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États-Unis

La police retrouve une "confession" du poseur de bombes du Texas

Une photo non datée de Mark Anthony Conditt a été publiée par l'Austin Community College, qu'il a fréquenté entre 2010 et 2012.

Le téléphone de Mark Anthony Conditt contenait un enregistrement vidéo "de 24 minutes où il parle de ce qu'il a fait".

La police a annoncé mercredi soir avoir retrouvé une apparente "confession" de l'homme soupçonné d'être l'auteur de la série d'attentats au colis piégé au Texas, qui s'est donné la mort en début de journée alors qu'il allait être arrêté.

L'homme, dont les motivations ne sont toujours pas clairement établies, a été identifié par les autorités comme étant Mark Anthony Conditt, âgé de 23 ans.

>> Lire aussi : L'auteur présumé de la série d'explosions à Austin s'est suicidé

Il serait à l'origine de cinq explosions de colis piégés qui ont fait deux morts et plusieurs blessés en trois semaines à Austin et dans sa région. Une sixième bombe artisanale, qui ne s'est pas déclenchée, a aussi été retrouvée dans le secteur.

Son téléphone contenait un enregistrement vidéo "de 24 minutes où il parle de ce qu'il a fait. Je classifierais ça comme une confession", a annoncé mercredi soir le chef de la police de la ville, Brian Manley.

"Dans cet enregistrement, le suspect décrit les six bombes qu'il a fabriquées avec un niveau de détails tel qu'il spécifie clairement les différences entre les six bombes", a-t-il ajouté.

Depuis la première explosion, le 2 mars, plusieurs centaines d'agents de la police locale et fédérale étaient sur la trace du "poseur de bombes en série".

Le président Donald Trump, qui avait dénoncé des actes perpétrés par des "malades", a félicité la police mercredi matin. "LE POSEUR DE BOMBES PRESUME D'AUSTIN EST MORT. Beau travail de la police et de tous ceux impliqués", a-t-il écrit sur Twitter.

"Je pense que tout le monde respire mieux ce matin", a affirmé le maire d'Austin, Steve Adler, même si "l'enquête n'est pas encore terminée".

Trois longues semaines

La population de cette ville de près d'un million d'habitants semblait également soulagée. "Les gens sont secoués", a expliqué à l'AFP Miguel Alvarado, alors qu'un autre habitant, Ben Burroughs, avouait être "anxieux car d'autres engins pourraient être encore découverts".

Les autorités avaient promis une récompense à hauteur de 115.000 dollars pour toute information et appelé la population à lui communiquer tout enregistrement de vidéosurveillance.

Le suspect a été identifié notamment grâce à ce type d'images tournées dimanche dans une succursale de la société de livraison FedEx à Austin, où il apparaît ganté, coiffé dune casquette et portant des cheveux longs, possiblement une perruque, selon les images diffusées par la chaîne TV locale KEYE.

La police a mis 24 à 36 heures pour l'identifier et le localiser, selon M. Manley.

Le jeune homme s'est fait exploser en tentant d'échapper à un groupe d'intervention de la police, qui l'avait retrouvé mercredi matin près d'un hôtel de Round Rock, au nord d'Austin.

Les policiers cherchent à établir s'il a bénéficié de complicités. Ils ont perquisitionné l'appartement qu'il partageait à Pflugerville, dans la banlieue d'Austin, et interrogé ses deux co-locataires.

Du matériel servant à fabriquer des explosifs a été retrouvé à son domicile mais "il n'y avait pas d'engin complet", a rapporté Fred Milanowski, chargé de l'enquête pour l'ATF, l'agence fédérale qui régule les armes à feu et les explosifs.

Il s'est dit "raisonnablement certain qu'il n'y avait pas d'autres bombes" dans la nature.

Conservateur et homophobe

Les motivations de Mark Conditt restent inconnues. Les premières victimes étaient noires ou hispaniques, faisant craindre un acte raciste.

Mais la quatrième explosion dimanche soir a blessé deux hommes blancs, faisant pencher la police pour des cibles aléatoires.

