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La place complexe de la culture en Afrique

Lors du spectacle Fignito, l'oeil troué, de Seydou Boro et Salia Sanou, durant la 71e édition du Festival d'Avignon, France, le 7 juillet 2017.

Comme tous les ans depuis 1947, la ville française d'Avignon accueille des artistes pour un mois de festivité. Cette année, le festival d'Avignon a choisi de mettre en avant des artistes africains. VOA Afrique est allée à leur rencontre pour parler de la place de l'art en Afrique.

Acclamés par la foule, Seydou Boro et Salia Sanou sont enthousiastes. Les deux Burkinabè viennent de présenter leur chorégraphie à Avignon qu'ils ont créé 20 ans plus tôt. Mais cette fois-ci, les danseurs sur scène, ce ne sont pas eux, mais ils sont issus de leur école au Burkina.

Seydou Boro, durant la 71e édition du Festival d'Avignon, France, le 7 juillet 2017.
Seydou Boro, durant la 71e édition du Festival d'Avignon, France, le 7 juillet 2017.

Salia Sanou, durant la 71e édition du Festival d'Avignon, France, le 7 juillet 2017.
Salia Sanou, durant la 71e édition du Festival d'Avignon, France, le 7 juillet 2017.


"Quand on regarde tout notre parcours de ces 20 dernières années, ceux qui dansent sont des gens que nous avons formé, on forme 25 danseurs par an, et les revoir sur scène prendre notre place... On est content", explique Seydou Boro.

Les deux compères, après leurs années de formation en France, sont revenu à Ouagadougou pour créer leur école de danse.

Seydou et Salia, ce sont deux pionniers de la danse contemporaine au Burkina Faso mais après 20 ans d’expérience, ils font toujours face à des difficultés énormes.

"L'économie de la danse est aidée par le soutien de l'État, on aimerait qu'il y ait plus de financements pour soutenir la création en Afrique... Mais les choses avancent quand même", souligne Salia Sanou.

La culture a déjà du mal à se faire une place sur le continent. Après un coup d'État ou une guerre c’est tout un monde culturel qui s’effondre.

L'écrivain ivoirien Koffi Kwanhulé en sait quelque chose. Il était sur les planches à Avignon pour présenter sa pièce de théâtre intitulée "Ezechiel et les bruits de l'ombre".

Koffi Kwanhulé lors de son spectacle Ezechiel et les bruits de l'ombre, durant la 71e édition du Festival d'Avignon, France, le 7 juillet 2017.
Koffi Kwanhulé lors de son spectacle Ezechiel et les bruits de l'ombre, durant la 71e édition du Festival d'Avignon, France, le 7 juillet 2017.


"La culture n'est pas la priorité"

"Le théâtre ivoirien est moribond, surtout après la guerre civile, il y a eu un gros trou, et la culture n'est pas la priorité. Mais le théâtre renaît car on recommence à avoir foi en la paix".

Pourtant selon l'écrivain, les artistes ivoiriens talentueux ne manquent pas. Le problème est ailleurs.

"Les artistes seuls, ça ne suffit pas, il faut des structures, pas forcément de moyens que nous pouvons trouver après, mais il faut des infrastructures sans quoi rien de peut se passer".

Julien Bissila, durant la 71e édition du Festival d'Avignon, France, le 7 juillet 2017.
Julien Bissila, durant la 71e édition du Festival d'Avignon, France, le 7 juillet 2017.

Le Congolais Julien Bissila croit en la force des écrivains dans son pays, même s'ils n'ont nulle part pour se former à l’écriture.

"Il y a une pépinière, mais si on a pas de salle de théâtre au Congo, par exemple l'école d'art dramatique n'a jamais lancé sa première promotion, tout se passe dans la rue. Le théâtre au Congo n'est pas reconnu comme métier".

