi à Ploërmel de retirer une croix surplombant une statue de Jean Paul II installée sur une place de cette commune, au nom du respect de la loi de séparation des Églises et de l'État.

La plus haute juridiction administrative française, en confirmant une décision de première instance, laisse six mois à la ville de Ploërmel pour procéder à ce retrait. La statue en elle-même n'est pas remise en cause.

"Notre grand compatriote, un grand Européen, est un symbole de l'Europe chrétienne unie. Le diktat du politiquement correct - de la laïcisation de l'Etat - laisse la place libre à des valeurs qui nous sont étrangères culturellement et qui mènent à terroriser la vie quotidienne des Européens", a encore déclaré la Première ministre polonaise.

La statue, don de l'artiste russe Zourab Tsereteli, avait été installée sur une place de Ploërmel sous une arche surmontée d'une croix, après une délibération de la commune du 28 octobre 2006.


La Fédération de la libre pensée et deux habitants de la commune avaient saisi le tribunal administratif de Rennes après le refus implicite du maire de retirer le monument, d'une hauteur de 7,5 mètres.

Le 30 avril 2015, le tribunal avait enjoint au maire de Ploërmel de faire retirer le monument de son emplacement. Une décision annulée le 15 décembre 2015 par la cour administrative d'appel de Nantes qui invoquait une erreur de droit.

Le Conseil d'État a en partie donné raison au tribunal administratif en estimant que la croix était contraire à la loi de 1905, qui interdit "d'élever ou d'apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public".

Contrairement au tribunal, il estime en revanche "que l'arche ne saurait, par elle-même, être regardée comme un signe ou emblème religieux" au sens de la loi. Le Conseil d'État ne se prononce pas sur le retrait de la statue en elle-même, la délibération la concernant étant devenue définitive.

Avec AFP

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