La dernière bombe a détoné mardi avant l'aube dans un centre de tri de FedEx près de San Antonio. Une employée a été légèrement blessée.

Dans un communiqué à CNN, sa famille a affirmé qu'elle n'avait pas conscience "de l'obscurité dans laquelle Mark devait être plongé".

"Nous sommes une famille normale à tous égards. Nous aimons, nous prions, nous essayons d'inspirer et de servir les autres", a-t-elle expliqué, ajoutant "prier pour les familles des victimes".

Selon le quotidien Houston Chronicle, Mark Conditt était issu d'une famille religieuse et avait été scolarisé à domicile avant de fréquenter brièvement un lycée public.

Plusieurs médias ont fait état d'un blog datant de 2012 qui lui était attribué, où il se décrivait comme "conservateur".

Il dénonçait également le mariage gay, estimait que l'homosexualité n'était "pas naturelle" et se déclarait en faveur de la peine de mort.

Mais pour l'un de ses anciens amis, Jeremiah Jensen, Conditt n'avait rien d'un "psychopathe".

"C'était un penseur, un mec très intelligent mais que pas grand monde ne comprenait", a-t-il expliqué à la radio NPR, ajoutant qu'il l'avait fréquenté en 2012 et 2013. A cette époque, a-t-il dit, "Mark était marrant et heureux la plupart du temps".

Avec AFP

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Le Pentagone débloque 1 milliard de dollars pour le mur de Trump

Des spécimens du mur à construire, présentés à San Diego, en Californie, le 5 février 2019.

Le chef du Pentagone Patrick Shanahan a annoncé lundi avoir débloqué un milliard de dollars pour la construction d'une section du mur frontalier voulu par le président Donald Trump à la frontière avec le Mexique.

Le ministère de la Sécurité intérieure (DHS) a demandé au Pentagone de construire un mur de 91 km de long dans la région de El Paso (Texas), et le corps du génie de l'armée de Terre "est autorisé à se coordonner directement avec le DHS et les gardes-frontières pour entreprendre la planification et la mise en oeuvre de ce projet à hauteur d'un milliard de dollars", a indiqué le ministre de la Défense par intérim dans un communiqué.

M. Shanahan justifie cette dépense par la loi fédérale. Un paragraphe de l'article 10 du Code des Etats-Unis "autorise le ministère de la Défense à construire des routes et des barrières et à installer des éclairages pour empêcher (...) le trafic de drogue transfrontalier".

"Par conséquent, j'ai décidé d'entreprendre (...) la construction d'un mur de 91 km de long et de 5,5 m de haut, de construire et de réparer les routes et d'installer des éclairages comme requis" par le DHS, précise M. Shanahan dans ce communiqué publié à une heure tardive, quelques heures seulement avant qu'il ne s'adresse au Congrès pour défendre le projet de budget du Pentagone.

Frustré par le refus du Congrès de lui accorder le budget qu'il réclamait pour construire le mur frontalier, Donald Trump a déclenché le 15 février une procédure d'"urgence nationale" qui lui permet de contourner les parlementaires afin de débloquer plus de huit milliards de dollars de financements.

Cette mesure exceptionnelle a indigné les démocrates, mais aussi des élus de son camp, qui estiment que le républicain outrepasse les pouvoirs présidentiels et crée un dangereux précédent.

Avec AFP

Le rapport Mueller n'a pas trouvé de preuve de collusion

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Le président américain se dit "totalement disculpé"

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Rapport Mueller : les médias américains priés de faire leur examen de conscience

Le dôme du Capitole des États-Unis à Washington, le 26 août 2018.

Les grands médias américains, accusés par Donald Trump et ses proches de partialité dans leur couverture de l'enquête russe, étaient appelés à faire leur introspection après la publication d'extraits du rapport Mueller disculpant le président des accusations de collusion avec la Russie en 2016.

Pour certains observateurs, il est temps que les médias "admettent" avoir fait depuis deux ans une couverture inéquitable de l'affaire. Pour d'autres au contraire, les journalistes doivent continuer à creuser car le rapport n'exonère pas complètement M. Trump sur une possible "entrave à la justice".