Sur les planches d'Avignon, le jeune auteur utilise son écriture pour critiquer envers son gouvernement et la Françafrique qu'il tourne en dérision. "La Françafrique, c'est comme un suppositoire, ça fait mal mais c'est pour ton bien". Une scène qu'il ne peut pas jouer au Congo, menacé de mort dans son pays natal.

Malgré le talent des auteurs comme Julien Bissila ou Koffi Kwanhulé , le théâtre africain a encore du mal à être reconnu mondialement.

Pendant le festival d'Avignon, aucun spectacle africain n'était étiqueté "théâtre", mais "indiscipline", une catégorie à part.

Le dramaturge congolais Dieudonné Niangouna, invité en tant qu'artiste à Avignon en 2013, n'a pas hésité à s'insurger sur sa page Facebook contre l'ambivalence d'un festival de théâtre qui présente un "Focus Afrique" sans un spectacle étiqueté "théâtre".

Il avait écrit : "inviter un continent sans sa parole est inviter un mort. C’est une façon comme une autre de déclarer que l’Afrique ne parle pas, n’accouche pas d’une pensée théâtrale dans le grand rendez-vous du donner et du recevoir. Et insister en invitant cette Afrique sous cette forme muselée, c’est bien pire qu’une injure. C’est inviter un mort à sa table, lui envoyer toutes les abominations à la gueule, sans se reprocher quoi que ce soit, parce que de toute évidence on sait que le mort ne parlera pas, et c’est bien la raison de cette invitation".

Nastasia Peteuil, envoyée spéciale à Avignon

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L'opposant ougandais Bobi Wine interpellé par la police

Robert Kyagulanyi, mieux connu sous le nom de pop star Bobi Wine, lors d’une sortie à Kibera, à Nairobi, au cours de sa visite de cinq jours au Kenya.

Le chanteur et député d'opposition Bobi Wine, potentiel adversaire du président Yoweri Museveni à la présidentielle de 2021, a été interpellé lundi par la police, qui a utilisé du gaz lacrymogène contre ses partisans et le convoi qui l'emmenait vers le lieu d'un concert interdit par les autorités.

"Il a été arrêté dans le quartier de Busabala, où il devait parler aux médias à propos de l'annulation de son concert par la police", a déclaré à l'AFP Barbie Itungo Kyagulanyi, l'épouse du chanteur. "Nous avons contacté ses avocats pour savoir où il est emmené".

Reconnaissable à son béret rouge, Bobi Wine, Robert Kyagulanyi de son vrai nom, s'est affirmé depuis 2017 comme un ferme opposant au président Museveni, 74 ans et au pouvoir depuis 1986. Il a récemment indiqué envisager de se présenter à la présidentielle de 2021.

Le porte-parole de la police ougandaise Fred Enanga n'a lui pas voulu confirmer une "arrestation", mais a indiqué que la police "l'a interpellé et l'a emmené en véhicule".

Bobi Wine avait prévu de donner un concert lundi sur une plage privée du lac Victoria qui lui appartient. Mais les autorités ont décidé dimanche d'annuler le concert, évoquant des mesures de sécurité insuffisantes.

Lundi, Bobi Wine a tenté de se rendre sur le lieu du concert, qui avait été bouclé par la police.

Le porte-parole de la police Fred Enanga a assuré que malgré l'interdiction, "les organisateurs avaient été de l'avant et mobilisé des gens du côté de la plage". "C'est ce qui explique la présence policière dans la zone".

Selon un journaliste de l'AFP présent sur place, la police et l'armée avaient été mobilisées. Ces dernières ont utilisé du gaz lacrymogène et des canons à eau contre quelques centaines de partisans du député présents autour d'un barrage des forces de l'ordre à proximité du lieu du concert prévu.

La voiture de Bobi Wine a été immobilisée au niveau de ce barrage. Les forces de l'ordre ont ensuite encerclé la voiture, dont elles ont extrait de force le chanteur, selon la même source.