"Désormais, une grande partie de la population ne croira plus aucune des accusations portées contre M. Trump par la presse", a estimé le rédacteur en chef du magazine Rolling Stone, Matt Taibbi.

Pour Glenn Greenwald, journaliste d'investigation au site d'information The Intercept, ce sont surtout les chaînes d'information câblées qui doivent admettre leurs erreurs de jugement.

"Faites des recherches sur chaque personnalité de MSNBC, chaque +expert+ en droit de CNN, les médias libéraux-centristes (...) et voyez si vous trouvez même un iota d'introspection, d'humilité ou d'admission d'une énorme erreur", a-t-il dit sur Twitter.

"Si les médias ne rendent pas de comptes pour ce qu'ils ont fait, ne vous plaignez plus jamais du fait que les gens les qualifient de +Fake News+" a-t-il ajouté, en utilisant l'insulte préférée du président Trump quand il parle des grands médias.

- "Des excuses" -

Depuis que les premières informations ont circulé samedi sur le contenu du rapport, le camp Trump, qui hurle depuis le début de l'affaire à la "chasse aux sorcières", crie victoire et réclame des excuses.

"Les démocrates et les médias libéraux doivent des excuses au président et au peuple américain", a lancé la porte-parole de la Maison Blanche, Sarah Sanders.

Le fils aîné du président, Donald Jr, avait auparavant dénoncé les "théories du complot (propagées) sans arrêt" par "CNN, MSNBC, BuzzFeed et le reste des médias grand public".

Son frère, Eric, a également invité sur Twitter les grands médias à s'excuser "pour l'enfer que tout le monde a vécu depuis deux ans et plus".

Mais pour certains experts des médias, il est bien trop tôt pour juger le travail du procureur spécial Robert Mueller sur la base des quatre pages de résumé publiées par le ministre de la Justice Bill Barr.

"Je ne pense pas qu'on puisse accuser les médias d'avoir été injustes avec Donald Trump," dit Stephen Ward, ancien directeur du Centre pour l'éthique journalistique à l'Université du Wisconsin.

"Les médias se devaient de couvrir ce président agressif et défiant la Constitution", souligne-t-il, estimant que les journalistes devaient désormais tout faire pour mettre la main sur l'intégralité du rapport Mueller.

"C'est une question d'intérêt public et tous les citoyens devraient le lire", ajoute-t-il.

- "Vendre du temps d'antenne" -

Dan Kennedy, professeur de journalisme à l'Université Northeastern, estime qu'il est prématuré pour le président de se dire "exonéré" par "une enquête énorme, qui a entraîné de nombreuses mises en accusation et plaider-coupable".

Il est toutefois légitime, selon lui, qu'on s'interroge sur les nombreuses spéculations véhiculées sur les antennes de CNN ou MSNBC, deux médias régulièrement accusés de partialité par le camp Trump.

Il cite notamment l'abondante couverture d'éventuelles poursuites visant Donald Trump Jr et le gendre du président, Jared Kushner, qui n'ont pas eu lieu.

Le gros problème, selon lui, ce sont "les chaînes d'info qui doivent vendre du temps d'antenne avec des discussions et des spéculations", explique-t-il.

Mais pour Deborah Potter, ancienne journaliste de CBS, les spéculations sont normales "car il n'y a eu aucune fuite" de la part des enquêteurs. Malgré cela, "beaucoup d'organes de presse responsables ont donné la bonne impression (sur les résultats de l'enquête) ces dernières semaines", juge-t-elle.

Plus largement, c'est la confiance dans l'indépendance des médias qui doit être rétablie dans l'opinion américaine, dit Mme Potter.

"On a vu une remontée de la confiance générale dans les médias mais les divisions partisanes n'ont jamais été aussi fortes", explique-t-elle.

Le fait qu'une large majorité des électeurs républicains n'aient pas confiance dans les médias "est un problème pour la démocratie", conclut-elle.

Trump dit n’avoir «aucun problème» avec la publication complète du rapport Mueller

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