Un des organisateurs du concert et partisan de Bobi Wine, Moses Mugwanya, présent sur place, a assuré que "tout le monde autour du véhicule suffoquait à cause du gaz lacrymogène".

M. Mugwanya a affirmé qu'un autre député d'opposition, Francis Zake, ainsi que deux organisateurs ont été arrêtés lundi.

- Trahison -

Juste avant son interpellation, Bobi Wine avait indiqué sur son compte Twitter que la police tentait de pénétrer dans sa voiture. "Du gaz lacrymogène tiré, des gens battus, beaucoup arrêtés".

Plus tard, un message signé "admin" a été publié sur le même compte, assurant que le député a été "violemment arrêté".

Ces derniers mois, les autorités ont à plusieurs reprises empêché Bobi Wine, 37 ans, de se produire en public. En novembre, un de ses concerts avait toutefois été autorisé après que le chanteur se soit engagé à ne pas en faire un évènement à caractère politique.

Le député d'opposition avait été arrêté et inculpé de trahison à la suite du caillassage du convoi de M. Museveni en marge d'une élection législative partielle à Arua (nord) le 14 août 2018. Dans les échauffourées qui avaient suivi ce jour-là à Arua, la police avait ouvert le feu et tué le chauffeur de Bobi Wine.

Lors de sa détention provisoire en août 2018, Bobi Wine a affirmé avoir été battu et torturé par la police, ce que les autorités démentent. Une fois libéré, il s'était rendu trois semaines aux Etats-Unis pour des soins.

L’arrestation et inculpation en août de Bobi Wine avaient entraîné des manifestations de protestation violemment réprimées par la police et l'armée.

M. Museveni, ancien guérillero, est le seul président que la plupart des Ougandais connaissent, dans un pays où un habitant sur deux a moins de 16 ans. Et celui-ci s’accroche : la Constitution a été récemment modifiée pour supprimer la limite d'âge pour briguer la présidence, l'autorisant ainsi à se présenter pour un sixième mandat en 2021.

L'album de Bobi Wine sorti au printemps 2018, "Kyarenga", signifie "c'en est trop" dans une langue de l'ouest du pays. Pour de nombreux observateurs, il s'agit d'un message caché à destination du président Museveni.

Boubou Cissé, nouveau Premier ministre du Mali

Boubou Cissé, nouveau Premier ministre. (Photo Facebook/Boubou Cissé)

Le ministre malien sortant de l'Economie et des Finances, Boubou Cissé, a été nommé lundi Premier ministre en charge de former un nouveau gouvernement "de large ouverture", selon un communiqué officiel de la présidence.

L'ex-Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga avait présenté le 18 avril sa démission et celle de son gouvernement, moins d'un mois après la tuerie de quelque 160 civils peuls dans le centre du pays et une série de manifestations contre la gestion de l'Etat.

A la suite de cette démission, le chef de l'Etat Ibrahim Boubacar Keïta a "engagé des rencontres avec les forces politiques de la majorité et de l'opposition pour discuter d'une part de la situation socio-politique du pays, et d'autre part de la constitution d'un gouvernement de large ouverture", selon le communiqué.

Il a "insisté auprès de ses interlocuteurs sur la nécessité de mettre le Mali au-dessus de tout et les a exhortés à l'accompagner dans le processus de reconstruction" du pays.

M. Keïta a "constaté auprès de ses interlocuteurs une grande capacité d'écoute et une grande disponibilité à fédérer leurs énergies", ajoute la présidence, annonçant par conséquent la nomination de "Boubou Cissé aux fonctions de Premier ministre".

Le président l'a chargé "de former une nouvelle équipe gouvernementale dans l'esprit des conclusions de ses consultations avec les forces politiques de la majorité et de l'opposition", selon le communiqué.

M. Cissé, économiste de formation, était ministre de l'Economie et des Finances depuis plus de trois ans, après avoir détenu le portefeuille de l'Industrie et des Mines.

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